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Fiche à trous · 4ème · Français

Lecture : le théâtre — texte et représentation

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

Un texte de théâtre est inachevé. Il attend des corps, une voix, une lumière — et deux mises en scène du même texte peuvent donner deux pièces différentes. Lire du théâtre, c'est donc lire en imaginant ce qui manque : ce que le texte ne dit pas, la scène devra le montrer. Ce chapitre correspond à l'objet d'étude de 4e « Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle » : quatre siècles pendant lesquels la scène change de tout — de public, de lieu, de sujet — sans jamais changer de principe.

Ce qui n'existe qu'au théâtre

une page de théâtre porte deux textes : celui qu’on entend, celui qu’on voitARGANVous ne m’écoutez jamais.TOINETTE, sans lever les yeuxJe vous écoute très bien.Elle continue de coudre.répliquece que le comédien ditdidascaliece qu’il fait — jamais prononcéen italique, hors des répliquesici, la didascalie contredit la répliquetirade : une longue réplique · stichomythie : des répliques très courtes qui s’enchaînent
1.

Définitiondouble énonciation :

Règle

Trois genres, trois contrats

comédiedes bourgeois, des valetsfin heureuse, mariagecorriger en faisant rireMolièretragédiedes rois, des dieuxune fin fatale, inévitableterreur et pitiéRacine, Corneilledrame romantiquetous les milieux mêlésle rire et les larmesles règles refuséesHugole genre est un contrat : il annonce au spectateur ce qui va lui arriver
4.

Le théâtre classique obéissait à la règle des trois unités — une seule action, en un seul lieu, en une seule journée — au nom de la vraisemblance. Hugo la rejette dans la préface de Cromwell (1827) : la vie ne se déroule ni en un jour ni en un lieu, et le sublime y côtoie le grotesque. Toute la modernité théâtrale part de là.

Les registres, et comment ils se fabriquent

Définitionles ressorts du comique :

Piège

Confondre le tragique et le pathétique.

chercher s'il existait une issue. Si le personnage aurait pu s'en sortir, ce n'est pas du tragique.

Définitionla scène d'exposition :

Le nœud est le moment où le conflit devient inextricable, et le dénouement celui où il se résout — mariage en comédie, mort en tragédie. Entre les deux, chaque acte resserre. Une pièce se lit comme une machine : on peut y suivre le moment précis où chaque issue se ferme.

Exemple

« ORGON. — Et Tartuffe ? — DORINE. — Tartuffe ? Il est fort bien, gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille. » (d'après Molière)

  1. 7.
  2. 8.
  3. 9.

Résultat :

  • Ai-je lu les didascalies avant d'interpréter les répliques ?
  • La didascalie confirme-t-elle la parole, ou la contredit-elle ?
  • Quelle est la fonction du dialogue : informer, affronter, séduire, avouer ?
  • Ai-je nommé le ressort du comique, plutôt que de dire « c'est drôle » ?

Corrigé · à détacher

Lecture : le théâtre — texte et représentation

  1. 1. La didascalie ne se prononce pas : elle se joue. Et elle peut démentir la parole.
  2. 2. Au théâtre, tout personnage parle à un autre personnage et au public en même temps. C'est ce qui permet l'aparté — une réplique que les autres personnages n'entendent pas — et l'ironie dramatique, quand le public sait ce qu'un personnage ignore. Rien de tel n'existe dans le roman.
  3. 3. Le dialogue théâtral ne sert jamais qu'à échanger des informations. Il informe le spectateur (souvent dès la scène d'exposition), affronte deux volontés, séduit, ou avoue ce qu'on aurait voulu taire. Repérer sa fonction, c'est repérer l'enjeu de la scène.
  4. 4. Le drame romantique naît d’un refus : celui de séparer le rire des larmes.
  5. 5. Le rire ne vient jamais de nulle part. Il se fabrique par le quiproquo (deux personnages ne parlent pas de la même chose), la répétition (un mot ou un geste qui revient), l'exagération, le comique de mots (jeux de langage, accents) et le comique de gestes. Nommer le ressort vaut mieux que dire « c'est drôle ».
  6. 6. Les premières scènes d'une pièce doivent apprendre au spectateur qui sont les personnages, où l'on est, et quel problème va se poser — sans qu'il s'en aperçoive. D'où le procédé classique : un personnage explique à un autre ce que celui-ci sait déjà, parce que le vrai destinataire est la salle.
  7. 7. Comique de répétition : Orgon revient sans cesse au même nom, et son obsession devient mécanique.
  8. 8. Décalage entre la sollicitude d'Orgon et le portrait de santé insolente que dresse Dorine — le contraste fait tout le rire.
  9. 9. La servante en sait plus que le maître : c'est le renversement des rangs propre à la comédie.
  10. 10. le rire naît du décalage, jamais du mot d'esprit isolé