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Fiche à trous · 5ème · Français

Lecture : récits d'aventure et de voyage

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

Un récit d'aventure repose sur une promesse faite au lecteur : quelque chose va arriver, et le héros n'en sortira pas indemne. Tout l'art du genre tient à retarder cette arrivée juste assez pour qu'on ne referme pas le livre. Deux objets d'étude de 5e se rejoignent ici : « La fée, le génie et le monstre » et « Récits d'aventures ». Le merveilleux et le voyage y posent la même question — que devient un personnage confronté à ce qu'il ne connaît pas ?

La structure du récit

cinq étapes, et une tension qui monte puis retombesituationinitialeélémentperturbateurpéripétiesdénouementsituationfinalel’équilibrela tension monteun nouvel équilibrela situation finale n’est jamais la situation initiale : le héros a changé
1.

Définitionélément perturbateur :

Les péripéties ne sont pas des obstacles interchangeables. Dans un récit réussi, chacune coûte quelque chose au héros — un compagnon, une certitude, une possibilité de retour — et c'est cette accumulation de pertes qui rend la situation finale différente de l'initiale.

L'espace et le temps

Règle

Définitionrythme narratif :

le narrateur choisit ce qu’il accélère et ce qu’il ralentitsommairetrois années s’écoulèrent · beaucoup de temps, peu de motsscène — un dialogue · le récit avance à la vitesse de l’histoirepause — une description · le temps de l’histoire s’arrêteellipsele lendemain · on saute ce qui n’intéresse pas
5.

Piège

Résumer l'histoire quand on demande d'analyser un extrait.

après chaque phrase écrite, se demander : « est-ce que je raconte, ou est-ce que j'explique ? » Si on raconte, ajouter ce qui montre que et poursuivre.

Le point de vue narratif

Définitionfocalisation :

le narrateur en sait-il plus, autant, ou moins que le personnage ?interne — autanton épouse un regard« il crut voir une ombre »crée le suspenseexterne — moinsseulement les gestes« l’homme entra, sortit »crée le mystèreomnisciente — plusle narrateur sait tout« elle ignorait encore que… »crée l’ironie dramatique
7.

Le récit d'aventure privilégie la focalisation interne : découvrir l'île en même temps que le héros vaut mieux que d'en connaître d'avance le plan. Un rebondissement — un retournement imprévu de l'action — n'a de force que si le lecteur ne pouvait pas le voir venir, donc que si le narrateur ne lui en disait pas plus qu'au personnage.

Définitionquatre figures de style à connaître :

Trois romans à connaître

Daniel Defoe, Robinson Crusoé (1719) : un naufragé reconstruit une civilisation à lui seul. Jules Verne, avec Vingt Mille Lieues sous les mers (1870), mêle aventure et science. Robert Louis Stevenson, L'Île au trésor (1883), invente le pirate tel que nous l'imaginons encore. Trois époques, un même goût pour l'ailleurs.

  • Ai-je repéré l'élément perturbateur — ce qui rompt l'équilibre initial ?
  • La situation finale diffère-t-elle de l'initiale, et en quoi ?
  • Le passage est-il une scène, un sommaire, une pause ou une ellipse ?
  • Est-ce que je raconte l'histoire, ou est-ce que j'analyse le texte ?

Corrigé · à détacher

Lecture : récits d'aventure et de voyage

  1. 1. Le schéma vaut pour presque tout récit — et sert à repérer ce qui manque.
  2. 2. L'événement qui rompt l'équilibre et lance l'histoire : un naufrage, une lettre, une rencontre. Sans lui, il n'y a pas de récit mais une description. C'est lui qui répond à la question « pourquoi raconter ce jour-là plutôt qu'un autre ? »
  3. 3. Le récit d'aventure joue de deux ressorts. L'espace est lointain et souvent hostile : île déserte, jungle, mer, banquise. Le temps est élastique : des mois se résument en une phrase, une minute de danger s'étire sur trois pages.
  4. 4. Le rapport entre le temps de l'histoire et le temps du récit. Le sommaire condense (trois ans passèrent), la scène raconte au rythme réel, la pause suspend l'action pour décrire, l'ellipse saute un passage entier. Un auteur ralentit précisément là où il veut qu'on s'attarde.
  5. 5. Ralentir, c’est désigner ce qui compte.
  6. 6. La focalisation — ou point de vue narratif — désigne la quantité d'information que le narrateur accepte de livrer. Interne : on voit par les yeux d'un seul personnage. Externe : on ne voit que les gestes, comme une caméra. Omnisciente : le narrateur sait tout, y compris ce que les personnages ignorent.
  7. 7. Chaque focalisation produit un effet que les deux autres ne peuvent pas produire.
  8. 8. L'antithèse oppose deux idées dans la même phrase (ici la vie, là la mort). L'oxymore serre la contradiction en deux mots (une obscure clarté). La périphrase remplace un mot par une expression (l'astre du jour pour le soleil). L'allégorie représente une idée abstraite sous forme concrète (la Mort armée d'une faux).