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Fiche à trous · 5ème · Français

Poésie : formes fixes et lyrisme

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

Une forme fixe impose au poète un nombre de vers, une longueur, un ordre de rimes. On croirait que la contrainte gêne : elle produit l'inverse. Obligé de trouver un mot qui rime et qui dise juste, le poète cherche plus loin qu'il ne l'aurait fait libre.

Compter les syllabes

Règle

« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage »Du Bellay, Les Regrets, 1558Heureuxquicomm’Ulyss’afaitunbeauvoyage123456789101112en orange, les deux élisions : le e de « comme » et celui de « Ulysse » s’effacent devant la voyellesans elles on compterait 14 syllabes, et l’alexandrin disparaîtrait
2.

Piège

Compter « violon » en deux syllabes.

quand le compte tombe une syllabe trop court, chercher un groupe i + voyellelion, nation, hier — et le dédoubler.

Le sonnet

Définitionsonnet :

plates — AABBAABBcroisées — ABABABABembrassées — ABBAABBAune rime est pauvre (1 son), suffisante (2) ou riche (3 et plus)
4.

Les figures sonores

Définitionallitération, assonance, anaphore :

Définitioncésure et enjambement :

Exemple

« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine)

  1. 7.
  2. 8.

Résultat :

La Pléiade et le lyrisme

Au XVIe siècle, un groupe de poètes — La Pléiade, autour de Ronsard et Du Bellay — décide d'écrire en français plutôt qu'en latin, et d'élever la langue au niveau des Anciens. Ils importent le sonnet d'Italie et fixent des thèmes qui traverseront quatre siècles : l'amour, la fuite du temps, le regret du pays natal.

Définitioncarpe diem :

Définitionlyrisme :

  • Ai-je compté les e — élidés devant une voyelle, muets en fin de vers ?
  • Le compte tombe-t-il juste, ou ai-je oublié une diérèse ?
  • Quatorze vers en 4+4+3+3 ? C'est un sonnet.
  • Ai-je lu les rimes sur les sons, pas sur les lettres ?

Corrigé · à détacher

Poésie : formes fixes et lyrisme

  1. 1. Un vers se nomme d'après son nombre de syllabes : octosyllabe (8), décasyllabe (10), alexandrin (12). Le e final se prononce et compte devant une consonne, mais s'efface devant une voyelle et à la fin du vers.
  2. 2. Le comptage se joue entièrement sur les e : c’est là qu’il faut ralentir.
  3. 3. Quatorze vers en quatre strophes : deux quatrains puis deux tercets. Les quatrains riment le plus souvent en ABBA ABBA — rimes embrassées — ou ABAB ABAB — rimes croisées. La forme impose une bascule : les tercets répondent à ce que les quatrains ont posé.
  4. 4. La disposition se lit sur les sons finaux, jamais sur l’orthographe.
  5. 5. L'allitération répète un même son consonne ; l'assonance répète un même son voyelle ; l'anaphore répète un même mot en tête de plusieurs vers. Aucune n'a de sens en elle-même : c'est le rapport entre le son répété et ce dont parle le poème qui produit l'effet.
  6. 6. La césure est la coupe qui partage un alexandrin en deux moitiés de six syllabes — les deux moitiés s'appellent des hémistiches. L'enjambement se produit quand une phrase déborde la fin d'un vers et se poursuit au suivant ; quand le fragment qui déborde est court et détaché, on parle de rejet. Ces ruptures attirent l'œil : elles désignent le mot qu'on n'attendait pas là.
  7. 7. Le son [s] revient six fois : c'est une allitération en sifflantes.
  8. 8. Le sifflement imite ce dont parle le vers. La versification met ici la forme au service de l'image, elle ne l'orne pas.
  9. 9. une figure sonore ne se relève que si elle éclaire le sens
  10. 10. « Cueille le jour » — la formule vient du poète latin Horace. Elle commande de saisir le présent parce que rien ne dure : la jeunesse, la beauté, la rose du matin. C'est le thème de Mignonne, allons voir si la rose de Ronsard, et le revers exact d'un autre thème, celui de la fuite du temps.
  11. 11. L'expression des sentiments personnels — le mot vient de la lyre, l'instrument qui accompagnait le chant. On le reconnaît à trois marques : la première personne, le vocabulaire de l'émotion, et une ponctuation expressive — exclamations, apostrophes, questions adressées au vide.