Fiche à trous · Terminale · Français
La dissertation littéraire — problématiser, choisir son plan, analyser ses exemples
Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.
Le français n'a plus d'épreuve en terminale : l'écrit et l'oral du baccalauréat se passent en première. Cette fiche n'en prépare donc pas une — elle prépare ce qui vient après. La dissertation reste l'exercice attendu en spécialité humanités, en classe préparatoire, à l'université, et dans la plupart des concours : c'est le format par lequel on démontre qu'on sait construire une pensée, et non seulement l'exprimer. Ce qui change avec le niveau n'est pas la méthode, c'est l'exigence sur un seul point : la façon dont on traite un exemple.
Problématiser un sujet
D'une citation à une problématique
- 1.
- 2.
- 3.
- 4.
- 5.
Choisir le plan que le sujet appelle
Règle
Piège
Faire de la troisième partie une synthèse qui donne raison à tout le monde.
écrire la troisième partie en premier, au brouillon. Si l'on n'a rien à y mettre qui ne soit pas déjà dit, c'est que le plan dialectique n'était pas le bon.
Le paragraphe, et le sort de l'exemple
Règle
Exemple
Deux paragraphes sur la même idée : « le roman réaliste ne copie pas le réel, il le compose ».
- 10.
- 11.
- 12.
- 13.
- 14.
Résultat :
L'ordre des opérations au brouillon
- 16.
- 17.
- 18.
- 19.
- 20.
Introduction, transitions, conclusion
Règle
Piège
Ouvrir sur « De tout temps, les hommes se sont interrogés sur… ».
partir d'un fait vérifiable : une date, un titre, une polémique. « Lorsque Zola publie Le Roman expérimental en 1880, il prétend faire du romancier un savant » situe le débat en une phrase.
Une dissertation sur œuvre et une dissertation sur corpus ne se conduisent pas de la même façon. Sur œuvre, l'exigence est la précision : le correcteur connaît le livre, il attend des passages identifiables, et une erreur de fait ruine un paragraphe. Sur corpus ou sur question générale, l'exigence est la variété maîtrisée : trois œuvres bien choisies et réellement analysées valent mieux que dix citées. Dans les deux cas, la règle est la même — mieux vaut trois exemples travaillés qu'un catalogue.
L'ouverture de la conclusion est le passage le plus souvent bâclé, et le plus facile à réussir. Elle ne consiste pas à citer une autre œuvre au hasard, mais à nommer un déplacement : un autre genre où la même question se pose autrement, une époque où elle a reçu une réponse opposée, un art voisin — cinéma, peinture — qui la rencontre avec d'autres moyens. La règle tient en une phrase : une ouverture doit dire ce que le rapprochement éclaire. « On pourrait aussi penser au cinéma » n'ouvre rien ; « le cinéma, qui ne peut pas taire ce qu'il montre, pose la question de la sélection dans des termes inverses » ouvre réellement.
Une tentation revient à ce niveau : citer des auteurs qu'on n'a pas lus, pour élargir l'horizon du devoir. Elle se repère toujours, parce qu'un titre non lu ne peut pas être analysé — il n'apporte qu'un nom, là où le paragraphe demandait un passage. Trois œuvres réellement fréquentées produisent un meilleur devoir que douze citées : le correcteur ne compte pas les références, il regarde ce qu'on en fait. La règle vaut aussi pour les citations exactes — un vers approximatif attribué au bon auteur passe mieux qu'un vers exact attribué au mauvais.
- Ai-je reformulé la thèse du sujet en une phrase, sans les mots de l'auteur ?
- Ma problématique laisse-t-elle deviner qu'il y aura plusieurs parties ?
- Le plan choisi correspond-il à la forme du sujet ?
- Ma troisième partie déplace-t-elle la question, ou hésite-t-elle ?
- Chaque exemple est-il analysé, et pas seulement cité ?
- Chaque transition dit-elle ce que la partie précédente laisse sans réponse ?
- Mon accroche part-elle d'un fait précis, et non d'une généralité ?