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Fiche à trous · Première · HGGSP

Analyser les dynamiques des puissances internationales

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Un pays peut voir sa part dans la production mondiale reculer de neuf points tout en produisant une fois et demie plus qu'avant. L'un des deux constats s'appelle « déclin », l'autre « croissance ».

Mesurer une puissance

DéfinitionPuissance :

DéfinitionHard power et soft power :

Le déclin relatif

Règle

4

Piège

Déduire d'une baisse de la part mondiale d'un État que ses capacités diminuent.

Devant une part qui baisse, demander : lequel des deux termes a bougé ?

La question suivante est plus intéressante que la première : une hégémonie tient moins à la part détenue qu'à la capacité de fixer les règles — monnaie de référence, normes techniques, langue des échanges, institutions dont on écrit les statuts. Un acteur dont la part recule peut conserver longtemps cette capacité, et c'est ce décalage entre poids et influence normative qui caractérise la période.

Des trajectoires contrastées

Propriété

D'autres acteurs s'affirment à l'échelle régionale — l'Inde, le Brésil, la Turquie —, avec des registres eux aussi inégaux. Décrire le monde comme opposant deux puissances fait disparaître ces acteurs, qui déterminent pourtant l'issue de nombreuses situations par leur position ou leur abstention. Une analyse sérieuse compte plus de deux acteurs.

Comparer deux puissances sur plusieurs registres

  1. 6.
  2. 7.
  3. 8.
  4. 9.
  5. 10.
  • Ai-je traité la puissance sur plusieurs registres ?
  • Ai-je distingué hard power et soft power ?
  • Devant une part qui baisse, ai-je dit quel terme a bougé ?
  • Ai-je distingué déclin relatif et baisse des capacités ?
  • Ai-je mentionné la capacité de fixer les règles, distincte du poids ?
  • Mon analyse compte-t-elle plus de deux acteurs ?

Corrigé · à détacher

Analyser les dynamiques des puissances internationales

  1. 1. La puissance est la capacité d'un acteur à imposer sa volonté à d'autres, à résister à la leur, ou à structurer les règles du jeu. Elle se mesure sur plusieurs registres — démographique, économique, militaire, technologique, diplomatique, culturel — qui ne varient pas ensemble. Un acteur peut dominer un registre et être marginal dans un autre : c'est pourquoi un classement sur un indicateur unique ne classe pas des puissances, il classe une grandeur.
  2. 2. Le hard power est la capacité d'obtenir un résultat par la contrainte ou l'incitation : force militaire, sanctions, pression économique. Le soft power est la capacité de l'obtenir par l'attraction — que d'autres veuillent ce que vous voulez, par adhésion à un modèle, une culture, des institutions. Les deux ne s'opposent pas : ils se combinent, et le soft power s'érode d'ailleurs vite quand le hard power est employé de façon jugée illégitime.
  3. 3. Le déclin d'une puissance est presque toujours relatif : il se mesure à la part qu'elle occupe dans un ensemble, non à ses capacités, qui peuvent croître au même moment. La part diminue parce que d'autres croissent plus vite, non parce qu'on recule. Confondre les deux transforme une arithmétique des proportions en récit de décadence.
  4. 4.
  5. 5. Les USA conservent une puissance complète, présente sur tous les registres à la fois, et une capacité normative que leur part économique seule ne mesure pas. La Chine est devenue une puissance de premier plan par sa production, son commerce et ses investissements d'infrastructures, et développe ses registres militaire et technologique. La Russie combine une puissance militaire et énergétique avec un poids économique plus modeste — cas qui montre bien que les registres ne varient pas ensemble.
  6. 6. Choisir les registres pertinents pour la question posée, et les énoncer.
  7. 7. Pour chacun, choisir un indicateur et dire ce qu'il mesure exactement.
  8. 8. Distinguer les grandeurs absolues — capacités — et les parts — position relative.
  9. 9. Constater les divergences entre registres au lieu de les moyenner en un classement unique.
  10. 10. Conclure en disant quel registre on privilégie et pourquoi, sans prétendre à un classement absolu.