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Fiche à trous · Terminale · Sciences Économiques et Sociales

Sociologie politique — Démocratie et participation

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

Un taux d'abstention de 40 % ne désigne pas 40 % de citoyens indifférents. Les enquêtes qui suivent les mêmes personnes montrent que beaucoup votent parfois et s'abstiennent parfois.

Lire un taux d'abstention

Règle

2

Piège

Lire un taux d'abstention comme la part de la population qui se désintéresse de la politique.

Demander : abstention à ce scrutin, ou abstention systématique ?

Deux autres effets faussent la lecture. La non-inscription sur les listes électorales sort des statistiques des personnes qui, comptées, feraient monter le taux. Et la mal-inscription — être inscrit à une adresse qu'on a quittée — produit une abstention purement matérielle, sans rapport avec un choix politique. Ces deux phénomènes touchent davantage les jeunes et les personnes mobiles : le taux mesure aussi de l'inscription, pas seulement de la volonté.

Ce qui différencie la participation

Propriété

La participation politique ne se réduit pas au vote. Le militantisme, l'adhésion à une association, la pétition, la manifestation, le boycott, l'engagement en ligne en sont d'autres formes. Certaines catégories peu présentes aux urnes sont très actives dans ces répertoires : conclure d'un faible taux de vote à une dépolitisation revient à ne reconnaître comme politique qu'une seule manière d'agir.

Partis et systèmes électoraux

Propriété

DéfinitionOpinion publique :

Les médias interviennent moins en dictant des opinions qu'en fixant l'ordre du jour : ce dont on débat, et à quelle place. Une question peu traitée reste sans réponse publique, non parce qu'elle serait rejetée, mais parce qu'elle n'a pas été posée. Cet effet d'agenda est mieux établi que l'idée d'une influence directe sur le contenu des opinions.

Démocratie et mots disputés

DéfinitionDémocratie :

Le mot populisme est employé par les chercheurs pour désigner un discours opposant un « peuple » supposé homogène à une « élite » qui le trahirait, et revendiquant une expression directe de la volonté populaire contre les corps intermédiaires. Sa définition reste discutée : certains y voient une idéologie, d'autres un style politique mobilisable par des courants opposés. Et dans le débat public, le mot sert surtout de disqualification — il est appliqué à des adversaires qui ne se reconnaissent pas en lui. Une copie qui l'emploie doit donc dire quelle définition elle retient, faute de quoi elle porte un jugement en croyant décrire.

Analyser la participation à une élection

  1. 7.
  2. 8.
  3. 9.
  4. 10.
  5. 11.
  • Ai-je dit que l'abstention est intermittente ?
  • Ai-je distingué abstention ponctuelle et systématique ?
  • Ai-je mentionné la non-inscription et la mal-inscription ?
  • Ai-je présenté les facteurs sociaux comme cumulatifs ?
  • Ai-je élargi aux formes de participation autres que le vote ?
  • Ai-je rappelé qu'un mode de scrutin transforme les préférences ?

Corrigé · à détacher

Sociologie politique — Démocratie et participation

  1. 1. L'abstention est intermittente : une même personne vote à certains scrutins et pas à d'autres, selon l'enjeu perçu, le moment et sa situation. Un taux ne désigne donc jamais un groupe fixe d'abstentionnistes, mais la part de ceux qui, ce jour-là, ne se sont pas déplacés. L'abstention systématique, elle, existe mais concerne une fraction bien plus réduite que le taux ne le suggère.
  2. 2.
  3. 3. La participation varie selon des facteurs bien établis. L'âge : elle croît jusqu'à un âge avancé, la stabilité résidentielle et l'intégration sociale jouant autant que l'année de naissance. Le diplôme et la position sociale : la participation est plus forte dans les catégories les mieux dotées. L'intégration dans des réseaux — associations, syndicats, voisinage — qui rendent le vote attendu de l'entourage. Ces facteurs se cumulent plutôt qu'ils ne s'additionnent.
  4. 4. Le mode de scrutin n'enregistre pas seulement les préférences : il les transforme. Un scrutin majoritaire favorise les grandes formations et produit des majorités stables, au prix d'une sous-représentation des courants minoritaires. Un scrutin proportionnel représente plus fidèlement les votes, au prix de coalitions nécessaires pour gouverner. Aucun des deux n'est neutre : choisir un mode de scrutin, c'est choisir ce qu'on privilégie — la gouvernabilité ou la représentation.
  5. 5. L'opinion publique n'est pas une donnée qu'on relèverait : c'est une construction, dépendante de la question posée, de son ordre dans le questionnaire, de l'échantillon et du moment. Un sondage ne mesure pas ce que « les gens pensent » mais ce qu'un échantillon répond à une formulation précise, à une date donnée. Ce n'est pas une objection contre les sondages : c'est la condition pour les lire correctement.
  6. 6. Une démocratie ne se définit pas par le seul fait de voter : des élections se tiennent aussi dans des régimes qui n'en sont pas. S'y ajoutent des conditions sans lesquelles le vote ne décide de rien — le pluralisme des candidatures, la liberté d'expression et d'information, l'alternance effectivement possible, l'indépendance de la justice et le respect des droits des minorités. Une démocratie se juge donc à ce qui encadre le scrutin autant qu'au scrutin lui-même.
  7. 7. Relever le type de scrutin et son enjeu perçu : la participation n'y est pas comparable d'un scrutin à l'autre.
  8. 8. Distinguer l'abstention à ce scrutin de l'abstention systématique.
  9. 9. Vérifier ce que le taux n'inclut pas : non-inscrits et mal-inscrits.
  10. 10. Croiser avec les caractéristiques sociales — âge, diplôme, intégration — en rappelant qu'elles se cumulent.
  11. 11. Élargir aux autres formes de participation avant de conclure à une dépolitisation.