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Fiche à trous · Première · Français

Méthodologie EAF : le commentaire et la dissertation à l'écrit

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

L'épreuve écrite dure quatre heures et ne demande qu'un seul exercice. C'est la première chose à savoir, parce que beaucoup de copies perdent des points avant d'avoir commencé : le candidat hésite une heure, ou pire, commence l'un et bascule sur l'autre. Le choix se fait en dix minutes, il est définitif, et il se prépare toute l'année.

Ce que l'épreuve demande exactement

Règle

4 heures, coefficient 5 — et un seul des deux exercices à traiterle commentaireun texte, hors œuvres au programmeplan thématique, 2 ou 3 partieson ne choisit pas le texte : il est imposéla dissertationtrois sujets, un par œuvre au programmel’œuvre et son parcours associéon choisit son sujet — donc son œuvrevoie technologique : le commentaire, ou la contraction de texte suivie d’un essai.la question de grammaire, elle, n’est posée qu’à l’oral.
2.

Un point que les manuels anciens brouillent encore : l'explication linéaire et la question de grammaire n'appartiennent pas à l'écrit. Elles sont l'épreuve orale. À l'écrit, on ne suit jamais le texte ligne à ligne : le commentaire est un devoir organisé par idées, et la dissertation ne part même pas d'un texte.

Choisir son sujet en dix minutes

  1. 3.
  2. 4.
  3. 5.
  4. 6.

Le commentaire

Règle

Bâtir un paragraphe de commentaire

  1. 8.
  2. 9.
  3. 10.
  4. 11.

Piège

Prendre pour plan « I. Le fond — II. La forme ».

chaque partie doit se formuler comme une lecture : « un éloge apparent », « une satire dissimulée », « une nature qui devient un personnage ».

La dissertation

Du sujet au plan

  1. 12.
  2. 13.
  3. 14.
  4. 15.

Définitionles trois plans :

Piège

Appliquer le plan dialectique à un sujet en « En quoi… ? ».

regarder le premier mot du sujet. Peut-on, faut-il, diriez-vous que appellent la discussion ; en quoi, comment, dans quelle mesure appellent l'exploration.

La troisième partie d'un plan dialectique n'est pas une synthèse molle qui donne raison à tout le monde. C'est un déplacement : on change le point de vue, on distingue deux sens du mot central, on introduit un critère que les deux premières parties ignoraient. « Tout dépend de ce qu'on entend par… » est une bonne troisième partie, à condition d'aller jusqu'au bout de la distinction.

Introduction, conclusion, et les quatre heures

Règle

quatre heures, et le brouillon en occupe le quart30 min40 min2 h 2030 minchoisir et lirebrouillon, planrédaction au proprerelecturel’erreur la plus coûteuse est de rédiger trop tôt : un plan trouvé à la troisième heure ne se rattrape pas.
18.

L'introduction et la conclusion se rédigent au brouillon, intégralement. Ce sont les deux moments où le correcteur se forme un jugement, et les deux seuls passages qu'on peut soigner sans savoir encore comment le développement s'écrira. Le reste se rédige directement au propre, à partir d'un plan détaillé — recopier un devoir entier est un luxe que quatre heures n'autorisent pas.

La voie technologique : contraction et essai

La contraction de texte

  1. 19.
  2. 20.
  3. 21.
  4. 22.
  5. 23.
  6. 24.

Règle

Piège

Rendre une contraction qui commence par « Dans ce texte, l'auteur nous montre que… ».

relire la première phrase seule. Si elle pourrait ouvrir le texte d'origine, c'est bon ; si elle le présente, il faut la réécrire.

La dernière demi-heure appartient à la relecture, et elle se fait en trois passes distinctes, jamais en une seule : d'abord les accords — sujet-verbe, participes passés —, ensuite la ponctuation et les majuscules, enfin les titres d'œuvres, soulignés et correctement orthographiés. Lire trois fois en cherchant une seule chose trouve plus de fautes qu'une lecture attentive qui les cherche toutes. Et une copie aérée, avec un alinéa par paragraphe et une ligne sautée entre les parties, se lit mieux : le correcteur voit le plan avant de lire la première phrase.

  • Ai-je choisi mon exercice en moins de quinze minutes, et m'y suis-je tenu ?
  • Mon plan est-il fait de lectures ou de parties de sujet, et non de « fond » puis « forme » ?
  • Chaque paragraphe cite, nomme un procédé, dit un effet, et conclut ?
  • Ai-je vérifié la forme du sujet avant de choisir mon type de plan ?
  • Mon introduction contient-elle les quatre temps, rédigée d'un bloc ?
  • Ai-je gardé trente minutes pour la relecture, orthographe et citations comprises ?

Corrigé · à détacher

Méthodologie EAF : le commentaire et la dissertation à l'écrit

  1. 1. En voie générale, quatre heures et deux exercices au choix. Le commentaire porte sur un texte imposé, extérieur aux œuvres au programme mais rattaché à l'un des objets d'étude. La dissertation propose trois sujets, un par œuvre au programme : le candidat choisit son sujet, donc son œuvre. En voie technologique, le choix est entre le commentaire et la contraction de texte suivie d'un essai.
  2. 2. Deux exercices, un seul à traiter — et la grammaire n'y figure pas.
  3. 3. Lire le texte du commentaire une fois, en entier, sans crayon. Se demander seulement : ai-je quelque chose à dire dessus, ou seulement des choses à repérer ?
  4. 4. Lire les trois sujets de dissertation. L'œuvre importe plus que la formule : un sujet difficile sur une œuvre bien connue vaut mieux qu'un sujet facile sur une œuvre à moitié lue.
  5. 5. Se donner deux minutes de test : noter au brouillon trois exemples précis pour la dissertation envisagée, ou trois procédés pour le commentaire. Si rien ne vient, l'autre exercice est le bon.
  6. 6. Décider, et ne plus revenir dessus. Le temps perdu à changer d'avis n'est jamais rattrapé.
  7. 7. Le commentaire est un devoir organisé par idées, jamais par ordre du texte. Deux ou trois parties, chacune défendant une lecture de l'extrait, chacune puisant ses preuves n'importe où dedans. Chaque partie se divise en deux ou trois sous-parties, et chaque sous-partie est un paragraphe qui cite, nomme un procédé, et dit son effet.
  8. 8. Une phrase d'idée qui ouvre : ce que ce paragraphe va montrer. Elle doit pouvoir se comprendre seule.
  9. 9. Une citation courte, entre guillemets, choisie pour ce qu'elle prouve — et non pour sa longueur.
  10. 10. Le nom du procédé puis son effet : c'est le seul temps qui rapporte des points d'interprétation.
  11. 11. Une phrase de bilan qui relie au titre de la partie. Sans elle, le paragraphe reste une observation isolée.
  12. 12. Analyser les mots du sujet, un par un, y compris les petits. « Seulement », « toujours », « peut-on » : ce sont eux qui donnent la marge de discussion.
  13. 13. Reformuler la thèse du sujet en une phrase à soi. Si l'on n'y parvient pas, on n'a pas compris le sujet — et l'on a encore le temps de changer.
  14. 14. Chercher les exemples avant le plan. Six à huit exemples précis tirés de l'œuvre et du parcours ; le plan naît de leur regroupement, jamais l'inverse.
  15. 15. Formuler la problématique : la tension que le sujet contient, sous forme de question dont la réponse se discute.
  16. 16. Le plan dialectique — thèse, antithèse, dépassement — convient à un sujet posé sous forme de question fermée, du type « Peut-on dire que… ? ». Le plan thématique convient à une question ouverte, du type « En quoi… ? » : chaque partie explore un aspect. Le plan analytique — constat, causes, conséquences — sert les sujets qui décrivent un phénomène. Le plan se choisit d'après la forme du sujet, jamais par habitude.
  17. 17. L'introduction se rédige d'un seul bloc, sans titre ni saut de ligne, en quatre temps : une accroche qui situe, la présentation du texte ou de l'œuvre avec sa date, la problématique, l'annonce du plan. La conclusion en compte deux : un bilan qui répond à la problématique sans la répéter mot pour mot, et une ouverture qui nomme une œuvre précise et dit ce que le rapprochement éclaire.
  18. 18. Le brouillon prend le quart du temps — et c'est lui qui fait la note.
  19. 19. Lire deux fois : la première pour comprendre, la seconde le crayon à la main, en marquant les articulations logiques — donc, or, cependant, en effet.
  20. 20. Repérer la thèse et le plan du texte. La contraction reproduit le mouvement de l'auteur, elle ne le réorganise pas.
  21. 21. Réduire au quart du nombre de mots indiqué, avec une tolérance de dix pour cent en plus ou en moins. Le nombre de mots employés se porte à la fin de la copie ; l'oublier ou dépasser coûte des points.
  22. 22. Écrire au même énonciateur : si le texte dit je, la contraction dit je. Aucun « l'auteur explique que », aucune citation entre guillemets, aucun commentaire personnel.
  23. 23. Supprimer d'abord les exemples, les redites et les incises, puis reformuler les longues périodes en phrases simples. On garde les connecteurs : ce sont eux qui prouvent qu'on a suivi le raisonnement.
  24. 24. Compter, vérifier, recopier. Une contraction juste et hors format est pénalisée comme une contraction fausse.
  25. 25. L'essai qui suit la contraction demande une réflexion personnelle sur une question tirée du texte. Il s'écrit en deux ou trois parties, avec une introduction et une conclusion, et il autorise le je — c'est sa différence avec la dissertation, et son principal piège : autoriser le je n'autorise pas l'opinion sans preuve. Chaque partie doit s'appuyer sur un exemple précis — le texte de la contraction, une œuvre lue, un fait d'actualité daté et nommé —, jamais sur « de nos jours, les gens ». Une expérience personnelle vaut comme exemple si elle est racontée en trois lignes et reliée à l'idée qu'elle sert.