Fiche à trous · Première · Français
Œuvre et parcours : le roman
Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.
Étudier un roman en première ne consiste pas à le connaître, mais à savoir s'en servir. Le jour de l'épreuve, personne ne demandera de raconter l'histoire : on demandera si le personnage est un modèle, si le roman doit plaire, si la marge éclaire le centre. L'œuvre devient alors un réservoir d'exemples — et un réservoir mal rangé ne sert à rien.
L'œuvre et son parcours
Définition — parcours associé :
Les œuvres changent tous les deux ou trois ans, la méthode non. Ont figuré au programme Manon Lescaut de l'abbé Prévost (1731), avec le parcours « Personnages en marge, plaisirs du romanesque » ; La Peau de chagrin de Balzac (1831), avec « Les romans de l'énergie : création et destruction » ; Sido et Les Vrilles de la vigne de Colette, avec « La célébration du monde ». Quelle que soit l'œuvre inscrite l'année où vous passez l'épreuve, ce qu'on attend est identique : une connaissance précise — scènes, personnages, formules — et la capacité à la mettre au service d'une question.
Ce qu'on interroge dans un roman
Règle
Définition — personnage romanesque :
Le point de vue est l'outil le plus rentable de l'objet d'étude, parce qu'il produit des analyses que personne ne trouve par hasard. Un narrateur omniscient installe un monde solide et jugeable ; un narrateur interne enferme le lecteur dans une conscience et l'empêche de juger. Un roman à la première personne où le narrateur est aussi le coupable — c'est le dispositif de Manon Lescaut — met le lecteur en position d'être manipulé, et c'est ce dispositif qui est le sujet du livre.
Piège
Écrire « l'auteur pense que… » à propos d'un roman.
écrire le narrateur, le récit, le texte. Le nom de l'auteur ne s'emploie que pour un fait vérifiable hors du roman : une date, une préface, une déclaration.
Définition — incipit et excipit :
Le temps du récit est le second outil que les copies n'emploient jamais, et qui distingue immédiatement une analyse d'un résumé. Deux questions suffisent. L'ordre : le récit suit-il la chronologie, ou la casse-t-il par un retour en arrière — une analepse — ou par une anticipation — une prolepse ? La vitesse : le roman peut expédier dix ans en une phrase — un sommaire —, sauter une période entière sans le dire — une ellipse —, ou étirer trois minutes sur huit pages — une scène, voire une pause descriptive. Un romancier ralentit là où il veut qu'on s'arrête : la vitesse du récit désigne, à elle seule, ce que l'œuvre tient pour important.
Exemple
Comment transformer une connaissance de l'œuvre en argument de dissertation, sur le sujet « Le personnage de roman doit-il être un modèle ? »
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Résultat :
Lire l'œuvre pour l'épreuve
Un carnet de lecture qui serve vraiment
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L'intertextualité — les échos d'une œuvre à l'autre — n'est pas une érudition de spécialiste : c'est un fait de lecture ordinaire, et le parcours associé est fait pour cela. Un roman qui met en scène un jeune provincial montant à Paris se souvient de Balzac, qu'il le veuille ou non. Repérer l'écho vaut mieux que l'ignorer ; encore faut-il dire ce qu'il apporte, et non se contenter de le signaler.
Situer l'œuvre dans son contexte historique et littéraire rapporte des points à condition de rester précis. Le roman réaliste du XIXe siècle veut donner à voir la société entière et documente ses milieux ; le naturalisme de Zola y ajoute une ambition scientifique, l'hérédité et le milieu expliquant l'individu ; le roman d'apprentissage suit une formation, de l'illusion à la lucidité ; le nouveau roman du XXe siècle défait le personnage, l'intrigue et la psychologie, jugés conventionnels. Une seule phrase de contexte, exacte et reliée à l'œuvre, vaut mieux qu'un paragraphe de généralités sur le siècle.
Les exercices attendus sur l'œuvre
L'explication linéaire d'un extrait
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- 21.
Règle
Les deux points de la question de grammaire sont les plus faciles de l'épreuve, et les plus souvent perdus : on peut les préparer entièrement à l'avance, puisque le corpus des phrases possibles est celui des textes étudiés dans l'année. Le geste utile est mécanique : pour chacun de vos textes, choisir deux phrases longues et les analyser une fois, par écrit. Une heure de travail pour deux points sûrs, c'est le meilleur rendement de toute la première.
Règle
Le jour de l'épreuve, l'œuvre n'est pas sur la table : il faut donc citer de mémoire, et cela s'organise. Apprenez cinq à huit formules courtes — une demi-ligne, jamais un paragraphe —, choisies parce qu'elles sont utilisables sur plusieurs sujets. Pour tout le reste, le renvoi précis vaut la citation : nommer la scène, le chapitre, le geste exact d'un personnage prouve la lecture aussi sûrement qu'une phrase entre guillemets. Ce qu'un correcteur sanctionne, ce n'est pas l'absence de guillemets, c'est le flou — « à un moment du roman », « le personnage principal » — qui laisse penser qu'on a lu un résumé.
- Ai-je lu l'œuvre en entier, et non un résumé ?
- Puis-je citer six passages précis, avec leur place dans le livre ?
- Ai-je distingué l'auteur du narrateur dans chacune de mes phrases ?
- Sais-je nommer le point de vue dominant, et dire ce qu'il interdit au lecteur ?
- Ai-je au moins deux textes du parcours utilisables en comparaison ?
- Chacun de mes exemples répond-il à la question posée, ou raconte-t-il seulement ?