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Fiche à trous · Seconde · Français

Méthodologie : l'explication linéaire et le commentaire

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

Les deux exercices de l'année portent sur le même texte et ne se ressemblent pas. L'explication linéaire le suit de son premier mot à son dernier ; le commentaire le réorganise autour d'idées. Confondre les deux coûte la moitié de la note, et la confusion vient presque toujours du même endroit : on croit qu'il s'agit de dire ce que le texte raconte. Il s'agit de dire comment il le dit, et pourquoi cela change ce qu'on comprend.

Deux exercices, deux parcours

Définitionexplication linéaire :

Définitioncommentaire composé :

L'explication linéaire s'est longtemps appelée lecture analytique, et le mot survit dans les manuels et dans la bouche des professeurs. Ce n'est pas un autre exercice : c'est le même, sous son ancien nom. Le changement d'appellation a seulement voulu insister sur ce que l'exercice a de contraignant — suivre la ligne du texte, sans le réorganiser.

deux exercices, deux parcours — et un seul texteexplication linéaireon suit le texte du début à la finmouvement 1 → ce qu’il installemouvement 2 → ce qui basculemouvement 3 → ce qui se conclutl’ordre est celui de l’auteurcommentaire composéon regroupe par idéespartie I → une lecture du textepartie II → une autre, qui l’approfonditchaque partie puise partoutl’ordre est celui de la démonstration
3.

Piège

Raconter le texte avec ses propres mots, en croyant l'expliquer.

vérifier que chaque paragraphe contient au moins un nom de procédé et un verbe d'effet — souligne, installe, rompt, retarde. Sans eux, c'est de la paraphrase, quelle que soit la longueur.

Découper en mouvements

Trouver les mouvements d'un texte

  1. 4.
  2. 5.
  3. 6.
  4. 7.

Deux à quatre mouvements, jamais davantage sur un texte de vingt lignes. Un découpage en six morceaux produit six paragraphes de trois phrases, et le devoir perd toute progression : il redevient un relevé linéaire, ce que l'exercice cherche précisément à dépasser.

Analyser un procédé, en trois temps

Règle

Définitionprocédé stylistique :

le relevéune citation courtele nom du procédémétaphore, chiasme, futur…l’effet et le sensce que ça produit sur le lecteurtrois temps, et le troisième est le seul qui rapporte des points d’interprétations’arrêter au deuxième, c’est produire un catalogue de figures — la faute la plus fréquente.
10.

Exemple

Analyser les deux premiers vers du Loup et l'Agneau de La Fontaine : « La raison du plus fort est toujours la meilleure : / Nous l'allons montrer tout à l'heure. »

  1. 11.
  2. 12.
  3. 13.
  4. 14.

Résultat :

Le commentaire : trouver un plan

Du texte au plan, en quatre gestes

  1. 16.
  2. 17.
  3. 18.
  4. 19.

Règle

Piège

Prendre pour plan « I. Le fond — II. La forme ».

chaque partie doit être une lecture du texte — « un éloge apparent », « une satire dissimulée » — et chacune y mêle les procédés qui la fondent.

L'introduction et la conclusion

Règle

L'ouverture n'est pas une formalité, et c'est pourtant là que les devoirs s'effondrent : « on peut rapprocher ce texte de beaucoup d'autres » ne vaut rien. Une ouverture réussie nomme une œuvre précise et dit en quoi le rapprochement éclaire le texte étudié. Mieux vaut pas d'ouverture qu'une ouverture creuse.

  • Ai-je découpé le texte en deux à quatre mouvements, justifiés par une rupture ?
  • Chaque analyse cite, nomme un procédé, puis dit son effet ?
  • Mes paragraphes contiennent-ils des verbes d'effet — souligne, installe, rompt, retarde ?
  • Ma problématique est-elle une vraie question, à laquelle on pourrait répondre autrement ?
  • Mes parties sont-elles des lectures du texte, et non « le fond » puis « la forme » ?
  • Mon ouverture nomme-t-elle une œuvre précise, et dit-elle pourquoi ?

Corrigé · à détacher

Méthodologie : l'explication linéaire et le commentaire

  1. 1. L'explication linéaire parcourt le texte dans son ordre, en le découpant en mouvements — deux à quatre unités de sens, délimitées par une rupture de ton, de temps, de sujet ou d'énonciation. Pour chaque mouvement, on montre ce que l'auteur y fait, procédé après procédé. C'est l'exercice de l'oral du baccalauréat de français, et il se prépare dès la seconde.
  2. 2. Le commentaire abandonne l'ordre du texte pour un ordre de démonstration : deux ou trois parties, chacune défendant une lecture du texte, chacune puisant ses preuves n'importe où dans l'extrait. Il répond à une problématique — une question que le texte pose et à laquelle le devoir apporte une réponse construite.
  3. 3. Le même texte, deux façons de le traverser.
  4. 4. Lire deux fois avant de tracer quoi que ce soit : la première pour comprendre, la seconde pour repérer les ruptures.
  5. 5. Chercher les signes de rupture : un changement de temps verbal, un changement d'énonciateur ou de destinataire, un connecteur logique fort (mais, or, ainsi), un blanc typographique, un passage du général au particulier.
  6. 6. Nommer chaque mouvement par ce qu'il fait, non par ce qu'il contient : « le poète installe un décor rassurant » vaut mieux que « description du paysage ».
  7. 7. Vérifier la cohérence : les mouvements doivent raconter, ensemble, une progression. Si l'on peut les intervertir sans rien changer, c'est qu'ils ne sont pas bien découpés.
  8. 8. Toute analyse tient en trois temps, dans cet ordre. On cite — un fragment court, choisi pour ce qu'il prouve. On nomme le procédé : figure de style, temps verbal, construction de phrase, sonorité, ponctuation. On dit l'effet produit et le sens qu'il donne. Le troisième temps est le seul qui rapporte des points d'interprétation ; les deux premiers ne font que le préparer.
  9. 9. Un procédé stylistique est tout choix d'écriture repérable et nommable. Il y en a de quatre sortes, et les oublier revient à ne chercher que les figures de style : les procédés lexicaux (champ lexical, niveau de langue, connotation), grammaticaux (temps, mode, construction de phrase, apposition, négation), sonores (allitération, assonance, rythme, mètre) et rhétoriques (métaphore, antithèse, hyperbole). Un texte sans métaphore n'est pas un texte sans procédés.
  10. 10. Citer, nommer, interpréter — et ne jamais s'arrêter au deuxième.
  11. 11. Le relevé : « La raison du plus fort est toujours la meilleure » — une phrase brève, au présent, sans sujet personnel.
  12. 12. Le procédé : c'est une maxime, énoncée au présent de vérité générale, avec l'adverbe toujours qui interdit l'exception. La Fontaine place la morale avant le récit, à rebours de l'usage de la fable.
  13. 13. L'effet et le sens : la formule s'impose comme une loi du monde, que rien ne discutera. Mais la placer en tête change tout : la fable ne servira pas à découvrir cette morale, elle servira à la démontrer — et le second vers le dit franchement, nous l'allons montrer.
  14. 14. L'ironie naît de cet écart : une maxime qui a la forme d'une sagesse énonce en réalité une injustice. Le lecteur est invité à la refuser au moment même où on la lui présente comme évidente.
  15. 15. deux vers, quatre observations, et pas une ligne de paraphrase
  16. 16. Relever d'abord, classer ensuite. On note tout ce qu'on remarque au brouillon, en vrac : procédés, thèmes, tonalité, rythme. Chercher un plan avant d'avoir relevé conduit à plaquer un plan appris.
  17. 17. Regrouper les relevés qui disent la même chose : ces regroupements deviennent les parties. Deux suffisent en seconde ; trois si le texte le permet vraiment.
  18. 18. Formuler une problématique : une question à laquelle les parties répondent successivement. « En quoi ce portrait élogieux dissimule-t-il une critique ? » — pas « Quels sont les procédés du texte ? », qui n'est pas une question.
  19. 19. Ordonner les parties du plus visible au plus profond : ce que le texte montre d'abord, puis ce qu'il révèle à la relecture. L'inverse donne un devoir qui redescend.
  20. 20. Le plan d'un commentaire est thématique : chaque partie porte une idée, et non un morceau du texte. Deux plans thématiques fonctionnent presque toujours. Le plan du visible au caché : I. ce que le texte donne à voir — II. ce qu'il laisse entendre. Le plan de la description à l'enjeu : I. comment le texte construit son objet — II. ce que cette construction met en jeu. Dans les deux cas, la seconde partie doit dépendre de la première : si l'on peut les intervertir, le plan n'en est pas un.
  21. 21. L'introduction tient en quatre temps, sans titre ni saut de ligne : une accroche qui situe (mouvement littéraire, genre, époque) ; la présentation de l'auteur, de l'œuvre, de la date et de l'extrait ; la problématique ; l'annonce du plan. La conclusion en compte deux : un bilan qui répond à la problématique — sans la répéter mot pour mot — et une ouverture vers un autre texte, un autre genre, une autre époque.