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Fiche à trous · 4ème · Français

Argumentation : convaincre et persuader

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

Convaincre s'adresse à la raison, persuader aux émotions. Un texte efficace fait presque toujours les deux à la fois — et c'est en repérant lequel domine qu'on comprend ce qu'un auteur attend vraiment de nous.

Fait, opinion, jugement de valeur

une seule question les sépare : peut-on le vérifier ?le fait« Il a plu 12 joursen mars. »vérifiablevrai ou fauxl’opinion« Le climat vaencore se dégrader. »discutableelle s’argumentele jugement de valeur« Ce mois de marsa été affreux. »il évalueil ne se prouve pas
1.

Définitionthèse, argument, exemple :

Quatre stratégies argumentatives

Règle

Piège

Accepter un argument d'autorité sans regarder qui parle.

vérifier trois choses : qui parle, sur quel sujet, et de quand date la déclaration.

Les figures qui insistent

une figure d’insistance ne décore pas : elle impose un rythme au lecteuranaphore — même mot en tête : Rien n’a bougé. Rien n’a changé. Rien ne changera.gradation — du plus faible au plus fort : il murmura, parla, cria.accumulation — une liste qui déborde : le froid, la faim, l’attente, le bruit, l’oubli.répétition — le même mot revient et devient obsédant
4.

Analyser un texte argumentatif

  1. 5.
  2. 6.
  3. 7.
  4. 8.

Quatre formes d'écrits argumentatifs reviennent : la lettre ouverte, adressée à quelqu'un mais publiée pour tous ; l'éditorial, où un journal engage sa voix ; le plaidoyer, qui défend ; le réquisitoire, qui accuse. Les deux derniers viennent du tribunal, et ils en gardent la structure : une thèse, des preuves, une demande.

Exemple

« On nous dit que ces mesures coûteront cher. Soit. Mais que coûtera l'inaction ? »

  1. 9.
  2. 10.
  3. 11.

Résultat :

Définitionl'ironie :

L'implicite est ce que le texte fait comprendre sans le dire. Le présupposé est ce qu'il faut déjà admettre pour que la phrase ait un sens : « as-tu encore oublié ? » présuppose qu'on a déjà oublié. Repérer un présupposé, c'est repérer ce qu'on nous fait accepter sans discussion — l'outil le plus discret de l'argumentation.

  • Ai-je identifié la thèse — une seule phrase, celle que tout le reste sert ?
  • Ai-je séparé les arguments (généraux) des exemples (précis et nommés) ?
  • Cette source fait-elle autorité sur ce sujet précis ?
  • Ai-je dit ce que la figure produit, et pas seulement son nom ?
  • Qu'est-ce que ce texte me fait accepter sans le discuter ?

Corrigé · à détacher

Argumentation : convaincre et persuader

  1. 1. Confondre les trois est le moyen le plus simple de faire passer un avis pour une preuve.
  2. 2. La thèse est ce qu'on défend : une seule pour tout le texte. Un argument est une raison générale qui la soutient. Un exemple est un cas précis, nommé, qui rend l'argument visible. Les trois sont indispensables et ne se remplacent pas — un texte d'exemples sans argument ne démontre rien.
  3. 3. L'argument d'autorité s'appuie sur une source reconnue. L'argument par l'exemple part d'un cas réel. L'argument par analogie compare à une situation mieux connue. L'argument par réfutation commence par l'objection adverse pour la démonter. Le dernier est le plus efficace : il montre qu'on a pensé contre soi-même.
  4. 4. Ces figures relèvent de la persuasion : elles font sentir avant de faire réfléchir.
  5. 5. Trouver la thèse : la phrase que tout le reste sert. Elle est souvent au début ou à la toute fin, rarement au milieu.
  6. 6. Séparer les arguments des exemples. Un argument est général, un exemple est daté et nommé. Les compter dit déjà si le texte démontre ou illustre.
  7. 7. Repérer à qui il parle : un vous, un impératif, une question rhétorique désignent un destinataire, et donc une intention.
  8. 8. Nommer le registre — polémique, ironique, pathétique — et dire par quels mots il s'installe.
  9. 9. Concession : on nous dit… Soit. L'auteur accorde l'objection au lieu de la nier.
  10. 10. Retournement : Mais introduit la réponse, et la question rhétorique oblige le lecteur à formuler lui-même la conclusion.
  11. 11. Cette conclusion, le lecteur la produit — il ne la subit pas. C'est ce qui la rend difficile à refuser.
  12. 12. concéder puis retourner : la stratégie la plus difficile à contrer
  13. 13. Dire le contraire de ce qu'on pense, en le faisant entendre. L'antiphrase loue pour blâmer (quel courage ! à un lâche). La litote dit moins pour suggérer plus (ce n'est pas mauvais pour c'est excellent). L'euphémisme atténue une réalité pénible (il nous a quittés). L'ironie n'existe que si le lecteur perçoit l'écart.