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Fiche à trous · 4ème · Français

Expression écrite : argumenter et écrire pour la scène

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

Écrire, ce n'est pas avoir des idées : c'est les mettre dans un ordre que le lecteur puisse suivre. Deux formes exigeantes cette année — le paragraphe argumentatif et le dialogue théâtral — et une méthode pour chacune, parce qu'aucune ne s'improvise.

Le paragraphe argumentatif en quatre temps

un paragraphe = une idée, et quatre phrases pour la tenir① l’idée — une seule, annoncée dès la première phraseD’abord, …② l’argument — pourquoi cette idée tient, en généralen effet, …③ l’exemple — précis, nommé, daté si possibleainsi, …④ le bilan — ce que l’exemple prouve, retour à l’idéeon voit donc que…
1.

Règle

Ces quatre temps portent un nom international, retenu par l'acronyme PEEL : Point (l'idée), Evidence (l'exemple qui la prouve), Explication (le commentaire qui dit pourquoi il la prouve), Link (le bilan qui la relie à la thèse). Même ossature, autres mots. Peu importe la version qu'on retient : ce qui compte est de n'en sauter aucun — et c'est presque toujours le dernier qui manque.

Insérer une citation dans un commentaire

  1. 3.
  2. 4.
  3. 5.

Piège

Ouvrir un paragraphe par une citation.

vérifier que chaque guillemet ouvrant est précédé d'une phrase à soi. Aucune citation ne commence un paragraphe.

Écrire un dialogue de théâtre

Règle

la mise en page fait partie du genre : un correcteur la lit avant les motsUne cuisine. Il est tard. LOUISE range sans bruit.LOUISE.Tu ne dors pas ?SIMON, depuis le couloir.Je t’attendais.didascalie initiale : lieu, momentnom en majuscules, réplique à la lignedidascalie de jeu, dans le nomjamais : « — Je t’attendais, dit-il depuis le couloir. » — ça, c’est du roman
7.

Un bon dialogue de théâtre ne dit pas tout. Ce que les personnages taisent produit plus d'effet que ce qu'ils expliquent : une réplique très courte face à une longue tirade, un silence noté en didascalie, une question qui reste sans réponse. Écrire pour la scène, c'est laisser de la place au comédien.

Définitionécrire une suite de texte :

Exemple

Le texte s'achève sur : « Il posa la main sur la poignée. »

  1. 9.
  2. 10.

Résultat :

Écrire une suite, réécrire un texte

Règle

Réécrire un passage sans le trahir

  1. 13.
  2. 14.
  3. 15.

Exemple

Réécrire à la première personne : « Il poussa la porte sans un mot. Ses mains tremblaient, mais son visage ne disait rien. »

  1. 16.
  2. 17.

Résultat :

une réécriture ne touche qu’à un seul curseur — le reste tientce qui se conserve — l’intrigue, les personnages, le lieu, la cohérence du récitet l’un seulement de ces quatre curseurs :la personneil → jele point de vueexterne → internele registretragique → comiquel’époque1850 → aujourd’huideux curseurs à la fois : le lecteur ne reconnaît plus le texte de départ — l’exercice est manqué.
19.

Piège

Écrire une suite en glissant du passé simple au présent, ou de il à je.

recopier au brouillon la dernière phrase de l'extrait, et écrire la suivante juste en dessous. La continuité se voit à l'œil.

  • La première phrase enchaîne-t-elle sur la dernière de l'extrait, sans rupture de temps ni de personne ?
  • Le point de vue est-il le même du début à la fin ?
  • Ai-je repris deux ou trois mots du champ lexical de l'auteur, sans le recopier ?
  • Aucun personnage n'apparaît qui n'existait pas, aucun ne disparaît sans raison.
  • La longueur demandée est-elle atteinte — et pas dépassée du double ?

Réviser le fond, relire la forme

Règle

  • Passe 1 — le sens : chaque paragraphe défend-il une seule idée, annoncée dès sa première phrase ?
  • Passe 2 — la grammaire : accords sujet-verbe, participes passés, temps du récit tenus d'un bout à l'autre.
  • Passe 3 — l'orthographe : homophones, pluriels des groupes nominaux, ponctuation.
  • Jamais les trois en même temps : on ne voit alors aucune des trois.
  • Toute citation est-elle précédée d'une affirmation et suivie d'un commentaire ?

Corrigé · à détacher

Expression écrite : argumenter et écrire pour la scène

  1. 1. Sans le quatrième temps, l’exemple reste une anecdote.
  2. 2. Un paragraphe défend une seule idée. Deux idées dans le même paragraphe, c'est deux paragraphes qui manquent. Le passage à la ligne n'est pas une respiration : c'est une information donnée au lecteur — je change d'idée.
  3. 3. Annoncer ce qu'on va montrer, avant de citer. Une citation qui ouvre une phrase ne prouve rien : elle attend qu'on lui donne un sens.
  4. 4. Citer entre guillemets, exactement, en ne gardant que les mots utiles — les coupures se signalent par des crochets […].
  5. 5. Commenter : nommer le procédé, puis dire l'effet. C'est le seul des trois temps qui rapporte des points d'interprétation.
  6. 6. Les codes du genre ne sont pas décoratifs : ils permettent le jeu. Nom du personnage en majuscules, suivi d'un point ou d'un tiret ; répliques à la ligne ; didascalies en italique, hors de la parole. Une réplique ne contient jamais l'indication de ce que fait celui qui parle.
  7. 7. Le nom, la réplique, la didascalie : trois niveaux qui ne se mélangent jamais.
  8. 8. Prolonger un récit, c'est en hériter : le narrateur, la personne, le système des temps, le niveau de langue et les personnages sont donnés, pas choisis. Un devoir bien écrit qui change l'un des cinq est noté sur la consigne, pas sur le style — et c'est la sanction la plus lourde de l'exercice.
  9. 9. Ouverture ratée : « Je poussai la porte et je vis un grand salon très joli. » La personne a changé, et joli est un jugement, pas une sensation.
  10. 10. Ouverture juste : « La porte céda sans bruit. Une odeur de papier mouillé montait de l'ombre. » Même narrateur, même temps, et une perception plutôt qu'une évaluation.
  11. 11. la première phrase du devoir doit pouvoir suivre la dernière du texte
  12. 12. Rédiger une suite de texte littéraire, ce n'est pas continuer l'histoire comme on l'imagine : c'est continuer celle de l'auteur. Trois choses ne se négocient pas — la personne du récit, les temps dominants, le point de vue. Une suite au passé simple qui bascule au présent a changé de livre dès la première phrase.
  13. 13. Relever avant d'écrire : la personne (je ou il), les temps qui reviennent, le point de vue, deux ou trois mots du champ lexical dominant.
  14. 14. Choisir ce qu'on transforme — une seule chose à la fois : le point de vue, le registre, l'époque ou le destinataire. Une réécriture qui change tout n'est plus une réécriture, c'est un autre texte.
  15. 15. Tenir tout le reste. La réussite se mesure à ce qui n'a pas bougé : si le lecteur reconnaît encore la voix de l'auteur, le pari est gagné.
  16. 16. Le point de vue externe montre un corps sans accéder à la pensée. En passant à je, le narrateur gagne l'intérieur — il faut donc ajouter ce que le regard extérieur ne pouvait pas dire.
  17. 17. Les temps se conservent : passé simple pour l'action, imparfait pour l'état. On ne change qu'un paramètre.
  18. 18. « Je poussai la porte sans un mot. Mes mains tremblaient — je le voyais bien — mais je savais que mon visage ne disait rien. »
  19. 19. Ce qui se conserve, ce qui se transforme.
  20. 20. Deux gestes qu'on confond toujours. La révision touche au fond : l'ordre des paragraphes, une idée qui manque, un exemple qui ne prouve rien — elle peut faire disparaître une phrase entière. La relecture touche à la forme : accords, homophones, ponctuation — elle ne déplace rien. Réviser d'abord : corriger l'orthographe d'un paragraphe qu'on va supprimer est du temps perdu.