← Retour au chapitre

Fiche à trous · 6ème · Français

Expression écrite : rédiger un récit

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

Écrire un récit, ce n'est pas avoir de l'imagination : c'est tenir quelque chose du début à la fin. Tenir les temps, tenir le fil des personnages, tenir la ponctuation. Une histoire pleine d'idées mais qui change de temps toutes les trois lignes se lit mal ; une histoire simple mais tenue se lit bien. Ce chapitre porte donc moins sur ce qu'on raconte que sur la façon dont ça tient.

Un récit se construit avant de s'écrire

Dix minutes de brouillon avant la première phrase

  1. 1.
  2. 2.
  3. 3.
  4. 4.

Un récit se répartit à peu près ainsi : un quart pour installer, la moitié pour développer, un quart pour conclure. Le défaut le plus fréquent des copies est l'inverse — une introduction interminable, un dénouement en deux lignes. Compter ses lignes au brouillon coûte une minute et évite ce déséquilibre.

Les temps du récit

Règle

Exemple

Compléter avec les temps du récit : « La nuit (tomber) sur le village. Les volets (être) clos et aucune lumière ne (filtrer). Soudain, un cri (déchirer) le silence. »

  1. 6.
  2. 7.
  3. 8.

Résultat :

Piège

Commencer au passé, puis glisser au présent sans s'en apercevoir.

à la relecture, ne chercher que les verbes. Un seul passage rapide, à ne faire que pour cela — c'est ainsi qu'on les voit.

La ponctuation, et le dialogue

Règle

Le vieil homme leva la tête et dit :« Tu arrives bien tard. Le chemin était coupé, répondit Léa. Entre donc. »les guillemets ouvrent au début, ferment à la finun tiret à chaque changement de personne qui parledeux points avant d’ouvrir le dialogueon va à la ligne à chaque réplique — toujours
11.

Les verbes de parole évitent la monotonie et renseignent : dit est neutre, mais murmura, répliqua, soupira, s'écria disent le ton en même temps que la parole. Attention à l'inversion : dans une incise, le sujet passe après le verbe — répondit Léa, et non Léa répondit quand la proposition est insérée.

Faire tenir le texte ensemble

Définitionconnecteurs :

connecteurs temporelsd’abord · puis · ensuite · alorssoudain · enfin · le lendemainils rangent les événements dans le tempsconnecteurs logiquescar · donc · mais · pourtantparce que · c’est pourquoiils relient les événements par une raisonun récit qui n’emploie que « et puis » raconte sans expliquer
13.

Définitionsubstituts :

un même personnage, quatre désignations — et aucune répétitionle marchandille vieil hommecelui-cipronom · synonyme · terme générique · périphrase : quatre façons de reprendre sans répéter.seule condition : le lecteur doit toujours savoir de qui l’on parle.
15.

Piège

Employer il alors que deux personnages masculins viennent d'être cités.

dès qu'il y a deux personnages de même genre, nommer l'un des deux : « Le marchand lui donna une pièce. » Un mot de plus, et la phrase redevient lisible.

Le portrait

Rédiger un portrait physique et moral

  1. 16.
  2. 17.
  3. 18.
  4. 19.

Commencer et finir

Règle

Règle

Piège

Terminer par « et il se réveilla : ce n'était qu'un rêve ».

assumer l'histoire jusqu'au bout. Si l'on veut du fantastique, laisser le doute plutôt que le lever : il n'a jamais su si la porte avait vraiment existé.

Un dernier levier, souvent négligé : le choix des verbes. Il alla vers la porte et il se glissa vers la porte racontent la même action et deux personnages différents. Remplacer trois ou quatre verbes passe-partout — aller, faire, mettre, dire — par des verbes précis transforme un texte plus sûrement que n'importe quel adjectif ajouté.

  • Mon récit a-t-il un début, un développement et une fin — et la fin fait-elle plus de deux lignes ?
  • Ai-je tenu les mêmes temps du premier au dernier mot ?
  • Chaque réplique de dialogue est-elle à la ligne, avec son tiret ?
  • Ai-je employé des connecteurs logiques, et pas seulement et puis ?
  • Chacun de mes pronoms ne peut-il désigner qu'une seule personne ?
  • Mon portrait remplace-t-il les jugements par des détails observables ?

Corrigé · à détacher

Expression écrite : rédiger un récit

  1. 1. Poser la fin d'abord. Savoir où l'on va est ce qui permet de doser le milieu. Un récit écrit sans fin en tête s'arrête faute de place, jamais faute d'histoire.
  2. 2. Noter trois étapes seulement : la situation de départ, ce qui la rompt, ce qui la résout. Trois lignes de brouillon suffisent.
  3. 3. Choisir la personne et les temps, et les écrire en haut du brouillon : récit à la 3e personne, imparfait et passé simple.
  4. 4. Écrire, puis relire une seule chose à la fois : d'abord les temps, ensuite les accords, enfin la ponctuation.
  5. 5. Un récit au passé emploie deux temps, et chacun a son rôle. L'imparfait installe le décor, décrit les lieux et les personnages, dit ce qui dure ou se répète. Le passé simple rapporte les actions qui surviennent et font avancer l'histoire. Un récit qui n'emploierait que le passé simple serait une liste d'actions sans monde autour ; un récit tout à l'imparfait n'avancerait jamais.
  6. 6. tombait, étaient, filtrait : trois éléments de décor, qui durent — donc l'imparfait.
  7. 7. déchira : un événement unique, annoncé par soudain — donc le passé simple.
  8. 8. Les trois premières phrases préparent la quatrième. Sans elles, le cri ne surprendrait personne.
  9. 9. trois imparfaits pour poser le calme, un passé simple pour le rompre
  10. 10. Le point ferme une phrase, la virgule sépare à l'intérieur d'une phrase sans jamais séparer le sujet de son verbe. Le point d'interrogation et le point d'exclamation remplacent le point. Dans un dialogue, les guillemets ouvrent la prise de parole et la ferment, tandis qu'un tiret signale chaque changement de locuteur — et l'on va à la ligne à chaque réplique.
  11. 11. Une mise en page, quatre signes, aucune improvisation.
  12. 12. Les connecteurs sont les mots qui relient les phrases entre elles. Les connecteurs temporels rangent les événements dans le temps : d'abord, puis, ensuite, soudain, enfin. Les connecteurs logiques disent pourquoi une chose en entraîne une autre : car, donc, mais, pourtant, c'est pourquoi. Un récit qui n'emploie que et puis raconte sans expliquer.
  13. 13. Ranger dans le temps n'est pas relier par une raison.
  14. 14. Pour reprendre un personnage sans le répéter, on dispose de quatre outils : le pronom (il, celui-ci), le synonyme (le marchandle commerçant), le terme générique (l'homme), et la périphrase (le maître des lieux). Une seule condition, mais absolue : le lecteur doit toujours savoir de qui l'on parle.
  15. 15. Quatre reprises pour un seul personnage.
  16. 16. Suivre un ordre — du général au détail, ou du haut vers le bas. Un portrait sans ordre est un inventaire, et le lecteur ne voit rien.
  17. 17. Choisir trois ou quatre détails seulement, mais parlants. Une description exhaustive ne produit aucune image ; un détail précis en produit une.
  18. 18. Faire dire au physique quelque chose du moral : des mains abîmées disent un métier, un regard fuyant dit un caractère.
  19. 19. Remplacer les jugements par des observations. Non pas il était méchant, mais il ne répondait jamais aux enfants qui le saluaient.
  20. 20. La première phrase décide de la suite. Trois ouvertures fonctionnent : un lieu et un moment (Ce matin-là, la gare était déserte), une action déjà commencée (Léa courait depuis dix minutes), ou une parole (« Ne touche pas à ça », avait dit sa mère). Trois ouvertures ne fonctionnent pas : l'annonce de ce qu'on va raconter, la présentation administrative du personnage, et la formule Je vais vous raconter l'histoire de.
  21. 21. La fin doit se voir venir sans être devinée. Elle répond à ce que l'élément déclencheur avait ouvert : si l'histoire commence par une disparition, elle ne peut pas se terminer sur autre chose. Et elle occupe de la place — trois à cinq lignes au moins. Une chute expédiée donne l'impression, souvent juste, qu'on manquait de temps.