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Fiche à trous · 6ème · Français

Lecture : récits de création et mythologie

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Avant d'expliquer le monde par des causes, les hommes l'ont expliqué par des récits. Pourquoi l'écho répète-t-il les paroles ? Pourquoi le laurier est-il l'arbre des vainqueurs ? Les mythes répondent à ces questions par des histoires — et ces histoires ont traversé trois mille ans. Ce chapitre correspond aux objets d'étude de 6e « Récits de création et création poétique » et « Héros, héroïnes et héroïsme ».

Ce qu'est un mythe

Définitionmythe :

La mythologie gréco-romaine est la plus présente dans la littérature française, parce que Rome a repris les dieux grecs en leur donnant d'autres noms. Zeus et Jupiter sont le même personnage. C'est pourquoi les textes français emploient tantôt les uns, tantôt les autres — et pourquoi il faut connaître les deux séries.

grecromainZeusJupiterHéraJunonPoséidonNeptuneAthénaMinerveArèsMarsAphroditeVénusmêmes dieux, deux noms : Rome a repris le panthéon grec
2.

Le schéma narratif

Règle

tout récit, du mythe au roman, se plie à ces cinq tempssituationinitialel’équilibreélémentdéclencheurla rupturepéripétiesles épreuvesdénouementl’épreuve décisivesituationfinalele nouvel équilibrel’élément déclencheur rompt l’équilibre ; la situation finale en rétablit un autre — jamais le même.c’est cette différence entre le début et la fin qui fait qu’il s’est passé quelque chose.
4.

Définitionnarrateur :

Exemple

Appliquer le schéma narratif à l'épisode du Cyclope, dans l'Odyssée d'Homère.

  1. 6.
  2. 7.
  3. 8.
  4. 9.
  5. 10.

Résultat :

Le héros et ses épreuves

Définitionhéros :

Le héros mythologique n'est jamais parfait, et c'est ce qui le rend intéressant. Ulysse est rusé mais orgueilleux, et son orgueil lui coûte dix ans de voyage. Icare désobéit à son père et s'approche trop du soleil. Cette faiblesse porte un nom qui reviendra au lycée — la démesure — et les Grecs y voyaient la faute la plus grave : vouloir dépasser la place assignée aux hommes.

Deux œuvres reviennent constamment. L'Odyssée d'Homère (VIIIe siècle avant J.-C.) raconte le retour d'Ulysse vers Ithaque, en dix années d'épreuves. Les Métamorphoses d'Ovide (poète latin, début du Ier siècle) rassemblent des centaines de récits ayant tous le même ressort : un être vivant est changé en autre chose — Daphné en laurier, Narcisse en fleur, Arachné en araignée. Ces deux textes de l'Antiquité ont nourri toute la littérature européenne : on les retrouve cités, réécrits ou détournés du Moyen Âge jusqu'à aujourd'hui.

Piège

Raconter l'histoire quand la question demande ce que le personnage révèle.

répondre par une qualité suivie d'une preuve : « Ulysse se montre rusé : il se fait appeler Personne, ce qui empêchera les autres Cyclopes de secourir Polyphème. »

Les images du récit mythologique

Règle

quatre figures suffisent en 6e — mais il faut savoir les nommer ET dire leur effetcomparaison« fort comme un lion »un outil de comparaison : comme, tel, semblable àmétaphore« ce lion se jeta dans la mêlée »la comparaison sans l’outil : plus brève, plus fortepersonnification« la mer hurlait de rage »on prête à une chose un comportement humainhyperbole« une armée innombrable »l’exagération, pour frapper l’imagination
14.

Dans l'épopée, ces figures ne sont pas ornementales : elles grandissent le héros et le monde. Quand la mer « hurle de rage », ce n'est pas une jolie image — c'est Poséidon lui-même qui poursuit Ulysse. La personnification des éléments dit une croyance : la nature y est habitée par des dieux, et rien n'y arrive par hasard.

Définitionrécit étiologique :

Lire un texte mythologique en quatre questions

  1. 16.
  2. 17.
  3. 18.
  4. 19.

Piège

Traiter le mythe comme une histoire fausse, « puisque les dieux n'existent pas ».

remplacer « est-ce vrai ? » par « qu'est-ce que cela explique, et qu'est-ce que cela valorise ? ». Ce sont les deux seules questions que le texte accepte.

  • Ai-je repéré les cinq temps du récit avant de l'interpréter ?
  • La situation finale diffère-t-elle de l'initiale ? Qu'est-ce qui a changé ?
  • Quelles valeurs le héros porte-t-il, et quelle faiblesse le menace ?
  • Pour une figure de style : l'ai-je nommée, puis ai-je dit son effet ?
  • Ai-je cité le texte à l'appui de chacune de mes affirmations ?
  • Zeus ou Jupiter : ai-je gardé la série de noms employée par le texte ?

Corrigé · à détacher

Lecture : récits de création et mythologie

  1. 1. Un mythe est un récit d'origine anonyme, transmis d'abord oralement, qui met en scène des dieux et des héros pour expliquer l'ordre du monde : la naissance de l'univers, l'apparition d'une plante, l'origine d'une coutume. Il ne prétend pas être vérifiable — il prétend être fondateur. Ce qui le distingue du conte : le mythe est tenu pour vrai par la communauté qui le raconte, et il est lié à une religion.
  2. 2. Six couples à connaître ; il en existe une douzaine.
  3. 3. Tout récit — mythe, conte, roman, film — se construit sur cinq temps. La situation initiale installe un équilibre. L'élément déclencheur le rompt. Les péripéties sont les épreuves traversées. Le dénouement résout le problème. La situation finale installe un nouvel équilibre, différent du premier. Repérer ces cinq temps, c'est comprendre l'architecture d'un texte avant même d'en interpréter le détail.
  4. 4. Cinq temps, et une transformation entre le premier et le dernier.
  5. 5. Le narrateur est celui qui raconte — à distinguer de l'auteur, qui écrit. Dans les récits mythologiques, le narrateur est presque toujours extérieur à l'histoire : il dit il, sait tout des personnages, et peut passer d'un lieu à l'autre. Chez Homère, ce narrateur invoque même la Muse dès le premier vers, comme si le récit lui était dicté. Reconnaître le narrateur est la première question à se poser devant un texte : qui parle, et que sait-il ?
  6. 6. Situation initiale : Ulysse et ses compagnons, en route vers Ithaque, abordent une île inconnue et découvrent une grotte pleine de provisions.
  7. 7. Élément déclencheur : le géant Polyphème rentre, referme la grotte avec un rocher que nul ne peut déplacer, et dévore deux hommes.
  8. 8. Péripéties : Ulysse dit se nommer « Personne », enivre le Cyclope, puis lui crève son œil unique avec un pieu durci au feu.
  9. 9. Dénouement : les Grecs s'échappent accrochés sous le ventre des béliers ; les autres Cyclopes, alertés, entendent Polyphème crier que « Personne » l'a blessé, et ne viennent pas.
  10. 10. Situation finale : Ulysse reprend la mer — mais il a crié son vrai nom par orgueil, et Poséidon, père du Cyclope, le poursuivra désormais.
  11. 11. un épisode complet, qui contient à lui seul les cinq temps du schéma
  12. 12. Dans la mythologie, un héros n'est pas seulement un personnage courageux : c'est souvent un mortel de naissance exceptionnelle — fils d'un dieu et d'une mortelle — qui accomplit des exploits surhumains. Il se définit par ses épreuves : ce sont elles qui le révèlent. Et il porte les valeurs de la communauté qui le raconte : la ruse et la fidélité pour Ulysse, la force et l'endurance pour Héraclès.
  13. 13. Les récits mythologiques emploient massivement quatre figures. La comparaison rapproche deux éléments à l'aide d'un outil — comme, tel, semblable à. La métaphore fait le même rapprochement en supprimant l'outil, ce qui la rend plus brève et plus forte. La personnification prête un comportement humain à une chose ou à un élément. L'hyperbole exagère pour frapper l'imagination.
  14. 14. Nommer la figure ne suffit pas : il faut dire ce qu'elle produit.
  15. 15. Un récit étiologique — du grec aitia, la cause — explique l'origine de quelque chose qui existe : un arbre, une constellation, une coutume, un nom de lieu. Il part toujours du présent, de ce que chacun peut observer, et remonte à une histoire qui le justifie. Les Métamorphoses d'Ovide en sont un recueil entier : chaque récit finit par la naissance d'un être ou d'un nom.
  16. 16. Qui raconte, et que sait-il ? Un narrateur extérieur, qui sait tout, n'est pas un personnage qui témoigne. Cela change ce qu'on peut croire du récit.
  17. 17. Où en est-on du schéma narratif ? L'extrait donné est presque toujours une péripétie : chercher ce qui la précède et ce qu'elle prépare.
  18. 18. Quelle épreuve le héros affronte-t-il, et avec quelle qualité ? Force, ruse, patience, fidélité : c'est la réponse qui donne les valeurs du texte.
  19. 19. Quelles images grandissent la scène ? Repérer une comparaison, une personnification ou une hyperbole, et dire ce qu'elle ajoute — la nommer seule ne vaut rien.