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Fiche à trous · Terminale · Français

Le Grand Oral — question, exposé et échange avec le jury

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

Le Grand Oral n'évalue pas ce que vous savez, mais ce que vous en faites devant quelqu'un. C'est la seule épreuve du baccalauréat où la note dépend d'un corps, d'une voix et d'une capacité à répondre à l'imprévu. Elle se prépare donc autrement qu'un écrit : non pas en révisant plus, mais en parlant à voix haute, plusieurs fois, devant quelqu'un. Un exposé jamais dit à haute voix ne tient jamais dix minutes le jour venu.

Ce que l'épreuve demande exactement

Règle

quarante minutes en tout : vingt de préparation, vingt d’épreuve20 min · préparationaprès le choix de la questionpar le jury · brouillon papierautorisé, non évalué10 min · exposédebout, sans lire ses notespourquoi cette question,puis la réponse construite10 min · échangequestions du jurysolidité des connaissances,capacité à argumenterle troisième temps sur le projet d’orientation a été supprimé : ce n’est plus une partie distinctejury de deux professeurs, dont un de la spécialité concernée par la question retenuecoefficient 10 jusqu’à la session 2026 incluse · 8 à partir de la session 2027 (voie générale)
2.

Deux points sur lesquels des documents anciens circulent encore, et qui coûtent une mauvaise préparation. D'abord, le troisième temps consacré au projet d'orientation a été supprimé depuis la session 2024 : ce n'est plus une partie distincte de cinq minutes, et l'orientation ne sera abordée que si l'échange y mène. Ensuite, l'exposé dure dix minutes, et non cinq : c'est le double de ce qu'annoncent les fiches antérieures à la session 2024, et deux fois plus de matière à préparer. Le coefficient, enfin, vaut 10 en voie générale jusqu'à la session 2026 incluse, puis 8 à partir de la session 2027.

Règle

cinq critères, dont trois ne portent pas sur le contenuqualité de la prestation oralequalité de la prise de paroleen continuqualité des connaissancesqualité de l’interactionavec le juryqualité et construction del’argumentationun seul critère porte sur ce quel’on sait — les autres, sur ceréviser davantage n’agit quesur un cinquième de la notequ’on en fait devant quelqu’un
4.

Choisir et formuler la question

Définitionquestion de Grand Oral :

une question de Grand Oral se reconnaît à trois signesà éviterà viser« Qu’est-ce que le sommeil ? »« Pourquoi dormons-nous ? »un exposé de coursune question qui appelle une thèse« Le climat »« Peut-on modéliser un climat ? »un thème, pas une questionune réponse discutable en 10 minet la troisième : elle doit tenir aux programmes de vos spécialités, pas à vos loisirs
6.

Construire son exposé de dix minutes

  1. 7.
  2. 8.
  3. 9.
  4. 10.
  5. 11.

Tenir dix minutes debout

Règle

Préparer sa voix dans l'année

  1. 13.
  2. 14.
  3. 15.
  4. 16.
  5. 17.

L'échange avec le jury

Règle

Piège

Répondre « je ne sais pas » et s'arrêter là, ou inventer une réponse.

dire ce qu'on sait, puis dire où s'arrête ce qu'on sait : « je ne connais pas ce cas précis, mais dans la situation voisine que j'ai étudiée… ». Reconnaître une limite avec précision est une réponse, et elle est notée comme telle.

Le projet d'orientation n'est plus un temps séparé, mais il reste dans le paysage : le jury peut demander en quoi la question éclaire ce que vous voulez faire ensuite. La réponse ne demande aucune préparation particulière, à une condition — savoir dire en deux phrases ce qui relie votre question, votre spécialité et la suite que vous envisagez. Ce lien n'a pas besoin d'être une vocation ; il a besoin d'être vrai et d'être formulé.

Ce qu'on peut faire du stress

  1. 19.
  2. 20.
  3. 21.
  4. 22.
  5. 23.
  • Mes deux questions sont-elles bien adossées aux programmes de mes spécialités ?
  • Chacune appelle-t-elle une thèse discutable, et non une récitation ?
  • Ai-je dit mon exposé à voix haute et chronométré — dix minutes, pas cinq ?
  • Chaque partie a-t-elle un exemple précis ?
  • Ma conclusion répond-elle à la question, puis ouvre-t-elle ?
  • Ai-je préparé une phrase pour reformuler une question du jury ?

Corrigé · à détacher

Le Grand Oral — question, exposé et échange avec le jury

  1. 1. Le candidat prépare dans l'année deux questions, adossées aux deux enseignements de spécialité suivis en terminale — soit interdisciplinaires, c'est-à-dire transversales aux deux, soit portant sur un point précis de l'un d'eux. Une question interdisciplinaire est plus exigeante et souvent plus payante : elle oblige à relier des savoirs, ce que la grille valorise explicitement. Le jour de l'épreuve, il remet au jury la feuille portant ces deux questions, signée par ses professeurs ; le jury en choisit une. Suivent 20 minutes de préparation, puis 20 minutes d'épreuve en deux temps : 10 minutes d'exposé, debout, et 10 minutes d'échange avec le jury. Celui-ci compte deux professeurs, dont un de la spécialité concernée par la question retenue.
  2. 2. Les trois moments de l'épreuve, et ce qui a changé depuis les premières sessions.
  3. 3. Le jury évalue cinq critères, et il vaut la peine de savoir lesquels : la qualité de la prestation orale, la qualité de la prise de parole en continu, la qualité des connaissances, la qualité de l'interaction avec le jury, et la qualité et la construction de l'argumentation. Un seul de ces cinq porte sur ce que l'on sait. Les quatre autres portent sur ce qu'on en fait devant quelqu'un — ce qui explique qu'une préparation entièrement faite en silence, si sérieuse soit-elle, n'agisse que sur un cinquième de la note.
  4. 4. Les cinq critères de la grille officielle, et ce qu'ils déplacent dans la préparation.
  5. 5. Ce n'est ni un thème, ni un sujet de cours : c'est une question à laquelle on peut répondre, et dont la réponse peut être discutée. « Le climat » est un thème ; « Qu'est-ce que l'effet de serre ? » appelle une récitation ; « Peut-on modéliser un climat ? » ouvre un raisonnement, admet des objections, et laisse au jury de quoi vous relancer. Le bon test tient en une phrase : si l'on peut répondre par oui ou par non et devoir ensuite le justifier, la question est bonne.
  6. 6. Ce qui distingue une question de Grand Oral d'un sujet d'exposé.
  7. 7. Commencer par l'accroche personnelle : pourquoi cette question, d'où elle vient. Le jury attend explicitement ce moment, et c'est le seul de l'épreuve où l'on parle de soi. Trente secondes suffisent.
  8. 8. Poser la question et annoncer où l'on va. Sans annonce, l'auditeur ne sait pas écouter — à l'oral, il ne peut pas revenir en arrière.
  9. 9. Deux ou trois parties, pas davantage. Dix minutes, c'est environ 1 200 mots : un plan en quatre parties donne des parties de deux minutes, trop courtes pour démontrer quoi que ce soit.
  10. 10. Un exemple concret et développé par partie — une expérience, un chiffre, un cas. C'est ce qui distingue un exposé d'une récitation, et ce que le jury retient.
  11. 11. Conclure en répondant à la question posée, puis ouvrir sur ce que cela change ou sur ce qui reste indécis. Une conclusion qui résume seulement gaspille les dernières secondes, celles dont on se souvient.
  12. 12. L'exposé se fait debout — sauf aménagement — et les notes prises pendant la préparation ne sont pas évaluées : elles sont là pour soutenir la parole, pas pour être lues. Trois réglages font l'essentiel de la différence. Le débit : parler plus lentement qu'on ne le croit nécessaire, en marquant les respirations aux articulations du plan. Le regard : le porter sur les deux membres du jury à tour de rôle, jamais sur ses feuilles ni au plafond. La posture : les deux pieds au sol, les mains libres — les mains qui tiennent une feuille ne peuvent plus rien montrer.
  13. 13. Dire l'exposé à voix haute, en entier, dès la première version. On découvre alors ce qui ne se dit pas : les phrases trop longues, les mots qu'on n'arrive pas à prononcer, les transitions qui n'existaient que sur le papier.
  14. 14. Se chronométrer. Presque tout le monde sous-estime la durée à la lecture silencieuse et la dépasse à l'oral. Il faut connaître son temps réel, pas son temps supposé.
  15. 15. S'enregistrer une fois, et s'écouter. C'est désagréable et très efficace : on entend ses tics, ses « euh », ses fins de phrase qui montent.
  16. 16. Répéter devant une personne qui ne connaît pas le sujet, et lui demander ce qu'elle a compris. Si elle ne peut pas reformuler la thèse, le problème est dans l'exposé, pas dans son écoute.
  17. 17. Préparer une phrase de secours pour le trou de mémoire : « Je reprends », ou « Ce point mérite que je le reformule ». Un silence assumé de deux secondes ne se voit pas ; une panique se voit tout de suite.
  18. 18. Les dix minutes d'échange ne sont pas un contre-interrogatoire : le jury cherche à éprouver la solidité de ce qui a été dit, et à vous donner l'occasion d'aller plus loin. Quatre gestes suffisent. Écouter la question entière sans commencer à répondre dans sa tête. Reformuler — « si je comprends bien, vous me demandez si… » —, ce qui donne trois secondes de réflexion et prouve qu'on a écouté. Illustrer par un exemple plutôt que par une définition. Et nuancer : accorder ce qui doit l'être avant de maintenir sa position, ce qui est un signe de maîtrise et non de faiblesse.
  19. 19. Le nommer plutôt que le combattre. Les signes physiques — cœur rapide, mains moites, voix qui monte — sont ceux de la mobilisation, pas de l'échec. Ils s'atténuent d'eux-mêmes après une minute de parole.
  20. 20. Préparer les trente premières secondes mot à mot, et elles seules. C'est le moment où la voix tremble ; en avoir une version apprise permet de la traverser sans réfléchir, et la suite vient d'elle-même.
  21. 21. Ralentir volontairement au début. Le stress accélère le débit, et un débit trop rapide abrège l'exposé — c'est la première cause des exposés à sept minutes.
  22. 22. Souffler avant de répondre à une question du jury. Deux secondes de silence paraissent longues à celui qui parle et ne se remarquent pas chez celui qui écoute.
  23. 23. Répéter dans les conditions réelles : debout, dans une pièce qu'on ne connaît pas, devant quelqu'un. L'inconnu du jour J diminue d'autant.