Fiche à trous · Terminale · Français
Littérature et philosophie — humanisme, absurde, engagement
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Pourquoi Sartre et Camus, qui écrivaient des essais, ont-ils aussi écrit des romans ? Parce qu'un roman fait quelque chose qu'un traité ne sait pas faire : il met une idée à l'épreuve d'un cas. Un traité affirme que l'homme est libre ; un roman montre un homme qui doit choisir, avec ce qu'il ignore, ce qu'il craint, et le temps qui presse. La littérature ne démontre pas — elle place le lecteur dans la situation, et le laisse juger. Il n'y a plus d'épreuve de français en terminale : ce chapitre sert la spécialité humanités, le Grand Oral et la philosophie, où ces œuvres sont constamment convoquées.
Ce que le roman fait, et que le traité ne fait pas
Règle
L'expression condition humaine — que Malraux donne pour titre à son roman de 1933 — nomme ce qui vaut pour tout homme du seul fait qu'il est homme : la mortalité, la solitude, le besoin de sens, la nécessité de choisir. Elle est utile parce qu'elle déplace la question de la psychologie vers l'universel : demander pourquoi Meursault agit ainsi est une question de caractère ; demander ce que son cas révèle de notre situation commune est une question de condition. C'est ce déplacement que les sujets de dissertation attendent presque toujours.
L'humanisme, de la Renaissance aux Lumières
Définition — humanisme :
Les Lumières reprennent le programme humaniste et l'arment. Ce qui n'était qu'une exigence intellectuelle devient une intervention : Voltaire publie le Traité sur la tolérance en 1763 après la condamnation de Jean Calas, et son texte vise une décision de justice précise, non une idée générale. L'Encyclopédie fait de même à l'échelle du savoir. C'est le moment où la littérature cesse de se contenter d'éclairer et se met à agir — et où l'écrivain commence à répondre de ce qu'il écrit.
L'absurde, la liberté, la mauvaise foi
Définition — l'absurde :
Définition — liberté et mauvaise foi :
Exemple
Deux romans, deux façons de faire penser un lecteur.
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Résultat :
Piège
Résumer l'absurde par « la vie n'a pas de sens, donc rien n'a d'importance ».
toujours distinguer le constat (le monde ne répond pas) de la conséquence (comment vivre alors). Les copies confondent les deux, et attribuent aux auteurs le désespoir qu'ils passent leur œuvre à réfuter.
L'engagement, et son débat
Règle
Littérature et totalitarisme
Définition — allégorie politique :
Exemple
Ce que 1984 (1949) ajoute à l'allégorie.
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Résultat :
Faire dialoguer une œuvre et une notion
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Un fil relie tout ce chapitre : la contrainte façonne la forme. Là où l'on ne peut pas dire, on invente une manière de faire entendre. Montaigne prête son propos à des cannibales, Voltaire à un Persan ou à un conte, Olympe de Gouges à une déclaration qu'elle réécrit article par article, Orwell à des animaux. Aucun de ces détours n'est un ornement : chacun est une réponse à un risque réel — Gouges est guillotinée en 1793, Voltaire s'exile, Orwell peine à faire publier La Ferme des animaux en 1945 pendant l'alliance avec l'URSS. Quand un sujet demande pourquoi la littérature argumente indirectement, la réponse commence par là.
- Ai-je distingué l'absurde (le constat) de ce que chaque auteur en conclut ?
- Ai-je évité d'attribuer à Camus ou Sartre un nihilisme qu'ils réfutent ?
- Ai-je daté les œuvres, et rattaché chaque notion à un texte précis ?
- Pour une œuvre engagée : ai-je dit contre quoi et à quel risque ?
- Pour une allégorie : ai-je montré la correspondance, terme à terme ?
- Ai-je pensé à comparer les formes, et non seulement les thèses ?