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Fiche à trous · Première · Histoire-Géographie

Dynamiques mondiales et territoires

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On dit souvent que l'ONU « a décidé » ou « a échoué ». Les deux formules prêtent à l'organisation une volonté et des moyens qu'elle n'a pas : elle ne dispose que de ce que les États lui confient, et ce sont eux qui votent. Ce chapitre commence par rendre le pouvoir à ceux qui le détiennent — c'est la condition pour analyser correctement un conflit ou une négociation.

Mesurer une puissance

DéfinitionPuissance :

Propriété

Classer les puissances par un indicateur unique conduit à des conclusions fausses. Le produit intérieur brut ne dit rien de la répartition interne ; le produit par habitant ne dit rien du poids mondial ; l'indice de développement humain ne dit rien de la capacité militaire. Un classement sérieux croise plusieurs indicateurs et énonce lequel il privilégie.

La gouvernance mondiale

Règle

4

Piège

Décrire l'Organisation des Nations unies comme un gouvernement mondial capable d'imposer ses décisions.

Demander : qui a décidé, et avec quels moyens ?

D'autres organisations complètent ce paysage avec des logiques distinctes : l'Organisation mondiale du commerce arbitre des différends commerciaux sur la base de règles acceptées par ses membres, le Fonds monétaire international prête aux États en difficulté en assortissant ses prêts de conditions. Cette conditionnalité est très discutée : ses défenseurs y voient la garantie d'un remboursement, ses critiques un pouvoir exercé sur des politiques intérieures sans mandat démocratique.

Ressources, conflits, environnement

Propriété

DéfinitionDésertification :

Les enjeux environnementaux mettent la gouvernance mondiale à l'épreuve, parce qu'ils ignorent les frontières : les émissions d'un pays affectent tous les autres. Ils créent une situation où chacun a intérêt à ce que les autres agissent, ce qui rend l'accord difficile à obtenir et plus difficile encore à faire respecter, faute de contrainte.

Analyser la hiérarchie des puissances à partir d'indicateurs

  1. 7.
  2. 8.
  3. 9.
  4. 10.
  5. 11.
  • Ai-je traité la puissance comme multidimensionnelle ?
  • Ai-je distingué grandeurs totales et grandeurs par habitant ?
  • Ai-je dit que l'ONU n'a que les moyens que les États lui confient ?
  • Ai-je mentionné le veto des membres permanents ?
  • Ai-je expliqué la désertification par des facteurs climatiques et humains ?
  • Ai-je énoncé le critère que privilégie mon classement ?

Corrigé · à détacher

Dynamiques mondiales et territoires

  1. 1. La puissance est la capacité d'un acteur à imposer sa volonté à d'autres, ou à s'en préserver. Elle est multidimensionnelle : économique — production, monnaie, entreprises —, militaire, diplomatique, technologique et culturelle. Aucun indicateur ne la mesure à lui seul : un pays peut dominer économiquement sans rayonner culturellement, ou disposer d'une armée considérable avec une économie fragile.
  2. 2. Les USA conservent une puissance complète, présente dans toutes les dimensions à la fois. La Chine s'est hissée au premier rang pour la production et le commerce et étend son influence par les investissements d'infrastructures. L'Union européenne pèse par son marché et sa capacité normative, mais sa politique extérieure reste tributaire de l'accord de ses États. Les BRICS — acronyme formé du Brésil, de la Russie, de l'Inde, de la Chine et de l'Afrique du Sud, groupe depuis élargi — rassemblent des pays aux intérêts très divers, unis surtout par la volonté de peser davantage.
  3. 3. Les organisations internationales n'ont pas d'autorité au-dessus des États : elles n'agissent que dans la limite de ce que les États acceptent de leur confier. À l'ONU, l'Assemblée générale adopte des résolutions non contraignantes ; seul le Conseil de sécurité peut prendre des décisions obligatoires, mais chacun de ses cinq membres permanents peut y opposer son veto. La gouvernance mondiale repose donc sur des accords, non sur une contrainte.
  4. 4.
  5. 5. L'accès aux ressources — énergie, minerais stratégiques, terres cultivables, eau — structure de nombreuses tensions. Mais la présence d'une ressource ne suffit pas à expliquer un conflit : ce qui compte est la manière dont sa rente est répartie, la solidité des institutions qui l'encadrent, et les acteurs extérieurs qui s'y intéressent. Deux pays également dotés peuvent connaître des trajectoires opposées.
  6. 6. La désertification est la dégradation durable des terres en zone sèche, qui les rend impropres à la culture et à l'élevage. Elle résulte de la combinaison de facteurs climatiques — sécheresses plus longues — et humains — surpâturage, déforestation, mise en culture de sols fragiles, irrigation mal conduite. Ses effets sont sociaux autant qu'écologiques : perte de moyens de subsistance, conflits d'usage, et déplacements de population.
  7. 7. Relever les indicateurs disponibles et dire ce que chacun mesure exactement.
  8. 8. Distinguer les grandeurs totales — poids mondial — des grandeurs par habitant — niveau de vie.
  9. 9. Établir un classement par indicateur, et constater qu'ils ne coïncident pas.
  10. 10. Croiser les dimensions : économique, militaire, diplomatique, culturelle.
  11. 11. Conclure en énonçant quel critère on privilégie et pourquoi, plutôt qu'un classement présenté comme évident.