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Fiche à trous · Seconde · Histoire-Géographie

La mondialisation et ses acteurs

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Un téléphone conçu en Californie, dont les composants viennent d'une dizaine de pays, assemblé en Asie et vendu partout : on décrit souvent la mondialisation par ce trajet. Mais le trajet ne dit pas l'essentiel. Il ne dit pas qui décide de chaque étape, ni pourquoi cette usine-là plutôt qu'une autre, ni où reste la valeur. Ce chapitre remplace la carte des flux par la question des acteurs.

Ce que désigne le mot

DéfinitionMondialisation :

DéfinitionFlux :

Les acteurs : personne ne pilote seul

Règle

DéfinitionFTN :

Piège

Décrire les FTN comme des acteurs sans attache, capables de s'installer partout indifféremment.

Devant une implantation, demander : quel critère a désigné ce lieu-là ?

Les lieux de la mondialisation

DéfinitionMétropolisation :

DéfinitionPort hub :

Une zone franche est un espace où un État suspend une partie des droits de douane et des impôts pour attirer des entreprises exportatrices. C'est un exemple direct du rôle des États dans la mondialisation : loin de la subir, ils en fabriquent les conditions, quitte à se faire concurrence entre eux sur la fiscalité et le droit du travail.

Une mondialisation inégale et discutée

Propriété

DéfinitionGouvernance mondiale :

Étudier un produit mondialisé de sa conception à sa vente

  1. 9.
  2. 10.
  3. 11.
  4. 12.
  5. 13.
  • Ai-je nommé des acteurs précis plutôt qu'une mondialisation qui agirait toute seule ?
  • Ai-je distingué flux matériels et flux immatériels ?
  • Ai-je donné un critère de localisation pour chaque implantation citée ?
  • Ai-je rappelé qu'une FTN garde un pays d'origine et un siège ?
  • Ai-je montré l'inégalité à deux échelles : entre territoires et au sein d'une métropole ?
  • Ai-je évité de colorier un pays entier d'une seule couleur ?

Corrigé · à détacher

La mondialisation et ses acteurs

  1. 1. La mondialisation est la mise en relation croissante des différentes parties du monde par des flux de marchandises, de capitaux, d'informations et de personnes. Elle n'est ni récente ni continue : les échanges à longue distance existent depuis des siècles, et la mondialisation a connu des phases de ralentissement et de repli. Elle ne signifie pas non plus l'uniformisation : elle relie des espaces, elle ne les rend pas identiques.
  2. 2. Un flux est un déplacement de quelque chose entre deux lieux. On distingue les flux matériels — marchandises, matières premières, personnes — et les flux immatériels — capitaux, données, informations. Les seconds circulent presque instantanément et sans contrainte de distance ; les premiers dépendent des ports, des routes et des câbles. Cette différence de vitesse explique une bonne part de la géographie économique actuelle.
  3. 3. La mondialisation n'a pas de pilote unique. Quatre familles d'acteurs y agissent avec des logiques qui s'opposent : les FTN, qui organisent la production à l'échelle du monde pour abaisser leurs coûts ; les États, qui fixent les règles sur leur territoire, attirent ou repoussent les investissements ; les organisations internationales, qui négocient des cadres communs ; et les associations et ONG, qui contestent, alertent et obtiennent parfois des règles nouvelles. Décrire la mondialisation comme une force sans sujet fait disparaître ces conflits.
  4. 4. Une firme transnationale, ou FTN, est une entreprise qui possède ou contrôle des unités de production dans plusieurs pays et organise entre elles une division du travail. Conception, fabrication, assemblage et service après-vente peuvent être répartis sur trois continents. Une FTN garde cependant un pays d'origine, où se trouvent le plus souvent son siège, sa recherche et ses centres de décision : c'est là que reste l'essentiel de la valeur créée.
  5. 5. La métropolisation est la concentration croissante des hommes, des activités de commandement et des richesses dans les grandes villes. Les villes mondiales — New York, Londres, Tokyo, Shanghai, Paris — cumulent sièges sociaux, places financières, universités, aéroports internationaux et industries culturelles. La métropolisation fabrique des inégalités à deux échelles : entre les métropoles et les espaces qu'elles délaissent, et à l'intérieur de chaque métropole, entre quartiers d'affaires et quartiers précaires.
  6. 6. Un port hub est un port de redistribution : les très grands navires y déchargent leurs conteneurs, qui repartent ensuite sur des navires plus petits vers des ports secondaires. Un port hub n'est donc pas nécessairement au débouché d'une grande région de consommation — il est sur une route maritime majeure, en position de rupture de charge. Singapour, Rotterdam ou Shanghai remplissent cette fonction.
  7. 7. La mondialisation produit de l'inégalité autant qu'elle produit de la richesse, et les deux à la même vitesse. Certains territoires sont intégrés — métropoles, littoraux industriels, port hub —, d'autres seulement traversés, d'autres enfin à l'écart des grands réseaux. Un même pays peut contenir les trois situations, ce qui rend trompeuse toute carte qui colorie les États d'une seule couleur.
  8. 8. La gouvernance mondiale désigne l'ensemble des règles, institutions et négociations par lesquelles les acteurs tentent de réguler ce qui dépasse les frontières : commerce, climat, santé, fiscalité. Elle ne dispose d'aucun pouvoir de contrainte comparable à celui d'un État : elle repose sur des accords que chaque signataire applique ou non. C'est pourquoi ses résultats sont lents et contestés — et pourquoi les questions environnementales, qui ignorent les frontières, l'exposent le plus.
  9. 9. Retracer les étapes : conception, extraction des matières, fabrication des composants, assemblage, distribution, vente.
  10. 10. Localiser chaque étape et nommer l'acteur qui la réalise — filiale, sous-traitant, transporteur.
  11. 11. Pour chaque localisation, énoncer le critère qui l'explique : coût, qualification, fiscalité, proximité d'un port hub.
  12. 12. Repérer où se concentre la valeur : elle reste rarement là où se fait l'assemblage.
  13. 13. Conclure sur les inégalités que cette organisation produit, et sur les acteurs qui la contestent.