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Fiche à trous · Seconde · Histoire-Géographie

Les Lumières et les révolutions politiques

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Rousseau trouvait Voltaire méprisant ; Voltaire trouvait Rousseau insupportable. Montesquieu défendait une monarchie tempérée, Rousseau la souveraineté du peuple, Voltaire un roi éclairé. Les traiter comme un groupe uni est l'erreur la plus répandue sur ce chapitre — et la plus facile à éviter, puisqu'il suffit de lire deux d'entre eux côte à côte pour la voir tomber.

Une méthode avant d'être une doctrine

DéfinitionLumières :

Règle

Trois auteurs, trois positions

DéfinitionSéparation des pouvoirs :

DéfinitionContrat social :

Voltaire est le plus connu des trois et le moins démocrate. Il combat l'intolérance religieuse et l'arbitraire judiciaire — son intervention dans l'affaire Calas, à partir de 1762, le rend célèbre dans toute l'Europe. Mais il se défie du gouvernement du grand nombre et attend les réformes d'un souverain éclairé capable de les imposer d'en haut. Faire de Voltaire un partisan de la république est un contresens courant.

Les Lumières héritent d'une réflexion plus ancienne. Dès la fin du XVIIe siècle, l'Anglais John Locke soutient que les individus possèdent des droits naturels — vie, liberté, propriété — antérieurs à l'État, et que le gouvernement qui les viole perd sa légitimité. C'est de là que viennent les formules qu'on retrouvera dans les textes révolutionnaires des deux côtés de l'Atlantique.

Piège

Faire des philosophes des Lumières un groupe de républicains partisans du suffrage universel.

Avant d'attribuer une opinion à « les Lumières », vérifier lequel des auteurs la soutient.

Des idées aux révolutions

Propriété

Exemple

La Déclaration de 1789 affirme que les hommes naissent libres et égaux en droits. Cette affirmation est-elle appliquée aussitôt ?

  1. 6.
  2. 7.
  3. 8.

Résultat :

Confronter deux textes des Lumières

  1. 10.
  2. 11.
  3. 12.
  4. 13.
  5. 14.
  • Ai-je attribué chaque thèse à son auteur plutôt qu'aux Lumières en général ?
  • Ai-je rattaché la séparation des pouvoirs à Montesquieu et le contrat social à Rousseau ?
  • Ai-je évité de faire de Voltaire un républicain ?
  • Ai-je daté mes textes : 1748, 1762, 1751 pour l'Encyclopédie ?
  • Ai-je distingué le principe proclamé en 1789 et son application réelle ?
  • Ai-je évité de juger le XVIIIe siècle avec les institutions du nôtre ?

Corrigé · à détacher

Les Lumières et les révolutions politiques

  1. 1. Les Lumières désignent un mouvement intellectuel européen du XVIIIe siècle qui soumet les institutions, les croyances et les lois à l'examen de la raison, et refuse qu'une opinion vaille simplement parce qu'elle est ancienne ou parce qu'une autorité l'affirme. Le mouvement se reconnaît à une méthode — examiner, comparer, critiquer — bien plus qu'à des conclusions communes. Son grand chantier collectif est l'Encyclopédie, publiée à partir de 1751 sous la direction de Diderot et d'Alembert.
  2. 2. Les Lumières ne forment pas un bloc. Leurs auteurs s'accordent sur trois points : l'usage de la raison contre l'argument d'autorité, la tolérance religieuse, et l'existence de droits que l'être humain tient de sa seule qualité d'être humain. Ils se divisent sur tout le reste, et d'abord sur la forme que doit prendre le pouvoir : monarchie tempérée, monarchie éclairée, ou souveraineté du peuple. Ce désaccord n'est pas un détail : c'est le cœur du chapitre.
  3. 3. Dans De l'esprit des lois (1748), Montesquieu énonce que le pouvoir de faire les lois, celui de les exécuter et celui de juger doivent être confiés à des organes distincts, capables de s'arrêter les uns les autres. Cette séparation des pouvoirs vise à empêcher l'abus, indépendamment des qualités de celui qui gouverne. Montesquieu n'est pas hostile à la monarchie : il veut une monarchie tempérée, où le roi rencontre des contre-pouvoirs.
  4. 4. Dans Du contrat social (1762), Rousseau soutient que la seule origine légitime du pouvoir est l'accord des gouvernés : les hommes s'associent librement et obéissent à une loi qu'ils ont eux-mêmes voulue. La souveraineté appartient donc au peuple et ne peut être ni vendue ni déléguée durablement. Le contrat social n'est pas un document historique retrouvé dans des archives : c'est un raisonnement sur ce qui rendrait l'obéissance légitime.
  5. 5. Deux révolutions traduisent ces idées en institutions. La Révolution américaine commence par la guerre en 1775 et proclame l'indépendance le 4 juillet 1776, au nom de droits que les hommes tiennent de leur naissance. La Révolution française s'ouvre en 1789 et adopte le 26 août la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui pose l'égalité en droits, la souveraineté de la Nation et la séparation des pouvoirs comme conditions d'une constitution.
  6. 6. Non : la Constitution de 1791 réserve le droit de vote aux hommes payant un certain niveau d'impôt — c'est le suffrage censitaire. Les femmes en sont exclues, et Olympe de Gouges publie en 1791 une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne pour le dénoncer.
  7. 7. L'esclavage est maintenu dans les colonies au moment de la Déclaration. Il est aboli en 1794, rétabli en 1802, puis aboli définitivement en 1848.
  8. 8. L'écart entre le principe proclamé et son application n'invalide pas le principe : il devient l'argument de ceux qui en réclament l'extension, et c'est à ce titre que le texte continue d'agir bien après 1789.
  9. 9. Un principe universel proclamé, une application restreinte, et un siècle de conflits pour combler l'écart
  10. 10. Identifier pour chaque texte l'auteur, la date et le genre — traité, article d'encyclopédie, pamphlet, lettre.
  11. 11. Dégager la thèse de chacun en une phrase, en la formulant avec les mots de l'auteur.
  12. 12. Repérer le point sur lequel les deux s'accordent : le plus souvent la méthode, la raison, la tolérance.
  13. 13. Repérer le point sur lequel ils divergent : presque toujours la forme du pouvoir et qui doit l'exercer.
  14. 14. Conclure en situant chaque position, sans transformer le désaccord en hiérarchie ni l'un des deux en précurseur de l'autre.