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Fiche à trous · Terminale · Philosophie

Vérité, raison et science

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

Accumuler des observations favorables ne rend pas une théorie scientifique : une croyance quelconque trouve toujours des faits qui la confirment, à condition de les chercher. Ce qui distingue une théorie, c'est qu'elle prend le risque d'être démentie. Renverser ainsi le critère est le geste central du chapitre.

Ce qu'on appelle vérité

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Distinguer aussi la vérité et la certitude. La vérité est une propriété d'un énoncé — il dit ou non ce qui est. La certitude est un état du sujet — je ne doute pas. Les deux peuvent diverger dans les deux sens : on peut être certain d'une chose fausse, et douter d'une chose vraie. Confondre les deux fait prendre la force d'une conviction pour un argument.

La raison et ses obstacles

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DéfinitionObstacle épistémologique :

Le critère de scientificité

Règle

5

Piège

Écrire qu'une théorie est scientifique parce que de nombreuses observations la confirment.

Demander : qu'est-ce qui, s'il était observé, réfuterait cette théorie ?

Ce critère ne dit pas qu'une théorie réfutée était sans valeur, ni qu'une théorie non scientifique est fausse ou méprisable : il délimite un domaine, celui des énoncés qu'une expérience peut trancher. Beaucoup d'énoncés importants — moraux, esthétiques, métaphysiques — n'y entrent pas, ce qui ne les prive ni de sens ni de justification. Employer la falsifiabilité comme un verdict de valeur est un usage abusif du critère.

Science, technique et responsabilité

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Expliquer un texte philosophique

  1. 7.
  2. 8.
  3. 9.
  4. 10.
  5. 11.
  • Ai-je dit quelle conception de la vérité j'emploie ?
  • Ai-je distingué la vérité et la certitude ?
  • Ai-je présenté le doute cartésien comme un instrument ?
  • Ai-je défini l'obstacle épistémologique comme un savoir déjà là ?
  • Ai-je posé la question : qu'est-ce qui réfuterait cette théorie ?
  • Ai-je évité d'employer la falsifiabilité comme un verdict de valeur ?

Corrigé · à détacher

Vérité, raison et science

  1. 1. Trois conceptions de la vérité se distinguent. La correspondance : est vrai un énoncé qui s'accorde avec ce qui est. La cohérence : est vrai un énoncé compatible avec l'ensemble des autres énoncés admis. Le pragmatisme : est vrai ce qui se révèle fécond dans l'action et la prévision. Ces conceptions ne se recouvrent pas, et beaucoup de désaccords sur ce qui est « vrai » sont en réalité des désaccords sur le critère employé.
  2. 2. La raison est la faculté d'enchaîner des propositions selon des règles et de les soumettre à examen. Descartes en tire une méthode scientifique : douter de tout ce qui peut l'être, décomposer les difficultés, aller du plus simple au plus complexe, et dénombrer pour ne rien omettre. Le doute n'y est pas une position mais un instrument — un moyen d'atteindre ce qui y résiste.
  3. 3. Bachelard soutient que la connaissance ne se construit pas sur du vide mais contre des connaissances antérieures : opinions, images, évidences premières font obstacle. L'obstacle épistémologique n'est donc pas l'ignorance mais un savoir déjà là, commode et satisfaisant, qu'il faut défaire. D'où sa formule d'esprit : l'opinion ne pense pas mal, elle ne pense pas — elle traduit des besoins en connaissances.
  4. 4. Une théorie scientifique ne se prouve pas définitivement : elle s'expose à des expériences qui pourraient la démentir, et c'est d'y résister qu'elle tire sa valeur. C'est la falsifiabilité selon Popper : est scientifique une théorie qui interdit quelque chose, donc qui dit ce qui, s'il était observé, la réfuterait. Une théorie compatible avec tout ce qui peut arriver ne prend aucun risque — et n'apprend donc rien.
  5. 5.
  6. 6. La question du progrès demande de distinguer deux choses. Le progrès des connaissances et des capacités techniques est constatable : on sait et on peut ce qu'on ne savait ni ne pouvait. Le progrès des conditions d'existence ne s'en déduit pas : il dépend de l'usage fait de ces capacités, donc de décisions qui ne relèvent pas de la science. Traiter les deux comme un seul mouvement dispense de poser la question qui compte — qui décide de l'usage.
  7. 7. Repérer la thèse de l'auteur : ce qu'il soutient, formulable en une phrase avec ses propres mots.
  8. 8. Identifier le problème auquel il répond, et contre quelle position il écrit.
  9. 9. Suivre le mouvement du texte : où l'argument progresse-t-il, où concède-t-il ?
  10. 10. Élucider les termes que l'auteur emploie dans un sens propre, en le montrant par le texte.
  11. 11. Discuter en dernier lieu, à partir de ce que le texte établit — jamais en substituant son opinion à l'explication.