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Fiche à trous · 3ème · SVT

Santé, environnement et activité humaine

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

« C'est la dose qui fait le poison » : la formule de Paracelse a plus de quatre siècles et elle reste vraie pour la plupart des substances. Certaines molécules lui échappent pourtant, parce qu'elles n'agissent pas comme un poison mais comme un message — et un message n'a pas besoin d'être abondant pour être entendu. C'est ce déplacement qui rend ce chapitre difficile, et c'est ce qu'on attend d'un élève de 3ᵉ : ne plus raisonner par quantité seule.

Ce que l'activité humaine introduit dans les milieux

Définitionpolluant :

Définitionperturbateur endocrinien :

Piège

Conclure qu'une substance présente à très faible dose est forcément sans danger.

Se demander comment la substance agit avant de raisonner sur la quantité. Poison classique : la dose décide. Perturbateur endocrinien : la dose, le moment et la durée comptent ensemble.

Pesticides, métaux lourds et chaînes alimentaires

Définitionpesticide :

Définitionbioaccumulation et bioamplification :

eauplanctonpetit poissonoiseau0,0010,110100concentration en mg par kilogramme
5.

Exemple

Dans un lac, on mesure une concentration de 0,001 mg/kg dans l'eau et de 100 mg/kg chez un oiseau piscivore. Quel est le facteur d'amplification le long de la chaîne ?

  1. 6.
  2. 7.
  3. 8.

Résultat :

L'érosion de la biodiversité

Définitionbiodiversité :

Règle

Perdre une espèce n'est jamais un événement isolé. Un écosystème est un réseau de relations — qui mange qui, qui pollinise quoi, qui abrite qui — et la disparition d'un maillon se propage aux autres. Un pollinisateur en moins, ce sont des plantes qui ne se reproduisent plus, et les animaux qui en dépendaient qui s'en vont à leur tour.

Le développement durable

Définitiondéveloppement durable :

Analyser un choix par ses trois piliers

  1. 13.
  2. 14.
  3. 15.
  4. 16.
  5. 17.

Piège

Conclure une question de développement durable par « il faut arrêter » ou « c'est mauvais pour la planète ».

Écrire au moins une phrase par pilier, et nommer explicitement ce que la solution proposée coûte — sans quoi ce n'est pas un arbitrage, c'est un slogan.

  • Ai-je distingué une substance qui agit par la dose d'une qui agit comme un message ?
  • Ai-je nommé le mécanisme de bioamplification avant d'invoquer la concentration finale ?
  • Mes trois niveaux de biodiversité sont-ils cités, y compris celui des allèles ?
  • Ai-je attribué les causes à l'activité anthropique, en en citant plusieurs ?
  • Mes trois piliers du développement durable sont-ils traités, chacun par une phrase ?
  • Ma conclusion nomme-t-elle une tension, plutôt qu'un jugement ?

Corrigé · à détacher

Santé, environnement et activité humaine

  1. 1. Un polluant est une substance introduite dans un milieu par l'activité humaine, en quantité ou sous une forme qui altère le fonctionnement de ce milieu ou la santé de ceux qui y vivent. Le mot ne désigne pas une catégorie de molécules : le dioxyde de carbone est indispensable aux plantes et devient un polluant par la quantité rejetée. On qualifie d'anthropique toute origine humaine, par opposition aux causes naturelles.
  2. 2. Un perturbateur endocrinien est une substance qui imite une hormone, la bloque, ou dérègle sa production. Comme une hormone agit à très faible concentration sur un organe cible qui la reconnaît, ces substances peuvent produire un effet à des doses infimes. Certaines agissent surtout pendant les périodes de développement — grossesse, petite enfance, puberté — où les hormones pilotent la construction de l'organisme.
  3. 3. Un pesticide est une substance destinée à éliminer des organismes jugés nuisibles à une culture — insectes, champignons, plantes concurrentes. Le problème n'est pas qu'il agisse, c'est qu'il agisse au-delà de sa cible : il atteint aussi des espèces utiles, comme les pollinisateurs, et il gagne les sols, les nappes et les cours d'eau bien après l'épandage.
  4. 4. La bioaccumulation est le stockage progressif d'une substance dans un organisme, quand il l'absorbe plus vite qu'il ne l'élimine. La bioamplification en est la conséquence le long d'une chaîne alimentaire : chaque prédateur reçoit la charge accumulée par tout ce qu'il mange, si bien que la concentration augmente à chaque maillon. C'est pourquoi les grands prédateurs sont les plus exposés.
  5. 5. Bioamplification le long d'une chaîne alimentaire : la concentration est multipliée à chaque maillon, alors que l'eau du milieu paraît peu contaminée.
  6. 6. On divise la concentration du dernier maillon par celle du milieu :
  7. 7. La concentration est donc cent mille fois plus élevée chez le prédateur que dans l'eau où il pêche.
  8. 8. C'est ce qui explique qu'une eau déclarée conforme à l'analyse puisse abriter une faune fortement contaminée : la mesure porte sur le milieu, l'effet se lit au bout de la chaîne.
  9. 9. un facteur d'amplification de 100 000
  10. 10. La biodiversité se compte à trois niveaux, et les trois sont exigibles : la diversité des écosystèmes, celle des espèces au sein d'un écosystème, et celle des allèles au sein d'une espèce. Le troisième niveau est le plus oublié, et c'est le plus décisif : une espèce nombreuse mais génétiquement uniforme reste vulnérable, puisqu'un même agent peut atteindre tous ses individus.
  11. 11. Cinq causes anthropiques expliquent l'essentiel de l'érosion actuelle, et il faut savoir les citer : la destruction des habitats — urbanisation, agriculture intensive, déforestation —, la surexploitation — surpêche, chasse —, la pollution des sols, des eaux et de l'air, l'introduction d'espèces invasives, et le changement climatique, qui déplace les conditions plus vite que les espèces ne se déplacent.
  12. 12. Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Il se juge sur trois piliers indissociables : l'environnement, l'économie et le social. Un projet qui n'en satisfait que deux n'est pas durable — protéger un milieu en privant une population de ses moyens d'existence échoue autant qu'exploiter sans limite.
  13. 13. Décrire l'action et le milieu concerné, sans jugement pour l'instant.
  14. 14. Examiner l'effet environnemental : ressources consommées, milieux modifiés, espèces touchées.
  15. 15. Examiner l'effet économique : coût, viabilité dans la durée, dépendance créée.
  16. 16. Examiner l'effet social : emploi, santé, accès aux ressources, répartition entre les populations.
  17. 17. Conclure en nommant les tensions entre piliers plutôt qu'en tranchant : c'est ce que la question attend.