← Retour au chapitre

Fiche à trous · 5ème · SVT

Évolution et adaptations des espèces

Complétez de mémoire, puis vérifiez avec la page de corrigé.

Une girafe a un long cou. La réponse qui vient spontanément — « elle l'a étiré pour atteindre les feuilles » — est fausse, et elle est fausse d'une manière instructive. Aucun individu ne modifie son corps pour répondre à un besoin. Ce qui change, ce n'est pas l'individu : c'est la composition de la population, d'une génération à l'autre. Tout ce chapitre tient dans ce déplacement du regard.

Ce que l'évolution veut dire

DéfinitionÉvolution :

DéfinitionFossile :

Un fossile ne se forme que dans des conditions rares : il faut un ensevelissement rapide, un milieu qui protège de la décomposition, et une roche qui traverse les millénaires. La très grande majorité des êtres vivants n'en laisse aucun. L'archive fossile est donc incomplète par construction, et l'absence de fossile ne prouve jamais l'absence d'espèce.

Le mécanisme de Darwin

Règle

Piège

Écrire qu'un animal « s'adapte » à son milieu au cours de sa vie, et transmet ensuite ce qu'il a acquis.

Remplacer « il s'est adapté » par : la variante avantageuse était déjà présente, et elle est devenue plus fréquente.

au departle milieu changequelques generationstrila variante bleue etait deja la, en minoriteaucun individu n'a change de couleur
4.

DéfinitionAdaptation :

Exemple

Les pinsons des Galápagos : des becs différents sur des îles voisines.

  1. 6.
  2. 7.
  3. 8.
  4. 9.

Résultat :

Raisonner correctement

Expliquer une adaptation sans commettre l'erreur du besoin

  1. 11.
  2. 12.
  3. 13.
  4. 14.
  5. 15.

Exemple

Le cou de la girafe : la formulation correcte, opposée à la formulation fautive.

  1. 16.
  2. 17.
  3. 18.
  4. 19.

Résultat :

Piège

Écrire que l'évolution a un but, ou qu'une espèce est « plus évoluée » qu'une autre.

Remplacer « plus évolué » par adapté à tel milieu. La question « adapté à quoi ? » doit toujours avoir une réponse.

Une espèce disparaît quand le milieu change plus vite que la population ne peut se transformer, ou quand aucune variation utile n'existe au moment voulu. C'est la raison pour laquelle la vitesse des changements actuels inquiète : ce n'est pas seulement leur ampleur, c'est le temps laissé aux populations pour répondre.

  • Ai-je raisonné sur une population, jamais sur un individu ?
  • Ai-je énoncé les quatre temps dans l'ordre : variation, hérédité, sélection, adaptation ?
  • Ai-je dit que la variation préexiste et que le milieu trie ?
  • Ai-je précisé « dans ce milieu » en parlant d'un avantage ?
  • Ai-je évité tout vocabulaire de but, de volonté ou de progrès ?
  • Ai-je utilisé les fossiles pour dater et ordonner, sans les croire complets ?

Corrigé · à détacher

Évolution et adaptations des espèces

  1. 1. L'évolution est la transformation des espèces au fil des générations. Ce n'est ni un progrès, ni une marche vers la perfection, ni un projet : c'est un changement. Elle se mesure sur des populations et sur des durées longues, jamais sur un individu au cours de sa vie.
  2. 2. Un fossile est un reste ou une empreinte d'un être vivant conservé dans une roche sédimentaire. Les fossiles fournissent deux choses irremplaçables : la preuve que des espèces ont existé puis disparu, et un ordre chronologique — puisqu'une couche basse est plus ancienne qu'une couche haute. Ils rendent l'histoire du vivant lisible.
  3. 3. La sélection naturelle, proposée par Darwin, s'énonce en quatre temps qu'il faut citer dans l'ordre. Variation : au sein d'une population, les individus diffèrent les uns des autres. Hérédité : une partie de ces différences se transmet à la descendance. Sélection : dans un milieu donné, certaines variantes survivent et se reproduisent mieux que d'autres. Adaptation : au fil des générations, ces variantes deviennent plus fréquentes dans la population.
  4. 4. Le milieu ne crée pas la variation : il trie celle qui existe déjà.
  5. 5. Une adaptation est un caractère qui procure, dans un milieu donné, un avantage pour survivre ou se reproduire. Les deux derniers mots comptent : le même caractère peut être un avantage ici et un handicap ailleurs. Un pelage blanc est une adaptation dans la neige et un désavantage sur un sol sombre — il n'existe pas de caractère avantageux en soi.
  6. 6. Darwin observe, d'une île à l'autre, des pinsons très proches mais dont les becs diffèrent : épais chez les uns, fins et allongés chez les autres.
  7. 7. Chaque forme correspond à la nourriture disponible sur l'île : un bec épais brise les graines dures, un bec fin attrape les insectes dans les fissures.
  8. 8. La variation de forme du bec existait dans la population de départ, avant toute séparation.
  9. 9. Sur chaque île, les individus dont le bec convenait à la ressource locale se sont mieux nourris, donc mieux reproduits.
  10. 10. Au fil des générations, chaque île a vu se répandre la forme de bec qui y était avantageuse. Aucun pinson n'a modifié son bec : ce sont les proportions dans la population qui ont changé.
  11. 11. Décrire le caractère observé et le milieu, sans encore les relier.
  12. 12. Poser qu'il existait au départ une variation de ce caractère dans la population.
  13. 13. Indiquer en quoi une des variantes donne un avantage de survie ou de reproduction dans ce milieu.
  14. 14. Rappeler que cet avantage se traduit par plus de descendants, et que le caractère est héréditaire.
  15. 15. Conclure sur la population : la variante avantageuse devient plus fréquente au fil des générations. Ne jamais conclure sur un individu.
  16. 16. Formulation fautive : « les girafes ont étiré leur cou pour atteindre les feuilles hautes, et ont transmis ce cou allongé ».
  17. 17. Correction du premier terme : il existait une variation de longueur de cou entre les girafes ancestrales, indépendamment de toute volonté.
  18. 18. Avantage : en période de disette, celles dont le cou était plus long atteignaient un feuillage inaccessible aux autres ; elles survivaient et se reproduisaient davantage.
  19. 19. Hérédité : cette longueur se transmettant en partie, leurs descendants avaient en moyenne un cou plus long.
  20. 20. Le cou long s'est répandu dans la population, génération après génération. Aucune girafe n'a jamais allongé son propre cou.