HGGSP · Première · Contrôle n°1
Faire la guerre, faire la paix
Un contrôle de HGGSP de 60 minutes sur la guerre et la paix : les deux corps de règles qu'on confond sans cesse, les principes du droit humanitaire, la Cour pénale internationale et sa complémentarité, la guerre asymétrique, et le maintien de la paix qui ne fait pas la paix. Vingt points, barème détaillé, et une correction qui dit pourquoi à chaque question.
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Avant de commencer
- Demander : la question porte-t-elle sur le droit de faire la guerre ou sur sa conduite ?
- Les conventions de Genève supposent qu’un conflit a lieu.
- Un belligérant qui a tort sur le recours reste tenu par les règles de conduite.
- La CPI juge des individus, non des États.
- En employant le mot terrorisme, dire ce qu’on qualifie et qui l’a qualifié ainsi.
- Un cessez-le-feu arrête les combats sans régler le différend.
Exercice 1 — Deux questions distinctes
5 pts · 14 minDistinguer les deux corps de règles
Réponds à chaque question.
1.À quelle question le droit du recours à la force répond-il ?
1 ptVoir la correction
A-t-on le droit de faire la guerre ?
C’est la question de la licéité du conflit lui-même.
2.Que dit la Charte des Nations unies sur ce point ?
1 ptVoir la correction
Elle interdit le recours à la force, sauf légitime défense ou autorisation du Conseil de sécurité.
Les deux exceptions sont limitativement énumérées.
3.À quelle question le droit international humanitaire répond-il ?
1 ptVoir la correction
Comment la guerre doit-elle être conduite ?
Il n’interdit pas la guerre : il encadre sa conduite.
4.Que supposent les conventions de Genève ?
1 ptVoir la correction
Qu’un conflit a lieu : elles s’appliquent parce qu’il a lieu.
Elles protègent les blessés, les prisonniers et les civils.
5.Un belligérant en tort sur le recours est-il dispensé du droit humanitaire ?
1 ptVoir la correction
Non : les deux corps de règles s’appliquent indépendamment.
Symétriquement, invoquer le droit humanitaire ne revient pas à condamner le conflit.
Exercice 2 — Les principes
4 pts · 11 minÉnoncer les principes du droit humanitaire
Réponds à chaque question.
1.Qu’énonce le principe de distinction ?
1 ptVoir la correction
La distinction entre combattants et non-combattants, et l’interdiction de viser délibérément les seconds.
C’est le principe premier du droit des conflits armés.
2.Qu’énonce le principe de proportionnalité ?
1 ptVoir la correction
Un dommage civil attendu ne doit pas être excessif au regard de l’avantage militaire recherché.
Il ne s’agit donc pas d’interdire tout dommage, mais de le mettre en rapport.
3.Qui ces règles protègent-elles, outre les civils ?
1 ptVoir la correction
Les prisonniers, les blessés et le personnel médical.
Le principe de précaution dans le choix des moyens complète l’ensemble.
4.Ces règles sont violées dans de nombreux conflits. Quelle portée gardent-elles ?
1 ptVoir la correction
Elles fondent les qualifications et les poursuites.
Leur violation ne les prive donc pas d’effet juridique.
Exercice 3 — Juger
4 pts · 11 minSituer la Cour pénale internationale
Réponds à chaque question.
1.Qui la CPI juge-t-elle, et pour quels crimes ?
1 ptVoir la correction
Des individus, non des États, pour génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crime d’agression.
Elle a été instituée par un traité de 1998, entré en vigueur en 2002.
2.Qu’est-ce que le principe de complémentarité ?
1 ptVoir la correction
Elle n’intervient que si l’État compétent ne veut pas ou ne peut pas juger.
Elle ne se substitue donc pas aux juridictions nationales.
3.De quoi sa compétence dépend-elle, et quelle limite en découle ?
1 ptVoir la correction
De la ratification du traité ; plusieurs États parmi les plus puissants ne l’ont pas ratifié.
C’est une limite structurelle, qu’il faut énoncer avec ses conséquences.
4.Que soutiennent respectivement les critiques et les défenseurs de la Cour ?
1 ptVoir la correction
Les critiques y voient une justice à géométrie variable ; les défenseurs répondent qu’une juridiction imparfaite vaut mieux que son absence, et que ses qualifications servent au-delà de ses procès.
Les deux positions s’appuient sur le même constat et en tirent des conclusions opposées.
Exercice 4 — Formes du conflit, instruments de la paix
4 pts · 13 minCaractériser conflits et instruments de paix
Réponds à chaque question.
1.Qu’est-ce qu’une guerre asymétrique ?
1 ptVoir la correction
Un conflit opposant des adversaires aux moyens et aux statuts très inégaux, comme une armée régulière face à des groupes armés non étatiques.
Le plus faible évite l’affrontement frontal et cherche à rendre le coût insupportable dans la durée.
2.Quelle difficulté juridique propre ces conflits posent-ils ?
1 ptVoir la correction
L’application de la distinction entre combattants et civils, quand l’un des camps ne porte pas d’uniforme.
Le principe reste applicable, mais son application devient plus difficile à établir.
3.Que font les opérations de maintien de la paix, et que ne font-elles pas ?
1 ptVoir la correction
Elles surveillent un accord, séparent des belligérants ou protègent des civils ; elles ne font pas la paix.
Elles maintiennent ce sur quoi les parties se sont entendues, dans les limites d’un mandat défini par les États.
4.Qu’est-ce que l’OTAN, et que n’est-elle pas ?
1 ptVoir la correction
Une alliance militaire ; ce n’est pas un instrument de médiation.
La confondre avec une organisation de règlement des différends fausse l’analyse.
Exercice 5 — Trouve l'erreur
3 pts · 11 minRepérer une erreur et la corriger
Chaque affirmation est fausse. Écris ce qu’il fallait dire.
1.« Les conventions de Genève rendent la guerre illégale. »
1 ptVoir la correction
Elles supposent au contraire qu’un conflit a lieu et encadrent sa conduite.
C’est la Charte des Nations unies qui interdit le recours à la force, sauf exceptions.
2.« La CPI peut juger n’importe quel dirigeant du monde. »
1 ptVoir la correction
Sa compétence dépend de la ratification du traité, que plusieurs États puissants n’ont pas faite.
Elle n’intervient de plus que si l’État compétent ne veut pas ou ne peut pas juger.
3.« Les casques bleus ont été déployés : la paix est donc rétablie. »
1 ptVoir la correction
Le maintien de la paix surveille un accord, il ne fait pas la paix.
Le mandat est défini par les États, et leur capacité d’action s’arrête là.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 5 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1Les deux corps de règles
5 points — 1 par question
Point perdu si : Les conventions de Genève présentées comme interdisant la guerre.
Ex.2Les principes du droit humanitaire
4 points — 1 par question
Point perdu si : Un principe cité sans être défini.
Ex.3La Cour pénale internationale
4 points — 1 par question
Point perdu si : La complémentarité oubliée.
Ex.4Conflits asymétriques et paix
4 points — 1 par question
Point perdu si : L’OTAN présentée comme un instrument de médiation.
Ex.5L’erreur repérée, et la réponse juste donnée
3 points — 1 par ligne
Point perdu si : Une correction qui mêle encore les deux corps de règles.
Et maintenant ?
- 16 à 20
- Le chapitre est acquis. Entraîne-toi maintenant à caractériser un conflit en cinq temps : les acteurs, sa nature, les deux questions de droit séparées, les qualifications avec leur auteur, et la réponse internationale.
- 10 à 15
- Refais l'exercice 1 en te demandant chaque fois si l'énoncé porte sur le droit de faire la guerre ou sur la manière de la conduire.
- moins de 10
- Reprends la fiche de cours et retiens la distinction qui commande tout : les deux corps de règles s'appliquent indépendamment l'un de l'autre.
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