Programme en vigueur — arrêté du 2023, applicable en Terminale depuis la rentrée 2024. Voir le texte
Bilan radiatif et rétroactions : albédo, vapeur d'eau. Variabilité naturelle et tendance. Reconstitution des paléoclimats par mesures indirectes. Pourquoi un système complexe reste prévisible en tendance.
La règle d'or
Une année plus fraîche ne dément aucune tendance : la variabilité se lit d'une année sur l'autre, la tendance se lit sur des décennies.
L'erreur que tout le monde fait
Prendre une année froide, ou une région qui se refroidit, pour une objection au réchauffement global.
Deux échelles sont confondues. La variabilité interannuelle est grande et attendue : elle vient des échanges entre océan et atmosphère, des éruptions, des cycles naturels. La tendance, elle, se lit sur des décennies et sur la moyenne globale. Un point ne réfute pas une pente, et une région ne vaut pas une planète.
Avant de commenter un écart, demander sur quelle durée et sur quelle étendue il est mesuré.
« 2013 a été plus fraîche que 2012, donc le climat ne se réchauffe pas. » L'argument revient chaque hiver et il a la forme d'une preuve. Il confond pourtant deux choses que ce chapitre existe pour séparer : ce qui varie d'une année sur l'autre, et ce qui dérive sur des décennies.
1Le bilan radiatif, socle du raisonnement
Propriété
La Terre reçoit en moyenne un flux solaire d'environ 340 W·m⁻² au sommet de l'atmosphère. Une part est renvoyée directement — c'est l'albédo —, le reste est absorbé. Le sol chauffé réémet en infrarouge. À l'équilibre, ce qui repart vers l'espace compense ce qui est absorbé : tout écart à cet équilibre se traduit par une accumulation d'énergie dans le système.
fluxabsorbeˊ=fluxincident×(1−albeˊdo)
2Les rétroactions
Définition
Rétroaction — Une rétroaction est l'effet en retour d'un changement sur la cause qui l'a produit. Elle est positive quand elle amplifie ce changement, négative quand elle le tempère. Attention au vocabulaire : « positive » ne signifie pas favorable — une rétroaction positive aggrave la perturbation initiale.
Propriété
Deux exemples suffisent. La fonte de la banquise remplace une surface claire par un océan sombre : l'albédo diminue, l'absorption augmente, le réchauffement s'amplifie — rétroaction positive. Une atmosphère plus chaude contient davantage de vapeur d'eau, elle-même gaz à effet de serre — positive encore. À l'inverse, un corps plus chaud rayonne davantage vers l'espace : cette rétroaction négative est ce qui fixe un nouvel équilibre au lieu d'un emballement.
Règle
Une année plus fraîche ne dément aucune tendance. La variabilité se lit d'une année sur l'autre — échanges entre océan et atmosphère, éruptions volcaniques, cycles naturels ; la tendance se lit sur des décennies et sur la moyenne globale. Un point ne réfute pas une pente, et une région ne vaut pas une planète.
Prendre une année froide, ou une région qui se refroidit, pour une objection au réchauffement global.
Pourquoi — Deux échelles sont confondues. La variabilité interannuelle est grande et attendue : elle provient des échanges entre l'océan et l'atmosphère, des éruptions, des cycles naturels. La tendance, elle, se mesure sur des décennies et sur une moyenne planétaire. Un point ne réfute pas une pente, et une région ne vaut pas une planète.
Le réflexe — Avant de commenter un écart, demander sur quelle durée et sur quelle étendue il est mesuré.
3Les paléoclimats
Propriété
Les paléoclimats se reconstituent par des mesures indirectes : bulles d'air emprisonnées dans les carottes de glace, cernes des arbres, sédiments marins, pollens. Chaque méthode a sa résolution et son incertitude propre. Leur intérêt n'est pas la curiosité : ils fournissent le point de comparaison sans lequel on ne pourrait pas dire si ce qui se produit aujourd'hui est ordinaire ou non.
Que le système soit complexe — non linéaire, avec des délais et des seuils — n'entraîne pas qu'on n'en sache rien. Une grandeur peut être impossible à prévoir dans le détail et parfaitement contrainte dans son ordre de grandeur. Le modèle climatique n'existe pas pour deviner le temps qu'il fera : il sert à estimer la réponse moyenne du système à une perturbation donnée.
Analyser une rétroaction climatique
Nommer la perturbation initiale et la grandeur qu'elle modifie.
Suivre la chaîne d'effets jusqu'à revenir à la grandeur de départ.
Conclure sur le signe : positive si le changement est amplifié, négative s'il est tempéré.Positive ne veut pas dire bénéfique : une rétroaction positive aggrave, elle n'améliore rien.
Estimer le délai de la boucle : certaines agissent en mois, d'autres en siècles.
Dire ce que la rétroaction ajoute au bilan radiatif, et non à l'impression générale.
▢Ai-je distingué variabilité et tendance ?
▢Ai-je précisé la durée et l'étendue de chaque écart commenté ?
▢Ai-je détaillé une rétroaction jusqu'au retour sur la grandeur de départ ?
▢Ai-je rappelé que « positive » ne veut pas dire favorable ?
▢Ai-je cité une source de paléoclimat avec son incertitude ?
L'essentiel en 9 points
·Flux solaire moyen ≈ 340 W·m⁻² au sommet de l'atmosphère.
Vérifié automatiquement — non relu par un enseignant. Conforme au programme officiel · version 2026.1.
3
Exercices corrigés
1
Notions. Répondre en une phrase précise.
Connaître
a.Qu'appelle-t-on albédo ?
b.Définir une rétroaction positive.
c.Donner une rétroaction négative et son mécanisme.
d.Différencier variabilité et tendance.
e.Citer deux archives de paléoclimat.
›Voir le corrigéMasquer le corrigé
a. La part du rayonnement solaire renvoyée directement vers l'espace. La glace a un albédo élevé, l'océan un albédo faible.
b. Un effet en retour qui amplifie le changement initial. Elle n'est pas « favorable » : elle aggrave.
c. Un corps plus chaud rayonne davantage vers l'espace, ce qui limite l'échauffement. C'est ce qui fixe un nouvel équilibre.
d. La variabilité est l'écart d'une année à l'autre, souvent local ; la tendance est la dérive sur des décennies, mesurée sur la moyenne globale.
e. Les carottes de glace — bulles d'air piégées — et les cernes des arbres ; on peut ajouter les sédiments marins et les pollens.
2
Bilan radiatif. Le flux solaire moyen au sommet de l'atmosphère vaut 340 W·m⁻², l'albédo moyen 0,30.
Calculer
a.Quel flux est renvoyé directement ?
b.Quel flux est absorbé ?
c.La fonte fait passer l'albédo à 0,29. Quel flux est alors absorbé ?
d.Quel écart cela représente-t-il ?
e.Nommer la rétroaction en jeu et son signe.
›Voir le corrigéMasquer le corrigé
a. Flux renvoyé, en watts par mètre carré :340×0,30=102
b. Flux absorbé :340−102=238
c. Avec un albédo de 0,29, le flux renvoyé vaut :340×0,29=98,6
donc le flux absorbé vaut :340−98,6=241,4
d. Écart, en watts par mètre carré :241,4−238=3,4
e. La rétroaction de l'albédo, et elle est positive : la fonte abaisse l'albédo, davantage d'énergie est absorbée, le réchauffement se poursuit, la fonte continue.
3
Variabilité, tendance, complexité. Argumenter.
Argumenter
a.Réfuter : « il a fait froid cet hiver, donc pas de réchauffement ».
b.Une région peut-elle se refroidir pendant que la planète se réchauffe ?
c.Pourquoi les paléoclimats sont-ils utiles au raisonnement ?
d.« Le système est complexe, donc imprévisible. » Nuancer.
e.À quoi sert alors un modèle climatique ?
›Voir le corrigéMasquer le corrigé
a. L'argument confond un point et une pente. La variabilité interannuelle est grande et attendue ; la tendance se mesure sur des décennies et sur une moyenne globale, pas sur un hiver dans un pays.
b. Oui, et cela ne contredit rien : la moyenne globale peut monter alors que des régions se refroidissent, du fait de la circulation océanique et atmosphérique qui redistribue la chaleur.
c. Parce qu'ils donnent une référence : sans savoir ce que le climat a déjà fait, on ne peut pas dire si le changement actuel est ordinaire par son ampleur ou par sa vitesse.
d. Le détail est imprévisible, l'ordre de grandeur ne l'est pas. On ne sait pas dire la température d'une année donnée dans une région donnée ; le sens et l'ampleur de la tendance globale sont contraints par le bilan radiatif, qui relève d'une physique simple.
e. À estimer la réponse moyenne du système à une perturbation donnée — pas à prévoir le temps qu'il fera. Un modèle se juge à sa capacité à reproduire des climats connus, passés compris.
Ce qui rapporte des points, ce qui en coûte
Distinguer variabilité et tendance5 ptsPerdu si : Opposer une année à une pente
Détailler une rétroaction jusqu'au retour5 ptsPerdu si : La nommer sans son mécanisme
Mener un calcul de bilan radiatif4 ptsPerdu si : Oublier de retrancher la part renvoyée
Citer une archive paléoclimatique3 ptsPerdu si : Rester vague sur l'origine des données
Nuancer l'argument de la complexité3 ptsPerdu si : Conclure de complexe à imprévisible
4
La méthode
Analyser une rétroaction climatique
1
Nommer la perturbation initiale et la grandeur qu'elle modifie.
2
Suivre la chaîne d'effets jusqu'à revenir à la grandeur de départ.
3
Conclure sur le signe : positive si le changement est amplifié, négative s'il est tempéré.
Positive ne veut pas dire bénéfique : une rétroaction positive aggrave, elle n'améliore rien.
4
Estimer le délai de la boucle : certaines agissent en mois, d'autres en siècles.
5
Dire ce que cette rétroaction ajoute au bilan radiatif, et non à l'impression générale.
5
Se tester
Touches 1 à 4
Les questions de ce chapitre ne sont pas encore disponibles. Voici un échantillon pour patienter.
Mathématiques4ème
Question 1
Dans un triangle rectangle, l'hypoténuse mesure 13 cm et un côté 5 cm. Combien mesure le troisième côté ?
Aucun compte requis — réponds, la correction s'affiche aussitôt.
La complexité du système climatique : c'est en quelle classe ?+
Ce chapitre est au programme de Enseignement scientifique au lycée, en classe de Terminale, année du Baccalauréat. Il est défini par le Bulletin Officiel de l'Éducation nationale, le texte de référence qui fixe ce qui doit être enseigné dans chaque matière.
Que faut-il savoir sur La complexité du système climatique ?+
Bilan radiatif et rétroactions : albédo, vapeur d'eau. Variabilité naturelle et tendance. Reconstitution des paléoclimats par mesures indirectes. Pourquoi un système complexe reste prévisible en tendance. Les notions à maîtriser sont : climat, rétroaction, albédo, paléoclimat, variabilité, modèle.
Où télécharger la fiche PDF de La complexité du système climatique ?+
Sur cette page, dans le bloc « Imprimer » : 3 documents à télécharger — le cours, les exercices et le corrigé — soit 5 pages au format A4, prêtes à imprimer. Le téléchargement est gratuit, immédiat, et ne demande ni compte ni adresse e-mail.
Le corrigé de La complexité du système climatique est-il fourni ?+
Oui, et c'est un document à part : chaque exercice y est repris étape par étape, avec le barème détaillé en fin de fiche — ce qui est attendu, combien de points, et ce qui fait perdre le point. Un parent qui ne se souvient plus du programme peut corriger une copie avec.
La complexité du système climatique peut-il tomber au Baccalauréat ?+
Ce chapitre fait partie du programme officiel de Terminale, il entre donc dans le périmètre du Baccalauréat. Le sujet exact varie chaque année et aucun chapitre n'est garanti, mais l'ensemble du programme de l'année est susceptible d'être évalué : mieux vaut ne pas parier sur des impasses.
Comment réviser La complexité du système climatique efficacement ?+
Commence par lire la fiche de révision pour remettre la règle en place, puis enchaîne immédiatement sur le quiz de cette page. Répondre juste après avoir lu ne suffit pas : reviens sur le chapitre deux ou trois jours plus tard. C'est l'espacement des révisions, plus que leur durée, qui fait tenir une notion en mémoire. Une session de quinze minutes répétée vaut mieux qu'une heure unique.
Faut-il un compte pour s'entraîner sur La complexité du système climatique ?+
Non. Les quiz, les corrections détaillées et les fiches de révision sont accessibles sans créer de compte et sans donner d'adresse e-mail. Le compte gratuit sert uniquement à conserver la progression d'un appareil à l'autre.
Notions voisines
Les chapitres qui traitent des mêmes notions, ici ou dans une autre année.