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Économie : Financement de l'économie

Programme en vigueur — arrêtés du 19 juillet 2019, applicable en Terminale depuis la rentrée 2020. Voir le texte

Épargne, investissement, crédit bancaire. Marchés financiers. Banque centrale : politique monétaire (BCE, Fed). Crises financières : 1929, 2008. Régulation bancaire.

La règle d'or

Une banque qui accorde un crédit ne prête pas l'argent déposé par d'autres : elle crée la monnaie en l'inscrivant au compte de l'emprunteur.

L'erreur que tout le monde fait

Décrire la banque comme un intermédiaire qui collecte l'épargne des uns pour la prêter aux autres.

Ce sont les crédits qui font les dépôts, et non l'inverse : le prêt crée simultanément une créance et un dépôt du même montant. La banque est limitée par sa recherche de rentabilité, par les règles prudentielles et par la monnaie de banque centrale dont elle a besoin, non par un stock d'épargne préalable. Sans cela, la création monétaire et le rôle de la banque centrale restent incompréhensibles.

Distinguer le financement de marché, où une épargne existante change de mains, du crédit bancaire, qui crée de la monnaie.

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Notions à maîtriser

  • épargne
  • crédit
  • BCE
  • politique monétaire
  • marché financier
  • crise 2008
  • régulation
1

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Fiche de révision

Financement de l'économie : comment ça marche ?

Financement de l'économie 1. Définition et enjeux Le financement de l'économie désigne l'ensemble des mécanismes par lesquels les agents économiques (ménages, entreprises, État)

Lire la fiche

Quand une banque accorde un crédit, elle ne puise dans aucun coffre : elle inscrit une somme au compte de l'emprunteur, et cette somme n'existait pas la seconde d'avant.

1Se financer : trois voies

Propriété

Un agent qui veut financer une dépense dispose de trois voies. L'autofinancement, par son épargne propre. Le financement indirect, ou intermédié, par le crédit bancaire. Le financement direct, sur les marché financiers, en émettant des titres — actions ou obligations. Le choix dépend de la taille de l'agent, de la durée du besoin et du risque accepté : une action est un titre de propriété, une obligation un titre de créance, et les deux n'engagent pas les mêmes rapports.

2Le crédit crée la monnaie

Règle

Une banque qui accorde un crédit ne prête pas l'argent déposé par d'autres : elle inscrit un nouveau dépôt au compte de l'emprunteur, et cette monnaie est créée à cet instant. Symétriquement, elle est détruite au fur et à mesure des remboursements. D'où la formule : les crédits font les dépôts, et non l'inverse. Ce qui limite cette création, ce n'est pas un stock d'épargne disponible, mais la solvabilité des emprunteurs, la réglementation prudentielle et le taux directeur fixé par la banque centrale.

Piège

Décrire la banque comme un intermédiaire qui collecte l'épargne des uns pour la prêter aux autres.

Pourquoi — Cette représentation rend la politique monétaire incompréhensible : si la création de monnaie dépendait d'un stock d'épargne préalable, une banque centrale n'aurait aucun moyen d'agir sur le volume du crédit en modifiant un taux directeur. Elle rend aussi inexplicable qu'une crise puisse assécher le crédit alors que l'épargne existe toujours. La banque crée de la monnaie sous contraintes ; elle ne transfère pas un stock.

Le réflexe — Se demander : la somme prêtée existait-elle avant l'inscription au compte ?

3La banque centrale

Propriété

La BCE conduit la politique monétaire de la zone euro, avec pour objectif principal la stabilité des prix. Son instrument ordinaire est le taux directeur, taux auquel les banques se refinancent auprès d'elle : l'abaisser rend le crédit moins coûteux et soutient l'activité, le relever freine la demande et l'inflation. Elle intervient aussi comme prêteur en dernier ressort quand une banque solvable manque de liquidités.

Lorsque le taux directeur est déjà proche de zéro, il ne peut plus être abaissé : c'est ce qui a conduit à des mesures dites non conventionnelles, comme l'achat massif de titres sur les marchés. L'existence de ces instruments montre une limite de l'outil ordinaire, et leurs effets — sur l'activité, sur les prix des actifs, sur les inégalités de patrimoine — font l'objet d'évaluations divergentes.

4Les crises financières

Propriété

La crise 2008-2009 part du marché immobilier américain : des crédits accordés à des ménages peu solvables sont transformés en titres revendus à des investisseurs du monde entier. La chute des prix immobiliers rend ces titres invendables, personne ne sait plus qui détient quoi, et la défiance paralyse les échanges entre banques. Le mécanisme est instructif : la dispersion du risque, présentée comme une sécurité, l'a rendu intraçable.

Les crises de 1929 et de 2008 partagent un enchaînement : endettement croissant, hausse du prix d'un actif, retournement, puis paralysie du crédit. Elles diffèrent par la réponse : en 1929, un resserrement qui a aggravé la contraction ; en 2008, une intervention massive des banques centrales et des États. Comparer les deux réponses est plus instructif que de chercher entre les deux crises une identité qu'elles n'ont pas.

Propriété

La régulation bancaire impose aux banques des fonds propres proportionnés à leurs risques, des ratios de liquidité et une supervision. Sa logique est simple : une banque qui supporte une part du risque qu'elle prend le prend avec plus de prudence. Ses critiques soulignent son coût et le déplacement des activités risquées vers des acteurs moins régulés — ce déplacement étant précisément ce que la régulation suivante doit rattraper.

Analyser le financement d'un agent économique

  1. Identifier l'agent — ménage, entreprise, administration — et la nature du besoin.
  2. Déterminer la voie de financement : autofinancement, crédit, ou marché financier ?
  3. Pour un financement direct, distinguer action — titre de propriété — et obligation — titre de créance.
  4. Repérer ce qui conditionne l'accès : solvabilité, garanties, taux, taille de l'agent.Une PME n'accède pas aux marchés obligataires dans les mêmes conditions qu'un grand groupe.
  5. Conclure sur le risque supporté et par qui : l'emprunteur, la banque, ou les marchés.
  • ▢Ai-je écrit que le crédit crée de la monnaie, et non qu'il transfère de l'épargne ?
  • ▢Ai-je nommé ce qui limite cette création — solvabilité, régulation, taux directeur ?
  • ▢Ai-je distingué financement direct et indirect ?
  • ▢Ai-je distingué action et obligation par le droit qu'elles confèrent ?
  • ▢Ai-je rappelé l'objectif principal de la BCE — la stabilité des prix ?
  • ▢Ai-je expliqué la crise par la dispersion du risque plutôt que par la seule cupidité ?

L'essentiel en 11 points

  • ·Trois voies : autofinancement, crédit (indirect), marché financier (direct).
  • ·Action : titre de propriété. Obligation : titre de créance.
  • ·Une banque crée la monnaie en accordant un crédit : les crédits font les dépôts.
  • ·La monnaie est détruite au remboursement.
  • ·Limites : solvabilité, régulation prudentielle, taux directeur.
  • ·La BCE vise la stabilité des prix ; son instrument ordinaire est le taux directeur.
  • ·Taux proche de zéro : recours à des mesures non conventionnelles, aux effets discutés.
  • ·Crise 2008-2009 : immobilier américain, titrisation, dispersion du risque.
  • ·Le risque dispersé est devenu intraçable, d'où la défiance entre banques.
  • ·1929 et 2008 : même enchaînement, réponses opposées.
  • ·La régulation est itérative : chaque dispositif produit un contournement.
2

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Au sommaire du cours

  1. 1. Se financer : trois voies
  2. 2. Le crédit crée la monnaie
  3. 3. La banque centrale
  4. 4. Les crises financières

Conforme au programme officiel · version 2026.1.

3

Exercices corrigés

1

Vocabulaire. Répondre en une phrase précise.

Connaître
  1. a.Citer les trois voies de financement d'un agent.
  2. b.Différencier une action et une obligation.
  3. c.Que se passe-t-il, du point de vue monétaire, quand une banque accorde un crédit ?
  4. d.Quel est l'objectif principal de la BCE ? Quel est son instrument ordinaire ?
  5. e.Qu'impose la régulation bancaire, et selon quelle logique ?
›Voir le corrigé
  1. a. L'autofinancement, le crédit bancaire — financement indirect —, et l'émission de titres sur les marché financiers — financement direct.
  2. b. L'action est un titre de propriété ; l'obligation un titre de créance.
  3. c. Elle crée de la monnaie : elle inscrit un nouveau dépôt au compte de l'emprunteur. Cette monnaie est détruite au remboursement.
  4. d. La stabilité des prix. Son instrument ordinaire est le taux directeur.
  5. e. Des fonds propres proportionnés aux risques et des ratios de liquidité — pour qu'une banque supporte une part du risque qu'elle prend.
2

Un élève écrit : « Les banques prêtent l'argent que les épargnants ont déposé. » Discuter.

Argumenter
  1. a.Que se passe-t-il réellement au moment de l'octroi d'un crédit ?
  2. b.Qu'advient-il de cette monnaie lors du remboursement ?
  3. c.Pourquoi cette représentation rend-elle la politique monétaire incompréhensible ?
  4. d.Qu'est-ce qui limite alors réellement la création monétaire ?
  5. e.Réécrire la phrase de façon exacte.
›Voir le corrigé
  1. a. La banque inscrit un nouveau dépôt au compte de l'emprunteur. La somme n'existait pas auparavant : elle est créée à cet instant.
  2. b. Elle est détruite progressivement, au fur et à mesure des remboursements.
  3. c. Parce que si le crédit dépendait d'un stock d'épargne, modifier un taux directeur n'aurait aucun effet sur son volume. Or c'est précisément l'instrument ordinaire de la BCE : la représentation rend son action inexplicable.
  4. d. La solvabilité des emprunteurs, la régulation prudentielle — fonds propres, ratios — et le taux directeur, qui renchérit ou non le refinancement.
  5. e. Par exemple : « Les banques créent de la monnaie en accordant des crédits, sous contrainte de solvabilité et de régulation. » Formule classique : les crédits font les dépôts.
3

Une banque centrale abaisse son taux directeur de 3 % à 1 %. Une entreprise emprunte 500 000 € sur un an.

Calculer
  1. a.Calculer le coût annuel des intérêts au taux de 3 %, puis à 1 %.
  2. b.Calculer l'économie réalisée.
  3. c.Quel effet cette baisse est-elle censée produire sur l'activité ?
  4. d.Que se passe-t-il quand le taux directeur est déjà proche de zéro ?
›Voir le corrigé
  1. a. À 3 % :
  2. À 1 % :
  3. Soit 15 000 € puis 5 000 €.
  4. b. Économie réalisée :
  5. Soit 10 000 € par an.
  6. c. Un crédit moins coûteux doit encourager l'investissement et la consommation, donc soutenir l'activité — et, par là, tendre à relever les prix.
  7. d. L'instrument est épuisé : on ne peut plus abaisser. D'où le recours à des mesures non conventionnelles, comme l'achat massif de titres, dont les effets font l'objet d'évaluations divergentes.
4

La crise 2008-2009. Analyser le mécanisme.

Analyser
  1. a.D'où part la crise, et par quel mécanisme se diffuse-t-elle ?
  2. b.Pourquoi la dispersion du risque, censée protéger, a-t-elle aggravé la situation ?
  3. c.Pourquoi les banques cessent-elles de se prêter entre elles ?
  4. d.Qu'ont en commun 1929 et 2008 ? Qu'est-ce qui les distingue ?
  5. e.Quelle critique adresse-t-on à la régulation bancaire, et que montre-t-elle ?
›Voir le corrigé
  1. a. Du marché immobilier américain. Des crédits accordés à des ménages peu solvables sont transformés en titres revendus à des investisseurs du monde entier : le risque voyage avec eux.
  2. b. Parce qu'à force d'être découpé et revendu, le risque est devenu intraçable : personne ne sait plus qui détient quoi. Ce qui devait diluer le risque l'a rendu invisible, donc impossible à évaluer.
  3. c. Par défiance : chaque banque ignore si celle d'en face est exposée. Le doute suffit à paralyser les échanges, indépendamment de la situation réelle de chacune.
  4. d. Commun : endettement croissant, hausse du prix d'un actif, retournement, paralysie du crédit. Différent : la réponse — resserrement aggravant en 1929, intervention massive des banques centrales et des États en 2008.
  5. e. Qu'elle a un coût et qu'elle déplace les activités risquées vers des acteurs moins régulés. Cela montre que la régulation est un processus itératif : chaque dispositif produit un contournement que le suivant doit rattraper. Ce n'est pas un argument contre elle, c'est une description de son fonctionnement.

Ce qui rapporte des points, ce qui en coûte

  • Décrire la création monétaire par le crédit5 ptsPerdu si : Faire de la banque un intermédiaire d'épargne
  • Nommer les limites réelles de cette création4 ptsPerdu si : Invoquer un stock d'épargne disponible
  • Distinguer action et obligation3 ptsPerdu si : Les traiter comme deux placements équivalents
  • Exposer le rôle du taux directeur4 ptsPerdu si : Ignorer la limite du taux zéro
  • Expliquer la crise par la dispersion du risque4 ptsPerdu si : S'en tenir à la cupidité des acteurs
4

La méthode

Analyser le financement d'un agent économique

  1. 1

    Déterminer si l'agent dispose d'une capacité ou d'un besoin de financement.

  2. 2

    Distinguer le financement interne, par ses propres ressources, du financement externe.

  3. 3

    Repérer si le financement externe passe par un marché ou par un crédit bancaire.

    Émettre une action cède une part de propriété, émettre une obligation crée une dette à rembourser.

  4. 4

    Identifier le coût de chaque solution et le risque qu'elle fait porter à chacun.

  5. 5

    Conclure sur ce que le choix retenu implique pour la solidité de l'agent.

5

Se tester

Sciences Économiques et SocialesTerminale
Question 1
La crise de 1929 aux États-Unis a été amplifiée par le rôle des banques commerciales dans :

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Questions fréquentes

Économie : Financement de l'économie : c'est en quelle classe ?

Ce chapitre est au programme de Sciences Économiques et Sociales au lycée, en classe de Terminale, année du Baccalauréat. Il est défini par le Bulletin Officiel de l'Éducation nationale, le texte de référence qui fixe ce qui doit être enseigné dans chaque matière.

Que faut-il savoir sur Économie : Financement de l'économie ?

Épargne, investissement, crédit bancaire. Marchés financiers. Banque centrale : politique monétaire (BCE, Fed). Crises financières : 1929, 2008. Régulation bancaire. Les notions à maîtriser sont : épargne, crédit, BCE, politique monétaire, marché financier, crise 2008.

Où télécharger la fiche PDF de Économie : Financement de l'économie ?

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Le corrigé de Économie : Financement de l'économie est-il fourni ?

Oui, et c'est un document à part : chaque exercice y est repris étape par étape, avec le barème détaillé en fin de fiche — ce qui est attendu, combien de points, et ce qui fait perdre le point. Un parent qui ne se souvient plus du programme peut corriger une copie avec.

Économie : Financement de l'économie peut-il tomber au Baccalauréat ?

Ce chapitre fait partie du programme officiel de Terminale, il entre donc dans le périmètre du Baccalauréat. Le sujet exact varie chaque année et aucun chapitre n'est garanti, mais l'ensemble du programme de l'année est susceptible d'être évalué : mieux vaut ne pas parier sur des impasses.

Comment réviser Économie : Financement de l'économie efficacement ?

Commence par lire la fiche de révision pour remettre la règle en place, puis enchaîne immédiatement sur le quiz de cette page. Répondre juste après avoir lu ne suffit pas : reviens sur le chapitre deux ou trois jours plus tard. C'est l'espacement des révisions, plus que leur durée, qui fait tenir une notion en mémoire. Une session de quinze minutes répétée vaut mieux qu'une heure unique.

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