Français · Terminale · Contrôle n°1
Littérature et philosophie : Humanisme, engagement et condition humaine
Un contrôle de français de 60 minutes sur littérature et philosophie : ce qu'un roman fait qu'un traité ne fait pas, l'humanisme et les Lumières, l'absurde chez Camus et la liberté chez Sartre, le débat sur l'engagement, et l'allégorie politique. Vingt points, barème détaillé, et une correction qui dit pourquoi à chaque question.
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Avant de commencer
- Toujours distinguer le constat — le monde ne répond pas — de la conséquence.
- L’essai formule, le récit éprouve.
- Un roman qui démontre trop clairement sa thèse cesse d’être un roman.
- Demander ce qu’un cas révèle de notre situation commune est une question de condition.
- L’absurde ouvre sur la révolte, non sur l’indifférence.
- Se taire est aussi une prise de position.
Exercice 1 — Ce que le roman fait
4 pts · 11 minComparer roman et traité
Réponds à chaque question.
1.Que signifie que le roman incarne une idée ?
1 ptVoir la correction
Une idée y devient quelqu’un, avec un corps, une histoire, des raisons de se tromper.
Un traité, lui, affirme sans personne.
2.Que signifie qu’il met en situation ?
1 ptVoir la correction
Le personnage décide dans le temps, sans disposer de ce que le lecteur sait déjà.
La décision s’y prend sous contrainte, comme dans la vie.
3.Que signifie qu’il laisse juger, et quelle limite cela impose-t-il ?
1 ptVoir la correction
Il ne conclut pas toujours ; un roman qui démontre trop clairement sa thèse cesse d’être un roman pour devenir un exemple.
La liberté du lecteur fait partie de la forme.
4.Que nomme l’expression « condition humaine » ?
1 ptVoir la correction
Ce qui vaut pour tout homme du seul fait qu’il est homme : la mortalité, la solitude, le besoin de sens, la nécessité de choisir.
Elle déplace la question de la psychologie vers l’universel.
Exercice 2 — Humanisme et Lumières
4 pts · 11 minSituer humanisme et Lumières
Réponds à chaque question.
1.Quelle est l’idée neuve de l’humanisme ?
1 ptVoir la correction
L’homme est capable de se former lui-même, par l’étude et par le jugement, sans s’en remettre à une autorité.
Elle naît au XVIᵉ siècle, et rompt avec la soumission aux autorités reçues.
2.Quelles trois exigences en découlent ?
1 ptVoir la correction
La dignité reconnue à tout homme, la tolérance envers ce qui diffère, et la raison comme seul juge des opinions reçues.
Trois siècles vont les reprendre.
3.Que fait la phrase de Montaigne sur la barbarie ?
1 ptVoir la correction
Elle retourne le regard européen sur lui-même, et fonde une manière de penser l’autre.
« Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage », en 1580.
4.Qu’est-ce que les Lumières ajoutent au programme humaniste ?
1 ptVoir la correction
Elles l’arment : ce qui n’était qu’une exigence intellectuelle devient une intervention.
Le Traité sur la tolérance vise une décision de justice précise, non une idée générale.
Exercice 3 — Absurde, liberté, mauvaise foi
5 pts · 14 minAnalyser absurde et liberté
Réponds à chaque question.
1.Où naît l’absurde, chez Camus ?
1 ptVoir la correction
De la confrontation entre l’homme et le monde : l’homme demande du sens, le monde ne répond pas.
Il n’est donc ni dans le monde ni dans l’homme.
2.À quoi ce constat conduit-il, et à quoi il ne conduit pas ?
1 ptVoir la correction
À vivre sans consolation ; il ne conduit ni au suicide ni au désespoir.
Sisyphe est le héros de cette lucidité.
3.Que signifie « l’existence précède l’essence » chez Sartre ?
1 ptVoir la correction
Aucun homme ne naît avec une nature qui déciderait de ce qu’il doit être.
Il en résulte une liberté totale et une responsabilité sans échappatoire.
4.Qu’est-ce que la mauvaise foi, et qu’est-ce que l’authenticité ?
1 ptVoir la correction
La mauvaise foi est la fuite devant cette liberté — se raconter qu’on n’avait pas le choix ; l’authenticité est d’assumer ce qu’on choisit, et le fait même qu’on choisisse.
Ne pas choisir est encore un choix.
5.Sur quoi l’absurde ouvre-t-il, chez Camus ?
1 ptVoir la correction
Sur la révolte : refuser l’injustice sans attendre qu’une raison supérieure la condamne.
La Peste montre des hommes qui soignent sans espérer de récompense ni de sens.
Exercice 4 — Engagement et allégorie
4 pts · 13 minAnalyser engagement et allégorie politique
Réponds à chaque question.
1.Que soutient Sartre dans Qu’est-ce que la littérature ?
1 ptVoir la correction
Que l’écrivain est responsable de son époque : écrire, c’est dévoiler, et dévoiler c’est déjà agir.
Se taire est aussi une prise de position.
2.Comment Simone de Beauvoir applique-t-elle cette exigence ?
1 ptVoir la correction
Au Deuxième Sexe, en 1949 : « on ne naît pas femme, on le devient » est l’existentialisme appliqué à une condition sociale.
L’idée de liberté s’y applique à une situation collective.
3.Sur quoi Camus diverge-t-il, et avec quelle conséquence ?
1 ptVoir la correction
Il partage l’exigence mais conteste les moyens : L’Homme révolté refuse qu’une fin politique justifie n’importe quel moyen ; la divergence provoque en 1952 une rupture publique.
Le débat pose la question de savoir jusqu’où un écrivain engage son œuvre.
4.Qu’est-ce qu’une allégorie politique, et quelles sont ses deux vertus ?
1 ptVoir la correction
Un récit dont chaque élément renvoie à une réalité historique ; elle échappe à la censure et rend visible une mécanique en la débarrassant des noms propres.
La Ferme des animaux en est l’exemple le plus connu.
Exercice 5 — Trouve l'erreur
3 pts · 11 minRepérer une erreur et la corriger
Chaque affirmation est fausse. Écris ce qu’il fallait dire.
1.« Pour Camus, la vie n’a pas de sens, donc rien n’a d’importance. »
1 ptVoir la correction
C’est exactement la conclusion qu’il refuse : le constat de l’absurde ouvre sur la révolte.
Il faut distinguer le constat de la conséquence.
2.« Pourquoi ce personnage se comporte-t-il ainsi ? Voilà la question que le sujet attend. »
1 ptVoir la correction
C’est une question de caractère ; le sujet attend ce que son cas révèle de notre situation commune.
C’est le déplacement de la psychologie vers la condition humaine.
3.« Sartre et Camus défendaient exactement la même conception de l’engagement. »
1 ptVoir la correction
Camus partage l’exigence mais conteste les moyens, et la divergence provoque en 1952 une rupture publique.
L’Homme révolté refuse qu’une fin politique justifie n’importe quel moyen.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 5 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1Ce que le roman fait
4 points — 1 par question
Point perdu si : Le roman traité comme un traité illustré.
Ex.2Humanisme et Lumières
4 points — 1 par question
Point perdu si : Une exigence humaniste oubliée.
Ex.3Absurde, liberté, mauvaise foi
5 points — 1 par question
Point perdu si : L’absurde réduit au désespoir.
Ex.4Engagement et allégorie
4 points — 1 par question
Point perdu si : La divergence entre Sartre et Camus escamotée.
Ex.5L’erreur repérée, et la réponse juste donnée
3 points — 1 par ligne
Point perdu si : Une correction qui attribue aux auteurs le désespoir qu’ils réfutent.
Et maintenant ?
- 16 à 20
- Le chapitre est acquis. Entraîne-toi maintenant à déplacer une question de la psychologie vers l'universel : non pourquoi ce personnage agit ainsi, mais ce que son cas révèle de notre situation commune.
- 10 à 15
- Refais l'exercice 3 en séparant chaque fois le constat de la conséquence : c'est là que les copies se trompent.
- moins de 10
- Reprends la fiche de cours et retiens pourquoi les mêmes auteurs écrivent des essais et des romans : l'essai formule, le récit éprouve.
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