Français · Terminale · Contrôle n°1
Culture littéraire : Panorama de la littérature française
Un contrôle de français de 60 minutes sur la culture littéraire : ce qu'est un courant et ses trois marques, le canon comme construction, la chaîne des réactions d'un courant au précédent, la hiérarchie classique des genres, et l'intertextualité. Vingt points, barème détaillé, et une correction qui dit pourquoi à chaque question.
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Avant de commencer
- Employer les courants comme des repères, jamais comme des verdicts.
- Chaque courant se définit contre le précédent.
- Un canon est une construction, non un fait de nature.
- Une influence se prouve par un faisceau, jamais par une simple ressemblance.
- Une réécriture qui ne change rien n’aurait aucune raison d’exister.
- Savoir contre quoi une œuvre est écrite fournit une problématique toute faite.
Exercice 1 — Ce qu'est un courant
4 pts · 11 minDéfinir un courant littéraire
Réponds à chaque question.
1.Qu’est-ce qu’un courant littéraire ?
1 ptVoir la correction
Un ensemble d’œuvres qui partagent une conception de la littérature, à une époque donnée : ce qu’il faut écrire, pour qui, avec quelles formes.
La conception partagée est ce qui les réunit.
2.À quelles trois choses se reconnaît-il ?
1 ptVoir la correction
Une date approximative, quelques noms, et un mot d’ordre.
Le mot d’ordre est souvent formulé dans un texte-manifeste.
3.Cite deux manifestes et les courants qu’ils portent.
1 ptVoir la correction
La Défense et illustration de la langue française pour la Pléiade, la préface de Cromwell pour le romantisme — le Manifeste du surréalisme convient aussi.
Ces textes disent explicitement contre quoi le courant se dresse.
4.Pourquoi les dates d’un courant ne sont-elles pas des frontières ?
1 ptVoir la correction
Parce que les courants se chevauchent, et que les grands auteurs débordent presque toujours leur case.
Camus a explicitement refusé l’étiquette que la tradition lui accole encore.
Exercice 2 — Des origines aux Lumières
4 pts · 11 minSituer les premiers courants
Réponds à chaque question.
1.Que chante d’abord le Moyen Âge, et qu’invente-t-il ensuite ?
1 ptVoir la correction
L’exploit guerrier, avec la chanson de geste ; puis, avec Chrétien de Troyes, le roman courtois.
L’amour devient alors un sujet digne d’un récit.
2.Que met l’humanisme à la place de l’autorité ?
1 ptVoir la correction
L’homme et son jugement.
Rabelais rit du savoir mort, Montaigne fonde l’essai en se prenant lui-même pour objet.
3.Pourquoi le classicisme impose-t-il la règle ?
1 ptVoir la correction
Non pour brider, mais parce qu’il croit que la contrainte concentre l’effet.
Il impose les trois unités, la bienséance et la vraisemblance.
4.Que font les Lumières de la littérature, et par quels moyens ?
1 ptVoir la correction
Une arme : l’Encyclopédie, le conte philosophique et le pamphlet servent à soumettre les institutions au tribunal de la raison.
Les trois formes concourent au même but.
Exercice 3 — Du romantisme au XXᵉ siècle
5 pts · 14 minSituer les courants modernes
Réponds à chaque question.
1.Que libère le romantisme, et que brise-t-il ?
1 ptVoir la correction
Il libère le moi et brise les règles classiques.
Hugo réclame en 1827 le droit de mêler le sublime et le grotesque.
2.De quoi le réalisme se détourne-t-il, et qu’ajoute le naturalisme ?
1 ptVoir la correction
Il se détourne du moi pour peindre la société entière ; le naturalisme y ajoute l’ambition scientifique de l’hérédité et du milieu.
Balzac veut être « le secrétaire » de son époque.
3.Que fait le symbolisme, et pourquoi ?
1 ptVoir la correction
Il suggère au lieu de nommer, puisque le monde visible ne dit pas tout.
Il prend ainsi le contre-pied de la description réaliste.
4.Que libère le surréalisme, et de quoi ?
1 ptVoir la correction
L’image, du contrôle de la raison.
Il pousse plus loin le refus symboliste, à partir de 1924.
5.Qu’est-ce que l’existentialisme fait du roman, et que défait le Nouveau Roman ?
1 ptVoir la correction
L’existentialisme en fait un lieu de choix moral ; le Nouveau Roman défait l’intrigue, le personnage et la psychologie.
L’homme n’y est rien d’autre que ce qu’il fait.
Exercice 4 — Genres, canon, intertextualité
4 pts · 13 minAnalyser canon, genres et intertextualité
Réponds à chaque question.
1.Qu’est-ce que le canon, et qu’est-ce qu’il n’est pas ?
1 ptVoir la correction
La liste, jamais close, de ce qu’une culture juge devoir être lu ; ce n’est pas un palmarès de qualité.
Il s’est constitué par des décisions successives, et il bouge.
2.Quelle hiérarchie le classicisme avait-il établie entre les genres ?
1 ptVoir la correction
La tragédie et l’épopée au sommet, la comédie au-dessous, le roman à peine considéré comme littérature.
Cette échelle explique pourquoi le roman met deux siècles à devenir respectable.
3.Qu’est-ce que l’intertextualité, et pourquoi n’est-ce pas une érudition de spécialiste ?
1 ptVoir la correction
L’ensemble des relations qu’un texte entretient avec d’autres — citation, allusion, imitation, parodie, réécriture ; c’est un fait de lecture ordinaire, et les auteurs comptent dessus.
Un mythe repris arrive chargé de toutes ses versions antérieures.
4.Comment une influence se prouve-t-elle ?
1 ptVoir la correction
Par un faisceau : une forme reprise, un motif, un aveu dans une lettre ou une préface.
Une simple ressemblance peut n’être qu’une rencontre.
Exercice 5 — Trouve l'erreur
3 pts · 11 minRepérer une erreur et la corriger
Chaque affirmation est fausse. Écris ce qu’il fallait dire.
1.« Hugo est romantique : il n’a donc rien écrit d’autre que des drames romantiques. »
1 ptVoir la correction
Les grands auteurs débordent presque toujours leur case : Hugo écrit aussi un roman social.
Les courants sont des repères, jamais des verdicts.
2.« Si un auteur figure dans le canon, c’est qu’il est meilleur que les autres. »
1 ptVoir la correction
Le canon n’est pas un palmarès de qualité : il s’est constitué par des décisions successives, et il bouge.
Des auteurs immenses en leur temps en sont sortis, d’autres y sont entrés tard.
3.« Ces deux textes se ressemblent : le second a donc été influencé par le premier. »
1 ptVoir la correction
Une influence se prouve par un faisceau, non par une ressemblance.
Une simple ressemblance peut n’être qu’une rencontre.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 5 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1Ce qu’est un courant
4 points — 1 par question
Point perdu si : Un manifeste attribué au mauvais courant.
Ex.2Des origines aux Lumières
4 points — 1 par question
Point perdu si : Le classicisme présenté comme une contrainte gratuite.
Ex.3Du romantisme au XXᵉ siècle
5 points — 1 par question
Point perdu si : La chaîne des réactions rompue.
Ex.4Genres, canon et intertextualité
4 points — 1 par question
Point perdu si : Une influence affirmée sur une ressemblance.
Ex.5L’erreur repérée, et la réponse juste donnée
3 points — 1 par ligne
Point perdu si : Une correction qui garde la date pour une frontière.
Et maintenant ?
- 16 à 20
- Le chapitre est acquis. Entraîne-toi maintenant à situer une œuvre inconnue : sa date d'abord, puis le courant contre lequel elle s'écrit, puis la promesse de genre qu'elle fait.
- 10 à 15
- Refais l'exercice 3 en récitant la chaîne : chaque courant se définit contre le précédent.
- moins de 10
- Reprends la fiche de cours et retiens la formulation qu'un correcteur attend : « cette œuvre s'inscrit dans… tout en s'en écartant par… ».
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