Philosophie · Terminale · Contrôle n°1
Autrui, société et culture
Un contrôle de philosophie de 60 minutes sur autrui et la culture : le solipsisme comme difficulté à surmonter, le regard chez Sartre, l'ethnocentrisme et le relativisme culturel comme exigence de méthode, l'universel qui n'est pas le naturel, et le langage selon Wittgenstein. Vingt points, barème détaillé, et une correction qui dit pourquoi à chaque question.
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Avant de commencer
- Séparer deux moments : décrire le sens de la pratique, puis demander ce qui autoriserait à la juger.
- Comprendre et approuver sont deux opérations distinctes.
- Ce qui est universel n’est pas pour autant naturel.
- Poser que toutes les valeurs se valent est déjà un jugement de valeur.
- Le solipsisme sert de difficulté à surmonter, non de thèse à défendre.
- « L’enfer, c’est les autres » est une réplique de personnage.
Exercice 1 — Le problème d'autrui
4 pts · 11 minPoser le problème d'autrui
Réponds à chaque question.
1.Qu’est-ce qui, dans autrui, ne m’est jamais donné ?
1 ptVoir la correction
Ce qu’il éprouve : je ne vois que ce qui le manifeste.
Rien de ce que je perçois ne me donne accès à sa douleur.
2.Qu’est-ce que le solipsisme ?
1 ptVoir la correction
La position selon laquelle je ne peux être assuré que de ma propre conscience.
Les autres ne me seraient donnés que comme des corps.
3.Presque personne ne le soutient : à quoi sert-il alors ?
1 ptVoir la correction
Il sert de difficulté à surmonter.
Il oblige à dire ce qui, dans notre rapport à autrui, ne relève pas d’une simple inférence.
4.Qu’est-ce qui fait d’autrui un problème philosophique et non un objet parmi d’autres ?
1 ptVoir la correction
Une évidence sans preuve : je n’ai aucun doute qu’il éprouve quelque chose, sans pouvoir le vérifier.
L’accès manque là où la certitude demeure.
Exercice 2 — Le regard
4 pts · 11 minAnalyser le regard chez Sartre
Réponds à chaque question.
1.Comment autrui m’est-il d’abord donné, selon Sartre ?
1 ptVoir la correction
Non comme connu, mais comme éprouvé dans le regard.
Je ne déduis pas qu’il existe, je le subis.
2.Que se passe-t-il quand je suis surpris dans une attitude que je n’aurais pas voulu qu’on voie ?
1 ptVoir la correction
Je me découvre objet pour une conscience qui n’est pas la mienne.
Le regard d’autrui me constitue alors comme objet.
3.Qu’est-ce qu’autrui est à la fois ?
1 ptVoir la correction
Ce qui me révèle à moi-même et ce qui m’échappe.
Les deux tiennent au même rapport.
4.Que dit exactement « l’enfer, c’est les autres », et que ne dit-elle pas ?
1 ptVoir la correction
Elle dit que se juger uniquement par le regard des autres met dans un rapport de dépendance dont on ne sort plus ; elle ne dit pas que les rapports humains sont infernaux.
C’est une réplique de personnage, dans Huis clos, et la citer sans commentaire coûte plus qu’elle ne rapporte.
Exercice 3 — Nature, culture et jugement
5 pts · 14 minAnalyser relativisme et culture
Réponds à chaque question.
1.Qu’est-ce que l’ethnocentrisme ?
1 ptVoir la correction
Juger les autres cultures à partir des normes de la sienne, tenues implicitement pour naturelles.
La norme y passe pour un fait de nature.
2.Qu’est-ce que le relativisme culturel, et de quel ordre est-il d’abord ?
1 ptVoir la correction
Comprendre une pratique dans le système où elle a un sens, avant tout jugement ; c’est d’abord une exigence de méthode.
Ce n’est pas une thèse sur la valeur égale de toutes les pratiques.
3.Comprendre une pratique, est-ce l’approuver ?
1 ptVoir la correction
Non : comprendre et approuver sont deux opérations distinctes.
Sans cette distinction, la description se transforme silencieusement en approbation.
4.Pourquoi la thèse selon laquelle toutes les valeurs se valent se contredit-elle ?
1 ptVoir la correction
Parce qu’elle condamne l’ethnocentrisme, et le condamne au nom de quelque chose.
Poser que toutes les valeurs se valent est déjà un jugement de valeur.
5.Quel exemple montre qu’un fait peut être universel sans être naturel ?
1 ptVoir la correction
La prohibition de l’inceste : universelle comme une loi de nature, variable dans son contenu comme une règle de culture.
Le langage et les règles de parenté sont dans le même cas.
Exercice 4 — Le langage
4 pts · 13 minAnalyser le langage
Réponds à chaque question.
1.Le langage se réduit-il à un instrument de transmission ?
1 ptVoir la correction
Non : il est aussi ce qui permet de former les pensées, en fixant des distinctions qu’on n’aurait pas faites sans lui.
Il ne transmet donc pas seulement des pensées déjà formées.
2.Que rend-il possible à l’égard d’autrui ?
1 ptVoir la correction
La mise en commun de l’expérience.
C’est par lui, plus que par la perception, qu’autrui cesse d’être un corps parmi d’autres.
3.Qu’est-ce que le sens d’un mot, selon Wittgenstein ?
1 ptVoir la correction
Son usage dans une pratique réglée, apprise avec les autres.
Ce n’est donc pas une image mentale privée.
4.Que met-il en cause, et quelle conséquence cela a-t-il pour autrui ?
1 ptVoir la correction
Il met en cause un langage purement privé, dont personne ne pourrait vérifier l’emploi correct ; si le sens est public, la vie intérieure d’autrui n’est plus absolument close.
Elle ne devient pas non plus transparente.
Exercice 5 — Trouve l'erreur
3 pts · 11 minRepérer une erreur et la corriger
Chaque affirmation est fausse. Écris ce qu’il fallait dire.
1.« Le relativisme culturel interdit de porter le moindre jugement sur une pratique étrangère. »
1 ptVoir la correction
Il interdit de juger avant d’avoir compris ; il n’interdit pas de juger ensuite, à condition de dire au nom de quoi.
Sa leçon est méthodologique : elle ordonne l’ordre des opérations, non leur suppression.
2.« Le langage existe dans tous les groupes humains : c’est donc un fait de nature. »
1 ptVoir la correction
Ce qui est universel n’est pas pour autant naturel : le langage est un fait de culture.
Les règles de parenté et les interdits sont dans le même cas.
3.« Sartre écrit que l’enfer, c’est les autres : il tenait les rapports humains pour infernaux. »
1 ptVoir la correction
C’est une réplique de personnage, et elle dit que se juger uniquement par le regard des autres enferme dans une dépendance.
Sartre a dû l’expliquer tant elle a été mal lue.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 5 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1Le problème d’autrui
4 points — 1 par question
Point perdu si : Le solipsisme présenté comme une thèse défendue.
Ex.2Le regard chez Sartre
4 points — 1 par question
Point perdu si : Une citation employée sans son commentaire.
Ex.3Nature, culture et jugement
5 points — 1 par question
Point perdu si : Le relativisme culturel pris pour une interdiction de juger.
Ex.4Le langage
4 points — 1 par question
Point perdu si : Le langage réduit à un instrument de transmission.
Ex.5L’erreur repérée, et la réponse juste donnée
3 points — 1 par ligne
Point perdu si : Une correction qui confond l’universel et le naturel.
Et maintenant ?
- 16 à 20
- Le chapitre est acquis. Entraîne-toi maintenant à traiter un sujet en trois temps : repérer s'il porte sur la connaissance d'autrui ou sur le rapport moral, poser la difficulté propre à autrui, et distinguer nature et culture avant d'employer l'un des deux mots.
- 10 à 15
- Refais l'exercice 3 en séparant chaque fois les deux moments : comprendre d'abord, juger ensuite en disant au nom de quoi.
- moins de 10
- Reprends la fiche de cours et retiens ce qui fait d'autrui un problème : je ne vois jamais sa douleur, seulement ce qui la manifeste.
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