Français · Première · Contrôle n°1
Œuvre et parcours : La littérature d'idées (œuvre au programme)
Un contrôle de français de 60 minutes sur l'œuvre d'idées et son parcours : l'essai, le discours et le pamphlet, les quatre questions à poser dans l'ordre, convaincre persuader délibérer, la concession, l'ironie comme écart, et le détournement de forme. Vingt points, barème détaillé, et une correction qui dit pourquoi à chaque question.
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Avant de commencer
- Trouver l’adversaire est le premier geste.
- Un texte d’idées ne raconte pas : il agit.
- Écrire les deux membres de l’écart ironique, sinon il n’y a pas d’ironie.
- Un texte qui ne concède rien ne convainc que les convaincus.
- Se demander toujours quelle forme l’œuvre imite.
- On attend qu’on sache reconstituer une stratégie, non qu’on résume une thèse.
Exercice 1 — Trois formes
4 pts · 11 minDistinguer essai, discours et pamphlet
Réponds à chaque question.
1.Comment l’essai pense-t-il, et qui en est le modèle ?
1 ptVoir la correction
Il pense en avançant : il hésite, se reprend, n’a pas conclu avant d’écrire ; Montaigne en est le modèle.
C’est pourquoi ses chapitres se contredisent sans se trahir.
2.À quoi le discours suppose-t-il de s’adresser, et quelles marques en découlent ?
1 ptVoir la correction
À un auditoire, une occasion, une durée ; d’où ses apostrophes, ses questions oratoires, ses rythmes ternaires.
Sa forme est déterminée par sa situation de parole.
3.Qu’est-ce qu’un pamphlet, et que cherche-t-il ?
1 ptVoir la correction
Un texte court, violent, souvent anonyme, visant une personne ou une institution nommée ; il cherche moins à convaincre qu’à rendre une position intenable.
Ce n’est donc pas un raisonnement qu’on attend de lui.
4.Qu’attend-on de l’élève sur cet objet d’étude ?
1 ptVoir la correction
Qu’il sache reconstituer une stratégie, non qu’il résume une thèse.
Les œuvres changent, la méthode non.
Exercice 2 — Quatre questions
5 pts · 14 minInterroger un texte argumentatif
Réponds à chaque question.
1.Quelle est la première question ?
1 ptVoir la correction
Quelle thèse le texte défend-il, explicite ou à déduire ?
Elle précède l’examen des arguments.
2.Quelle est la deuxième, et comment l’ordre des arguments se lit-il ?
1 ptVoir la correction
Quels arguments, et dans quel ordre : le plus fort en dernier dans une démonstration, en premier dans un plaidoyer qui craint de ne pas être lu jusqu’au bout.
La place de l’argument le plus fort renseigne sur le destinataire visé.
3.Quelle est la troisième, et pourquoi est-elle décisive ?
1 ptVoir la correction
À quel adversaire le texte répond-il, nommé ou non ; c’est le premier geste, et celui que les copies oublient le plus souvent.
Un texte argumentatif répond presque toujours à quelqu’un.
4.Quelle est la quatrième ?
1 ptVoir la correction
Quelle est sa visée : convaincre par la raison, persuader par l’émotion, dénoncer, ou faire agir ?
Les quatre possibilités ne s’excluent pas nécessairement.
5.Pourquoi un texte d’idées est-il plus difficile qu’un roman ?
1 ptVoir la correction
Parce qu’il faut reconstituer une situation de combat dont le texte ne donne qu’un côté.
Un texte d’idées agit au lieu de raconter.
Exercice 3 — Convaincre, persuader, délibérer
4 pts · 11 minDistinguer les opérations argumentatives
Réponds à chaque question.
1.À quoi convaincre s’adresse-t-il, et par quels moyens ?
1 ptVoir la correction
À la raison, par des preuves, des exemples vérifiables et une logique explicite.
Le lecteur est censé pouvoir vérifier.
2.À quoi persuader s’adresse-t-il, et par quels moyens ?
1 ptVoir la correction
À la sensibilité, par des images, du rythme, de l’indignation, un appel au sentiment.
Le lecteur est censé être touché.
3.Qu’est-ce que délibérer ?
1 ptVoir la correction
Mettre en balance deux positions pour choisir.
C’est la troisième opération, et elle suppose d’exposer les deux côtés.
4.En quoi consiste l’analyse, puisque la plupart des textes font les trois ?
1 ptVoir la correction
À repérer où le texte bascule de l’un à l’autre.
Un raisonnement qui s’achève sur une image n’a pas changé de sujet, il a changé de moyen.
Exercice 4 — Ironie et détournement
4 pts · 13 minAnalyser ironie et détournement de forme
Réponds à chaque question.
1.Qu’exige l’ironie du lecteur, et que se passe-t-il à défaut ?
1 ptVoir la correction
Une complicité : il doit posséder une information que le texte ne fournit pas ; à défaut, le texte se lit au premier degré.
L’ironie fait entendre le contraire de ce qu’elle dit.
2.Quels deux membres faut-il écrire pour démontrer une ironie ?
1 ptVoir la correction
Ce que le texte affirme, et ce que le lecteur sait par ailleurs.
Si l’on ne peut pas remplir les deux, il n’y a pas d’ironie.
3.Qu’est-ce que le détournement de forme, et quel exemple peut-on en donner ?
1 ptVoir la correction
Le fait d’emprunter la forme d’un texte existant pour la contester ; Olympe de Gouges réécrit article par article la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en y substituant la femme.
Le texte tire sa force de la forme qu’il emprunte.
4.Que montre ce détournement, sans un mot d’explication ?
1 ptVoir la correction
Que rien dans cette syntaxe n’interdisait l’égalité.
Analyser une œuvre d’idées suppose donc de se demander quelle forme elle imite.
Exercice 5 — Trouve l'erreur
3 pts · 11 minRepérer une erreur et la corriger
Chaque affirmation est fausse. Écris ce qu’il fallait dire.
1.« Ce texte concède quelque chose à ses adversaires : son argumentation est donc faible. »
1 ptVoir la correction
La concession est ce qui rend un raisonnement recevable par quelqu’un qui n’est pas déjà d’accord.
Repérer les concessions, c’est repérer à qui le texte voulait vraiment parler.
2.« Le ton du passage est ironique. »
1 ptVoir la correction
L’ironie n’est pas un ton mais un écart : il faut nommer les deux membres.
Un devoir qui la nomme sans nommer l’écart n’a rien démontré.
3.« Ce texte défend l’égalité : je peux commencer mon analyse. »
1 ptVoir la correction
Il faut d’abord chercher à quel adversaire il répond, nommé ou non.
C’est le premier geste, et celui que les copies oublient le plus souvent.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 5 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1Les trois formes
4 points — 1 par question
Point perdu si : Essai et pamphlet analysés de la même façon.
Ex.2Les quatre questions
5 points — 1 par question
Point perdu si : L’adversaire jamais cherché.
Ex.3Convaincre, persuader, délibérer
4 points — 1 par question
Point perdu si : Un basculement de moyen pris pour un changement de sujet.
Ex.4Ironie et détournement de forme
4 points — 1 par question
Point perdu si : Une ironie nommée sans son écart.
Ex.5L’erreur repérée, et la réponse juste donnée
3 points — 1 par ligne
Point perdu si : Une correction qui garde la concession pour une faiblesse.
Et maintenant ?
- 16 à 20
- Le chapitre est acquis. Entraîne-toi maintenant à démonter une ironie en quatre temps : ce que le texte dit, ce que le lecteur sait, l'écart entre les deux, et l'adversaire que la phrase vise.
- 10 à 15
- Refais l'exercice 2 en posant les quatre questions dans l'ordre : la thèse, les arguments, l'adversaire, la visée.
- moins de 10
- Reprends la fiche de cours et retiens ce qui rend un texte d'idées plus difficile qu'un roman : il faut reconstituer une situation de combat dont le texte ne donne qu'un côté.
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