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Identifier, Qualifier et Hiérarchiser — Méthode HGGSP

Programme en vigueur — arrêtés du 19 juillet 2019, applicable en Terminale depuis la rentrée 2020. Voir le texte

Méthode : identifier les acteurs, qualifier la situation géopolitique, hiérarchiser les enjeux. Études de cas : tensions en Mer de Chine, Moyen-Orient, Sahel. Notions : puissance, influence, hégémonie, souveraineté.

La règle d'or

Une étude de cas géopolitique commence par les acteurs et leurs intérêts, pas par la chronologie des événements.

L'erreur que tout le monde fait

Croire avoir analysé une situation géopolitique parce qu'on en a raconté le déroulement dans l'ordre.

Un récit chronologique décrit ce qui s'est passé sans jamais dire pourquoi chaque acteur agit ainsi, ni quel enjeu prime sur les autres. C'est l'erreur qui coûte le plus de points à l'épreuve : la copie est exacte et ne répond pas à la question posée, qui demande d'expliquer, non de raconter.

Avant de rédiger, remplir trois colonnes : acteurs, enjeux, échelles ; la chronologie ne vient qu'ensuite, pour appuyer.

Notions à maîtriser

  • acteur
  • enjeu
  • Mer de Chine
  • Moyen-Orient
  • Sahel
  • souveraineté
  • hégémonie
1

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Fiche de révision

Méthode HGGSP : Identifier, qualifier, hiérarchiser

Qu’est-ce que la méthode HGGSP ? La méthode Identifier, Qualifier, Hiérarchiser (IQH) est une démarche analytique essentielle en HGGSP pour structurer sa réflexion face à un suje

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Raconter une crise dans l'ordre où elle s'est produite donne l'impression de l'avoir comprise. On sait ce qui est arrivé, et dans quel ordre. Mais on ne sait toujours pas qui voulait quoi, ni pourquoi telle option a été écartée. Le récit n'est pas l'analyse, et c'est la confusion des deux que ce chapitre corrige.

1Commencer par les acteurs

Règle

Une étude de cas géopolitique commence par les acteurs et leurs intérêts, pas par la chronologie des événements. Identifier un acteur, c'est le nommer précisément — un État, un gouvernement, une faction, une firme, une organisation, une population —, dire ce qu'il veut, ce qu'il peut et ce qu'il craint. La chronologie vient ensuite : elle sert à montrer comment ces intérêts se sont rencontrés, pas à tenir lieu d'explication.

Piège

Croire avoir analysé une situation géopolitique parce qu'on en a raconté le déroulement dans l'ordre.

Pourquoi — Un récit chronologique répond à « que s'est-il passé ? » et laisse entières les questions qui font l'analyse : qui a décidé, pourquoi cette option et pas une autre, quelles contraintes pesaient sur chacun. Il produit en outre une illusion de nécessité — les événements paraissent s'enchaîner d'eux-mêmes —, alors que chaque étape résulte de choix faits par des acteurs identifiables, qui auraient pu choisir autrement.

Le réflexe — Après chaque événement raconté, demander : qui l'a décidé, et pourquoi ?

2Qualifier

Propriété

Qualifier une situation, c'est lui appliquer les bonnes catégories, en sachant ce que chacune engage. Un affrontement est-il un conflit interétatique, une guerre civile, une crise interne à un régime ? Une relation relève-t-elle de la puissance, de l'influence, ou de l'hégémonie ? Ces mots ne sont pas interchangeables : l'influence obtient sans contraindre, la puissance peut contraindre, l'hégémonie fixe en outre les règles que les autres appliquent.

Définition

Souveraineté — La souveraineté est la compétence exclusive d'un État sur son territoire et sa population, et son indépendance à l'égard de tout pouvoir extérieur. Elle est le principe du droit international et sa limite : un État n'est tenu que par les engagements qu'il a acceptés. Beaucoup de situations géopolitiques se lisent comme un conflit entre la souveraineté revendiquée par un acteur et les contraintes — juridiques, économiques, militaires — qui la restreignent en fait.

3Hiérarchiser

Propriété

Hiérarchiser les enjeux, c'est dire lesquels commandent les autres. Tous ne pèsent pas également : certains sont des causes, d'autres des conséquences, d'autres encore des prétextes invoqués. Une copie qui énumère cinq enjeux sur le même plan n'a pas hiérarchisé — elle a listé. La hiérarchie doit être justifiée : on dit pourquoi tel enjeu prime, et ce qui se passerait s'il était réglé.

Cette hiérarchisation est l'endroit où une analyse s'expose le plus, et c'est pourquoi il faut l'assumer explicitement. Deux analystes peuvent identifier les mêmes acteurs et les mêmes faits et hiérarchiser différemment : leur désaccord porte alors sur le poids relatif des facteurs, ce qui est un désaccord d'interprétation et non de fait. Le dire évite de présenter une lecture comme la seule possible.

4Trois terrains d'application

Propriété

En Mer de Chine méridionale, plusieurs États revendiquent des espaces maritimes qui se recouvrent, autour d'îlots dont l'attribution ouvre des droits considérables ; s'y ajoutent des routes commerciales majeures et une rivalité de puissance. Au Moyen-Orient, les ressorts se superposent : ressources énergétiques, rivalités régionales, conflits internes à des États, et interventions extérieures. Au Sahel, l'enchevêtrement associe faiblesse de certains États, conflits locaux d'usage des sols, groupes armés et présences militaires étrangères.

Ces trois cas ont en commun de rendre visible ce que la méthode apporte. Chacun admet plusieurs lectures selon les acteurs qu'on retient et l'enjeu qu'on place en tête — et c'est précisément pour cela qu'il faut dire lesquels on retient. Un exposé qui présente une seule lecture sans annoncer ses choix n'est pas plus neutre : il cache simplement qu'il en a fait.

Conduire une étude de cas géopolitique

  1. Identifier les acteurs, en les nommant précisément et sans les réduire à des États.
  2. Pour chacun, énoncer ce qu'il veut, ce qu'il peut et ce qu'il craint.
  3. Qualifier la situation avec les catégories exactes — puissance, influence, hégémonie, conflit interne ou interétatique.Ces mots n'engagent pas les mêmes rapports : l'influence obtient sans contraindre.
  4. Hiérarchiser les enjeux en disant lesquels commandent les autres, et pourquoi.
  5. Employer la chronologie pour montrer comment les intérêts se sont rencontrés, jamais comme explication.
  • ▢Ai-je commencé par les acteurs, et non par la chronologie ?
  • ▢Ai-je nommé des acteurs non étatiques quand il y en a ?
  • ▢Ai-je dit pour chacun ce qu'il veut, peut et craint ?
  • ▢Ai-je employé puissance, influence et hégémonie à bon escient ?
  • ▢Ai-je hiérarchisé les enjeux en justifiant l'ordre ?
  • ▢Ai-je annoncé les choix que fait ma lecture ?

L'essentiel en 10 points

  • ·Commencer par les acteurs et leurs intérêts, jamais par la chronologie.
  • ·Pour chaque acteur : ce qu'il veut, ce qu'il peut, ce qu'il craint.
  • ·Ne pas réduire les acteurs aux États.
  • ·Influence : sans contraindre. Puissance : peut contraindre. Hégémonie : fixe les règles.
  • ·Un récit chronologique produit une illusion de nécessité et efface les décisions.
  • ·Hiérarchiser : dire lesquels des enjeux commandent les autres, et pourquoi.
  • ·L'enjeu premier est celui dont le règlement déplace les autres.
  • ·Souveraineté : compétence exclusive, et limite du droit international.
  • ·Mer de Chine, Moyen-Orient, Sahel : plusieurs lectures possibles.
  • ·Une lecture qui n'annonce pas ses choix n'est pas neutre : elle les cache.
2

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Trois documents à imprimer, 6 pages en tout : le cours, les exercices avec la place pour écrire, et le corrigé détaillé avec son barème.

Au sommaire du cours

  1. 1. Commencer par les acteurs
  2. 2. Qualifier
  3. 3. Hiérarchiser
  4. 4. Trois terrains d'application

Conforme au programme officiel · version 2026.1.

3

Exercices corrigés

1

Méthode. Répondre en une phrase précise.

Connaître
  1. a.Par quoi commence une étude de cas géopolitique ?
  2. b.Que faut-il dire de chaque acteur identifié ?
  3. c.Différencier influence, puissance et hégémonie.
  4. d.Que signifie hiérarchiser des enjeux ?
  5. e.Définir la souveraineté.
›Voir le corrigé
  1. a. Par les acteurs et leurs intérêts — jamais par la chronologie.
  2. b. Ce qu'il veut, ce qu'il peut, et ce qu'il craint.
  3. c. L'influence obtient sans contraindre ; la puissance peut contraindre ; l'hégémonie fixe en outre les règles que les autres appliquent.
  4. d. Dire lesquels commandent les autres, et justifier cet ordre — non les énumérer sur le même plan.
  5. e. La compétence exclusive d'un État sur son territoire et sa population, et son indépendance à l'égard de tout pouvoir extérieur.
2

Un élève rend un devoir qui raconte une crise mois par mois, sans erreur factuelle. Analyser.

Analyser
  1. a.À quelle question son devoir répond-il ?
  2. b.Quelles questions reste-t-il sans réponse ?
  3. c.Quelle illusion un récit chronologique produit-il ?
  4. d.Pourquoi cette illusion est-elle un problème d'analyse et non de style ?
  5. e.Que faudrait-il ajouter, et à quel endroit ?
›Voir le corrigé
  1. a. À « que s'est-il passé ? » — et il y répond correctement, ce qui n'est pas rien mais n'est pas l'exercice demandé.
  2. b. Qui a décidé, pourquoi telle option et pas une autre, et quelles contraintes pesaient sur chaque acteur.
  3. c. Une illusion de nécessité : les événements paraissent s'enchaîner d'eux-mêmes, comme si aucun autre cours n'avait été possible.
  4. d. Parce qu'elle supprime les acteurs et donc leur responsabilité : si rien n'a été décidé, personne n'est comptable de rien. Ce n'est pas une maladresse d'écriture, c'est une thèse implicite sur le déroulement des événements.
  5. e. Un relevé des acteurs et de leurs intérêts, avant la chronologie — et, après chaque étape du récit, la mention de qui l'a décidée et des options écartées.
3

Qualifier des situations. Choisir la catégorie exacte et justifier.

Appliquer
  1. a.Un État obtient d'un autre une décision favorable sans aucune pression, par attractivité de son modèle.
  2. b.Un État obtient la même décision en menaçant de sanctions économiques.
  3. c.Un État a fait adopter les normes techniques que tous les autres appliquent.
  4. d.Un affrontement oppose deux factions à l'intérieur d'un même État.
  5. e.Pourquoi ces distinctions ne sont-elles pas des nuances de vocabulaire ?
›Voir le corrigé
  1. a. De l'influence : le résultat est obtenu sans contrainte, par adhésion.
  2. b. De la puissance : la contrainte est mobilisée, ou sa menace crédible.
  3. c. De l'hégémonie : il ne contraint plus au cas par cas, il a fixé les règles que les autres appliquent d'eux-mêmes.
  4. d. D'un conflit interne, non d'un conflit interétatique — ce qui change le droit applicable et les acteurs susceptibles d'intervenir.
  5. e. Parce qu'elles décrivent des rapports différents, qui n'appellent ni les mêmes explications ni les mêmes réponses. Employer « puissance » pour de l'influence fait chercher une contrainte qui n'existe pas ; employer « influence » pour de l'hégémonie fait manquer le fait décisif, qui est la maîtrise des règles.
4

Hiérarchiser. Raisonner sur un cas au choix — Mer de Chine, Moyen-Orient ou Sahel.

Raisonner
  1. a.Identifier trois catégories d'acteurs, dont une non étatique.
  2. b.Citer trois enjeux et dire lequel commande les autres.
  3. c.Justifier cette hiérarchie : que se passerait-il si l'enjeu premier était réglé ?
  4. d.Un autre analyste pourrait-il hiérarchiser autrement ? Sur quoi porterait le désaccord ?
  5. e.Pourquoi faut-il annoncer les choix de sa lecture ?
›Voir le corrigé
  1. a. Par exemple en Mer de Chine : les États riverains, les puissances extérieures utilisatrices des routes maritimes, et des acteurs non étatiques — flottes de pêche, compagnies d'exploitation.
  2. b. La délimitation des espaces maritimes, l'accès aux ressources, la sécurité des routes commerciales. On peut soutenir que la délimitation commande, puisque c'est elle qui répartit les deux autres.
  3. c. Si les délimitations étaient réglées, les droits sur les ressources en découleraient et la question des routes redeviendrait une question de droit commun de la navigation. L'enjeu premier est celui dont le règlement déplace les autres.
  4. d. Oui. Un analyste peut placer en tête la rivalité de puissance, dont la délimitation ne serait qu'un terrain d'expression. Le désaccord porte alors sur le poids relatif des facteurs — une question d'interprétation, non de fait.
  5. e. Parce qu'une lecture qui n'annonce pas ses choix n'est pas plus neutre : elle cache qu'elle en a fait. Les annoncer permet au lecteur de les discuter, ce qui est la condition d'un désaccord utile.

Ce qui rapporte des points, ce qui en coûte

  • Commencer par les acteurs et leurs intérêts5 ptsPerdu si : Ouvrir par une chronologie
  • Identifier des acteurs non étatiques3 ptsPerdu si : Ne citer que des États
  • Employer influence, puissance et hégémonie à bon escient4 ptsPerdu si : Les traiter comme synonymes
  • Hiérarchiser en justifiant l'ordre5 ptsPerdu si : Énumérer les enjeux sur le même plan
  • Annoncer les choix de sa lecture3 ptsPerdu si : Présenter une lecture comme la seule possible
4

La méthode

Conduire une étude de cas géopolitique

  1. 1

    Identifier les acteurs, étatiques et non étatiques, et ce que chacun cherche à obtenir.

  2. 2

    Qualifier la situation en la nommant précisément : rivalité, conflit ouvert, coopération contrainte.

  3. 3

    Hiérarchiser les enjeux en distinguant ce qui déclenche de ce qui aggrave.

    L'enjeu principal n'est pas nécessairement celui dont les acteurs parlent le plus.

  4. 4

    Varier les échelles, du local au mondial, et vérifier que l'analyse tient à chacune.

  5. 5

    Conclure par une réponse explicite à la question posée, appuyée sur deux faits datés.

5

Se tester

HGGSPTerminale
Question 1
Quel concept désigne la situation où des acteurs internationaux dépendent mutuellement les uns des autres pour leur sécurité, leur économie ou leur stabilité, sans qu'aucun ne puisse imposer sa volonté de manière unilatérale ?

Aucun compte requis — réponds, la correction s'affiche aussitôt.

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Questions fréquentes

Identifier, Qualifier et Hiérarchiser — Méthode HGGSP : c'est en quelle classe ?

Ce chapitre est au programme de HGGSP au lycée, en classe de Terminale, année du Baccalauréat. Il est défini par le Bulletin Officiel de l'Éducation nationale, le texte de référence qui fixe ce qui doit être enseigné dans chaque matière.

Que faut-il savoir sur Identifier, Qualifier et Hiérarchiser — Méthode HGGSP ?

Méthode : identifier les acteurs, qualifier la situation géopolitique, hiérarchiser les enjeux. Études de cas : tensions en Mer de Chine, Moyen-Orient, Sahel. Notions : puissance, influence, hégémonie, souveraineté. Les notions à maîtriser sont : acteur, enjeu, Mer de Chine, Moyen-Orient, Sahel, souveraineté.

Où télécharger la fiche PDF de Identifier, Qualifier et Hiérarchiser — Méthode HGGSP ?

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Le corrigé de Identifier, Qualifier et Hiérarchiser — Méthode HGGSP est-il fourni ?

Oui, et c'est un document à part : chaque exercice y est repris étape par étape, avec le barème détaillé en fin de fiche — ce qui est attendu, combien de points, et ce qui fait perdre le point. Un parent qui ne se souvient plus du programme peut corriger une copie avec.

Identifier, Qualifier et Hiérarchiser — Méthode HGGSP peut-il tomber au Baccalauréat ?

Ce chapitre fait partie du programme officiel de Terminale, il entre donc dans le périmètre du Baccalauréat. Le sujet exact varie chaque année et aucun chapitre n'est garanti, mais l'ensemble du programme de l'année est susceptible d'être évalué : mieux vaut ne pas parier sur des impasses.

Comment réviser Identifier, Qualifier et Hiérarchiser — Méthode HGGSP efficacement ?

Commence par lire la fiche de révision pour remettre la règle en place, puis enchaîne immédiatement sur le quiz de cette page. Répondre juste après avoir lu ne suffit pas : reviens sur le chapitre deux ou trois jours plus tard. C'est l'espacement des révisions, plus que leur durée, qui fait tenir une notion en mémoire. Une session de quinze minutes répétée vaut mieux qu'une heure unique.

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