Sciences Économiques et Sociales · Première · Contrôle Standard
Niveau 2 sur 3 · StandardSociologie : Stratification et inégalités sociales
Le niveau Standard est celui d'un contrôle de classe de SES de première sur la stratification et les inégalités sociales : mobiliser ses connaissances sur Weber, les PCS et la classe « pour soi », calculer sur une table de mobilité fictive en effectifs, décomposer la mobilité observée en part structurelle et part nette, puis rédiger un raisonnement argumenté sur le cumul des inégalités à partir d'un texte.
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Ce que ce niveau évalue
- Mobiliser ses connaissances
- Calculer et lire des données
- Analyser un document
- Construire un raisonnement
- Des connaissances mobilisées et illustrées : les ordres de Weber, les PCS, la classe « pour soi »
- Une table de mobilité fictive en effectifs : destinée, recrutement, comparaison des chances
- La mobilité observée décomposée en part structurelle et part nette
- Un raisonnement argumenté sur le cumul des inégalités, appuyé sur un document
Avant de commencer
- Mobiliser une connaissance, c’est la définir puis l’illustrer par un exemple précis.
- Un pourcentage se calcule sur le bon effectif de référence : celui de la ligne pour la destinée, celui de la colonne pour le recrutement.
- Les marges d’une table comparent la structure des emplois des pères et celle des fils.
- Un raisonnement argumenté annonce sa réponse, l’appuie sur le document et le cours, puis conclut.
Exercice 1 — Mobilisation des connaissances
4 pts · 10 minMobiliser ses connaissances
Réponds à chaque question en quelques lignes, avec un exemple précis.
1.À l’aide d’un exemple de ton choix, montre que les trois ordres distingués par Weber peuvent ne pas coïncider.
1.5 ptVoir la correction
Weber distingue situation économique, prestige et pouvoir politique. Exemple : un artiste reconnu jouit d’un grand prestige tout en ayant des revenus faibles et aucun pouvoir politique ; il est haut placé dans un ordre, bas dans les deux autres.
L’exemple doit placer une même personne à des rangs différents selon les ordres : 0,5 point pour les trois ordres, 1 point pour un exemple qui montre la divergence.
2.Explique pourquoi les PCS font apparaître des écarts qu’une moyenne nationale cache, tout en regroupant des situations variées.
1.5 ptVoir la correction
Un seul chiffre national efface les différences ; découper la population en groupes comparables les révèle. Mais à l’intérieur d’un groupe, les situations restent dispersées : la catégorie est hétérogène.
Les deux idées sont attendues : l’outil statistique révèle des écarts entre groupes (0,75 point), sans décrire chaque situation individuelle (0,75 point).
3.Les salariés d’un même entrepôt ont la même place dans la production mais ne se sentent pas solidaires. Selon Marx, que leur manque-t-il pour former une classe « pour soi » ?
1 ptVoir la correction
Se savoir liés par des intérêts communs, puis s’organiser : la conscience et l’action collective.
Chez Marx, la place dans les rapports de production définit la classe ; elle devient « pour soi » quand la conscience et l’organisation s’y ajoutent.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Reprendre l’exemple du cours sans l’adapter, ou citer les trois ordres sans montrer qu’ils divergent.
- Ne traiter qu’une des deux idées de la question b.
Exercice 2 — Calculer sur une table de mobilité
5 pts · 14 minCalculer et lire des données
Observe le document 1, puis réponds aux questions. Pose chaque calcul.
Fais glisser pour voir toute la figure.
Données fictives, en effectifs : 100 hommes classés selon leur catégorie et celle de leur père. Lecture : 12 hommes sont cadres et ont un père cadre. Source : Tableau construit pour ce contrôle : les chiffres sont imaginaires et ne proviennent d’aucune enquête réelle.
1.Écris ce que représente le nombre 16 du tableau.
1 ptVoir la correction
Parmi les 100 hommes de l’échantillon fictif, 16 sont employés comme leur père.
La phrase dit qui (des hommes de l’échantillon), quoi (employés, de père employé) et combien, en rappelant que les données sont imaginaires.
2.Calcule, pour les pères ouvriers puis pour les pères cadres, la part de leurs fils parvenus au statut de cadre. Destinée ou recrutement ?
1.5 ptVoir la correction
et : 20 % et 60 %. Destinée.
On rapporte chaque case à l’effectif de l’origine, 50 fils d’ouvriers et 20 fils de cadres : on part de l’origine pour voir ce que sont devenus les fils.
3.Et rapportée à l’effectif de sa colonne, que donne la case « 10 » ? Nomme la lecture.
1 ptVoir la correction
10 ÷ 30 × 100 ≈ 33,3 %, soit un tiers. Recrutement.
Le dénominateur est cette fois l’effectif des cadres, 30 : on part de la position atteinte pour chercher l’origine.
4.Un journaliste conclut : « Un cadre sur trois est fils d’ouvrier, l’origine ne compte plus. » Réponds-lui à l’aide des questions b et c.
1.5 ptVoir la correction
Le « un sur trois » est une lecture en recrutement : il tient surtout au grand nombre de fils d’ouvriers (50 sur 100). En destinée, un fils de cadre devient cadre trois fois plus souvent qu’un fils d’ouvrier : . L’origine pèse donc encore fortement.
Le recrutement dépend de la taille des groupes d’origine ; seules les chances comparées selon l’origine, en destinée, renseignent sur l’inégalité des chances.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Diviser par 100 au lieu de diviser par l’effectif de la ligne ou de la colonne.
- Conclure de la part des cadres issus d’un père ouvrier que les fils d’ouvriers ont autant de chances que les autres.
Exercice 3 — Décomposer la mobilité observée
5 pts · 16 minAnalyser un document
Reprends le document 1. Les questions te guident pour séparer, dans la mobilité observée, ce qui vient de la transformation des emplois. Pose chaque calcul.
1.Compare la répartition des pères (dernière colonne) et celle des fils (dernière ligne). Quelles catégories progressent, laquelle recule ?
1 ptVoir la correction
Les cadres passent de 20 à 30 et les employés de 30 à 37 ; les ouvriers reculent de 50 à 33.
Les marges décrivent la structure des emplois à chaque génération : ici, les postes d’ouvriers se raréfient et ceux de cadres se multiplient.
2.Combien d’hommes occupent la même catégorie que leur père ? Déduis-en le nombre d’hommes mobiles.
1 ptVoir la correction
hommes sont dans la catégorie de leur père ; hommes ont changé de catégorie.
Les immobiles sont sur la diagonale ; tous les autres ont connu une mobilité, c’est la mobilité observée.
3.Sur les 50 fils d’ouvriers, combien au minimum ne pouvaient pas devenir ouvriers ? Explique pourquoi.
1 ptVoir la correction
: il n’y a que 33 places d’ouvriers chez les fils, donc au moins 17 fils d’ouvriers devaient occuper une autre position, même si aucune chance n’avait changé.
C’est l’arithmétique des places : cette mobilité est imposée par la transformation des emplois, elle est structurelle.
4.On retient ces 17 mobilités imposées comme part structurelle. Combien de mobilités reste-t-il ? Comment appelle-t-on ce reste ?
1 ptVoir la correction
: il reste 30 mobilités, qui forment la mobilité nette, ou fluidité.
La mobilité nette est ce qui reste une fois l’effet structurel retiré ; c’est elle qui renseigne sur l’ouverture.
5.Peut-on dire que la société décrite par ce tableau est ouverte ? Nuance ta réponse.
1 ptVoir la correction
Pas sans nuance : près de la moitié des hommes sont mobiles, mais une partie de cette mobilité est imposée par la raréfaction des postes d’ouvriers ; et un fils de cadre a toujours trois fois plus de chances qu’un fils d’ouvrier de devenir cadre. La fluidité reste limitée.
Une forte mobilité observée ne prouve pas l’ouverture : il faut retirer la part structurelle et comparer les chances selon l’origine.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Comparer les marges sans en tirer de conséquence sur la mobilité.
- Prendre la mobilité observée, 47, pour une mesure de l’ouverture de la société.
- Soustraire 17 à 100 au lieu de le soustraire à la mobilité observée.
Exercice 4 — Raisonnement argumenté
6 pts · 18 minConstruire un raisonnement
À l’aide du document 2 et de tes connaissances, rédige un raisonnement argumenté d’une quinzaine de lignes : « Montre que les inégalités se cumulent plutôt qu’elles ne s’additionnent. »
- Inès élève seule ses deux enfants dans un deux-pièces humide, loin du centre-ville.
- Son emploi à temps partiel lui laisse un revenu faible et irrégulier ; elle ne possède aucun patrimoine.
- L’humidité du logement aggrave l’asthme de son fils, souvent absent de l’école en hiver.
- Faute de place, sa fille fait ses devoirs dans la cuisine, au milieu du bruit.
- Inès renonce parfois à consulter un médecin pour elle-même : la dépense lui paraît trop lourde.
- Julien, cadre, est propriétaire de son appartement ; chacun de ses enfants a sa chambre.
- Quand l’un d’eux tombe malade, il le fait soigner aussitôt, sans regarder la dépense.
Source : Texte rédigé pour ce contrôle d’après le cours ; Inès et Julien sont des personnages imaginaires.
1.J’ouvre en définissant une inégalité et en annonçant ma réponse.
0.5 ptVoir la correction
Une inégalité porte sur ce que la société valorise ; thèse : chez Inès, les désavantages se renforcent.
L’introduction pose la notion et dit ce que le raisonnement va montrer.
2.Je classe les difficultés d’Inès selon leur nature, texte à l’appui.
1.5 ptVoir la correction
Économique : revenu faible et irrégulier, aucun patrimoine (ligne 2). Sociale : logement humide et exigu (lignes 1 et 4), santé (lignes 3 et 5), scolarité perturbée (lignes 3 et 4).
0,5 point par dimension nommée, 0,5 pour les références aux lignes du texte.
3.Je montre l’enchaînement : un désavantage en aggrave un autre.
1.5 ptVoir la correction
Faible revenu, donc logement humide ; l’humidité aggrave l’asthme du fils, qui manque l’école ; l’exiguïté gêne la fille.
C’est le cœur du sujet : montrer des liens de cause, et non une liste.
4.Je confronte la situation d’Inès à celle de Julien.
1 ptVoir la correction
Julien loge et soigne les siens sans peine : ses ressources se protègent entre elles.
La comparaison montre que l’écart d’ensemble dépasse chacun de ses éléments.
5.Je conclus en répondant à la question posée.
0.5 ptVoir la correction
Parce qu’ils s’entretiennent les uns les autres, ces désavantages enferment Inès : elle peut difficilement sortir de cette situation.
La conclusion répond à la consigne en reprenant l’idée de durée, centrale dans le cours.
6.Mon raisonnement est construit : phrases reliées par des connecteurs logiques, vocabulaire du cours.
1 ptVoir la correction
Par exemple : parce que, donc, ce qui entraîne, de plus, ainsi.
Les connecteurs rendent visible l’enchaînement des causes.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Énumérer les difficultés d’Inès sans montrer que l’une aggrave l’autre.
- Oublier Julien, alors que la comparaison rend le cumul visible.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 4 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1Les connaissances mobilisées et illustrées
4 points — 1,5 + 1,5 + 1
Point perdu si : Les trois ordres de Weber cités sans exemple qui montre leur divergence : 0,5 sur 1,5.
Ex.2Les calculs posés et le sens de lecture nommé
5 points — 1 + 1,5 + 1 + 1,5
Point perdu si : Un pourcentage juste sans nommer la lecture (destinée ou recrutement) : la moitié des points de la question.
Ex.3La mobilité observée décomposée
5 points — 1 par question
Point perdu si : Une conclusion sur l’ouverture tirée de la seule mobilité observée : 0 sur 1.
Ex.4Le raisonnement argumenté
6 points — selon les six critères
Point perdu si : Une liste d’inégalités sans liens de cause entre elles : 3 sur 6 au plus.
Et maintenant ?
- 16 à 20Niveau supérieur
- C'est le niveau attendu en classe, et tu l'as. Passe au niveau 3 — Approfondi : confronter Marx et Weber, corriger une copie, critiquer une table de recrutement et construire une dissertation.
- 10 à 15Refaire ce niveau
- Repère l'exercice où tu as perdu le plus de points et relis son rappel de cours. Refais les calculs de l'exercice 3 sans regarder le corrigé, puis repasse le niveau 2 dans quelques jours.
- moins de 10Niveau inférieur
- Fais d'abord le niveau 1 — Essentiel : il vérifie le vocabulaire et la lecture d'une table dont ce contrôle a besoin. Reviens ensuite au niveau 2.
Les autres contrôles de ce chapitre
Aucun ne repose une question d'un autre : chacun couvre le chapitre sous un autre angle. À passer quelques jours plus tard, une fois celui-ci corrigé.
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