Sciences Économiques et Sociales · Première · Contrôle Approfondi
Niveau 3 sur 3 · ApprofondiSociologie : Stratification et inégalités sociales
Le niveau Approfondi évalue sans aucune aide le chapitre de SES de première sur la stratification et les inégalités sociales : appliquer et confronter les grilles de Marx et de Weber sur trois portraits, corriger les erreurs d'une copie, critiquer les conclusions tirées d'une table de recrutement fictive et construire une dissertation sur le lien entre mobilité observée et ouverture de la société.
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Ce que ce niveau évalue
- Confronter deux grilles d'analyse
- Repérer une erreur et la corriger
- Exploiter des données avec esprit critique
- Construire une dissertation
- Les grilles de Marx et de Weber appliquées et confrontées sur trois portraits
- Les erreurs de raisonnement d’une copie, repérées et corrigées
- Une table de recrutement lue avec esprit critique
- Une dissertation sur le lien entre mobilité observée et ouverture de la société
Avant de commencer
- Confronter deux grilles, c’est dire ce que chacune permet de voir et à quelle question elle répond.
- Une erreur se corrige en deux temps : dire ce qui est faux, puis écrire ce qui est juste.
- Avant toute conclusion sur une table, vérifie le sens de lecture : où est le total de 100 % ?
- Une dissertation : une introduction qui définit et problématise, deux parties argumentées, une conclusion qui répond.
Exercice 1 — Deux grilles, trois portraits
5 pts · 14 minConfronter deux grilles d'analyse
Lis le document 1, puis réponds aux questions en t’appuyant sur les lignes du texte.
- Marc possède une petite entreprise de transport et emploie six chauffeurs.
- Ses revenus sont élevés, mais il n’exerce aucune responsabilité politique.
- Sophie est professeure : elle ne possède aucun moyen de production et vit de son salaire.
- Son métier lui vaut de la considération dans sa commune, où elle siège au conseil municipal.
- Karim est chauffeur dans l’entreprise de Marc ; son salaire est voisin de celui de Sophie.
- Il n’a aucun mandat électif, et son métier est peu valorisé autour de lui.
Source : Texte rédigé pour ce contrôle d’après le cours ; Marc, Sophie et Karim sont des personnages imaginaires.
1.Selon la grille de Marx, comment répartir ces trois personnes ? Justifie avec le texte.
1 ptVoir la correction
D’un côté Marc, qui possède son entreprise (ligne 1) ; de l’autre Sophie et Karim, qui ne possèdent pas de moyens de production et vivent d’un salaire (lignes 3 et 5).
Chez Marx, seul compte le rapport aux moyens de production : le revenu ou la considération ne changent pas le classement.
2.Selon la grille de Weber, compare Sophie et Karim dans chacun des trois ordres. Que montre cette comparaison ?
1.5 ptVoir la correction
Ordre économique : salaires voisins (ligne 5). Prestige : Sophie est considérée, le métier de Karim peu valorisé (lignes 4 et 6). Pouvoir : Sophie siège au conseil municipal, Karim n’a aucun mandat. Proches dans un ordre, ils s’éloignent dans les deux autres : la hiérarchie est multidimensionnelle.
La grille de Weber saisit des écarts que le seul critère économique ne voit pas ; 1 point pour les trois ordres renseignés, 0,5 pour la conclusion.
3.À quelle question chaque grille permet-elle de répondre à partir de ces portraits ?
1.5 ptVoir la correction
La grille de Marx éclaire ce qui oppose Marc et Karim, l’employeur et le salarié : ce qui fonde un antagonisme. Celle de Weber éclaire ce qui distingue Sophie de Karim malgré des revenus voisins : ce qui différencie les positions.
Marx cherche ce qui fonde les antagonismes, Weber ce qui différencie les positions : les deux grilles ne posent pas la même question.
4.Un élève affirme : « Les deux grilles se contredisent, puisque Sophie et Karim sont dans la même classe pour Marx mais pas au même rang pour Weber. » Discute cette affirmation.
1 ptVoir la correction
Elles ne se contredisent pas terme à terme : elles répondent à des questions différentes. Sophie et Karim partagent le même rapport aux moyens de production, ce que Marx retient, et diffèrent par le prestige et le pouvoir, ce que Weber retient. Les deux constats sont vrais ensemble.
Discuter, c’est montrer que l’apparente contradiction disparaît quand on précise ce que chaque grille vise.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Classer Sophie et Karim dans deux classes différentes au sens de Marx parce que leur prestige diffère.
- Conclure que l’une des deux grilles est fausse, au lieu de dire à quelle question chacune répond.
Exercice 2 — Trouve l'erreur
4 pts · 10 minRepérer une erreur et la corriger
La copie du document 4 contient quatre erreurs de raisonnement. Pour chacune, indique la ligne, explique ce qui est faux et écris ce qu’il fallait dire.
- La table de mobilité étudiée relève la profession du père et celle du fils.
- Elle mesure donc les changements de position de chaque individu au cours de sa vie professionnelle.
- Deux cadres de l’échantillon appartiennent à la même PCS : ils ont donc les mêmes revenus et les mêmes conditions de travail.
- Un article cite un écart de salaire entre femmes et hommes calculé tous postes confondus.
- Ce chiffre prouve qu’à poste et temps de travail identiques, une femme gagne autant de moins qu’un homme.
- Enfin, pour mesurer le désavantage d’un ménage, il suffit d’additionner ses écarts de revenu, de logement et de santé.
Source : Copie rédigée pour ce contrôle : elle contient des erreurs volontaires.
Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :
1.Ligne 2 — confusion sur ce que compare l’outil.
1 ptVoir la correction
Elle compare deux générations : c’est la mobilité intergénérationnelle, non un parcours individuel.
La ligne 1 est juste ; c’est la conséquence tirée à la ligne 2 qui confond les deux formes de mobilité.
2.Ligne 3 — conclusion abusive tirée d’un classement.
1 ptVoir la correction
Deux cadres peuvent avoir des salaires et des conditions d’emploi très éloignés : une catégorie statistique n’est pas homogène.
La nomenclature est construite pour comparer des données, non pour décrire chaque situation individuelle.
3.Ligne 5 — un chiffre pris pour un autre.
1 ptVoir la correction
Le chiffre global inclut l’effet des métiers occupés et des durées travaillées : il ne dit pas ce que gagne une femme à emploi égal, qui se mesure à part.
Confondre le chiffre qu’on cite avec ce qu’il mesure est l’erreur la plus fréquente sur les inégalités de genre.
4.Ligne 6 — une addition là où il y a renforcement.
1 ptVoir la correction
Les désavantages se cumulent : chacun aggrave les autres, si bien que l’effet d’ensemble dépasse leur somme.
C’est ce renforcement mutuel, plus que chaque écart, qui produit les situations les plus durables.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Signaler la ligne 4 comme fausse : elle décrit correctement ce que mesure le chiffre ; l’erreur est la conclusion de la ligne 5.
- Repérer une erreur sans écrire la formulation juste.
Exercice 3 — Critiquer une table de recrutement
4 pts · 12 minExploiter des données avec esprit critique
Observe le document 2, puis réponds aux questions.
Fais glisser pour voir toute la figure.
Données fictives. Lecture d’une case : part des fils d’une catégorie donnée (colonne) dont le père appartient à la catégorie indiquée en ligne. Source : Tableau construit pour ce contrôle : les chiffres sont imaginaires et ne proviennent d’aucune enquête réelle.
1.Que révèle l’emplacement des totaux sur la nature de ce tableau ?
1 ptVoir la correction
Les 100 % ferment chaque colonne : recrutement.
Le total en bas de colonne montre que l’on part de la position des fils pour chercher l’origine de leur père.
2.Traduis en une phrase la donnée « 35 % ».
1 ptVoir la correction
Parmi les fils cadres de ces données imaginaires, 35 % ont un père ouvrier.
La phrase part des fils cadres, la population de référence de la colonne, et non des fils d’ouvriers.
3.Un élève en déduit que « 75 % des fils d’ouvriers restent ouvriers ». Montre que c’est faux et dis quelle information il faudrait.
1 ptVoir la correction
La case dit que 75 % des fils ouvriers ont un père ouvrier : c’est l’origine des ouvriers, pas le devenir des fils d’ouvriers. Pour savoir ce que deviennent ces derniers, il faudrait la lecture en ligne, en destinée, donc les effectifs de chaque origine.
Confondre les deux lectures attribue aux fils d’ouvriers un pourcentage calculé sur une autre population.
4.Un autre élève voit dans les 35 % la preuve que les fils d’ouvriers ont autant de chances que les autres de devenir cadres. Que lui réponds-tu ?
1 ptVoir la correction
Une part de recrutement dépend de la taille de chaque groupe d’origine : si les pères ouvriers sont très nombreux, leurs fils peuvent fournir beaucoup de cadres tout en ayant, chacun, bien moins de chances d’y accéder. Seule la comparaison des chances selon l’origine, en destinée, renseigne sur l’égalité des chances.
Le recrutement mêle l’effet du nombre et celui des chances ; pour juger de l’ouverture, il faut comparer les destinées.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Lire la case « 75 % » comme une destinée des fils d’ouvriers.
- Croire qu’une forte part de fils d’ouvriers parmi les cadres prouve l’égalité des chances.
Exercice 4 — Dissertation
7 pts · 24 minConstruire une dissertation
À l’aide du document 3 et de tes connaissances, rédige une dissertation courte (introduction, deux parties, conclusion) : « Une forte mobilité sociale suffit-elle à faire d’une société une société ouverte ? »
Fais glisser pour voir toute la figure.
Données fictives, deux catégories seulement (cadres et ouvriers). « Mobilité observée » : part des fils qui n’occupent pas la catégorie de leur père. Source : Tableau construit pour ce contrôle : les chiffres sont imaginaires et ne proviennent d’aucune enquête réelle.
Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :
1.Introduction : définitions, problématique, annonce du plan.
1 ptVoir la correction
Mobilité sociale et société ouverte définies ; problématique : la quantité de mobilité mesure-t-elle l’égalité des chances ? ; plan annoncé.
Définir et mettre en tension les deux termes fait du sujet un problème.
2.Première partie : une forte mobilité semble signaler une société ouverte, chiffres à l’appui.
1.5 ptVoir la correction
A : 41 % des fils changent de catégorie, contre 30 % dans B ; l’origine semble y peser moins.
On expose d’abord l’argument que l’on va nuancer.
3.Deuxième partie (1) : la part structurelle, calculée dans le document.
1.5 ptVoir la correction
A : les cadres passent de 10 % à 50 %, donc au moins 40 fils sur 100 devaient changer de catégorie ; presque toute la mobilité (41 %) est structurelle. B : structure stable, mobilité entièrement nette.
Une mobilité imposée par les emplois n’égalise aucune chance.
4.Deuxième partie (2) : la fluidité, mesurée en comparant les chances selon l’origine.
1.5 ptVoir la correction
A : 95 % contre 45 %, soit environ 2,1 fois plus de chances (95 ÷ 45 ≈ 2,1) ; B : . A, plus mobile, n’est pas plus fluide.
La fluidité se juge sur les chances relatives, pas sur le volume.
5.Conclusion : une réponse nette et nuancée.
0.5 ptVoir la correction
Non : une forte mobilité peut être presque toute structurelle et aller avec une faible fluidité.
La conclusion reprend la distinction qui fonde la démonstration.
6.Expression et usage du document : vocabulaire précis, connecteurs, données citées avec leur sens.
1 ptVoir la correction
Chaque donnée est citée avec ce qu’elle mesure, et présentée comme fictive.
Une donnée citée sans sa phrase de lecture ne prouve rien.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Répondre « oui » parce que la société A a la mobilité la plus forte, sans regarder la transformation de ses emplois.
- Citer les chiffres du document sans les calculer ni les interpréter.
- Définir la mobilité sans jamais définir l’ouverture, ou l’inverse.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 4 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1Les deux grilles appliquées et confrontées
5 points — 1 + 1,5 + 1,5 + 1
Point perdu si : Une grille déclarée fausse au lieu de dire à quelle question elle répond : 0 sur 1 à la question d.
Ex.2Les erreurs repérées et corrigées
4 points — 1 par erreur : 0,5 pour la repérer, 0,5 pour la corriger
Point perdu si : Une erreur repérée mais non corrigée : 0,5 sur 1.
Ex.3La table de recrutement critiquée
4 points — 1 par question
Point perdu si : Un pourcentage de recrutement lu comme une destinée : 0 sur 1.
Ex.4La dissertation
7 points — 1 + 1,5 + 1,5 + 1,5 + 0,5 + 1
Point perdu si : Une conclusion tirée du seul volume de mobilité, sans part structurelle ni comparaison des chances : 3 sur 7 au plus.
Et maintenant ?
- 16 à 20Niveau maîtrisé
- C'est le niveau le plus élevé, et tu le maîtrises. Pour aller plus loin, applique la méthode « Lire une table de mobilité sociale » à chaque tableau rencontré : sens de lecture, phrase complète, diagonale, part structurelle.
- 10 à 15Refaire ce niveau
- Relis la correction de l'exercice où tu as perdu le plus de points. Réécris ta dissertation en suivant le plan du corrigé, puis refais le niveau 3 dans une semaine.
- moins de 10Niveau inférieur
- Repasse par le niveau 2 — Standard : il entraîne les calculs sur une table et la décomposition de la mobilité, dont ce niveau a besoin.
Les autres contrôles de ce chapitre
Aucun ne repose une question d'un autre : chacun couvre le chapitre sous un autre angle. À passer quelques jours plus tard, une fois celui-ci corrigé.
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