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Histoire : Le monde depuis 1991

Programme en vigueur — arrêtés du 19 juillet 2019, applicable en Terminale depuis la rentrée 2020. Voir le texte

Fin de la Guerre froide : nouvel ordre mondial, hyperpuissance américaine. Crises : Yougoslavie, Proche-Orient, Tchétchénie. 11 septembre 2001 et guerre contre le terrorisme. Montée de la Chine. Crise financière 2008. Multipolarité actuelle.

La règle d'or

La fin de la bipolarité ne fait pas reculer les conflits : elle en change la nature, les guerres internes remplaçant les guerres entre États.

L'erreur que tout le monde fait

Décrire les années qui suivent 1991 comme une période apaisée, avant un retour des tensions au début du siècle suivant.

Ces années sont marquées par des guerres civiles, des interventions internationales et des crimes de masse commis à l'intérieur d'États en décomposition. La disparition d'un adversaire commun libère des conflits que la bipolarité contenait, et l'idée d'un nouvel ordre mondial pacifié est un discours de l'époque, pas une description de ce qui se passe.

Distinguer le discours tenu sur la période et les faits recensés pendant la période.

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Notions à maîtriser

  • hyperpuissance
  • terrorisme
  • 11 septembre
  • Chine
  • Yougoslavie
  • multipolarité
  • crise financière
1

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Fiche de révision

1991 : un monde en mutation

Le monde depuis 1991 : un nouvel ordre géopolitique 1. La fin de la Guerre froide (1989-1991) En 1991, l’URSS s’effondre après l’échec de la perestroïka et de la glasnost sous Go

Lire la fiche

On a annoncé en 1991 la fin des grands affrontements. Les années qui suivent sont pourtant parmi les plus meurtrières du siècle : la prévision attendait le retour d'un type de guerre pendant qu'un autre s'installait.

1Ce que la fin de la bipolarité change

Règle

La fin de la bipolarité ne fait pas reculer les conflits : elle en change la nature. Les guerres entre États reculent, les guerres internes aux États progressent — sécessions, effondrements d'autorité, affrontements entre groupes armés à l'intérieur de frontières reconnues. Ces conflits touchent davantage les civils, durent plus longtemps et se règlent moins par des traités, faute d'États identifiables pour les signer.

Piège

Décrire les années qui suivent 1991 comme une période apaisée, avant un retour des tensions au début du siècle suivant.

Pourquoi — Le découpage en « décennie calme puis retour de la violence » repose sur une lecture centrée sur les grandes puissances. Pendant cette même décennie se déroulent les guerres de Yougoslavie, avec le massacre de Srebrenica en 1995, qualifié de génocide par la justice internationale, et le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Écrire que ces années furent paisibles revient à considérer que ce qui n'oppose pas les grandes puissances ne compte pas.

Le réflexe — Demander : apaisée pour qui ?

2L'hyperpuissance et ses limites

Définition

Hyperpuissance — Le terme d'hyperpuissance a été forgé pour décrire la position des États-Unis dans les années qui suivent 1991 : une supériorité simultanée dans tous les domaines — militaire, économique, technologique, culturel — sans rival capable de l'équilibrer. Le mot dit une configuration, pas une capacité à obtenir ce qu'on veut : la période montre précisément qu'une supériorité de moyens ne garantit pas la maîtrise des situations où on les engage.

Propriété

Les attentats du 11 septembre 2001 ouvrent une séquence de « guerre contre le terrorisme » : intervention en Afghanistan la même année, en Irak en 2003. Ces engagements montrent les limites de la puissance militaire face à des adversaires non étatiques et à des situations politiques locales. Ils ont en outre un coût intérieur — débats sur les libertés, la surveillance, les procédures d'exception — qui dure bien au-delà des opérations.

Le mot terrorisme désigne l'usage de la violence contre des civils pour produire un effet politique par la peur. Sa définition juridique reste discutée entre États, et son emploi est parfois étendu à des adversaires politiques quelconques. Employer le mot suppose donc de dire ce qu'on qualifie — un acte, un groupe, une stratégie — plutôt que de le laisser opérer seul.

3Vers la multipolarité

Propriété

Plusieurs évolutions déplacent l'équilibre. La montée de la Chine, devenue une puissance de premier plan par sa production, son commerce et ses investissements d'infrastructures. L'affirmation d'autres puissances régionales. Et la crise financière de 2008, partie du secteur immobilier américain, qui affecte l'économie mondiale et fragilise le modèle dont les États-Unis étaient les promoteurs. Le monde devient multipolaire : plusieurs centres de décision coexistent sans qu'aucun ne domine.

La multipolarité n'est ni un progrès ni un recul en soi. Elle multiplie les acteurs capables de bloquer une décision collective, ce qui rend la coopération plus difficile sur les sujets qui l'exigent — climat, santé, régulation financière. Et elle réduit la capacité d'un seul acteur à imposer sa solution, ce que ses partisans tiennent pour un progrès. Les deux constats sont exacts et ne se compensent pas.

Analyser une crise internationale depuis 1991

  1. Identifier les acteurs : États, groupes armés, organisations internationales, populations.
  2. Déterminer la nature du conflit : entre États, interne à un État, ou les deux ?
  3. Repérer les causes internes — politiques, économiques, mémorielles — avant les causes extérieures.Expliquer un conflit par les seules ingérences extérieures efface les acteurs locaux.
  4. Examiner la réponse internationale et ce qui l'a rendue possible ou impossible.
  5. Conclure en nommant précisément les faits — génocide, crime de guerre, terrorisme — et en disant qui les a qualifiés ainsi.
  • ▢Ai-je écrit que les conflits changent de nature plutôt qu'ils ne reculent ?
  • ▢Ai-je évité de qualifier les années 1990 de paisibles ?
  • ▢Ai-je nommé les conflits de cette décennie, dont la Yougoslavie ?
  • ▢Ai-je présenté l'hyperpuissance comme une configuration, non une toute-puissance ?
  • ▢Ai-je dit ce que je qualifie en employant le mot terrorisme ?
  • ▢Ai-je exposé la multipolarité dans ses deux effets, sans trancher ?

L'essentiel en 11 points

  • ·Après 1991, les conflits changent de nature : moins entre États, plus dans les États.
  • ·Ces guerres touchent davantage les civils et se règlent moins par des traités.
  • ·Les années 1990 ne sont pas apaisées : Yougoslavie, Srebrenica 1995, Rwanda 1994.
  • ·Toujours demander : apaisée pour qui ?
  • ·Hyperpuissance : une configuration, non une capacité à tout obtenir.
  • ·11 septembre 2001 : Afghanistan la même année, Irak en 2003.
  • ·Une supériorité de moyens ne règle pas une situation politique locale.
  • ·Le mot terrorisme demande de dire ce qu'on qualifie.
  • ·Crise financière de 2008 : partie de l'immobilier américain, mondiale ensuite.
  • ·Montée de la Chine par la production, le commerce et les infrastructures.
  • ·La multipolarité entrave la coopération et limite l'imposition : les deux à la fois.
2

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Au sommaire du cours

  1. 1. Ce que la fin de la bipolarité change
  2. 2. L'hyperpuissance et ses limites
  3. 3. Vers la multipolarité

Conforme au programme officiel · version 2026.1.

3

Exercices corrigés

1

Repères. Répondre en une phrase précise.

Connaître
  1. a.Qu'est-ce qui change dans la nature des conflits après 1991 ?
  2. b.Que désigne le terme d'hyperpuissance ?
  3. c.Quelle séquence s'ouvre le 11 septembre 2001 ?
  4. d.De quel secteur part la crise financière de 2008 ?
  5. e.Qu'est-ce que la multipolarité ?
›Voir le corrigé
  1. a. Les guerres entre États reculent, les guerres internes aux États progressent. Elles touchent davantage les civils et durent plus longtemps.
  2. b. La position des États-Unis après 1991 : une supériorité simultanée dans tous les domaines, sans rival capable de l'équilibrer.
  3. c. Celle de la « guerre contre le terrorisme » : Afghanistan en 2001, Irak en 2003.
  4. d. Du secteur immobilier américain, avant de gagner l'économie mondiale.
  5. e. Une configuration où plusieurs centres de décision coexistent sans qu'aucun ne domine.
2

Un manuel écrit : « Les années 1990 furent une décennie apaisée, avant le retour de la violence en 2001. » Discuter cette phrase.

Argumenter
  1. a.Sur quel point de vue cette lecture est-elle centrée ?
  2. b.Citer deux événements de cette décennie qui la contredisent.
  3. c.Qu'implique le fait de qualifier ces années d'apaisées ?
  4. d.Quelle question poser systématiquement devant un tel jugement ?
  5. e.Réécrire la phrase de façon défendable.
›Voir le corrigé
  1. a. Sur celui des grandes puissances : elle ne retient comme conflits que ceux qui les opposent ou les touchent directement.
  2. b. Les guerres de Yougoslavie, avec le massacre de Srebrenica en 1995, qualifié de génocide par la justice internationale ; et le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.
  3. c. Cela revient à considérer que ce qui n'oppose pas les grandes puissances ne compte pas — donc à écarter du décompte des centaines de milliers de morts.
  4. d. Apaisée pour qui ? La question ramène le jugement à son point de vue, et oblige à dire de quelles populations on parle.
  5. e. Par exemple : « Les années 1990 voient reculer l'affrontement entre grandes puissances, tandis que se déroulent des conflits internes parmi les plus meurtriers de la période. » L'observation de départ est conservée, sa généralisation abandonnée.
3

Puissance et limites. Raisonner.

Raisonner
  1. a.Une supériorité militaire garantit-elle la maîtrise d'une situation ? Justifier par la période.
  2. b.Pourquoi les adversaires non étatiques posent-ils un problème particulier ?
  3. c.Quel coût intérieur ces engagements ont-ils eu ?
  4. d.Pourquoi le mot terrorisme demande-t-il une précaution d'emploi ?
›Voir le corrigé
  1. a. Non. Les interventions en Afghanistan et en Irak montrent qu'une supériorité de moyens ne règle ni la situation politique locale ni la durée de l'engagement. L'hyperpuissance décrit une configuration, pas une capacité à obtenir ce qu'on veut.
  2. b. Parce qu'ils n'ont ni territoire à conquérir, ni armée à défaire, ni gouvernement pour signer un traité. Les instruments militaires classiques, conçus contre des États, y perdent une grande part de leur efficacité.
  3. c. Des débats durables sur les libertés, la surveillance et les procédures d'exception — un coût qui se prolonge bien au-delà des opérations militaires.
  4. d. Parce que sa définition juridique reste discutée entre États, et que son emploi est parfois étendu à des adversaires politiques quelconques. Il faut donc dire ce qu'on qualifie : un acte, un groupe, une stratégie.
4

Vers la multipolarité. Analyser.

Analyser
  1. a.Citer trois évolutions qui déplacent l'équilibre mondial.
  2. b.Sur quoi repose la montée en puissance de la Chine ?
  3. c.En quoi la crise financière de 2008 affecte-t-elle la position américaine ?
  4. d.La multipolarité est-elle un progrès ? Exposer les deux positions.
  5. e.Pourquoi une copie ne doit-elle pas trancher ce débat ?
›Voir le corrigé
  1. a. La montée de la Chine, l'affirmation d'autres puissances régionales, et la crise financière de 2008.
  2. b. Sur sa production et son commerce, et sur ses investissements d'infrastructures à l'étranger, qui étendent son influence sans passer par des alliances militaires.
  3. c. Elle fragilise le modèle dont les États-Unis étaient les promoteurs : partie de leur propre secteur immobilier, elle atteint l'économie mondiale et affaiblit l'autorité de leurs recommandations économiques.
  4. d. Ses critiques soulignent qu'elle multiplie les acteurs capables de bloquer une décision collective, ce qui entrave la coopération sur le climat, la santé ou la régulation financière. Ses partisans soulignent qu'elle réduit la capacité d'un seul acteur à imposer sa solution.
  5. e. Parce que les deux constats sont exacts et ne se compensent pas : ils portent sur des effets différents, jugés selon des valeurs différentes. Trancher reviendrait à présenter une préférence comme un résultat d'analyse. Une copie expose les deux et dit sur quoi chacun s'appuie.

Ce qui rapporte des points, ce qui en coûte

  • Décrire le changement de nature des conflits5 ptsPerdu si : Écrire que les conflits reculent
  • Refuser de qualifier les années 1990 d'apaisées5 ptsPerdu si : Reprendre le découpage décennie calme puis violence
  • Nommer précisément les conflits de la période3 ptsPerdu si : Rester dans la généralité
  • Présenter l'hyperpuissance avec ses limites3 ptsPerdu si : En faire une toute-puissance
  • Employer le mot terrorisme avec sa précaution2 ptsPerdu si : Le laisser opérer sans préciser ce qu'il qualifie
  • Exposer le débat sur la multipolarité sans trancher2 ptsPerdu si : Présenter une préférence comme un résultat
4

La méthode

Analyser une crise internationale depuis 1991

  1. 1

    Situer la crise dans le temps et dans l'espace, avec les États concernés.

  2. 2

    Dire si le conflit oppose des États ou se déroule à l'intérieur d'un État.

  3. 3

    Recenser les acteurs extérieurs intervenus et le cadre juridique de leur intervention.

    Une intervention peut être mandatée par une résolution, menée par une coalition, ou ni l'un ni l'autre.

  4. 4

    Repérer les ressources ou les positions stratégiques en jeu.

  5. 5

    Conclure sur ce que la crise révèle de l'organisation du monde à sa date.

5

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Question 1
Un joueur de tennis professionnel commente un match à Melbourne en 2020 : 'La Russie est comme l'Union soviétique : une puissance qui domine par la force militaire mais pas par l'économie'. Un commentateur répond : 'Votre comparaison est partiellement vraie, mais incomplète'. Que manque-t-il à cette analyse pour être totalement exacte ?

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Questions fréquentes

Histoire : Le monde depuis 1991 : c'est en quelle classe ?

Ce chapitre est au programme de Histoire-Géographie au lycée, en classe de Terminale, année du Baccalauréat. Il est défini par le Bulletin Officiel de l'Éducation nationale, le texte de référence qui fixe ce qui doit être enseigné dans chaque matière.

Que faut-il savoir sur Histoire : Le monde depuis 1991 ?

Fin de la Guerre froide : nouvel ordre mondial, hyperpuissance américaine. Crises : Yougoslavie, Proche-Orient, Tchétchénie. 11 septembre 2001 et guerre contre le terrorisme. Montée de la Chine. Crise financière 2008. Multipolarité actuelle. Les notions à maîtriser sont : hyperpuissance, terrorisme, 11 septembre, Chine, Yougoslavie, multipolarité.

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Le corrigé de Histoire : Le monde depuis 1991 est-il fourni ?

Oui, et c'est un document à part : chaque exercice y est repris étape par étape, avec le barème détaillé en fin de fiche — ce qui est attendu, combien de points, et ce qui fait perdre le point. Un parent qui ne se souvient plus du programme peut corriger une copie avec.

Histoire : Le monde depuis 1991 peut-il tomber au Baccalauréat ?

Ce chapitre fait partie du programme officiel de Terminale, il entre donc dans le périmètre du Baccalauréat. Le sujet exact varie chaque année et aucun chapitre n'est garanti, mais l'ensemble du programme de l'année est susceptible d'être évalué : mieux vaut ne pas parier sur des impasses.

Comment réviser Histoire : Le monde depuis 1991 efficacement ?

Commence par lire la fiche de révision pour remettre la règle en place, puis enchaîne immédiatement sur le quiz de cette page. Répondre juste après avoir lu ne suffit pas : reviens sur le chapitre deux ou trois jours plus tard. C'est l'espacement des révisions, plus que leur durée, qui fait tenir une notion en mémoire. Une session de quinze minutes répétée vaut mieux qu'une heure unique.

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