Français · Seconde · Contrôle Standard
Niveau 2 sur 3 · StandardGrammaire et stylistique : Analyser la langue au service du sens
Le niveau Standard est celui d'un contrôle de classe de seconde en grammaire et stylistique : transposer un passage d'un système d'énonciation à l'autre, mesurer la modalisation d'un article de presse, traiter trois questions de grammaire en délimitant, décrivant et manipulant, analyser un récit de tempête du fait de langue jusqu'au sens, et démontrer deux registres par leurs marques.
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Ce que ce niveau évalue
- Analyser un fait de langue
- Manipuler pour prouver
- Analyser un texte
- Relier la forme au sens
- Démontrer un registre
- La transposition d’un passage d’un système d’énonciation à l’autre
- La modalisation d’un article de presse, repérée et interprétée
- La question de grammaire : délimiter, décrire, manipuler
- L’analyse guidée d’un passage, du fait de langue au sens
- Un registre démontré par ses marques et son critère
Avant de commencer
- Pour transposer un récit, chaque embrayeur reçoit son équivalent autonome : hier devient la veille.
- Devant un conditionnel sans hypothèse, demande-toi d’où vient l’information.
- À la question de grammaire, c’est la manipulation qui prouve, pas l’affirmation.
- Un effet ne se dit qu’après l’écart : par rapport à quoi ce choix se remarque-t-il ?
Exercice 1 — Transposer un récit
3 pts · 9 minManipuler pour prouver
Réponds aux deux questions.
1.Réécris ce passage en énonciation coupée, à la troisième personne, au passé simple et à l’imparfait : « Aujourd’hui, je retrouve la maison de mon enfance ; hier encore, j’en rêvais. Demain, je repartirai. »
2 ptVoir la correction
« Ce jour-là, il retrouva la maison de son enfance ; la veille encore, il en rêvait. Le lendemain, il repartirait. » (« elle » est accepté.)
Chaque embrayeur reçoit son équivalent autonome : aujourd’hui → ce jour-là, hier → la veille, demain → le lendemain. Barème : personnes (je → il, mon → son) 0,5 ; temps (présent → passé simple, futur → conditionnel) 0,5 ; les trois repères de temps, 1 point.
2.Ta réécriture se comprend-elle sans connaître celui qui parle ? Explique ce que la transposition change pour le lecteur.
1 ptVoir la correction
Oui : il n’y a plus aucun embrayeur, le texte se suffit à lui-même. Le récit s’éloigne : le lecteur ne partage plus le moment de celui qui parle, il apprend une histoire achevée, vue à distance.
Un basculement d’un système à l’autre n’est jamais neutre : l’énonciation ancrée rapproche le lecteur, l’énonciation coupée le tient à distance.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Laisser un embrayeur dans la réécriture : « demain » dans un récit au passé simple.
- Écrire « il repartira » : vu depuis le passé, le futur devient un conditionnel, « il repartirait ».
Exercice 2 — Lire un article de presse
3.5 pts · 10 minAnalyser un texte
Lis le document 1, puis réponds aux questions en citant le texte avec la ligne.
- Incendie dans un entrepôt de la rue des Tilleuls
- Un incendie a détruit hier soir un entrepôt du quartier de la gare.
- Selon un voisin, le feu aurait pris vers minuit dans un local technique.
- Les pompiers, arrivés en quelques minutes, ont sans doute évité le pire.
- Le propriétaire, qui semble avoir négligé les contrôles de sécurité,
- parle d’un « simple accident ». Une enquête est ouverte.
Source : Article rédigé pour ce contrôle ; les faits, les lieux et les personnes sont inventés.
1.Relève trois marques de modalisation de natures différentes et nomme la nature de chacune (verbe, adverbe, mode, ponctuation).
1.5 ptVoir la correction
« aurait pris » (ligne 3) : le conditionnel ; « sans doute » (ligne 4) : un adverbe ; « semble » (ligne 5) : un verbe ; les guillemets de « simple accident » (ligne 6) : une ponctuation de distance. Trois au choix.
Chaque marque règle le degré d’adhésion du journaliste à ce qu’il écrit. 0,5 point par marque relevée et nommée.
2.Cite une information que le journaliste affirme sans aucune réserve, et dis à quoi on le reconnaît.
0.5 ptVoir la correction
« Un incendie a détruit hier soir un entrepôt » (ligne 2), ou « Une enquête est ouverte » (ligne 6) : l’indicatif, sans aucune marque de modalisation.
Un fait établi n’a besoin d’aucune nuance : le journaliste le prend entièrement à son compte.
3.Ligne 3 : pourquoi le journaliste écrit-il « le feu aurait pris » et non « le feu a pris » ? Que changerait l’indicatif ?
1 ptVoir la correction
L’information vient d’un voisin et n’est pas vérifiée : le conditionnel la rapporte sans la garantir. Avec l’indicatif, le journaliste affirmerait lui-même un fait non vérifié et en porterait la responsabilité.
Le conditionnel de presse est une précaution juridique autant qu’une nuance de sens : il dit d’où vient l’information, et que personne ne s’en porte garant.
4.Lignes 5 et 6 : quelle image du propriétaire le journaliste donne-t-il, sans jamais l’accuser directement ?
0.5 ptVoir la correction
Celle d’un homme peut-être négligent qui minimise les faits : « semble avoir négligé » insinue la faute sans l’affirmer, et les guillemets de « simple accident » mettent sa version en doute.
La modalisation permet de suggérer un jugement sans l’assumer : c’est ce rapport du locuteur à ce qu’il dit que l’analyse doit nommer.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Lire « aurait pris » comme un fait établi.
- Relever une marque sans nommer sa nature : verbe, adverbe, mode ou ponctuation.
- Croire que « sans doute » exprime une certitude : c’est encore une appréciation du journaliste.
Exercice 3 — La question de grammaire
3.5 pts · 10 minManipuler pour prouver
Pour chaque phrase, délimite la tournure, décris-la avec le vocabulaire exact, puis manipule-la pour prouver ce que tu avances.
1.« Il ne lit que la nuit. » Négation ou restriction ? Prouve-le par une manipulation.
1 ptVoir la correction
Restriction : « ne… que » se remplace par « seulement » sans changer le sens (« Il lit seulement la nuit »). La phrase affirme qu’il lit, la nuit et à aucun autre moment.
La manipulation par « seulement » fait la démonstration : une négation dirait qu’il ne lit pas, ce qui inverserait le sens de la phrase.
2.« Je me demande si elle viendra. » Interrogation directe ou indirecte ? Relève sa marque, puis transforme la phrase en interrogation directe.
1 ptVoir la correction
Interrogation indirecte : elle est introduite par « si » après le verbe « se demander », sans point d’interrogation ni inversion du sujet. Forme directe : « Viendra-t-elle ? »
La transformation prouve l’analyse : la forme directe rétablit l’inversion du sujet et le point d’interrogation, que la forme indirecte supprime.
3.« Bien que la pluie redouble, les coureurs gardent leur allure. » Analyse la proposition en italique (nature, mot subordonnant, fonction), puis prouve sa fonction par un déplacement.
1.5 ptVoir la correction
Proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de concession, introduite par « bien que », complément de phrase. Elle se déplace : « Les coureurs gardent leur allure, bien que la pluie redouble. »
Le déplacement, possible sans changer le sens, prouve qu’il s’agit d’une circonstancielle : une complétive ne se déplace pas. 0,5 pour la nature, 0,5 pour le mot subordonnant et la fonction, 0,5 pour la manipulation.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Répondre « c’est une négation » devant ne… que.
- Nommer la subordonnée sans la manipuler : l’affirmation seule ne prouve rien.
- Oublier la fonction : une analyse de subordonnée dit la nature, le mot subordonnant et la fonction.
Exercice 4 — Du fait de langue au sens
6 pts · 18 minRelier la forme au sens
Lis le document 2. Chaque question suit une étape de la méthode : nommer le fait, dire l’écart, dire l’effet, relier au sens.
- Le bateau quitta le port à l’aube. La mer semblait calme.
- Vers midi, le ciel se couvrit et le vent se leva.
- Soudain, la mer devient une bête furieuse : elle montre ses crocs d’écume,
- mord la coque, rugit contre les flancs du navire.
- Un craquement. Puis plus rien.
- Au matin, les pêcheurs trouvèrent des planches sur la plage.
Source : Texte rédigé pour ce contrôle d’après le cours.
1.Lignes 2 et 3 : nomme le changement de temps verbal et dis par rapport à quoi il fait écart.
1 ptVoir la correction
Le récit passe du passé simple (« se couvrit », « se leva ») au présent (« devient », « montre ») : c’est un présent de narration. Il fait écart avec le système coupé du début, au passé simple et à l’imparfait.
Nommer le fait et situer l’écart sont les deux premières étapes : un présent ne se remarque que dans un récit au passé.
2.Quel effet produit ce basculement, et pourquoi intervient-il précisément à ce moment du récit ?
1 ptVoir la correction
La distance disparaît : le lecteur cesse d’apprendre ce qui est arrivé et assiste à ce qui arrive. Le basculement isole le moment décisif, l’attaque de la tempête.
L’effet doit être relié au sens : le présent surgit au sommet du danger, pas au hasard.
3.Lignes 3 et 4 : nomme la figure qui prolonge une même image, et relève trois mots qui la poursuivent.
1 ptVoir la correction
Une métaphore filée : la mer est une « bête furieuse » ; l’image se poursuit avec « crocs », « mord », « rugit ».
Une métaphore filée poursuit la même image sur plusieurs mots ou plusieurs phrases. 0,5 pour la figure, 0,5 pour les trois mots.
4.Quel effet cette figure produit-elle sur la représentation de la tempête ?
1 ptVoir la correction
La mer devient un animal sauvage qui attaque : la tempête n’est plus un décor mais un adversaire vivant, et le naufrage devient un combat perdu contre une bête.
Dire l’effet, c’est dire ce que l’image fait voir et que la description simple d’une tempête ne montrerait pas.
5.Ligne 5 : nomme le fait de langue, dis son écart et son effet.
1 ptVoir la correction
Deux phrases nominales, sans verbe, après des phrases verbales longues : la syntaxe se brise. Le récit s’interrompt sur un bruit, puis sur le silence ; le lecteur comprend le naufrage sans qu’il soit raconté.
La rupture de construction imite la rupture du navire : la forme fait ce que la phrase décrit.
6.Ligne 6 : quel système d’énonciation retrouve-t-on ? Quel effet produit ce retour après les lignes 3 à 5 ?
1 ptVoir la correction
Le récit revient au passé simple, sans embrayeur : l’énonciation coupée. Après la violence vécue au présent, la distance revient ; le constat froid (« des planches ») laisse deviner la perte du navire.
Un basculement se lit dans les deux sens : revenir au système coupé éloigne le lecteur, comme on s’éloigne d’un drame achevé.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Nommer le présent de narration sans dire l’écart avec le passé simple qui précède.
- Écrire « la figure rend le texte plus vivant » : un effet gratuit, qui vaudrait pour n’importe quel texte.
- Prendre « Un craquement. » pour une phrase fautive : c’est un choix d’écriture.
Exercice 5 — Démontrer un registre
4 pts · 12 minDémontrer un registre
Lis le document 3, puis réponds en t’appuyant sur des citations précises.
- Extrait A. Le ministre de la Prudence a inauguré hier un pont tout neuf.
- Il a coupé le ruban, prononcé un long discours sur l’audace,
- puis il a interdit le pont au public, par précaution.
- Extrait B. Chaque soir, la vieille femme mettait le couvert de son fils
- parti à la guerre, et gardait sa soupe au chaud près du feu.
- Un soir, le facteur s’arrêta devant la porte, une lettre à la main, et baissa les yeux.
Source : Extraits rédigés pour ce contrôle ; aucun n’est tiré d’une œuvre.
1.Extrait A : quel registre domine ? Relève deux marques qui le prouvent.
1.5 ptVoir la correction
Le registre satirique : le nom caricatural « ministre de la Prudence », et l’ironie du décalage entre le discours « sur l’audace » et l’interdiction du pont « par précaution ».
La caricature et l’ironie sont les marques du satirique : le texte fait entendre le contraire de ce qu’il dit. 0,5 pour le registre, 0,5 par marque.
2.Contre qui le rire de l’extrait A est-il dirigé ? Pourquoi n’est-ce pas seulement du comique ?
0.5 ptVoir la correction
Contre le ministre, qui parle d’audace et n’ose rien : le rire vise une cible, ce qui en fait une arme et non un simple divertissement.
Le satirique est du comique tourné en arme : il ne fait pas seulement rire, il fait rire contre quelqu’un.
3.Extrait B : la mort du fils relève-t-elle d’un destin ? Conclus sur le registre de l’extrait.
1.5 ptVoir la correction
Pathétique : la scène appelle la pitié pour une mère qui attend son fils, mais aucune fatalité n’est en jeu ; rien n’annonçait ce malheur comme inévitable. Le tragique exigerait un destin auquel le personnage ne peut échapper.
Le critère est la fatalité : sans destin, la tristesse relève du pathétique, même devant la mort. 0,5 pour le registre, 1 pour le critère appliqué au texte.
4.Extrait B : relève un détail qui fait naître la pitié sans que le malheur soit jamais nommé.
0.5 ptVoir la correction
« baissa les yeux » (ligne 6) : le geste du facteur laisse deviner la mort du fils ; ou le couvert mis « chaque soir » (ligne 4), qui dit une attente fidèle et vaine.
Le pathétique émeut d’autant plus que la mort n’est pas dite : le lecteur la comprend avant la mère.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Appeler l’extrait B tragique parce qu’il est triste.
- Écrire « c’est drôle » sans dire contre qui : le satirique a toujours une cible.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 5 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1La transposition réussie et son effet expliqué
3 points — 2 + 1
Point perdu si : Un embrayeur oublié dans la réécriture : 0,5 point de moins par repère.
Ex.2L’article lu : modalisation repérée et interprétée
3,5 points — 1,5 + 0,5 + 1 + 0,5
Point perdu si : Le conditionnel lu comme un fait établi : 0 à la question c.
Ex.3La tournure décrite et prouvée par une manipulation
3,5 points — 1 + 1 + 1,5
Point perdu si : Une nature juste sans manipulation : la moitié des points de la question.
Ex.4Le passage analysé, du fait de langue au sens
6 points — 1 par question
Point perdu si : Un effet nommé sans écart ni lien au sens : 0,5 sur 1.
Ex.5Les registres démontrés
4 points — 1,5 + 0,5 + 1,5 + 0,5
Point perdu si : « Tragique » écrit pour l’extrait B : 0 à la question c.
Et maintenant ?
- 16 à 20Niveau supérieur
- C'est le niveau attendu en seconde, et tu l'as. Passe au niveau 3 — Approfondi : une copie à corriger, des analyses à justifier, un texte inconnu et un paragraphe d'analyse, sans aucune aide.
- 10 à 15Refaire ce niveau
- Repère l'exercice où tu as perdu le plus de points et relis son rappel de cours. Refais le niveau 2 dans quelques jours ; vise 16 avant de passer au niveau 3.
- moins de 10Niveau inférieur
- Fais d'abord le niveau 1 — Essentiel : il vérifie le métalangage et les repérages dont ce contrôle a besoin. Reviens ensuite au niveau 2.
Les autres contrôles de ce chapitre
Aucun ne repose une question d'un autre : chacun couvre le chapitre sous un autre angle. À passer quelques jours plus tard, une fois celui-ci corrigé.
Les autres contrôles de français Seconde
- Méthodologie : L'explication linéaire et le commentaire — contrôle n°1
- Objet d'étude : La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle — contrôle n°1
- Objet d'étude : La poésie du Moyen Âge au XIXe siècle — contrôle n°1
- Objet d'étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle — contrôle n°1
- Objet d'étude : Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle — contrôle n°1
Programme de seconde générale et technologique — BO spécial n°1 du 22 janvier 2019 · Contrôle rédigé pour ProgresSchool, version 2026.2.
