Français · Seconde · Contrôle n°1
Objet d'étude : Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle
Un contrôle de français de 55 minutes sur le théâtre : la double énonciation qui fonde tous les effets du genre, les règles classiques et ce qu'elles produisent, la tragédie et la comédie, les ruptures du drame romantique et du XXᵉ siècle, et les trois fonctions du théâtre. Vingt points, barème détaillé, et une correction qui dit pourquoi à chaque question.
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Avant de commencer
- À chaque règle citée, ajouter une conséquence visible dans le texte.
- Un texte de théâtre est fait pour être joué, non pour être lu.
- Analyser une scène, c’est dire ce qu’elle rend possible.
- Les règles classiques servent l’illusion théâtrale.
- Les trois fonctions du théâtre ne cohabitent pas paisiblement.
- Le déplacement des didascalies est en soi un fait d’histoire littéraire.
Exercice 1 — La double énonciation
5 pts · 13 minAnalyser la double énonciation
Réponds à chaque question.
1.À qui toute parole de théâtre s’adresse-t-elle ?
1 ptVoir la correction
À un personnage sur la scène, et au public devant elle.
C’est le principe qui fonde tous les effets du genre.
2.Qu’est-ce qu’un aparté ?
1 ptVoir la correction
Une parole que le public entend et qu’un personnage n’entend pas.
Elle suppose donc les deux destinataires.
3.D’où naît un quiproquo ?
1 ptVoir la correction
De ce que le public sait ce qu’un personnage ignore.
L’écart d’information est ce qui produit l’effet.
4.Qu’est-ce que l’ironie tragique ?
1 ptVoir la correction
La version noire du même écart : le spectateur voit venir ce que le héros ne voit pas.
Le savoir du public devient alors une source d’angoisse.
5.Comment le texte de théâtre se divise-t-il, et comment les didascalies ont-elles évolué ?
1 ptVoir la correction
En répliques — ce qui se dit — et didascalies — ce qui s’exécute ; rares chez les classiques, elles envahissent le texte au XXᵉ siècle.
Chez Beckett, elles occupent des pages entières.
Exercice 2 — Les règles classiques
4 pts · 11 minExpliquer les règles classiques
Réponds à chaque question.
1.Quelles sont les trois unités ?
1 ptVoir la correction
Un jour, un lieu, une intrigue.
Boileau les résume en 1674 dans un distique célèbre.
2.Qu’exige la vraisemblance, et qu’exige la bienséance ?
1 ptVoir la correction
La vraisemblance exige que rien ne semble impossible au spectateur ; la bienséance interdit sang, mort et geste choquant sur la scène.
Ce qui est interdit se rapporte par un récit.
3.À quoi ces règles servent-elles ?
1 ptVoir la correction
À l’illusion théâtrale.
Si l’action dure trois ans en deux heures, le spectateur se souvient qu’il est au théâtre.
4.Quel effet la contrainte produit-elle sur la tragédie racinienne ?
1 ptVoir la correction
Elle la concentre : c’est parce que tout doit tenir en un jour qu’elle est si tendue.
Nommer une règle ne vaut rien sans montrer ce qu’elle produit.
Exercice 3 — Tragédie et comédie
4 pts · 11 minDistinguer tragédie et comédie
Réponds à chaque question.
1.Qui la tragédie met-elle en scène, et contre quoi ?
1 ptVoir la correction
Des personnages de haut rang, en vers, aux prises avec une fatalité qu’ils ne peuvent pas fléchir.
Chez Racine, la fatalité prend le visage de la passion.
2.Qu’est-ce que la catharsis, et qui l’assigne à la tragédie ?
1 ptVoir la correction
La purgation des passions : en éprouvant terreur et pitié devant le malheur d’un autre, le spectateur s’en libérerait ; Aristote l’assigne.
C’est la fonction attribuée au genre depuis l’Antiquité.
3.Qui la comédie met-elle en scène, et comment se termine-t-elle ?
1 ptVoir la correction
Des bourgeois, des valets, des pères et des amoureux ; elle se termine bien, souvent par un mariage.
Molière lui donne pour devise castigat ridendo mores.
4.Cite les quatre ressorts du comique.
1 ptVoir la correction
Le comique de mots, de gestes, de situation et de caractère.
Répétition et jargon relèvent du premier, quiproquo et cachette du troisième.
Exercice 4 — Ruptures et fonctions
4 pts · 11 minSituer les ruptures et les fonctions
Réponds à chaque question.
1.Quelle pièce marque la rupture du drame romantique, et en quelle année ?
1 ptVoir la correction
Hernani, en 1830.
Sa première tourne à l’affrontement dans la salle.
2.Qu’avait annoncé Hugo dans la préface de Cromwell, et en quelle année ?
1 ptVoir la correction
Que la vie mêle le sublime et le grotesque, et que le théâtre doit donc les mêler aussi, en 1827.
Les unités sautent, le vers s’assouplit, le peuple entre sur scène.
3.Que retirent encore Ionesco et Beckett à l’édifice ?
1 ptVoir la correction
L’intrigue : il n’y en a plus, et le langage lui-même tourne à vide.
Cela se produit cent vingt ans après Hernani.
4.Quelles sont les trois fonctions du théâtre, et pourquoi ne cohabitent-elles pas paisiblement ?
1 ptVoir la correction
La catharsis, le plaisir esthétique et la critique sociale ; le plaisir esthétique peut désamorcer la critique, et une pièce qui ne cherche que la critique devient un tract.
Tartuffe fut interdit cinq ans : le théâtre a toujours été surveillé.
Exercice 5 — Trouve l'erreur
3 pts · 9 minRepérer une erreur et la corriger
Chaque affirmation est fausse. Écris ce qu’il fallait dire.
1.« Cette tragédie respecte les trois unités : c’est tout ce qu’il y a à en dire. »
1 ptVoir la correction
Il faut ajouter ce qu’elles produisent : l’unité de lieu enferme les personnages, si bien qu’aucun ne peut fuir l’autre.
Nommer une règle ne vaut rien sans sa conséquence dans le texte.
2.« La comédie procure au spectateur la catharsis. »
1 ptVoir la correction
La catharsis est la fonction qu’Aristote assigne à la tragédie.
Elle passe par la terreur et la pitié, non par le rire.
3.« Le drame romantique naît avec la préface de Cromwell, en 1830. »
1 ptVoir la correction
La préface de Cromwell date de 1827 ; c’est Hernani qui marque la rupture, en 1830.
Trois ans séparent l’annonce de l’affrontement.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 5 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1La double énonciation
5 points — 1 par question
Point perdu si : Un aparté défini sans le public.
Ex.2Les règles classiques
4 points — 1 par question
Point perdu si : Une règle récitée sans sa conséquence.
Ex.3Tragédie et comédie
4 points — 1 par question
Point perdu si : La catharsis attribuée à la comédie.
Ex.4Ruptures et fonctions
4 points — 1 par question
Point perdu si : Une rupture datée de travers.
Ex.5L’erreur repérée, et la réponse juste donnée
3 points — 1 par ligne
Point perdu si : Une correction qui laisse les règles à l’état de liste.
Et maintenant ?
- 16 à 20
- Le chapitre est acquis. Entraîne-toi maintenant à relier chaque règle citée à ce qu'elle produit dans le texte étudié : une urgence, un huis clos, une parole qui remplace l'action.
- 10 à 15
- Refais l'exercice 1 en partant chaque fois du public : c'est lui qui fait la différence entre les trois effets.
- moins de 10
- Reprends la fiche de cours et retiens ce que le genre a de propre : une réplique n'a pas de sens fixe, puisque le corps et la voix d'un acteur peuvent la retourner.
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