Français · Seconde · Contrôle Approfondi

Niveau 3 sur 3 · Approfondi

Grammaire et stylistique : Analyser la langue au service du sens

60 minutes noté sur 204 exercices

Le niveau Approfondi évalue le chapitre de grammaire et stylistique de seconde sans aucune aide : corriger les erreurs d'analyse d'une copie, justifier une analyse de grammaire par la manipulation, démontrer et discuter les figures et l'énonciation d'un texte inconnu où une ville prend la parole, et rédiger un paragraphe argumenté sur le registre fantastique.

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Ce que ce niveau évalue

  • Repérer une erreur et la corriger
  • Justifier une analyse
  • Analyser un texte inconnu
  • Construire un paragraphe d'analyse
  • Les erreurs d’analyse d’une copie, repérées et corrigées
  • Une analyse de grammaire justifiée par la manipulation
  • Un texte inconnu : figures et énonciation démontrées et discutées
  • Un paragraphe argumenté sur un registre, appuyé sur des faits de langue

Avant de commencer

  • Corriger une analyse, c’est dire ce qui est faux, puis écrire ce qu’il fallait dire.
  • Une nature grammaticale se prouve par une manipulation : déplacer, remplacer, transformer.
  • Discuter une analyse, c’est reconnaître ce qui la rend plausible avant de dire pourquoi elle ne suffit pas.
  • Un paragraphe d’analyse répond d’abord, puis démontre fait par fait, puis conclut.

Exercice 1 — Trouve l'erreur

5 pts · 13 min

Repérer une erreur et la corriger

La copie du document 1 contient cinq erreurs d’analyse, une par ligne. Pour chacune, indique la ligne, explique ce qui est faux et écris ce qu’il fallait dire.

Document 1La copie d’un élève
  1. Ce texte est un poème : son registre est donc forcément lyrique.
  2. Dans « Elle quitta la ville le lendemain », « le lendemain » est un embrayeur : le récit est ancré.
  3. La phrase « Nuit. Silence. » est nominale, ce qui rend le texte plus vivant.
  4. La mort du héros, annoncée par l’oracle, est tragique ; elle ne peut donc pas être pathétique.
  5. La nouvelle reste fantastique jusqu’au bout, puisque la dernière page prouve que le fantôme existait.

Source : Copie rédigée pour ce contrôle : elle contient des erreurs volontaires.

Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :

  1. 1.Ligne 1 — le genre pris pour preuve du registre.

    1 pt
    Voir la correction

    Un genre ne fixe pas le registre : un poème peut être polémique ou satirique, un roman comique. Il fallait prouver le lyrisme par ses marques (première personne, exclamations, lexique du cœur) et par l’effet visé : faire partager un sentiment.

    Le registre est un effet obtenu par des marques ; le genre est une forme. Les confondre dispense à tort de toute démonstration. 0,5 pour l’erreur, 0,5 pour la correction.

  2. 2.Ligne 2 — un repère interne au récit confondu avec un mot de la situation.

    1 pt
    Voir la correction

    « Le lendemain » se comprend sans savoir qui parle ni quand : il situe le moment par rapport à l’histoire, non par rapport à celui qui écrit. Avec le passé simple « quitta », la phrase appartient à un récit détaché de sa situation, donc coupé.

    Un embrayeur dépend de la situation de celui qui parle ; « le lendemain » ne dépend que du récit lui-même.

  3. 3.Ligne 3 — une analyse qui s’arrête au procédé.

    1 pt
    Voir la correction

    Le fait est bien nommé, mais « plus vivant » vaudrait pour n’importe quel procédé. Il fallait dire l’écart (deux phrases sans verbe au milieu de phrases verbales), l’effet précis (le récit s’arrête sur une sensation) et le relier au sens du passage.

    Sans écart, il n’y a pas d’effet ; sans lien au sens, l’analyse reste locale et gratuite.

  4. 4.Ligne 4 — deux registres déclarés incompatibles.

    1 pt
    Voir la correction

    La mort annoncée par l’oracle est bien tragique, mais elle peut aussi émouvoir jusqu’à la pitié : un texte peut être tragique et pathétique à la fois. L’un n’implique pas l’autre, mais ne l’exclut pas non plus.

    Le tragique se définit par la fatalité, le pathétique par l’émotion visée : deux critères différents, qui peuvent se cumuler.

  5. 5.Ligne 5 — une preuve finale qui change le registre.

    1 pt
    Voir la correction

    Si la dernière page prouve que le fantôme existait, le texte tranche en faveur du surnaturel : il cesse d’être fantastique et devient merveilleux. Le fantastique suppose que l’hésitation demeure.

    Le fantastique se définit par l’hésitation entre une explication rationnelle et une explication surnaturelle ; dès que l’une l’emporte, le registre change.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Repérer l’erreur sans écrire la correction.
  • Ligne 4 : corriger en disant que la scène est seulement pathétique, alors qu’elle est bien tragique.
  • Ligne 2 : chercher l’erreur dans le passé simple, alors qu’elle porte sur « le lendemain ».

Exercice 2 — Justifier une analyse

3 pts · 9 min

Justifier une analyse

Réponds à chaque question en justifiant : une affirmation sans preuve ne rapporte pas tous les points.

  1. 1.« Elle partit quand le jour se leva. » / « Elle comprit que le jour se levait. » Les deux subordonnées sont-elles de même nature ? Démontre-le par une manipulation, puis nomme chacune.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Non. « quand le jour se leva » se déplace (« Quand le jour se leva, elle partit ») : c’est une conjonctive circonstancielle (de temps), complément de phrase. « que le jour se levait » ne se déplace pas (« Que le jour se levait, elle comprit » est impossible) : c’est une conjonctive complétive, complément du verbe « comprit ».

    Les deux sont introduites par une conjonction de subordination, mais seule la manipulation sépare leurs fonctions. 0,5 pour chaque nature, 0,5 pour la manipulation.

  2. 2.« Je connais l’homme qui frappe. » / « Je me demande qui frappe. » Un élève affirme que « qui » est un pronom relatif dans les deux phrases. Réfute-le par un critère, puis par une manipulation.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Dans la première phrase, « qui » est bien un pronom relatif : il reprend un antécédent, « l’homme », et la relative complète ce nom. Dans la seconde, « qui » n’a pas d’antécédent : c’est un mot interrogatif, qui introduit une interrogation indirecte complément du verbe « se demander ». Manipulation : la seconde se transforme en interrogation directe (« Qui frappe ? »), la première non.

    Le même mot peut changer de nature : seule la présence d’un antécédent, et la manipulation qui le confirme, permettent de trancher. 0,5 pour le critère de l’antécédent, 0,5 pour la nature dans la seconde phrase, 0,5 pour la manipulation.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Affirmer la nature des deux subordonnées sans manipuler : la preuve manque.
  • Prendre le mot interrogatif « qui » pour un pronom relatif : sans antécédent, il n’est pas relatif.

Exercice 3 — Un texte inconnu

6 pts · 16 min

Analyser un texte inconnu

Lis le document 2. Pour chaque question, nomme le fait de langue avec le terme exact et justifie ton analyse par le texte.

Document 2La Ville parle
  1. Je suis la Ville, et je vous parle, vous qui me traversez sans me voir.
  2. Je porte sur mes épaules vos tours de verre et vos soucis.
  3. Vous m’avez bâtie pour vivre, et vous vivez pour me bâtir.
  4. Écoutez-moi : demain, mes rues se tairont, si vous ne levez pas les yeux.

Source : Poème en prose rédigé pour ce contrôle.

  1. 1.Quelle figure organise l’ensemble du texte ? Justifie.

    1 pt
    Voir la correction

    Une prosopopée : la Ville, une chose, prend la parole à la première personne (« Je suis la Ville, et je vous parle ») et s’adresse aux passants.

    Faire parler ce qui ne parle pas, c’est la prosopopée ; l’apostrophe « vous qui me traversez » installe l’interlocuteur.

  2. 2.Ligne 2 : nomme la figure, montre ce que la construction a d’anormal et dis ce qu’elle fait comprendre.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Un zeugme : le verbe « porte » régit deux compléments qui ne sont pas du même ordre, l’un concret (« vos tours de verre »), l’autre abstrait (« vos soucis »). Les soucis des habitants deviennent aussi lourds que les immeubles : la Ville supporte le poids matériel et moral de ceux qui l’habitent.

    Le zeugme ne contient aucune image : c’est la construction qui met sur le même plan ce que la logique sépare. 0,5 pour la figure, 0,5 pour l’anomalie, 0,5 pour l’effet.

  3. 3.Ligne 3 : nomme la figure, montre sa construction et dis quel reproche elle formule.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Un chiasme : « bâtie pour vivre » / « vivez pour me bâtir » croise les termes selon le schéma AB / BA. L’inversion dit que le moyen est devenu le but : les habitants, qui bâtissaient la ville pour y vivre, ne vivent plus que pour la bâtir.

    Le chiasme se referme sur lui-même, et l’inversion devient une leçon, ici une accusation. 0,5 pour la figure, 0,5 pour le schéma, 0,5 pour le reproche.

  4. 4.Un camarade affirme que « la Ville » est ici une allégorie. Discute cette analyse : qu’est-ce qui l’en rapproche, qu’est-ce qui l’en distingue ?

    1 pt
    Voir la correction

    La majuscule et le corps prêté à la Ville (« mes épaules ») la rapprochent de l’allégorie. Mais l’allégorie incarne une idée abstraite, comme la Justice ou la Mort, alors que la ville est une réalité concrète : la figure dominante reste la prosopopée, une chose qui parle.

    Discuter une analyse, c’est reconnaître ce qui la rend plausible avant de dire pourquoi elle ne suffit pas. 0,5 pour le rapprochement, 0,5 pour la distinction.

  5. 5.Le texte relève-t-il de l’énonciation ancrée ou coupée ? Montre ce que ce choix ajoute à la prise de parole de la Ville.

    1 pt
    Voir la correction

    Ancrée : présent, futur, embrayeurs (« je », « vous », « demain ») et impératif (« Écoutez-moi »). La Ville parle au lecteur ici et maintenant : son avertissement le concerne directement, au lieu d’être raconté à distance.

    L’énonciation ancrée rapproche le lecteur : il devient le « vous » interpellé, ce qui donne à la prosopopée la force d’un appel.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Nommer la figure sans démontrer sa construction ni dire son effet.
  • Voir une métaphore à la ligne 2 : le zeugme ne repose sur aucune image, mais sur une construction.
  • Accepter l’allégorie sans discussion, ou la rejeter sans reconnaître ce qui la rend plausible.

Exercice 4 — Un paragraphe d'analyse

6 pts · 22 min

Construire un paragraphe d'analyse

Rédige un paragraphe argumenté d’une quinzaine de lignes qui répond à la question : « En quoi le document 3 relève-t-il du registre fantastique ? » Appuie-toi sur au moins trois faits de langue précis, cités avec leur ligne.

Document 3Au grenier
  1. Je montai au grenier vers minuit. La lampe tremblait dans ma main.
  2. Au fond, le vieux miroir semblait luire d’une lueur qui n’était pas la mienne.
  3. Je crus voir une silhouette s’y pencher… Un reflet ? Un souffle ?
  4. Quand je rouvris les yeux, le miroir ne montrait que la poussière.
  5. Aujourd’hui encore, je ne sais pas ce que j’ai vu.

Source : Texte rédigé pour ce contrôle.

Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :

  1. 1.Une réponse nette dès la première phrase : le critère qui fait le registre du passage.

    1 pt
    Voir la correction

    Exemple : « Ce passage est fantastique : jusqu’à la dernière ligne, rien ne permet de savoir si le narrateur a vu un reflet ou une apparition. »

    Le paragraphe commence par répondre : la définition du registre donne le critère que les analyses vont vérifier.

  2. 2.La modalisation analysée : « semblait » (ligne 2), « Je crus voir » (ligne 3).

    1.5 pt
    Voir la correction

    Les verbes d’apparence et de croyance remplacent l’affirmation attendue (« le miroir luisait », « je vis ») : le narrateur ne prend pas à son compte ce qu’il perçoit, et le surnaturel reste une possibilité, jamais un fait.

    Nommer le fait, dire l’écart avec l’affirmation simple, dire l’effet : les trois temps de la méthode, appliqués aux marques de doute. 0,5 par étape.

  3. 3.Les points de suspension et les questions nominales de la ligne 3 analysés.

    1 pt
    Voir la correction

    La phrase s’interrompt (« s’y pencher… »), puis deux questions sans verbe (« Un reflet ? Un souffle ? ») proposent deux explications sans choisir : la syntaxe même laisse l’alternative ouverte.

    La ponctuation et la phrase nominale sont des faits de langue : ici, ils miment une perception qui hésite.

  4. 4.Le basculement final analysé : retour au présent et aux embrayeurs (ligne 5).

    1.5 pt
    Voir la correction

    Le récit au passé simple bascule dans l’énonciation ancrée : présent, passé composé, embrayeur « Aujourd’hui encore ». Le doute ne se dissipe pas avec le temps : il dure jusqu’au moment où le narrateur écrit, et le texte se ferme sans trancher.

    Un basculement est toujours un effet : ici, il prolonge l’hésitation jusqu’au présent de l’écriture, ce qui maintient le texte dans le fantastique.

  5. 5.Une conclusion qui relie les analyses au registre du passage.

    0.5 pt
    Voir la correction

    Exemple : « Les trois faits convergent : en refusant de choisir, le texte garde son lecteur dans le doute, ce qui est la condition même du fantastique. »

    Relier au sens : les faits analysés convergent tous vers l’hésitation, qui définit le registre.

  6. 6.Expression : métalangage exact, citations entre guillemets avec leur ligne, phrases reliées.

    0.5 pt
    Voir la correction

    Les termes justes (modalisation, phrase nominale, énonciation ancrée), des citations brèves et intégrées, des connecteurs (d’abord, de plus, enfin, ainsi).

    Une analyse juste mais mal rédigée perd sa force de preuve : le métalangage exact fait partie de la démonstration.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Relever des procédés en liste, sans montrer qu’ils produisent tous l’hésitation.
  • Oublier la dernière ligne : c’est elle qui maintient le doute jusqu’au présent.
  • Conclure que le fantôme existe : le texte, justement, ne le dit pas.

Barème — ce que le correcteur regarde

Les lignes chiffrées couvrent les 4 exercices et totalisent 20 points.

Ex.1Les erreurs de la copie repérées et corrigées

5 points — 1 par erreur : 0,5 pour la repérer, 0,5 pour la corriger

Point perdu si : Une erreur repérée mais non corrigée : 0,5 sur 1.

Ex.2Les analyses justifiées par la manipulation

3 points — 1,5 + 1,5

Point perdu si : Une nature affirmée sans manipulation ni argument : 0,5 sur 1,5.

Ex.3Le texte inconnu analysé et discuté

6 points — 1 + 1,5 + 1,5 + 1 + 1

Point perdu si : Une figure nommée sans démonstration ni effet : 0,5 point au plus pour la question.

Ex.4Le paragraphe d’analyse

6 points — 1 + 1,5 + 1 + 1,5 + 0,5 + 0,5

Point perdu si : Des procédés relevés sans lien avec l’hésitation : 3 sur 6 au plus.

Et maintenant ?

16 à 20Niveau maîtrisé
C'est le niveau le plus élevé, et tu le maîtrises. Pour aller plus loin, applique la méthode en quatre temps à chaque texte étudié en classe : c'est exactement ce que demande l'explication linéaire.
10 à 15Refaire ce niveau
Relis la correction de l'exercice où tu as perdu le plus de points. Réécris ton paragraphe en suivant les critères du corrigé, puis refais le niveau 3 dans une semaine.
moins de 10Niveau inférieur
Repasse par le niveau 2 — Standard : il entraîne pas à pas l'analyse guidée, du fait de langue au sens, dont ce niveau a besoin.

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