Français · Seconde · Contrôle Essentiel

Niveau 1 sur 3 · Essentiel

Grammaire et stylistique : Analyser la langue au service du sens

50 minutes noté sur 205 exercices

Le niveau Essentiel vérifie les bases du chapitre de grammaire et stylistique de seconde : reconnaître un embrayeur et un système d'énonciation, nommer les cinq figures exigeantes sur des exemples, employer les mots de l'analyse, repérer subjectivité et modalisation dans une lettre, identifier cinq registres à leurs marques. QCM, appariement, texte à trous, lecture d'un texte et reconnaissance des registres, avec une banque de mots et des indices.

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Ce que ce niveau évalue

  • Connaître le métalangage
  • Repérer un fait de langue
  • Lire un texte
  • Reconnaître un registre
  • Le métalangage du chapitre : embrayeur, énonciation ancrée ou coupée, registre, restriction
  • Les cinq figures exigeantes reconnues sur des exemples
  • Les mots de l’analyse : fait de langue, écart, effet, sens
  • Embrayeurs, subjectivité et modalisation repérés dans une lettre
  • Cinq registres reconnus à leurs marques

Avant de commencer

  • Un embrayeur ne se comprend que si l’on sait qui parle, où et quand.
  • Le passé simple et « ce jour-là » signalent un récit coupé de la situation.
  • Un registre se reconnaît à des marques et se définit par l’effet visé.
  • Dans un texte à trous, relis la phrase entière avec le mot choisi.

Exercice 1 — Le bon terme

4 pts · 8 min

Connaître le métalangage

Pour chaque phrase, coche la seule réponse juste.

  1. 1.Dans « Retrouve-moi ici à midi », le mot « ici »…

    0.5 pt
    • est un embrayeur : il désigne le lieu où se trouve celui qui parle
    • est un équivalent autonome, compréhensible sans contexte
    • est une marque de modalisation
    Voir la correction

    est un embrayeur : il désigne le lieu où se trouve celui qui parle

    « Ici » ne désigne rien tant qu’on ignore où se trouve le locuteur : son sens dépend de la situation, c’est la définition d’un embrayeur.

  2. 2.« Ce jour-là, le village entier sortit sur la place. » Cette phrase relève…

    0.5 pt
    • de l’énonciation ancrée
    • de l’énonciation coupée
    • d’aucun système d’énonciation
    Voir la correction

    de l’énonciation coupée

    Le passé simple et « ce jour-là », équivalent autonome de « aujourd’hui », permettent de comprendre la phrase sans rien savoir de celui qui parle.

  3. 3.Laquelle de ces phrases se comprend sans connaître la situation d’énonciation ?

    0.5 pt
    • « Je reviendrai demain. »
    • « Pose ce livre-ci sur la table. »
    • « Le roi mourut la veille de la bataille. »
    Voir la correction

    « Le roi mourut la veille de la bataille. »

    Les deux premières contiennent des embrayeurs (je, demain, ce livre-ci) ; la troisième n’emploie qu’un repère interne au récit, « la veille ».

  4. 4.Dans « Quel repas détestable ! », la subjectivité du locuteur passe par…

    0.5 pt
    • un embrayeur de temps
    • un adjectif évaluatif et une exclamation
    • un conditionnel
    Voir la correction

    un adjectif évaluatif et une exclamation

    « Détestable » juge au lieu de décrire, et le point d’exclamation dit l’émotion : le locuteur se manifeste sans se nommer.

  5. 5.Un roman qui cherche d’abord à faire rire relève…

    0.5 pt
    • du genre comique
    • du registre comique, quel que soit son genre
    • d’un niveau de langue familier
    Voir la correction

    du registre comique, quel que soit son genre

    Le roman est le genre ; faire rire est l’effet visé, donc le registre. Le niveau de langue, lui, décrit la situation de communication.

  6. 6.« Vous qui laissez fermer nos écoles, osez-vous encore parler d’avenir ? » relève du registre…

    0.5 pt
    • didactique
    • polémique
    • épique
    Voir la correction

    polémique

    Apostrophe (« Vous qui… »), attaque et question accusatrice : le texte cherche à faire combattre, c’est le registre polémique.

  7. 7.Dans « Elle ne boit que de l’eau », la tournure « ne… que » exprime…

    0.5 pt
    • une négation : elle ne boit pas
    • une restriction : elle boit de l’eau, et rien d’autre
    • une interrogation
    Voir la correction

    une restriction : elle boit de l’eau, et rien d’autre

    On peut la remplacer par « seulement » sans changer le sens : « Elle boit seulement de l’eau ». La phrase affirme, elle ne nie pas.

  8. 8.La question de grammaire de l’oral du bac porte sur une tournure qui relève…

    0.5 pt
    • de la négation, de l’interrogation ou de la subordination
    • des figures de style
    • des registres
    Voir la correction

    de la négation, de l’interrogation ou de la subordination

    Ce sont les trois domaines qui reviennent ; figures et registres relèvent de l’explication du texte, non de la question de grammaire.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Prendre « ici » ou « demain » pour des mots ordinaires : leur sens change avec celui qui parle.
  • Lire ne… que comme une négation, alors que la phrase affirme.
  • Confondre le genre d’un texte (roman, poème) avec son registre.

Exercice 2 — Cinq figures en situation

2.5 pts · 6 min

Connaître le métalangage

Relie chaque figure à l’exemple qui l’illustre, puis recopie la lettre dans la case.

  • Indice — Pour le chiasme, cherche des mots qui reviennent dans l’ordre inverse.
  • Indice — Pour le zeugme, cherche un verbe suivi de deux compléments, l’un concret, l’autre abstrait.
  • A« Elle aimait sa ville, et sa ville l’aimait. »
  • B« Moi, le vieux pont, j’ai porté vos pères et je porte vos enfants : écoutez-moi. »
  • C« Il quitta la salle et toutes ses illusions. »
  • D« La ville est un océan : les rues y roulent leurs courants, les passants y nagent, les autobus y glissent comme de lourds navires. »
  • E« La Guerre, casquée de fer, traverse les plaines et sème les morts derrière elle. »
  1. 1.Métaphore filée

    0.5 pt
    Voir la correction

    D

    L’image de l’océan se poursuit sur toute la phrase : courants, nageurs, navires. C’est ce prolongement qui fait la métaphore filée.

  2. 2.Allégorie

    0.5 pt
    Voir la correction

    E

    La Guerre, idée abstraite, reçoit un corps, un casque et des gestes : on pourrait la peindre, c’est le critère de l’allégorie.

  3. 3.Prosopopée

    0.5 pt
    Voir la correction

    B

    Le pont, une chose, prend la parole à la première personne et s’adresse aux habitants : c’est une prosopopée.

  4. 4.Chiasme

    0.5 pt
    Voir la correction

    A

    « elle… sa ville » puis « sa ville… l’aimait » : les deux termes reviennent en ordre inverse, selon le schéma AB / BA.

  5. 5.Zeugme

    0.5 pt
    Voir la correction

    C

    Un seul verbe, « quitta », régit un complément concret (la salle) et un complément abstrait (ses illusions) : c’est un zeugme.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Confondre allégorie et prosopopée : l’allégorie donne un corps à une idée, la prosopopée donne la parole.
  • Prendre le zeugme pour une métaphore : il ne contient aucune image, seulement une construction anormale.

Exercice 3 — Les mots de l'analyse

4 pts · 8 min

Connaître le métalangage

Complète les phrases avec les mots de la banque. Trois mots ne servent pas.

Banqueancréecoupéedidactiqueécarteffetlendemainlyriquemodalisationnominalesensveille
  1. 1.« Il poussa la porte. Une odeur de brûlé. » La seconde phrase n’a pas de verbe : c’est une phrase .

    0.5 pt
    Voir la correction

    nominale

    Une phrase sans verbe est une phrase nominale, ou averbale ; c’est un choix d’écriture, non une faute.

  2. 2.Placée après une phrase verbale complète, elle crée un par rapport à l’usage ordinaire du récit.

    0.5 pt
    Voir la correction

    écart

    Dire l’écart, c’est dire par rapport à quel usage ordinaire le choix se remarque.

  3. 3.L’ produit est une pause brutale : le lecteur sent l’odeur en même temps que le personnage.

    0.5 pt
    Voir la correction

    effet

    Après le fait et l’écart vient l’effet produit sur le lecteur : ici, une pause qui fait partager une sensation.

  4. 4.Cet effet doit enfin être relié au du passage, sinon l’analyse reste gratuite.

    0.5 pt
    Voir la correction

    sens

    Dernier temps de la méthode : relier l’effet au sens du passage, faute de quoi l’analyse reste locale.

  5. 5.Dans « Ce film est peut-être réussi », l’adverbe « peut-être » est une marque de .

    0.5 pt
    Voir la correction

    modalisation

    « Peut-être » règle le degré d’adhésion du locuteur à ce qu’il dit : c’est une marque de modalisation.

  6. 6.Transposé dans un récit, « demain » devient « le  ».

    0.5 pt
    Voir la correction

    lendemain

    Le récit coupé remplace l’embrayeur « demain » par son équivalent autonome, « le lendemain ».

  7. 7.Une lettre, un dialogue ou un journal intime relèvent de l’énonciation .

    0.5 pt
    Voir la correction

    ancrée

    Ces textes ont besoin de leur situation : qui écrit, à qui, quand. Ils emploient présent, passé composé, futur et embrayeurs.

  8. 8.Un manuel qui définit puis donne des exemples cherche à faire comprendre : son registre est .

    0.5 pt
    Voir la correction

    didactique

    Définitions et exemples sont les marques du registre didactique, dont l’effet visé est de faire comprendre.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Écrire « veille » pour « demain » : la veille est l’équivalent de « hier ».
  • Placer « coupée » pour une lettre : la lettre est ancrée dans sa situation.
  • Confondre « effet » et « sens » : l’effet porte sur le lecteur, le sens sur le passage entier.

Exercice 4 — Une lettre à analyser

4.5 pts · 12 min

Lire un texte

Lis le document 1, puis réponds aux questions.

  • Indice — Un embrayeur ne se comprend que si l’on sait qui écrit, quand et où.
  • Indice — Une marque de subjectivité peut être un adjectif qui juge ou une ponctuation qui exprime une émotion.
Document 1Une lettre de Léa
  1. Chère Inès,
  2. Je t’écris ce soir depuis ma chambre, au milieu de tristes cartons.
  3. Demain, nous quittons cette maison où j’ai grandi : quel crève-cœur !
  4. Le nouvel appartement serait plus lumineux, d’après mon père.
  5. Moi, je n’y crois guère, et ses « grandes fenêtres » me laissent froide.
  6. Viens me voir ici avant samedi, je t’en supplie.
  7. Léa

Source : Lettre rédigée pour ce contrôle ; Léa et Inès sont des personnages inventés.

  1. 1.Relève trois embrayeurs de natures différentes : un pronom personnel, un mot ou groupe de mots qui situe dans le temps, un mot qui situe dans l’espace.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Un pronom : « je » ou « t’ » (ligne 2), « nous » (ligne 3) ; le temps : « ce soir » (ligne 2) ou « demain » (ligne 3) ; l’espace : « ici » (ligne 6).

    Chacun de ces mots ne prend son sens que si l’on sait qui écrit, quand et d’où : hors de la lettre, « ici » ou « demain » ne désignent rien. 0,5 point par embrayeur juste.

  2. 2.Cette lettre relève…

    0.5 pt
    • de l’énonciation ancrée
    • de l’énonciation coupée
    Voir la correction

    de l’énonciation ancrée

    Présent (« je t’écris »), passé composé (« j’ai grandi ») et embrayeurs : c’est le système de la lettre, ancrée dans sa situation.

  3. 3.Lignes 2 et 3 : relève deux mots ou signes par lesquels Léa exprime sa peine sans la nommer, et dis de quoi il s’agit.

    1 pt
    Voir la correction

    « tristes » (ligne 2) : un adjectif évaluatif ; « quel crève-cœur ! » (ligne 3) : une exclamation.

    Léa ne se nomme pas pour dire sa peine : l’adjectif qui juge et la ponctuation expressive la disent pour elle. 0,5 point par marque nommée.

  4. 4.Ligne 4, le conditionnel « serait » exprime…

    0.5 pt
    • une hypothèse soumise à une condition
    • une information rapportée que Léa ne garantit pas
    • un futur dans le passé
    Voir la correction

    une information rapportée que Léa ne garantit pas

    Aucune condition n’est posée : Léa rapporte l’avis de son père (« d’après mon père ») sans le prendre à son compte.

  5. 5.Ligne 5 : quel signe de ponctuation montre que Léa met à distance les mots de son père ? Qu’en pense-t-elle ?

    1 pt
    Voir la correction

    Les guillemets autour de « grandes fenêtres » : Léa reprend les mots de son père sans y adhérer ; elle doute de cet argument, comme le confirme « je n’y crois guère ».

    Les guillemets de distance sont une marque de modalisation : ils signalent des mots que le locuteur cite sans les prendre à son compte.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Relever trois pronoms comme trois embrayeurs, alors que la consigne demande trois natures différentes.
  • Lire « serait » comme une hypothèse : aucune condition n’est posée.

Exercice 5 — Reconnaître un registre

5 pts · 14 min

Reconnaître un registre

Chaque extrait a été rédigé pour ce contrôle. Nomme son registre avec un mot de la banque, puis relève une marque qui le prouve.

Banquecomiquedidactiqueépiquefantastiquelyriquepathétiquepolémiquesatiriquetragique
  • Indice — Quatre mots de la banque ne servent pas.
  • Indice — Tragique : cherche un destin auquel le personnage ne peut pas échapper.
  • Indice — Fantastique : cherche ce qui empêche de choisir entre une explication naturelle et une explication surnaturelle.
  1. 1.« Des milliers de cavaliers couvraient la plaine, et le sol entier grondait sous leur galop. »

    1 pt
    Voir la correction

    Épique : le pluriel et l’hyperbole (« des milliers de cavaliers », « le sol entier »).

    Le nombre démesuré et le grondement de la terre agrandissent la scène : le registre épique grandit ce qu’il raconte. 0,5 pour le registre, 0,5 pour la marque.

  2. 2.« Ô ma rivière d’enfance, comme mon cœur se serre quand je te retrouve ! »

    1 pt
    Voir la correction

    Lyrique : la première personne, l’exclamation, le mot « cœur » ; l’apostrophe « Ô ma rivière ».

    Le locuteur exprime un sentiment personnel pour le faire partager : ce sont les marques du registre lyrique. Une seule marque suffit.

  3. 3.« Il avait fui le royaume pour échapper à l’oracle ; mais chaque route le ramenait vers la ville où l’attendait le malheur annoncé. »

    1 pt
    Voir la correction

    Tragique : la fatalité ; l’oracle annonce un malheur que la fuite même ne peut empêcher (« chaque route le ramenait »).

    Le personnage est écrasé par un destin qu’il ne peut pas fléchir : le malheur n’est pas seulement triste, il est inévitable.

  4. 4.« Était-ce le vent ? Il me sembla que le portrait avait cligné des yeux… mais peut-être avais-je rêvé. »

    1 pt
    Voir la correction

    Fantastique : les marques de doute (« il me sembla », « peut-être », la question « Était-ce le vent ? », les points de suspension).

    Le narrateur ne choisit pas entre le rêve et le surnaturel : le registre fantastique tient tout entier dans cette hésitation.

  5. 5.« — Tu as vu mes lunettes ? — Tes lunettes ? — Mes lunettes ! — Ah, tes lunettes… Elles sont sur ton nez. »

    1 pt
    Voir la correction

    Comique : la répétition de « lunettes » et le décalage final entre la recherche et la réponse évidente.

    La répétition fait attendre, et la chute révèle l’absurde de la situation : le registre comique cherche à faire rire.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Appeler tragique un extrait simplement triste : sans destin en jeu, ce n’est pas du tragique.
  • Nommer le registre sans relever de marque : un registre se prouve.
  • Dire de l’extrait d qu’il est merveilleux : rien n’y est tranché.

Barème — ce que le correcteur regarde

Les lignes chiffrées couvrent les 5 exercices et totalisent 20 points.

Ex.1Le bon terme reconnu

4 points — 0,5 par case juste

Point perdu si : Deux cases cochées pour une même phrase : la question vaut 0.

Ex.2Chaque figure reliée à son exemple

2,5 points — 0,5 par liaison juste

Point perdu si : Deux traits qui partent d’une même figure : aucune des deux liaisons n’est comptée.

Ex.3Les phrases complétées avec le terme juste

4 points — 0,5 par blanc

Point perdu si : Un intrus de la banque placé dans un blanc : « coupée » pour une lettre, « veille » pour « demain ».

Ex.4La lettre lue et ses marques relevées

4,5 points — 1,5 + 0,5 + 1 + 0,5 + 1

Point perdu si : Une marque relevée sans sa nature : la moitié des points de la question.

Ex.5Les registres reconnus et prouvés

5 points — 1 par extrait : 0,5 pour le registre, 0,5 pour la marque

Point perdu si : Un registre juste sans marque relevée : 0,5 sur 1.

Et maintenant ?

17 à 20Niveau supérieur
Les bases sont solides. Passe au niveau 2 — Standard : tu y transposeras un récit, liras un article de presse, prouveras une analyse de grammaire et mèneras l'analyse d'un passage, fait par fait.
12 à 16Refaire ce niveau
Relis la correction des exercices où tu as perdu des points. Refais le niveau 1 dans quelques jours en cachant la banque de mots ; au-delà de 16, passe au niveau 2.
moins de 12Revoir la fiche
Le niveau 1 est le point de départ : reprends la fiche de cours et son mémo, en particulier les embrayeurs, les cinq figures et le tableau des registres, puis refais ce contrôle.

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