Histoire-Géographie · Première · Contrôle Approfondi
Niveau 3 sur 3 · ApprofondiHistoire : L'Europe et le monde au XIXe siècle
Le niveau Approfondi évalue le chapitre sur l'Europe et le monde au XIXe siècle sans aucune aide : confronter un rapport colonial et une pétition d'habitants colonisés, corriger les erreurs de raisonnement d'une copie, relier industrialisation, question sociale, nationalisme et impérialisme, et composer sur les deux visages du nationalisme.
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Ce que ce niveau évalue
- Confronter deux documents
- Repérer une erreur et la corriger
- Relier des notions
- Composer une réponse construite
- La confrontation critique d’un rapport colonial et d’une pétition de colonisés
- Les erreurs de raisonnement d’une copie, repérées et corrigées
- Les liens entre industrialisation, question sociale, nationalisme et impérialisme
- Une composition sur les deux visages du nationalisme au XIXe siècle
Avant de commencer
- Confronter deux documents, c’est chercher ce qu’ils disent l’un de l’autre, et ce que chacun tait.
- Une erreur se corrige en deux temps : dire ce qui est faux, puis écrire ce qui est juste.
- Pour relier deux notions, demande-toi laquelle pousse à l’autre, ou ce qui les rapproche et les distingue.
- Une composition : une introduction qui définit et annonce, des parties qui démontrent, une conclusion qui répond.
Exercice 1 — Deux regards sur un même territoire
6 pts · 16 minConfronter deux documents
Les documents 1 et 2 portent sur le même territoire imaginaire. Confronte-les en répondant aux questions.
- Le territoire est calme depuis notre arrivée ; les indigènes reconnaissent les bienfaits de notre présence.
- Nous avons ouvert une école où les enfants apprennent notre langue et nos lois.
- La route vers le port avance, grâce au travail fourni par les villages.
- Quelques chefs refusent encore l’impôt, par ignorance plus que par mauvaise volonté.
- Il faudra du temps pour élever ces populations jusqu’à nous.
Source : Texte rédigé pour ce contrôle d’après le cours, à la manière d’un rapport administratif colonial de la fin du XIXe siècle. L’auteur et le territoire sont imaginaires.
- Nous, habitants des villages de la côte, adressons cette requête au gouverneur.
- Vous nous avez enseigné que la loi est la même pour tous.
- Or l’impôt nouveau a été fixé sans que nos chefs soient consultés : nous refusons de le payer.
- Nos fils, formés dans votre école, ont rédigé cette lettre et la défendront devant vos juges.
- Nous ne demandons pas la guerre ; nous demandons d’être traités selon votre droit.
Source : Texte rédigé pour ce contrôle d’après le cours ; il imagine la démarche de sociétés colonisées qui retournent le droit et l’école du colonisateur contre lui. Les auteurs sont imaginaires.
1.Le document 1 affirme que le territoire est « calme ». Montre, avec le document 1 lui-même, que cette affirmation est fragile.
1.5 ptVoir la correction
La ligne 4 reconnaît que des chefs refusent l’impôt : c’est une résistance, que l’auteur minimise en l’attribuant à l’« ignorance ». Le rapport se contredit : le calme est affirmé, pas établi.
Un document peut être critiqué de l’intérieur : ici, l’auteur livre lui-même l’indice qui dément sa conclusion.
2.Compare la façon dont chaque document explique le refus de l’impôt. Que révèle cet écart ?
1.5 ptVoir la correction
Pour l’administrateur, c’est de l’ignorance ; pour les pétitionnaires, c’est un refus raisonné, contre un impôt fixé sans consultation. L’administrateur ôte toute raison à une résistance : son vocabulaire renseigne sur son regard, pas sur les habitants.
Les mots qui jugent se rapportent à celui qui parle ; confronter les sources rend visible ce jugement.
3.Le document 1 présente l’école comme un bienfait ; le document 2 en montre un autre usage. Lequel ? Quelle attitude des sociétés colonisées illustre-t-il ?
1.5 ptVoir la correction
Les fils formés à l’école rédigent la pétition et la défendront devant les juges : les colonisés s’approprient l’école et le droit du colonisateur pour les retourner contre lui.
C’est l’une des formes de résistance du cours : non pas la guerre, mais l’usage des outils reçus.
4.Un historien qui ne disposerait que du document 1 pourrait-il écrire une histoire complète de ce territoire ? Justifie avec la méthode d’analyse.
1.5 ptVoir la correction
Non. Le rapport tait le point de vue des habitants, minimise leurs résistances et ne dit rien du coût du « travail fourni par les villages ». Il faut confronter les sources et distinguer ce que l’auteur affirme de ce qui est établi : une histoire sans acteur colonisé décrit la moitié du sujet.
Chercher ce que le document tait, puis confronter, sont deux étapes de la méthode ; une source administrative seule ne suffit pas.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Résumer chaque document séparément sans jamais les mettre en regard.
- Croire le rapport sur parole parce qu’il émane d’un administrateur.
- Ne voir dans la pétition qu’une soumission, alors qu’elle refuse l’impôt.
Exercice 2 — Trouve l'erreur
4 pts · 10 minRepérer une erreur et la corriger
La copie du document 3 contient quatre erreurs. Pour chacune, indique la ou les lignes, explique ce qui est faux et écris ce qu’il fallait dire.
- Au XIXe siècle, les Européens colonisent pour une seule raison : s’enrichir.
- La preuve : chaque territoire conquis a rapporté plus qu’il n’avait coûté.
- En Afrique, les frontières ont été tracées d’un commun accord avec les peuples africains.
- Cette puissance repose sur une population en forte hausse, car la natalité et la mortalité baissent au même rythme.
- Enfin, la conquête prouve que la civilisation européenne était supérieure aux autres.
Source : Copie rédigée pour ce contrôle : elle contient des erreurs volontaires.
Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :
1.Les deux premières lignes — une cause unique, appuyée sur une preuve fausse.
1 ptVoir la correction
Le motif économique existe mais ne suffit pas : rivalité entre puissances, prestige national, intérêt stratégique, missions religieuses et discours de hiérarchie des civilisations s’y ajoutent. Et la « preuve » est fausse : plusieurs territoires conquis à grands frais n’ont jamais rien rapporté.
Devant une cause unique, chercher ce qu’elle n’explique pas : ici, les conquêtes sans profit.
2.Ligne 3 — un accord imaginaire.
1 ptVoir la correction
Les Africains n’ont pas été consultés : les frontières résultent de négociations entre Européens, qui leur ont imposé le résultat.
Le cours insiste sur ce point : le partage se fait sans les peuples concernés.
3.Ligne 4 — une croissance de la population mal expliquée.
1 ptVoir la correction
Si natalité et mortalité baissaient au même rythme, l’écart ne se creuserait pas. C’est parce que la mortalité recule d’abord, la natalité restant forte, que la population croît.
La croissance vient du décalage entre les deux courbes, pas de leur baisse simultanée.
4.Ligne 5 — un discours de justification pris pour un fait.
1 ptVoir la correction
La copie reprend à son compte le discours de hiérarchie des civilisations, qui servait à justifier la conquête. L’historien rapporte ce discours à ceux qui le tiennent ; il ne le prend pas pour un fait établi.
Distinguer ce qu’une source affirme de ce qui est établi vaut aussi pour sa propre copie.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Corriger la ligne 1 sans relever que la « preuve » de la ligne 2 est fausse.
- Ne pas voir l’erreur de la ligne 4 : le décalage entre mortalité et natalité est le mécanisme même de la croissance.
Exercice 3 — Relier les notions
4 pts · 10 minRelier des notions
Sur le schéma, chaque flèche numérotée relie deux notions du chapitre. Explique chaque lien en deux ou trois phrases.
Fais glisser pour voir toute la figure.
1.Lien 1 — industrialisation et question sociale.
1 ptVoir la correction
L’usine fait naître une classe ouvrière nombreuse, aux conditions de travail et de logement très dures. C’est contre cette organisation de l’économie que se lèvent les doctrines socialistes et que se forment les syndicats.
Sans industrialisation, ni classe ouvrière nombreuse ni question sociale : la première rend la seconde possible.
2.Lien 2 — industrialisation et impérialisme.
1 ptVoir la correction
Les usines réclament des matières premières et des débouchés : c’est un moteur réel de l’expansion. Mais ce moteur n’explique ni le calendrier ni la géographie des conquêtes : c’est une cause parmi d’autres.
Le lien existe ; le réduire à une cause unique est le piège du chapitre.
3.Lien 3 — nationalisme et impérialisme.
1 ptVoir la correction
Le prestige national et la rivalité entre puissances poussent à conquérir, parfois seulement pour priver un concurrent d’un territoire.
Une colonie vaut aussi parce qu’elle est refusée au voisin : la compétition entre nations nourrit l’expansion.
4.Lien 4 — nationalisme d’exclusion et discours de hiérarchie des civilisations : un point commun, une différence.
1 ptVoir la correction
Point commun : tous deux tracent une frontière entre un « nous » et des « autres » jugés extérieurs ou inférieurs. Différence : le premier définit la nation contre une partie de ses habitants ; le second sert à justifier la domination de peuples colonisés.
Comparer, c’est donner un point commun et une différence, chacun appuyé sur le cours.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Définir chaque notion séparément sans écrire le lien.
- Pour le lien 2, présenter l’industrie comme la cause unique de l’expansion.
- Pour le lien 4, donner une différence sans point commun.
Exercice 4 — Composition
6 pts · 22 minComposer une réponse construite
Rédige une composition d’une trentaine de lignes sur le sujet : « Le nationalisme au XIXe siècle : une force qui rassemble ou qui divise ? » Fais une introduction, deux ou trois parties et une conclusion.
Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :
1.Introduction : définition, problématique, plan annoncé.
1 ptVoir la correction
Exemple : « Au XIXe siècle, l’idée que chaque peuple doit disposer de son État transforme l’Europe. Mais cette force crée-t-elle de l’unité ou de la division ? Nous verrons qu’elle bâtit des États neufs, qu’elle fragilise des empires, et qu’elle prend deux visages. »
L’introduction définit le terme du sujet et pose la question : le correcteur sait où va la copie.
2.Une partie sur la force de rassemblement, avec des exemples précis.
1.5 ptVoir la correction
Des États neufs naissent de territoires jusque-là divisés : l’exemple allemand, achevé en 1871, et l’exemple italien, contemporain, sont attendus.
Une partie démontre une idée, avec des exemples datés quand le cours les date.
3.Une partie sur la force de division, avec des exemples précis.
1.5 ptVoir la correction
Une autre partie montre l’effet inverse : des ensembles multinationaux menacés d’éclatement ; les cas austro-hongrois et ottoman sont attendus.
C’est l’autre sens de la même force : ce qui rassemble ici divise là.
4.Le dépassement : deux nationalismes.
1 ptVoir la correction
Distinguer un nationalisme d’émancipation, qui réclame un État pour un peuple sans État, et un nationalisme d’exclusion, qui rejette ceux qui n’appartiendraient pas à la nation ; ils coexistent, et le second gagne du terrain en fin de siècle.
Cette distinction permet de répondre avec nuance : la division n’est pas seulement entre États, elle traverse aussi les nations.
5.Conclusion et expression : une réponse nette, le vocabulaire du cours, des transitions.
1 ptVoir la correction
Exemple : « Le nationalisme rassemble et divise à la fois : c’est la même idée qui fonde l’Allemagne et ébranle l’Autriche-Hongrie, et qui peut libérer un peuple ou en exclure une partie. »
La conclusion répond à la question posée, sans ajouter d’idée nouvelle.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Ne traiter que l’unification, en oubliant la menace sur les empires.
- Réciter les exemples sans répondre à la question « rassemble ou divise ».
- Oublier la distinction entre émancipation et exclusion, qui permet de dépasser l’alternative.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 4 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1Les deux documents confrontés
6 points — 1,5 par question
Point perdu si : Chaque document résumé séparément, sans confrontation : 3 sur 6 au plus.
Ex.2Les erreurs repérées et corrigées
4 points — 1 par erreur : 0,5 pour la repérer, 0,5 pour la corriger
Point perdu si : Une erreur repérée mais non corrigée : 0,5 sur 1.
Ex.3Les liens entre notions expliqués
4 points — 1 par lien
Point perdu si : Deux notions définies séparément, sans dire ce qui les relie : 0,5 sur 1.
Ex.4La composition
6 points — 1 + 1,5 + 1,5 + 1 + 1
Point perdu si : Des exemples récités sans répondre à la question « rassemble ou divise » : 3 sur 6 au plus.
Et maintenant ?
- 16 à 20Niveau maîtrisé
- C'est le niveau le plus élevé, et tu le maîtrises. Pour aller plus loin, applique la méthode « analyser un document sur l'expansion européenne » aux documents de ton manuel, en cherchant à chaque fois ce que la source tait.
- 10 à 15Refaire ce niveau
- Relis la correction de l'exercice où tu as perdu le plus de points. Réécris ta composition en suivant le plan du corrigé, puis refais le niveau 3 dans une semaine.
- moins de 10Niveau inférieur
- Repasse par le niveau 2 — Standard : il entraîne l'analyse guidée et le paragraphe argumenté, dont ce niveau a besoin.
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Aucun ne repose une question d'un autre : chacun couvre le chapitre sous un autre angle. À passer quelques jours plus tard, une fois celui-ci corrigé.
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