Histoire-Géographie · Première · Contrôle Approfondi
Niveau 3 sur 3 · ApprofondiHistoire : Crises et totalitarismes (1914-1945)
Le niveau Approfondi évalue « Crises et totalitarismes (1914-1945) » sans aucune aide : corriger les erreurs d'une copie sur le génocide et la Shoah, relier la guerre, les traités, les génocides et les totalitarismes, discuter une affirmation sur la crise 1929-1933, et construire un développement qui compare les régimes totalitaires sans les confondre.
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Ce que ce niveau évalue
- Repérer une erreur et la corriger
- Raisonner et justifier
- Discuter une affirmation
- Construire un développement
- Les erreurs d’une copie sur le génocide et la Shoah, repérées et corrigées
- Les liens entre la guerre, les traités, les génocides et les totalitarismes
- Une affirmation sur la crise 1929-1933, discutée et reformulée
- Un développement construit : comparer les régimes totalitaires sans les confondre
Avant de commencer
- Une erreur se corrige en deux temps : dire ce qui est faux, puis écrire ce qui est juste.
- Pour relier deux notions, demande-toi laquelle rend l’autre possible, ou ce qui les rapproche et les distingue.
- Discuter une affirmation, c’est dire ce qu’elle a de juste, ce qu’elle a de faux, et ce qu’il faut écrire à la place.
- Comparer, c’est énoncer les ressemblances et les différences, sans conclure à l’identité.
Exercice 1 — Trouve l'erreur
5 pts · 12 minRepérer une erreur et la corriger
Une seule ligne du document 1 est juste ; les cinq autres contiennent chacune une erreur. Pour chaque erreur, indique la ligne, explique ce qui est faux et écris ce qu’il fallait dire.
- Le génocide arménien, perpétré à partir de 1915 dans l’Empire ottoman, est le premier génocide reconnu du siècle.
- Mais un crime ne mérite ce nom que s’il est le plus meurtrier de son époque.
- Ainsi, toute violence systématique contre des civils devient un génocide.
- Pour la Shoah, tout commence directement dans les centres de mise à mort.
- On connaît son bilan, environ six millions de victimes, par les seuls souvenirs des survivants.
- Comme les documents de l’époque sont ceux des persécuteurs, l’historien doit reprendre leurs mots pour rester neutre.
Source : Copie rédigée pour ce contrôle : elle contient des erreurs volontaires.
Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :
1.Ligne 2 — le génocide défini par son ampleur.
1 ptVoir la correction
Le génocide se définit par sa nature, un groupe visé pour ce qu’il est, et non par le nombre de ses victimes : un crime peut être un génocide sans être le plus meurtrier de son époque.
Confondre nature et ampleur fait du mot un superlatif et le prive de ce qu’il permettait de dire.
2.Ligne 3 — deux qualifications confondues.
1 ptVoir la correction
Des violences méthodiques contre des civils relèvent du crime contre l’humanité ; pour parler de génocide, il faut en plus la volonté d’anéantir un groupe comme tel.
Les trois qualifications ne se recouvrent pas : chacune a son critère propre.
3.Ligne 4 — les étapes de la Shoah effacées.
1 ptVoir la correction
Elle ne commence pas là : exclusion juridique, spoliation et concentration précèdent les tueries commises à l’est ; la déportation vers ces centres vient en dernier.
Réduire la Shoah à sa dernière étape fait disparaître l’organisation qui la prépare, l’un des éléments du génocide.
4.Ligne 5 — la source du bilan.
1 ptVoir la correction
L’ordre de grandeur d’environ six millions est établi par les historiens à partir des archives des administrations qui ont organisé la Shoah.
Ce sont les documents des persécuteurs eux-mêmes qui permettent d’établir l’ordre de grandeur sur lequel les historiens s’accordent.
5.Ligne 6 — la langue des persécuteurs adoptée.
1 ptVoir la correction
Citer ces documents est nécessaire pour établir les faits, mais s’en tenir à leur langue reviendrait à adopter le regard de ceux qui ont organisé la destruction : les victimes doivent être nommées comme des personnes.
Reprendre le vocabulaire administratif de la destruction n’a rien de neutre : c’est voir les victimes avec les yeux de leurs persécuteurs.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Signaler la ligne 1 comme fausse : elle est exacte.
- Repérer l’erreur de la ligne 6 sans voir que citer les archives reste nécessaire : c’est leur langue qu’il ne faut pas adopter.
Exercice 2 — Relier les notions
4 pts · 10 minRaisonner et justifier
Sur le schéma, chaque flèche numérotée relie deux notions du chapitre. Explique chaque lien en deux ou trois phrases.
Fais glisser pour voir toute la figure.
1.Lien 1 — flèche simple : explique la conséquence.
1 ptVoir la correction
La guerre épuise et défait les empires qui s’y sont engagés : à son issue, quatre d’entre eux se sont effondrés. Leur disparition oblige à redessiner les frontières, ce que font les traités de paix.
Relier, c’est dire ce qui rend l’autre possible : la guerre provoque l’effondrement, qui appelle un nouveau découpage.
2.Lien 2 — flèche simple : dis ce qui en découle.
1 ptVoir la correction
Les nouvelles frontières ne coïncident pas partout avec les peuples : des populations se retrouvent rattachées à un pays qu’elles ne considèrent pas comme le leur, d’où des contestations qui durent.
La paix contient ses propres tensions : un principe appliqué inégalement crée des insatisfaits.
3.Lien 3 — flèche double : une ressemblance, un écart.
1 ptVoir la correction
Point commun : l’une et l’autre mobilisent la société entière, avec propagande et contrôle de l’information. Différence : la guerre totale mobilise pour gagner un conflit, alors que le régime totalitaire, avec son parti unique et son idéologie obligatoire, prétend transformer durablement la société et les individus.
Comparer, c’est donner une ressemblance et une différence, chacune appuyée sur le cours.
4.Lien 4 — flèche double : un trait partagé, une distinction.
1 ptVoir la correction
Point commun : ce sont deux génocides, des destructions planifiées de groupes visés pour ce qu’ils sont. Différence : le génocide arménien est perpétré à partir de 1915 dans l’Empire ottoman, pendant la Grande Guerre ; la Shoah est organisée par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les deux crimes relèvent de la même qualification ; les comparer n’efface ni leurs auteurs ni leur contexte.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Définir chaque notion séparément sans écrire le lien.
- Pour les flèches doubles, donner des ressemblances sans aucune différence, ou l’inverse.
Exercice 3 — Discuter une affirmation
4 pts · 10 minDiscuter une affirmation
Un élève écrit : « La crise de 1929-1933 a fabriqué les régimes autoritaires. » En huit à dix lignes, discute cette affirmation : dis ce qu’elle a de juste, ce qu’elle a de faux, et propose une formulation exacte.
Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :
1.Ce qu’il y a de juste, appuyé sur des faits.
1.5 ptVoir la correction
Le constat de départ est exact : en ruinant entreprises et paysans et en privant d’emploi des foules de travailleurs, la crise ébranle les démocraties.
Discuter commence par reconnaître la part exacte d’une affirmation, faits à l’appui.
2.Ce qu’il y a de faux, et pourquoi.
1.5 ptVoir la correction
« Fabriqué » suppose un lien mécanique : la crise n’a pas produit à elle seule ces régimes. Elle a affaibli les démocraties et rendu audibles des discours qui ne l’étaient pas, ce qui n’est pas la même chose.
Le verbe fait toute l’erreur : il transforme une condition favorable en cause suffisante.
3.Une formulation exacte, en une phrase.
1 ptVoir la correction
Par exemple : « La crise de 1929-1933 a affaibli les démocraties et rendu audibles des discours autoritaires, sans produire mécaniquement les régimes autoritaires. »
La conclusion d’une discussion remplace la phrase fausse par une phrase juste.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Approuver l’affirmation en bloc, ou la rejeter en bloc : elle contient une part juste.
- Discuter sans proposer de formulation exacte à la fin.
Exercice 4 — Développement construit
7 pts · 26 minConstruire un développement
Rédige un développement construit d’une vingtaine de lignes : « Le concept de totalitarisme permet-il de comparer le nazisme, le régime de Staline et le fascisme italien sans les confondre ? » Fais une introduction, deux parties et une conclusion.
Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :
1.Introduction : le concept défini, les trois régimes nommés, la question posée et le plan annoncé.
1 ptVoir la correction
Exemple : « Un régime totalitaire ne se contente pas de confisquer le pouvoir : il prétend transformer la société et les individus. Le concept réunit le nazisme, le régime de Staline et le fascisme italien. Nous verrons ce qu’il permet de repérer en commun, puis les différences qu’il ne doit pas effacer. »
L’introduction définit le mot clé et annonce le chemin : le correcteur sait où va la copie.
2.Première partie : les mécanismes communs que le concept fait apparaître.
2 ptVoir la correction
Un parti seul au pouvoir, une doctrine imposée, un chef vénéré, une violence de masse contre des ennemis désignés, une existence encadrée jusque dans les loisirs ; et l’adhésion exigée, au-delà de l’obéissance.
Le concept est un outil : il sert d’abord à repérer des mécanismes communs.
3.Seconde partie : les différences de nature et d’ampleur.
2 ptVoir la correction
Le nazisme désigne ses victimes selon un critère racial et conduit une politique d’extermination ; chez Staline, la terreur s’abat sur des groupes de classe ou d’opinion que le pouvoir désigne lui-même ; l’emprise du régime de Mussolini reste plus limitée.
Les critères de désignation des ennemis et le degré de contrôle diffèrent : c’est ce que la comparaison ne doit pas effacer.
4.Une précaution de méthode, appliquée dans la copie.
1 ptVoir la correction
Ne pas prendre la propagande de ces régimes pour la réalité de leur emprise, et dire, régime par régime, qui est persécuté et pourquoi.
C’est la méthode du cours : la propagande dit un projet ; seul le critère nommé permet de comparer sans confondre.
5.Conclusion et expression : une réponse nette, le vocabulaire du cours, des connecteurs.
1 ptVoir la correction
Exemple : « Le concept permet donc de comparer ces régimes, à condition de s’en servir pour repérer des mécanismes communs et non pour effacer leurs différences : comparer n’est pas assimiler. »
La conclusion répond à la question posée, en nuançant.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Juxtaposer trois descriptions de régimes sans jamais les comparer.
- Conclure de méthodes semblables à des régimes identiques.
- Oublier de définir le totalitarisme dans l’introduction.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 4 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1Les erreurs repérées et corrigées
5 points — 1 par erreur : 0,5 pour la repérer, 0,5 pour la corriger
Point perdu si : Une erreur repérée mais non corrigée : 0,5 sur 1.
Ex.2Les liens entre notions expliqués
4 points — 1 par lien
Point perdu si : Deux notions définies séparément, sans le lien qui les unit : 0,5 sur 1.
Ex.3L’affirmation discutée
4 points — 1,5 + 1,5 + 1
Point perdu si : Une affirmation approuvée ou rejetée en bloc : 1,5 sur 4 au plus.
Ex.4Le développement construit
7 points — 1 + 2 + 2 + 1 + 1
Point perdu si : Trois régimes décrits l’un après l’autre sans comparaison : 1 sur 2 pour chaque partie.
Et maintenant ?
- 16 à 20Niveau maîtrisé
- C'est le niveau le plus élevé, et tu le maîtrises. Pour aller plus loin, applique la méthode « caractériser un régime totalitaire à partir de documents » aux documents de ton manuel, en nommant à chaque fois le critère selon lequel les victimes sont visées.
- 10 à 15Refaire ce niveau
- Relis la correction de l'exercice où tu as perdu le plus de points. Réécris ton développement en suivant le plan du corrigé, puis refais le niveau 3 dans une semaine.
- moins de 10Niveau inférieur
- Repasse par le niveau 2 — Standard : il entraîne la qualification des crimes, l'analyse guidée d'un texte et le paragraphe démonstratif, dont ce niveau a besoin.
Les autres contrôles de ce chapitre
Aucun ne repose une question d'un autre : chacun couvre le chapitre sous un autre angle. À passer quelques jours plus tard, une fois celui-ci corrigé.
Les autres contrôles d'histoire-géographie Première
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