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Grammaire et stylistique : Analyser la langue au service du sens

Programme en vigueur — arrêtés du 17 janvier 2019, applicable en Seconde depuis la rentrée 2019. Voir le texte

Figures de style complètes : métaphore filée, allégorie, prosopopée, chiasme, zeugme. Énonciation : deixis, embrayeurs, marques de subjectivité. Système des temps dans un texte narratif et argumentatif. Registres littéraires : lyrique, épique, tragique, comique, satirique, polémique, didactique, fantastique. La modalisation : nuancer un propos (peut-être, il semble que, selon…). Question de grammaire du Bac : analyser une tournure syntaxique.

La règle d'or

La grammaire cesse d'être une discipline séparée : on ne demande plus ce qu'un mot est, mais ce que ce choix-là produit dans le texte.

L'erreur que tout le monde fait

Lire un conditionnel de presse comme un fait établi.

« Le ministre aurait démissionné » n'affirme rien : le conditionnel signale que l'information n'est pas confirmée. C'est une précaution juridique autant qu'une nuance de sens, et elle change entièrement ce que la phrase engage celui qui l'écrit.

Se demander, devant tout conditionnel qui n'exprime pas une hypothèse, qui garantit l'information. La réponse est parfois : personne.

Notions à maîtriser

  • figure de style
  • énonciation
  • registre littéraire
  • modalisation
  • chiasme
  • zeugme
  • prosopopée
  • système des temps
1

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Fiche de révision

Analyser la langue pour mieux comprendre

Grammaire et stylistique : Analyser la langue au service du sens 1. La phrase et ses composants Une phrase est un ensemble de mots organisés autour d’un verbe conjugué. Elle peu

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La grammaire cesse, cette année, d'être une discipline séparée. On ne demande plus « quelle est la nature de ce mot ? » mais « qu'est-ce que ce choix produit ? ». Un conditionnel dans un article de presse, un pluriel dans un récit de bataille, une virgule qui isole un adjectif : ce sont des faits de langue, et ce sont des faits de sens. Les analyser est exactement ce que l'explication linéaire demande.

1Qui parle, d'où, à quel moment

Définition

énonciation, deixis et embrayeurs — L'énonciation est l'acte de produire un énoncé : quelqu'un parle, à quelqu'un, quelque part, à un moment. Les embrayeurs — ou déictiques — sont les mots dont le sens dépend entièrement de cette situation : je, tu, ici, maintenant, demain, ce livre-ci. Hors situation, ils ne désignent rien. C'est ce qui distingue un texte qui a besoin d'un contexte d'un texte qui se suffit. On appelle deixis l'ensemble de ce mécanisme — le fait qu'un énoncé désigne en s'appuyant sur sa situation. S'y ajoutent les marques de subjectivité : tout ce par quoi le locuteur se manifeste sans se nommer — adjectifs évaluatifs, verbes de sentiment, exclamations, ponctuation expressive.

ancrée dans la situation« Je pars demain, et je t’écrirai d’ici. »présent, passé composé, futurje · tu · ici · demain · ce livreon a besoin de savoir qui parle, où et quandcoupée de la situation« Il partit le lendemain et lui écrivit. »passé simple, imparfaitil · là · le lendemain · ce jour-làle texte se comprend seul, sans contextedeux systèmes, deux séries de mots — et un basculement toujours signifiant
Deux systèmes, et deux séries de mots qui ne se mélangent pas.
Règle

Deux systèmes d'énonciation se partagent les textes. L'énonciation ancrée — lettre, dialogue, discours, journal — emploie le présent, le passé composé, le futur, et les embrayeurs. L'énonciation coupée — le récit — emploie le passé simple et l'imparfait, et remplace les embrayeurs par leurs équivalents autonomes : ce jour-là pour aujourd'hui, la veille pour hier. Un basculement de l'un à l'autre est toujours un effet : le récit s'approche du lecteur, ou s'en éloigne.

Définition

modalisation — La modalisation est l'ensemble des marques par lesquelles un locuteur indique le degré d'adhésion qu'il accorde à ce qu'il dit. Elle passe par des verbes (sembler, paraître, devoir), des adverbes (peut-être, sans doute, certainement), le conditionnel (le suspect aurait fui), des guillemets de distance, ou des suffixes péjoratifs (un écriv-ain, une réunion-nette). Repérer la modalisation, c'est mesurer ce que l'auteur prend à son compte.

Piège

Lire un conditionnel de presse comme un fait établi.

Pourquoi — « Le ministre aurait démissionné » n'affirme rien : le conditionnel signale que l'information n'est pas confirmée. C'est une précaution juridique autant qu'une nuance de sens, et elle change entièrement ce que la phrase engage.

Le réflexe — devant tout conditionnel hors hypothèse, se demander qui garantit l'information. Souvent : personne.

2Les figures qu'il faut savoir nommer

Règle

Aux figures du collège s'ajoutent cinq figures exigeantes. La métaphore filée poursuit une même image sur plusieurs phrases ou plusieurs vers. L'allégorie donne un corps et des attributs à une idée abstraite — la Justice aveugle, la Mort en faucheuse. La prosopopée fait parler un mort, un absent ou une chose. Le chiasme croise deux termes en miroir, selon le schéma AB / BA : « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. » Le zeugme coordonne deux compléments qui n'appartiennent pas au même ordre : « vêtu de probité candide et de lin blanc ».

Exemple

Pourquoi le zeugme de Hugo — « vêtu de probité candide et de lin blanc » — produit-il un effet, alors qu'il ne comporte aucune image ?

  1. Le fait de langue : un seul verbe, vêtu de, régit deux compléments — l'un abstrait, la probité, l'autre concret, le lin.
  2. L'anomalie : on ne se vêt pas d'une qualité morale. La construction traite les deux sur le même plan, ce que la logique refuse.
  3. L'effet : la vertu devient un vêtement, aussi visible et aussi porté que le lin. Booz ne possède pas la probité, il la porte.
  4. Le sens : c'est un portrait moral obtenu sans un seul adjectif de jugement. La syntaxe fait le travail que la description aurait fait plus lourdement.un fait de grammaire — une coordination — devient ici un fait de style, puis un fait de sens.

sept mots, aucune métaphore explicite, et un homme entier

3Les registres

Définition

registre — Un registre est l'effet qu'un texte cherche à produire sur celui qui le reçoit, et l'ensemble des marques par lesquelles il l'obtient. Il ne se confond ni avec le genre — un roman peut être comique, un poème polémique — ni avec le niveau de langue, qui décrit la situation de communication et non l'émotion visée.

un registre se reconnaît à des marques, et se définit par ce qu’il produit sur le lecteurlyriqueje, exclamations, cœurfaire partagerépiquepluriel, hyperbolegrandirtragiquedestin, fatalitéfaire craindrecomiquedécalage, répétitionfaire riresatiriqueironie, caricaturefaire rire contrepolémiqueattaque, apostrophefaire combattredidactiquedéfinitions, exemplesfaire comprendrefantastiquedoute, « il sembla »faire hésiterun même texte peut en mêler deux : le satirique est du comique tourné en arme,le pathétique du lyrique poussé jusqu’à la pitié.
Huit registres : à gauche les marques, à droite l'effet.
Piège

Confondre registre tragique et registre pathétique.

Pourquoi — le tragique suppose une fatalité — le personnage est écrasé par une force qui le dépasse et qu'il ne peut pas fléchir. Le pathétique cherche seulement à émouvoir, sans destin en jeu. Un enfant malade est pathétique ; Œdipe est tragique.

Le réflexe — chercher la fatalité. Si le malheur pouvait être évité, ce n'est pas du tragique.

Le registre fantastique est le seul qui se définisse par une hésitation : le texte laisse le lecteur incapable de trancher entre une explication rationnelle et une explication surnaturelle. Ses marques sont donc des marques de doute — modalisation partout, il sembla, on eût dit, points de suspension, narrateur à la première personne qui met en cause sa propre perception. Un texte qui tranche cesse d'être fantastique : il devient merveilleux, ou policier.

4La question de grammaire du Bac

Règle

L'oral du baccalauréat de français comporte une question de grammaire portant sur une tournure syntaxique précise du texte. Trois domaines reviennent : la négation (totale ou partielle, portée du ne… que), l'interrogation (totale ou partielle, directe ou indirecte, marques employées) et la subordination (nature de la proposition, mot subordonnant, fonction). L'exercice se prépare dès la seconde, parce qu'il ne s'improvise pas : il demande un métalangage exact et un raisonnement court.

Analyser une tournure syntaxique en trois temps

  1. Délimiter exactement ce qu'on analyse : recopier la phrase ou le segment, sans l'abréger et sans le déformer.
  2. Décrire avec le vocabulaire juste : « proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de concession, introduite par bien que, complément de phrase ». Nommer la nature, le mot subordonnant, la fonction.
  3. Manipuler pour prouver : déplacer, supprimer, remplacer, transformer. Une subordonnée circonstancielle se déplace, une complétive non ; c'est la manipulation qui fait la démonstration, pas l'affirmation.un examinateur accepte une erreur de nom bien argumentée plus volontiers qu'un nom juste avancé sans preuve.
Piège

Répondre « c'est une négation » à une question sur ne… que.

Pourquoi — ne… que n'est pas une négation mais une restriction : il ne mange que des fruits affirme qu'il mange des fruits, et rien d'autre. La confondre avec une négation inverse le sens de la phrase.

Le réflexe — remplacer par seulement. Si la phrase garde son sens, c'est une restriction, non une négation.

5De la grammaire au sens

Faire d'un fait de langue une analyse

  1. Nommer le fait avec le mot exact : conditionnel, apposition, pluriel, phrase nominale, subordonnée circonstancielle.
  2. Décrire l'écart : par rapport à quoi ce choix se remarque-t-il ? Un présent au milieu d'un récit au passé, un adjectif détaché quand la place ordinaire était devant le nom.
  3. Dire l'effet produit : accélération, mise en relief, doute, solennité, brutalité.sans l'écart, il n'y a pas d'effet : une phrase ordinaire n'a rien à signaler.
  4. Relier au sens du texte : l'effet doit servir ce que le passage construit, sinon l'analyse reste locale et gratuite.
Exemple

« Il ouvrit la porte. Personne. La chaise était renversée. »

  1. Le fait : la deuxième phrase est nominale — elle n'a pas de verbe.
  2. L'écart : elle se trouve entre deux phrases verbales complètes. La rupture se remarque d'autant plus.
  3. L'effet : la phrase mime le regard qui balaie la pièce et s'arrête. Le temps du récit s'interrompt une seconde.
  4. Le sens : le narrateur épouse la perception du personnage — nous voyons ce qu'il voit, au moment où il le voit. Le récit s'est rapproché de lui sans changer de personne ni de temps.une phrase de deux syllabes, et le point de vue a basculé.

une absence de verbe, et le lecteur entre dans la pièce

Exemple

« Il rentra tard. La maison dormait. Il monte l'escalier, pousse la porte de la chambre — et comprend. »

  1. Le fait : le passage bascule du passé simple et de l'imparfait au présent en milieu de phrase, sans transition.
  2. L'écart : le système d'énonciation change. Le récit était coupé de la situation ; il devient soudain contemporain de la lecture.
  3. L'effet : c'est un présent de narration. La distance disparaît, le lecteur cesse d'apprendre ce qui est arrivé pour assister à ce qui arrive.
  4. Le sens : le basculement isole le moment décisif. Le tiret et le verbe sans complément — et comprend — achèvent l'effet : on suspend la phrase à l'endroit exact où le personnage comprend, sans dire quoi.quatre faits de langue, et pas un mot de vocabulaire : c'est la grammaire seule qui produit la scène.

un changement de temps, et le lecteur entre dans la chambre en même temps que le personnage

  • ▢Ai-je nommé le fait de langue avec le mot exact ?
  • ▢Ai-je dit par rapport à quoi ce choix fait écart ?
  • ▢Ai-je relié l'effet au sens du passage, et non seulement au procédé ?
  • ▢Pour un registre : ai-je donné ses marques et l'effet visé ?
  • ▢Tragique ou pathétique : y a-t-il une fatalité en jeu ?
  • ▢Ai-je repéré la modalisation — ce que l'auteur prend ou ne prend pas à son compte ?

L'essentiel en 10 points

  • ·Embrayeurs : je, tu, ici, demain — leur sens dépend de la situation d'énonciation.
  • ·Énonciation ancrée (présent, passé composé, futur) / coupée (passé simple, imparfait).
  • ·Modalisation : ce que le locuteur prend, ou ne prend pas, à son compte.
  • ·Conditionnel de presse : rien n'est affirmé, et personne ne garantit.
  • ·Cinq figures exigeantes : métaphore filée, allégorie, prosopopée, chiasme, zeugme.
  • ·Un registre = des marques + un effet visé. Ni un genre, ni un niveau de langue.
  • ·Tragique suppose une fatalité ; le pathétique émeut sans destin.
  • ·Fantastique : l'hésitation elle-même. Un texte qui tranche n'est plus fantastique.
  • ·Analyser : nommer le fait · dire l'écart · dire l'effet · le relier au sens.
  • ·Question de grammaire du Bac : délimiter, décrire, manipuler pour prouver.
2

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Au sommaire du cours

  1. 1. Qui parle, d'où, à quel moment
  2. 2. Les figures qu'il faut savoir nommer
  3. 3. Les registres
  4. 4. La question de grammaire du Bac
  5. 5. De la grammaire au sens

Conforme au programme officiel · version 2026.1.

3

Exercices corrigés

1

Ancrée ou coupée ?

Analyser
  1. a.« Je t'écris de la chambre où nous avons dormi hier ; demain je serai loin. »
  2. b.« Il écrivit depuis la chambre où ils avaient dormi la veille ; le lendemain, il serait loin. »
  3. c.Relever, dans la première, trois embrayeurs et donner leur équivalent dans la seconde.
›Voir le corrigé
  1. a. Énonciation ancrée : présent, passé composé, futur, et des mots qui exigent de savoir qui parle et quand.
  2. b. Énonciation coupée : passé simple, plus-que-parfait, conditionnel à valeur de futur dans le passé.
  3. c. je → il ; hier → la veille ; demain → le lendemain. On pourrait ajouter je serai → il serait.
  4. La seconde version se comprend sans rien savoir de la situation : c'est la définition même de l'énonciation coupée.
  5. Un texte qui bascule de l'une à l'autre le fait toujours pour une raison — rapprocher le lecteur, ou l'éloigner.
2

Repérer la modalisation

Analyser
  1. a.« Le suspect aurait quitté le pays. »
  2. b.« Il s'agit là, sans aucun doute, de la meilleure décision possible. »
  3. c.« Ce prétendu “expert” affirme le contraire. »
›Voir le corrigé
  1. a. Conditionnel journalistique : le locuteur rapporte sans garantir. L'information n'est pas confirmée, et il se met à l'abri.
  2. b. sans aucun doute : modalisation de certitude. Paradoxalement, elle affaiblit — un fait établi n'a pas besoin qu'on le certifie.
  3. c. Deux marques cumulées : prétendu, et les guillemets qui mettent le mot à distance. Le locuteur conteste la qualité même de la personne.
  4. Dans les trois cas, aucune information n'est ajoutée : ce qui change est le rapport du locuteur à ce qu'il dit.
  5. C'est ce rapport qu'une analyse doit nommer — pas seulement la présence du conditionnel ou des guillemets.
3

Nommer les figures

Analyser
  1. a.« Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. »
  2. b.« La Fortune, aveugle, distribue ses faveurs au hasard. »
  3. c.« Ô toi, mur, entends-moi : rends-moi celle que j'ai perdue. »
›Voir le corrigé
  1. a. Chiasme : manger–vivre puis vivre–manger, en miroir. L'effet : la formule se referme sur elle-même, et l'inversion devient une leçon.
  2. b. Allégorie : la Fortune reçoit un corps, une cécité, un geste. On pourrait la peindre — c'est le critère.
  3. c. Prosopopée : le locuteur s'adresse à un mur comme à un être capable d'entendre et d'agir.
  4. L'apostrophe Ô toi accompagne presque toujours la prosopopée : elle installe l'interlocuteur qui n'existe pas.
  5. Trois figures, trois effets — et aucune n'est décorative : chacune fait dire à la phrase ce qu'un énoncé simple ne pourrait pas.
4

Identifier le registre

Analyser
  1. a.« Ô temps, suspends ton vol ! Laissez-nous savourer les rapides délices… »
  2. b.« Mille chevaux s'élancèrent, et la terre entière trembla sous leurs sabots. »
  3. c.« Je ne saurais dire si la porte s'était ouverte seule, ou s'il me sembla seulement l'entendre. »
›Voir le corrigé
  1. a. Lyrique : apostrophe, exclamation, première personne du pluriel, lexique du sentiment et du temps qui fuit.
  2. b. Épique : hyperbole numérique (mille), pluriel, amplification (la terre entière), verbes d'action puissants.
  3. c. Fantastique : la modalisation est partout — je ne saurais dire, il me sembla, l'alternative laissée ouverte.
  4. Noter que c ne contient aucun élément surnaturel : le fantastique tient tout entier dans l'hésitation, pas dans le fantôme.
  5. Un registre s'identifie par ses marques ; il se démontre en disant l'effet qu'elles produisent sur le lecteur.
5

Tragique ou pathétique ?

Raisonner
  1. a.Un père veille son enfant malade et le perd malgré tous les soins.
  2. b.Un homme fuit une prophétie qui annonce qu'il tuera son père — et c'est en la fuyant qu'il l'accomplit.
  3. c.Formuler le critère qui sépare les deux.
›Voir le corrigé
  1. a. Pathétique : la scène émeut, mais rien n'était écrit. Un autre traitement, un autre médecin, et l'issue changeait.
  2. b. Tragique : la fatalité est en jeu, et le personnage la réalise par les moyens mêmes qu'il emploie pour l'éviter.
  3. C'est le mécanisme d'Œdipe, et le trait le plus reconnaissable du tragique : la liberté du héros sert le destin.
  4. c. Le critère est la nécessité. Le malheur pathétique aurait pu ne pas arriver ; le malheur tragique ne le pouvait pas.
  5. Un devoir qui appelle tragique tout ce qui est triste manque cette différence — et c'est l'erreur la plus courante sur les registres.
  6. Rien n'interdit qu'un texte soit les deux à la fois : la mort d'un héros tragique est aussi pathétique. Mais l'un n'implique pas l'autre.
6

Du fait de langue à l'interprétation

Interpréter
  1. a.« Elle marchait. Longtemps. Sans se retourner une seule fois. » Nommer les faits de langue et dire leurs effets.
  2. b.« Et le vent, et la pluie, et la nuit, et le froid s'abattirent ensemble sur la colonne en marche. » Même travail.
›Voir le corrigé
  1. a. Le fait : trois phrases dont deux sont réduites à un complément — des phrases averbales, séparées par des points.
  2. L'écart : la ponctuation forte remplace la virgule ou la subordination attendues. Chaque élément est isolé au lieu d'être lié.
  3. L'effet : le récit avance par blocs séparés, comme des pas. La durée (longtemps) et le refus (sans se retourner) reçoivent chacun tout un temps de lecture.
  4. Le sens : la syntaxe imite la marche obstinée. La forme fait ce que la phrase décrit.
  5. b. Le fait : une polysyndète — la conjonction et répétée devant chaque terme, là où l'usage n'en met qu'une avant le dernier.
  6. L'effet : l'accumulation ne se referme pas ; chaque et ajoute une épreuve, et le lecteur sent qu'elles pourraient continuer.
  7. Le sens : le registre est épique. Les éléments cessent d'être un décor pour devenir des adversaires, quatre puissances liguées contre une colonne d'hommes.
  8. Dans les deux cas, l'analyse ne parle ni de vocabulaire ni d'images : elle ne regarde que la construction — et cela suffit.

Ce qui rapporte des points, ce qui en coûte

  • Nommer le fait de langue avec le terme exact3 ptsPerdu si : « Il y a une phrase bizarre »
  • Situer l'écart : par rapport à quel usage ordinaire3 ptsPerdu si : Relever un procédé sans dire ce qu'il rompt
  • Dire l'effet, puis le relier au sens du passage5 ptsPerdu si : Un effet nommé mais gratuit
  • Identifier un registre par ses marques et son effet3 ptsPerdu si : Appeler tragique tout ce qui est triste
  • Repérer la modalisation et ce qu'elle engage3 ptsPerdu si : Lire un conditionnel comme un fait
  • Employer un métalangage juste et une langue correcte3 ptsPerdu si : Confondre registre, genre et niveau de langue
4

La méthode

Analyser un fait de langue

  1. 1

    Nommer le fait observé : un temps, un mode, un pluriel, une ponctuation.

  2. 2

    Dire l'écart, c'est-à-dire ce que l'auteur a choisi plutôt qu'autre chose.

  3. 3

    Formuler l'effet que ce choix produit sur le lecteur.

  4. 4

    Relier cet effet au sens général du passage.

    Sans ce dernier temps, l'analyse reste un relevé : elle nomme sans rien démontrer.

5

Se tester

FrançaisSeconde
Question 1
Dans la phrase : « Il est peut-être en retard, mais cela ne prouve rien. Selon certains, il aurait oublié l’heure. » Quels procédés de modalisation sont utilisés pour nuancer le propos ?

Aucun compte requis — réponds, la correction s'affiche aussitôt.

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Se tester en conditions de contrôle

4 contrôles sur ce chapitre, chacun avec sa durée, son barème sur vingt et un corrigé qui explique chaque réponse. Trois niveaux — Essentiel, Standard, Approfondi — se complètent sans reposer une question : on commence par celui qui correspond, et la note dit lequel faire ensuite.

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Questions fréquentes

Grammaire et stylistique : Analyser la langue au service du sens : c'est en quelle classe ?

Ce chapitre est au programme de Français au lycée, en classe de Seconde. Il est défini par le Bulletin Officiel de l'Éducation nationale, le texte de référence qui fixe ce qui doit être enseigné dans chaque matière.

Que faut-il savoir sur Grammaire et stylistique : Analyser la langue au service du sens ?

Figures de style complètes : métaphore filée, allégorie, prosopopée, chiasme, zeugme. Énonciation : deixis, embrayeurs, marques de subjectivité. Système des temps dans un texte narratif et argumentatif. Registres littéraires : lyrique, épique, tragique, comique, satirique, polémique, didactique, fantastique. La modalisation : nuancer un propos (peut-être, il semble que, selon…). Question de grammaire du Bac : analyser une tournure syntaxique. Les notions à maîtriser sont : figure de style, énonciation, registre littéraire, modalisation, chiasme, zeugme.

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Oui, et c'est un document à part : chaque exercice y est repris étape par étape, avec le barème détaillé en fin de fiche — ce qui est attendu, combien de points, et ce qui fait perdre le point. Un parent qui ne se souvient plus du programme peut corriger une copie avec.

Comment réviser Grammaire et stylistique : Analyser la langue au service du sens efficacement ?

Commence par lire la fiche de révision pour remettre la règle en place, puis enchaîne immédiatement sur le quiz de cette page. Répondre juste après avoir lu ne suffit pas : reviens sur le chapitre deux ou trois jours plus tard. C'est l'espacement des révisions, plus que leur durée, qui fait tenir une notion en mémoire. Une session de quinze minutes répétée vaut mieux qu'une heure unique.

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