Programme en vigueur — arrêté du 26 février 2026, applicable en Première depuis la rentrée 2026. Voir le texte
Suite arithmétique : raison r, terme général u_n = u_0 + nr. Suite géométrique : raison q, terme général u_n = u_0 × q^n. Sens de variation. Somme des termes d'une suite.
La règle d'or
La raison d'une suite géométrique est un coefficient multiplicateur : une hausse annuelle de 3 % donne une raison de 1,03, jamais 0,03.
L'erreur que tout le monde fait
Écrire le terme général sous la forme u1 + n fois r pour une suite qui commence à u1.
Entre le premier terme et le terme de rang n, la raison s'ajoute n - 1 fois, pas n. L'erreur décale toute la suite d'un cran et fausse chaque question suivante, sans jamais produire de résultat visiblement absurde.
Tester la formule sur le premier terme. Pour n égal à 1, elle doit redonner u1 : si elle donne u1 augmenté de la raison, l'indice est faux.
Une suite est une liste de nombres indexée par les entiers, et l'essentiel du chapitre tient dans une seule question : comment passe-t-on d'un terme au suivant ? Deux réponses reviennent partout — on ajoute toujours la même chose, ou on multiplie toujours par la même chose. Elles décrivent respectivement une épargne à intérêts simples et une population qui croît d'un pourcentage fixe, et elles n'ont ni la même formule, ni la même allure, ni les mêmes conséquences à long terme.
1Deux façons d'avancer
Définition
suite arithmétique — Une suite (un) est arithmétique de raison r si l'on passe de chaque terme au suivant en ajoutant toujours r : un+1=un+r. Cette relation est la définition par récurrence ; elle donne le terme suivant, mais pas le centième sans passer par les quatre-vingt-dix-neuf premiers. Le terme généralun=u0+nr règle ce problème : il donne n'importe quel terme directement, parce qu'on a ajouté r exactement n fois depuis u0.
un+1=un+retun=u0+nr
Définition
suite géométrique — Une suite (un) est géométrique de raison q si l'on passe de chaque terme au suivant en multipliant toujours par q : un+1=q×un. Son terme général est un=u0×qn, pour la même raison : on a multiplié n fois. Une hausse de 4 % par an est une suite géométrique de raison 1,04 — et non 0,04 : la raison est le coefficient multiplicateur, pas le pourcentage.
un+1=q×unetun=u0×qn
Une suite arithmétique aligne ses points ; une suite géométrique les courbe.
Reconnaître la nature d'une suite
Calculer les différencesu1−u0, u2−u1, u3−u2. Si elles sont toutes égales, la suite est arithmétique et cette valeur commune est r.
Sinon, calculer les quotientsu0u1, u1u2. S'ils sont tous égaux, la suite est géométrique de raison q.
Conclure sur trois quotients au moins : deux valeurs égales ne prouvent rien, et l'énoncé attend une démonstration, pas une constatation.pour démontrer, on part de un+1 écrit avec n quelconque, et l'on montre que la différence — ou le quotient — ne dépend pas de n.
Attention à l'indice de départ. Si la suite commence à u1, le terme général devient un=u1+(n−1)r, et un=u1×qn−1 : on n'a fait que n−1 pas.
Piège
Écrire un=u1+nr pour une suite qui commence à u1.
Pourquoi — entre u1 et un, on ajoute r exactement n−1 fois, pas n. L'erreur décale toute la suite d'un cran et fausse chaque question suivante, sans jamais produire d'absurdité visible.
Le réflexe — tester la formule sur le premier terme. Avec n=1, elle doit redonner u1 : si elle donne u1+r, l'indice est faux.
2Le sens de variation
Règle
Pour une suite arithmétique, le signe de r décide seul : croissante si r>0, décroissante si r<0, constante si r=0. Pour une suite géométrique à termes strictement positifs, c'est la position de q par rapport à 1 qui décide : croissante si q>1, décroissante si 0<q<1. Si q<0, les termes changent de signe à chaque pas et la suite n'est ni croissante ni décroissante — elle alterne.
Le sens de variation se lit sur la raison, sans calculer aucun terme.
Chercher un seuil
Écrire l'inégalité que doit vérifier le rang cherché : un>S, ou un<S selon la question.
Calculer les termes de proche en proche jusqu'à franchir le seuil — à la calculatrice ou par un petit programme, la relation de récurrence suffit.
Donner le premier rang qui convient, et lui seul. La réponse est un entier, pas un intervalle : c'est le plus petit n tel que l'inégalité soit vraie.
Vérifier les deux côtés : le rang trouvé doit satisfaire l'inégalité, et le rang précédent ne doit pas la satisfaire.c'est ce double contrôle qui prouve qu'on a bien le premier rang, et non simplement un rang qui marche.
Exemple
Une population de 5 000 bactéries augmente de 20 % par heure. Au bout de combien d'heures dépasse-t-elle 10 000 ?
La population suit une suite géométrique de raison 1,20.1+0.2=1.2
On calcule de proche en proche : après une heure, puis deux.5000×1.2=6000
Puis les suivantes.6000×1.2=7200
On continue jusqu'au franchissement.7200×1.2=8640
L'heure suivante dépasse le seuil.8640×1.2=10368la quatrième heure donne 10 368 > 10 000, la troisième 8 640 < 10 000 : le seuil est bien franchi à la quatrième heure.
Il faut 4 heures.
3Sommer les termes
Règle
La somme des entiers de 1 à n vaut 2n(n+1). Plus généralement, la somme des termes consécutifs d'une suite arithmétique se calcule comme le nombre de termes multiplié par la moyenne du premier et du dernier — c'est la seule chose à retenir, et elle se redémontre en appariant les termes des deux extrémités. Pour une suite géométrique de raison q=1, la somme des n+1 premiers termes vaut u0×1−q1−qn+1.
S=(nombre de termes)×2premier+dernier
Exemple
Une salle de spectacle compte 12 rangs. Le premier a 20 places, et chaque rang suivant en a 3 de plus. Combien de places en tout ?
Le nombre de places par rang forme une suite arithmétique de premier terme 20 et de raison 3.20+3=23
Le douzième rang correspond à onze pas depuis le premier.20+11×3=53
On applique la formule : douze termes, moyenne des extrêmes.220+53=36.5
D'où le total.12×36.5=438la moyenne n'est pas entière, mais le total l'est : c'est normal, on multiplie par un nombre pair de rangs.
La salle compte 438 places.
La différence entre les deux modèles est spectaculaire à long terme, et c'est tout l'enjeu du chapitre. Placer 1 000 € à 5 % d'intérêts simples ajoute 50 € chaque année : au bout de vingt ans, 2 000 €. À 5 % d'intérêts composés, on multiplie chaque année par 1,05, et l'on obtient 1000×1,0520≈2653 €. Le même taux, la même durée, et six cent cinquante euros d'écart — parce qu'une suite géométrique fait porter les intérêts sur les intérêts.
Propriété
Pour une suite géométrique de raison q=1, la somme u0+u1+⋯+un des n+1 premiers termes vaut u0×1−q1−qn+1. On retient l'énoncé sous sa forme parlante : premier terme, fois un moins la raison à la puissance nombre de termes, sur un moins la raison. L'exposant compte les termes, pas les pas — c'est là que l'on se trompe, et un test sur n=0 le vérifie en trois secondes : la formule doit alors rendre u0.
u0+u1+⋯+un=u01−q1−qn+1
Exemple
Une entreprise vend 200 unités le premier mois, puis 10 % de plus chaque mois. Combien d'unités aura-t-elle vendues au total sur six mois ?
Les ventes mensuelles forment une suite géométrique de premier terme 200.1+0.1=1.1
Six mois, ce sont six termes : u0 à u5, donc l'exposant vaut 6.1.16=1.771561
On applique la formule de la somme.1−1.11−1.771561=7.71561
Puis on multiplie par le premier terme.200×7.71561=1543.122on arrondit à l'unité : les ventes se comptent en entiers.
Environ 1 543 unités sur les six mois.
Piège
Prendre q=0,03 pour une hausse annuelle de 3 %.
Pourquoi — multiplier par 0,03 ne fait pas augmenter, cela divise par trente-trois : un capital de 2 000 € tomberait à 60 € en un an. La raison d'une suite géométrique est le coefficient multiplicateur1+100t, et une baisse de 3 % donne 0,97, jamais −0,03.
Le réflexe — appliquer la raison au premier terme et regarder le résultat. S'il s'effondre alors que l'énoncé annonce une hausse, la raison est fausse.
La formule de la somme arithmétique n'est pas à apprendre : elle se retrouve. Pour additionner 1+2+⋯+100, on écrit la somme dans un sens puis dans l'autre, et l'on apparie les termes de rang opposé : 1+100, 2+99, 3+98… Chaque paire vaut 101, il y en a cent, donc le double de la somme vaut 100×101. On divise par deux et l'on obtient 5 050. La même manœuvre marche sur n'importe quelle suite arithmétique, et c'est de là que vient la « moyenne des extrêmes ».
▢Ai-je bien distingué la relation de récurrence du terme général ?
▢Ai-je vérifié l'indice de départ : u0 ou u1 ?
▢Ai-je testé mon terme général sur le premier terme ?
▢Pour un pourcentage, ai-je pris le coefficient multiplicateur et non le taux ?
▢Pour une somme, ai-je compté le nombre de termes — bornes incluses ?
▢Ai-je justifié la nature de la suite pour un nquelconque, et non sur trois exemples ?
L'essentiel en 7 points
·Arithmétique : un+1=un+r et un=u0+nr.
·Géométrique : un+1=qun et un=u0×qn.
·Départ à u1 : un=u1+(n−1)r — un pas de moins.
·Hausse de t % : raison q=1+100t, jamais 100t.
·Variation : signe de r · position de q par rapport à 1.
·Somme arithmétique = nombre de termes × 2premier+dernier.
·1+2+⋯+n=2n(n+1).
2
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Donner la nature, la raison et les trois termes suivants.
Calculer
a.5;8;11;14…
b.3;6;12;24…
c.100;90;80…
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a. Les différences sont constantes.8−5=3arithmétique de raison 3 : 17, 20, 23.
b. Les quotients sont constants.6÷3=2géométrique de raison 2 : 48, 96, 192.
c. Différence constante négative.90−100=−10arithmétique de raison −10 : 70, 60, 50.
2
Calculer le terme demandé à l'aide du terme général.
Calculer
a.(un) arithmétique, u0=7, r=4. Calculer u20.
b.(vn) géométrique, v0=5, q=3. Calculer v4.
c.(wn) arithmétique, w1=10, r=6. Calculer w10.
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a. Vingt pas depuis u0.7+20×4=87
b. Quatre multiplications par 3.5×81=40534=81.
c. La suite démarre à l'indice 1 : neuf pas seulement.10+9×6=64w10=w1+9r, et non w1+10r.
3
Déterminer la raison à partir de deux termes.
Raisonner
a.(un) arithmétique, u3=11 et u8=31. Trouver r puis u0.
b.(vn) géométrique à termes positifs, v2=12 et v4=108. Trouver q.
›Voir le corrigéMasquer le corrigé
a. Entre les indices 3 et 8, il y a cinq pas.31−11=20
On divise par le nombre de pas.20÷5=4r=4.
On remonte de trois pas depuis u3.11−3×4=−1u0=−1.
b. Deux pas séparent v2 de v4, donc q2 est le quotient.108÷12=9
Les termes étant positifs, on garde la racine positive.9=3q=3.
4
Sens de variation, justifié sans calculer de termes.
Raisonner
a.un=12−3n
b.vn=4×0,8n
c.wn=2×1,5n
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a. Arithmétique de raison −3.12−3=9r<0 : décroissante.
b. Géométrique de raison 0,8, à termes positifs.4×0.8=3.20<q<1 : décroissante.
c. Géométrique de raison 1,5, à termes positifs.2×1.5=3q>1 : croissante.
5
Calculer les sommes.
Calculer
a.1+2+3+⋯+100
b.La somme des 15 premiers termes de la suite arithmétique de premier terme 4 et de raison 5, à partir de u1.
›Voir le corrigéMasquer le corrigé
a. On applique 2n(n+1) avec n=100.100×101=10100
Puis on divise par 2.10100÷2=5050
b. Le quinzième terme est à quatorze pas du premier.4+14×5=74
Moyenne des extrêmes.24+74=39
Multipliée par le nombre de termes.15×39=585
6
Un capital de 2 000 € est placé au taux annuel de 3 %.
Modéliser
a.Justifier que le capital suit une suite géométrique, et donner sa raison.
b.Exprimer Cn, capital au bout de n années.
c.Calculer le capital au bout de 2 ans, puis le gain par rapport à un placement à intérêts simples de 60 € par an.
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a. Augmenter de 3 % revient à multiplier par 1+1003, et ce coefficient ne dépend pas de l'année.1+0.03=1.03suite géométrique de raison 1,03 — le coefficient, pas le taux.
b. Après n multiplications par 1,03 : Cn=2000×1,03n.2000×1.03=2060
c. Au bout de deux ans, on multiplie deux fois.2060×1.03=2121.8
À intérêts simples, on aurait ajouté 60 € deux fois.2000+2×60=2120
L'écart tient aux intérêts produits par les intérêts de la première année.2121.8−2120=1.81,80 € après deux ans — mais l'écart croît sans limite avec la durée.
7
Seuil et somme géométrique.
Raisonner
a.(un) géométrique, u0=2, q=3. Déterminer le plus petit rang tel que un>100.
b.Calculer u0+u1+u2+u3+u4 pour cette même suite.
›Voir le corrigéMasquer le corrigé
a. On calcule de proche en proche : 2, 6, 18, 54.18×3=54
Le terme suivant franchit le seuil.54×3=162u4=162>100 et u3=54<100 : le rang cherché est 4.
b. Cinq termes, donc l'exposant vaut 5.35=243
On applique la formule.1−31−243=121
Puis on multiplie par le premier terme.2×121=242contrôle direct : 2+6+18+54+162=242.
Ce qui rapporte des points, ce qui en coûte
Justifier la nature pour un $n$ quelconque4 ptsPerdu si : Une nature « constatée » sur trois termes
Terme général avec le bon indice de départ4 ptsPerdu si : $u_1 + nr$ au lieu de $u_1 + (n-1)r$
Coefficient multiplicateur exact3 ptsPerdu si : Raison $0{,}03$ pour une hausse de 3 %
Sens de variation justifié par la raison3 ptsPerdu si : Une conclusion tirée des premiers termes seulement
Nombre de termes d'une somme3 ptsPerdu si : Un terme oublié aux bornes
Retour au contexte, unité comprise3 ptsPerdu si : Un capital annoncé sans euros
4
La méthode
Calculer la somme de termes consécutifs d'une suite
1
Compter le nombre de termes, sans oublier celui du départ.
2
Reconnaître la nature de la suite : arithmétique ou géométrique.
3
Multiplier le nombre de termes par la moyenne du premier et du dernier, dans le cas arithmétique.
4
Appliquer la formule du quotient dans le cas géométrique, l'exposant comptant les termes et non les pas.
5
Tester la formule sur le premier terme pour contrôler l'indice.
5
Se tester
Touches 1 à 4
MathématiquesPremière
Question 1
Lors d'un match de basketball, un joueur effectue des tirs libres avec une progression arithmétique. S'il réussit 12 tirs le premier jour et que sa performance augmente de 3 tirs chaque jour, combien de tirs réussira-t-il au 7ème jour ?
Aucun compte requis — réponds, la correction s'affiche aussitôt.
Suites numériques — Arithmétiques et géométriques : c'est en quelle classe ?+
Ce chapitre est au programme de Mathématiques au lycée, en classe de Première, année du Bac de français. Il est défini par le Bulletin Officiel de l'Éducation nationale, le texte de référence qui fixe ce qui doit être enseigné dans chaque matière.
Que faut-il savoir sur Suites numériques — Arithmétiques et géométriques ?+
Suite arithmétique : raison r, terme général u_n = u_0 + nr. Suite géométrique : raison q, terme général u_n = u_0 × q^n. Sens de variation. Somme des termes d'une suite. Les notions à maîtriser sont : suite, raison, terme général, arithmétique, géométrique, variation.
Où télécharger la fiche PDF de Suites numériques — Arithmétiques et géométriques ?+
Sur cette page, dans le bloc « Imprimer » : 3 documents à télécharger — le cours, les exercices et le corrigé — soit 9 pages au format A4, prêtes à imprimer. Le téléchargement est gratuit, immédiat, et ne demande ni compte ni adresse e-mail.
Le corrigé de Suites numériques — Arithmétiques et géométriques est-il fourni ?+
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Suites numériques — Arithmétiques et géométriques peut-il tomber au Bac de français ?+
Ce chapitre fait partie du programme officiel de Première, il entre donc dans le périmètre du Bac de français. Le sujet exact varie chaque année et aucun chapitre n'est garanti, mais l'ensemble du programme de l'année est susceptible d'être évalué : mieux vaut ne pas parier sur des impasses.
Comment réviser Suites numériques — Arithmétiques et géométriques efficacement ?+
Commence par lire la fiche de révision pour remettre la règle en place, puis enchaîne immédiatement sur le quiz de cette page. Répondre juste après avoir lu ne suffit pas : reviens sur le chapitre deux ou trois jours plus tard. C'est l'espacement des révisions, plus que leur durée, qui fait tenir une notion en mémoire. Une session de quinze minutes répétée vaut mieux qu'une heure unique.
Faut-il un compte pour s'entraîner sur Suites numériques — Arithmétiques et géométriques ?+
Non. Les quiz, les corrections détaillées et les fiches de révision sont accessibles sans créer de compte et sans donner d'adresse e-mail. Le compte gratuit sert uniquement à conserver la progression d'un appareil à l'autre.
Cahiers de vacances
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