Français · 4ème · Contrôle Approfondi

Niveau 3 sur 3 · Approfondi

Grammaire : Valeurs des modes et des temps

55 minutes noté sur 204 exercices

Le niveau Approfondi évalue les valeurs des modes en quatrième sans aucune aide : départager deux phrases dont la forme verbale est la même, corriger les erreurs d'analyse d'une copie, argumenter sur ce qui distingue le nom d'un mode de sa valeur, et réinvestir les modes dans des phrases à transformer ou à inventer.

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Ce que ce niveau évalue

  • Comparer et justifier
  • Repérer une erreur et la corriger
  • Argumenter par écrit
  • Réinvestir dans l'écriture
  • Deux phrases à forme verbale identique, analysées et départagées par le contexte
  • Les erreurs d’analyse d’une copie, repérées, expliquées et corrigées
  • Une réponse argumentée : pourquoi le nom d’un mode ne dit pas sa valeur
  • Les modes réinvestis dans des phrases à écrire ou à transformer

Avant de commencer

  • Quand deux phrases ont la même forme verbale, c’est un mot du contexte qui les départage : trouve-le.
  • Une erreur se corrige en deux temps : dire ce qui est faux, puis écrire ce qui est juste.
  • Une transformation se prouve : remplacer un groupe par un autre montre une fonction ou une valeur.
  • Une réponse argumentée annonce une thèse, l’appuie sur des exemples analysés, puis conclut.

Exercice 1 — Même forme, deux emplois

5 pts · 12 min

Comparer et justifier

Chaque question présente deux phrases dont la forme verbale est la même. Analyse-les et justifie en t’appuyant sur le contexte ou sur une transformation.

  1. 1.« En lisant chaque soir, tu progresseras vite. » / « Elle s’est endormie en lisant. » Quelle valeur le gérondif a-t-il dans chaque phrase ? Prouve-le par une réécriture.

    2 pt
    Voir la correction

    Première phrase : condition, « si tu lis chaque soir, tu progresseras vite ». Seconde phrase : simultanéité, « elle s’est endormie pendant qu’elle lisait ».

    La réécriture par « si » ou par « pendant que » rend visible la valeur que le contexte donne au gérondif. 1 point par phrase : 0,5 pour la valeur, 0,5 pour la réécriture.

  2. 2.« Nous regardons les nuages passer. » / « Nous aimons regarder les nuages. » Dans quelle phrase l’action exprimée à l’infinitif est-elle faite par quelqu’un d’autre que « nous » ? Analyse chacun des deux infinitifs.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Dans la première : « les nuages » est le sujet de « passer », c’est une proposition infinitive (« les nuages qui passent »). Dans la seconde, « regarder » est COD de « aimons » et a pour sujet « nous ».

    Une proposition infinitive se reconnaît à ce que l’action de l’infinitif n’est pas faite par le sujet du verbe principal : ce n’est pas nous qui passons. 1 point pour la première analyse, 0,5 pour la seconde.

  3. 3.« Je voudrais parler au directeur. » / « Si le directeur était là, je voudrais lui parler. » Le verbe « voudrais » a-t-il la même valeur dans les deux phrases ? Quel élément tranche ?

    1.5 pt
    Voir la correction

    Non : politesse dans la première, qui adoucit une demande ; hypothèse dans la seconde. Ce qui tranche, c’est la proposition « Si le directeur était là ».

    La terminaison est identique : seul le contexte, ici la proposition en « si », sépare les deux valeurs. 0,5 par valeur, 0,5 pour l’élément qui tranche.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Donner les deux valeurs sans la transformation qui les prouve.
  • Croire que « regarder » a un sujet propre dans la seconde phrase de la question b : c’est « nous » qui regarde.
  • Analyser chaque phrase séparément sans dire ce qui les départage.

Exercice 2 — Une copie à corriger

4 pts · 10 min

Repérer une erreur et la corriger

Chaque ligne de la copie du document 1 contient une erreur d’analyse. Pour chacune, indique la ligne, explique ce qui est faux et écris ce qu’il fallait dire.

Document 1La copie d’un élève
  1. Dans « Elle savait que le train arriverait en retard », le conditionnel exprime un doute.
  2. « Ne pas marcher sur les pelouses » ne donne aucun ordre, puisqu’aucun verbe n’est conjugué.
  3. « Un discours convainquant » est bien écrit, car le mot vient du verbe convaincre.
  4. « En entrant dans la classe, le tableau était couvert de dessins » : cette phrase est correcte.

Source : Copie rédigée pour ce contrôle : elle contient des erreurs volontaires.

Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :

  1. 1.Ligne 1 — un futur vu depuis le passé pris pour un doute.

    1 pt
    Voir la correction

    Rien n’indique un doute : « arriverait » situe l’arrivée après le moment où « elle savait ». Le conditionnel a ici une valeur temporelle, celle d’un futur vu depuis le passé.

    Le même conditionnel peut avoir une valeur modale, mais il faut alors un indice de doute, comme « dit-on » ; ici, le verbe « savait » pose au contraire une certitude.

  2. 2.Ligne 2 — un panneau auquel l’élève refuse le pouvoir de commander.

    1 pt
    Voir la correction

    L’infinitif a ici une valeur d’ordre : dans les panneaux et les consignes, il donne l’ordre sans désigner personne, ce qui le rend impersonnel.

    Un ordre n’exige pas un verbe conjugué ; un impératif désignerait un destinataire, l’infinitif s’adresse à tout le monde.

  3. 3.Ligne 3 — une orthographe justifiée par la seule origine du mot.

    1 pt
    Voir la correction

    Le mot n’a pas de complément et qualifie « discours » : c’est un adjectif verbal, qui s’écrit « convaincant ». Il fallait écrire « un discours convaincant ».

    Venir d’un verbe ne suffit pas : seul le participe présent, suivi d’un complément, garde l’orthographe « convainquant ».

  4. 4.Ligne 4 — une phrase où le tableau semble entrer dans la classe.

    1 pt
    Voir la correction

    Le sujet du gérondif doit être celui du verbe principal : ici, ce serait le tableau qui entre dans la classe. Il fallait écrire, par exemple : « En entrant dans la classe, j’ai vu que le tableau était couvert de dessins. »

    Le gérondif n’a pas de sujet à lui : il emprunte celui du verbe principal, d’où l’absurdité de la phrase de l’élève.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Corriger l’orthographe de la ligne 3 sans expliquer pourquoi le mot est un adjectif verbal.
  • Juger la ligne 4 correcte parce que chaque mot est bien écrit : c’est la construction qui est fautive.

Exercice 3 — Le nom d'un mode ne dit pas sa valeur

6 pts · 20 min

Argumenter par écrit

Un camarade affirme : « En grammaire, il suffit de reconnaître le mode d’un verbe ; sa valeur se lit sur la terminaison. » Rédige une réponse argumentée d’une quinzaine de lignes pour le réfuter. Appuie-toi sur trois exemples de ton invention, que tu analyseras : un conditionnel, un impératif et un gérondif.

Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :

  1. 1.Thèse : la réfutation est annoncée nettement dès le début.

    1 pt
    Voir la correction

    Par exemple : « Reconnaître le mode ne suffit pas : sa valeur ne se lit sur aucune terminaison, c’est le contexte qui la donne. »

    Une réponse argumentée commence par prendre position ; le correcteur doit savoir d’emblée ce que la copie démontre.

  2. 2.Notion : la copie montre qu’une même forme peut situer un fait dans le temps ou dire le point de vue de celui qui parle.

    1 pt
    Voir la correction

    Par exemple : « il viendrait demain » place l’arrivée dans un avenir vu du passé ; « il viendrait, dit-on » signale une information que l’on ne garantit pas.

    C’est la valeur modale que les questions de grammaire interrogent : c’est elle qui rend le seul nom du mode insuffisant.

  3. 3.Exemple au conditionnel : une même forme, deux valeurs, et le mot du contexte qui les départage.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Par exemple : « Pourrais-tu fermer la porte ? » (politesse) et « Le cambrioleur serait entré par la fenêtre, selon la police » (fait non avéré, signalé par « selon la police »).

    Le conditionnel est l’exemple le plus fort : trois valeurs pour une seule forme. 0,5 par valeur justifiée, 0,5 pour l’indice du contexte.

  4. 4.Exemple à l’impératif : selon la phrase, il commande, conseille ou souhaite.

    1 pt
    Voir la correction

    Par exemple : « Sors d’ici ! » (ordre) et « Bois un peu d’eau, tu te sentiras mieux » (conseil, signalé par la justification qui suit).

    L’impératif ne sert pas qu’à ordonner ; la ponctuation, une justification ou la négation en révèlent la valeur.

  5. 5.Exemple au gérondif : la valeur tirée du contexte, avec une réécriture qui la prouve.

    1 pt
    Voir la correction

    Par exemple : « En courant, tu attraperas le bus » (condition : « si tu cours ») et « Il chantait en se douchant » (simultanéité).

    Une réécriture par « si » ou par « pendant que » prouve la valeur mieux qu’une affirmation.

  6. 6.Conclusion et expression : une réponse nette au camarade, des connecteurs, le vocabulaire du cours.

    0.5 pt
    Voir la correction

    Par exemple : « Reconnaître un mode n’est donc que la première étape : c’est le contexte qui révèle ce que le verbe exprime. »

    La conclusion répond à la thèse de départ ; des connecteurs comme « donc », « en effet », « ainsi » rendent le raisonnement lisible.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Donner trois exemples sans les analyser : un exemple n’argumente que s’il est expliqué.
  • Choisir des exemples où la forme change : la démonstration exige la même forme avec deux valeurs.
  • Oublier de conclure en répondant au camarade.

Exercice 4 — Réinvestir les modes

5 pts · 13 min

Réinvestir dans l'écriture

Écris ou transforme les phrases demandées, puis explique quand la consigne le demande.

  1. 1.« Vous refermerez le portail derrière vous. » Récris cette phrase pour un panneau, une fois à l’impératif, une fois à l’infinitif. Explique ce qui distingue les deux versions.

    1.5 pt
    Voir la correction

    « Refermez le portail derrière vous. » / « Refermer le portail. » L’impératif s’adresse à un destinataire, « vous » ; l’infinitif donne l’ordre sans désigner personne.

    L’infinitif est impersonnel : c’est ce qui le rend adapté à un texte qui s’adresse à tout le monde. 0,5 par version, 0,5 pour l’explication.

  2. 2.Ton camarade a gardé ton livre pendant les vacances sans te prévenir. Écris la phrase par laquelle tu le lui reproches, avec un verbe au conditionnel passé.

    1 pt
    Voir la correction

    Par exemple : « Tu aurais pu me prévenir ! » ou « Tu aurais dû me le rendre. »

    Le conditionnel passé dit ce qui aurait pu être et n’a pas eu lieu ; adressé à l’autre, il exprime le reproche.

  3. 3.« Je sais que tu es prudent. » Remplace « Je sais que » par « Je veux que » et adapte la phrase. Explique le changement de mode.

    1 pt
    Voir la correction

    « Je veux que tu sois prudent. » Le fait n’est plus posé comme réel mais souhaité : « je veux que » impose le subjonctif.

    Le sens du verbe « être » n’a pas changé : c’est le mot introducteur qui décide du mode. 0,5 pour la phrase, 0,5 pour l’explication.

  4. 4.« Je n’ai pas de vélo, donc je ne peux pas venir. » Transforme ce constat en une phrase introduite par « si ». Explique pourquoi les négations disparaissent.

    1.5 pt
    Voir la correction

    « Si j’avais un vélo, je pourrais venir. » On imagine le contraire de la réalité : on suppose qu’on a ce qu’on n’a pas.

    Le « si » est suivi de l’imparfait, le conditionnel porte la conséquence ; l’hypothèse renverse le constat de départ. 0,5 pour l’imparfait, 0,5 pour le conditionnel, 0,5 pour l’explication.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Écrire « Si j’aurais un vélo » : après le « si », c’est l’imparfait.
  • Écrire « Je veux que tu es prudent » : « je veux que » impose le subjonctif.
  • Écrire un reproche au conditionnel présent : c’est le conditionnel passé qui dit ce qui aurait pu être.

Barème — ce que le correcteur regarde

Les lignes chiffrées couvrent les 4 exercices et totalisent 20 points.

Ex.1Les deux phrases départagées et la preuve donnée

5 points — 2 + 1,5 + 1,5

Point perdu si : Une valeur affirmée sans réécriture ni indice du contexte : la moitié des points de la question.

Ex.2Les erreurs de la copie repérées et corrigées

4 points — 1 par erreur : 0,5 pour l’expliquer, 0,5 pour la corriger

Point perdu si : Une erreur signalée sans la forme ou l’analyse juste : 0,5 sur 1.

Ex.3La réponse argumentée

6 points — 1 + 1 + 1,5 + 1 + 1 + 0,5

Point perdu si : Des exemples cités sans être analysés : la moitié des points du critère.

Ex.4Les modes réinvestis

5 points — 1,5 + 1 + 1 + 1,5

Point perdu si : Un conditionnel placé après le « si » : le point de l’imparfait est perdu.

Et maintenant ?

16 à 20Niveau maîtrisé
C'est le niveau le plus élevé, et tu le maîtrises. Pour aller plus loin, relève dans ta prochaine lecture trois conditionnels et donne la valeur de chacun, preuve à l'appui.
10 à 15Refaire ce niveau
Relis la correction de l'exercice où tu as perdu le plus de points. Réécris ta réponse argumentée en suivant le corrigé, puis refais le niveau 3 dans une semaine.
moins de 10Niveau inférieur
Repasse par le niveau 2 — Standard : il entraîne l'analyse guidée et les transformations dont ce niveau a besoin.

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