Histoire-Géographie · 4ème · Contrôle Approfondi

Niveau 3 sur 3 · Approfondi

Histoire : La révolution industrielle

55 minutes noté sur 204 exercices

Le niveau Approfondi évalue le chapitre sur la révolution industrielle sans aucune aide : confronter le discours d'un patron et la plainte d'un ouvrier, corriger les erreurs de raisonnement d'une copie, relier des notions de tout le chapitre et construire un développement sur la question « la révolution industrielle a-t-elle été un progrès pour tous ? ».

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Ce que ce niveau évalue

  • Confronter deux documents
  • Repérer une erreur et la corriger
  • Raisonner et justifier
  • Construire un développement
  • La confrontation critique d’un discours de patron et d’une plainte d’ouvrier
  • Les erreurs de raisonnement d’une copie, repérées et corrigées
  • Les liens entre notions de tout le chapitre
  • Un développement construit : la révolution industrielle, un progrès pour tous ?

Avant de commencer

  • Confronter deux documents, c’est chercher ce qui les rapproche, ce qui les oppose, et ce que chacun tait.
  • Une erreur se corrige en deux temps : dire ce qui est faux, puis écrire ce qui est juste.
  • Pour relier deux notions, demande-toi : qu’est-ce qui rend possible quoi ?
  • Combien produit-on, et qui en profite ? Garde ces deux questions séparées.

Exercice 1 — Deux voix dans la même usine

6 pts · 15 min

Confronter deux documents

Les documents 1 et 2 parlent de la même usine. Confronte-les en répondant aux questions.

Document 1Un patron inaugure son usine
  1. Messieurs, cette usine est une victoire du progrès : ses machines tournent sans relâche.
  2. Grâce au charbon de nos mines, nous produisons plus que jamais.
  3. Le chemin de fer emporte nos étoffes jusqu’aux villes les plus lointaines.
  4. Nous donnons du travail à des centaines de familles venues des campagnes.
  5. Leurs enfants y apprennent un métier, et nous n’en prenons aucun avant huit ans, comme la loi l’exige.
  6. La richesse que nous créons profite donc à tous.

Source : Texte rédigé pour ce contrôle d’après le cours. Le patron et son usine sont imaginaires ; le discours se situe en France, au milieu du XIXᵉ siècle. Ce n’est pas un document d’époque.

Document 2Un fileur écrit à un journal ouvrier
  1. Je suis fileur dans cette usine depuis dix ans.
  2. J’entre au son de la sirène avant le jour et j’en sors à la nuit tombée.
  3. Mon salaire ne suffit pas : ma femme et mes deux fils travaillent aussi.
  4. Dans notre atelier, des petits qui n’ont pas huit ans rattachent les fils cassés ; aucun inspecteur n’est jamais venu.
  5. Le mois dernier, un camarade a eu la main prise dans une machine : il n’a reçu aucune indemnité.
  6. Le patron s’est fait bâtir une belle maison ; nous logeons à six dans une seule pièce.

Source : Texte rédigé pour ce contrôle d’après le cours. Le fileur et le journal sont imaginaires ; la lettre se situe dans la même usine, à la même époque. Ce n’est pas un document d’époque.

  1. 1.Le patron conclut que la richesse « profite donc à tous » (document 1, ligne 6). Montre, avec le document 2, que ce raisonnement mélange deux questions différentes.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Le patron passe de « nous produisons plus » à « tout le monde en profite ». Or produire davantage ne dit rien du partage : le fileur, dont le salaire ne suffit pas et qui loge à six dans une pièce (lignes 3 et 6), n’en voit pas les gains.

    Il faut séparer combien on produit et qui en profite : la hausse de la production n’est pas un enrichissement général.

  2. 2.Les deux auteurs évoquent les enfants de moins de huit ans (document 1, ligne 5 ; document 2, ligne 4). Comment expliquer qu’ils se contredisent ? Appuie-toi sur le cours.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Le patron cite ce que la loi de 1841 exige ; le fileur décrit ce qui se passe dans l’atelier. Faute d’inspecteurs (« aucun inspecteur n’est jamais venu »), la loi n’est pas appliquée : le patron parle du texte, l’ouvrier de la pratique.

    Un texte ne suffit pas à changer une pratique : c’est la leçon que le cours tire de la loi de 1841.

  3. 3.Quel groupe social chaque auteur représente-t-il, et quel intérêt défend-il ? Pourquoi un texte comme le document 2 est-il précieux pour l’historien ?

    1.5 pt
    Voir la correction

    Le patron appartient à la bourgeoisie industrielle et défend l’image de son usine ; le fileur appartient au prolétariat et dénonce ses conditions de vie. Le document 2 est précieux parce que les sources sur le monde ouvrier sont rarement écrites par les ouvriers eux-mêmes.

    La méthode demande de situer l’auteur et son intention, puis de dire ce qu’un document tait : sans voix ouvrière, on ne connaît que ce que les patrons en disent.

  4. 4.Un socialiste qui lit le document 2 met en cause la propriété de l’usine. Quelle solution propose-t-il ? Quelle autre voie un réformiste choisirait-il ?

    1.5 pt
    Voir la correction

    Il voit dans la misère du fileur l’effet de la propriété privée des moyens de production et propose une organisation collective de l’économie, comme Marx et Engels qui appellent en 1848 les ouvriers à s’unir. Un réformiste passerait plutôt par les lois votées au Parlement et par l’action syndicale.

    Le socialisme n’est pas un bloc : tous contestent la condition ouvrière, mais tous ne choisissent pas les mêmes moyens.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Résumer chaque document séparément sans jamais les mettre face à face.
  • Donner raison au fileur sur tout sans dire que lui aussi parle depuis une position.
  • Croire que la loi de 1841 a suffi à faire cesser le travail des jeunes enfants.

Exercice 2 — Trouve l'erreur

4 pts · 10 min

Repérer une erreur et la corriger

La copie du document 3 contient quatre erreurs de raisonnement ; une de ses lignes est juste. Pour chaque erreur, indique la ligne, explique ce qui est faux et écris ce qu’il fallait dire.

Document 3La copie d’un élève
  1. La révolution industrielle a commencé en 1769, le jour où James Watt a inventé la machine à vapeur.
  2. Grâce à cette machine, les usines peuvent enfin s’installer au bord des rivières, là où se trouve l’énergie.
  3. Les régions qui ont du charbon dans leur sous-sol attirent les usines et les villes.
  4. Le chemin de fer sert surtout à déplacer les ouvriers : pour l’industrie, ce n’est qu’un moyen de transport parmi d’autres.
  5. Enfin, dès 1864, les ouvriers français obtiennent le droit de fonder des syndicats.

Source : Copie rédigée pour ce contrôle : elle contient des erreurs volontaires.

Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :

  1. 1.Ligne 1 — un processus présenté comme un événement daté, et une invention prêtée à Watt.

    1 pt
    Voir la correction

    Un tel bouleversement n’a pas de jour de naissance : c’est une transformation qui s’étale sur plus d’un siècle. Et Watt n’invente pas la machine à vapeur : il la perfectionne, vers 1769.

    Chercher une date de début fait manquer l’essentiel : la diffusion progressive, à des rythmes différents selon les pays.

  2. 2.Ligne 2 — une conséquence inversée.

    1 pt
    Voir la correction

    C’est l’inverse : la vapeur, alimentée au charbon, libère les usines des cours d’eau. Elles s’installent près des mines et des voies de transport, plus au bord des rivières.

    Avant la vapeur, la production dépendait des moulins à eau ; c’est cette dépendance que la machine supprime.

  3. 3.Ligne 4 — un rôle du rail mal compris.

    1 pt
    Voir la correction

    Le chemin de fer transporte d’abord le charbon et les marchandises, les ouvriers ensuite. Et il n’est pas qu’un transport : sa construction consomme fer, acier et charbon, il est aussi un client de l’industrie.

    Le rail stimule l’industrie deux fois : comme débouché et comme acheteur.

  4. 4.Ligne 5 — deux droits confondus.

    1 pt
    Voir la correction

    En 1864, la loi cesse seulement de punir la grève, en supprimant le délit de coalition. Le droit de fonder des syndicats n’arrive qu’en 1884, vingt ans plus tard.

    Cesser le travail et s’organiser durablement pour le défendre sont deux droits distincts, conquis à vingt ans d’écart.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Signaler la ligne 3 comme fausse : le sous-sol charbonnier dessine bien la carte des usines.
  • Ne relever que la date à la ligne 1, sans voir l’idée fausse d’un événement daté au jour près.

Exercice 3 — Relier les notions

4 pts · 12 min

Raisonner et justifier

Sur le schéma, chaque flèche numérotée relie deux notions du chapitre. Explique chaque lien en deux phrases au plus.

usinesyndicat1avancebritanniquedomination duRoyaume-Uni2première révolutionindustrielleseconde révolutionindustrielle3bourgeoisieindustrielleprolétariat4

Fais glisser pour voir toute la figure.

Une flèche simple : la première notion rend la seconde possible. Une flèche double : les deux notions se comparent.
  1. 1.Lien 1 — usine et syndicat.

    1 pt
    Voir la correction

    L’usine réunit au même endroit des centaines d’ouvriers soumis aux mêmes conditions : une revendication commune devient possible, et l’arrêt du travail devient efficace. La concentration ouvrière fait la force du syndicat.

    C’est un lien de cause : l’organisation de la production rend possible l’organisation des travailleurs.

  2. 2.Lien 2 — avance britannique et domination du Royaume-Uni.

    1 pt
    Voir la correction

    Industrialisée avec près d’un demi-siècle d’écart sur ses voisins, la Grande-Bretagne domine l’économie et les colonies pendant une grande partie du siècle ; ses rivaux ne la dépassent qu’à la fin, quand les États-Unis et l’Allemagne prennent l’avantage.

    La chronologie de la diffusion explique la hiérarchie des puissances.

  3. 3.Lien 3 — première et seconde révolution industrielle : un point commun, une différence.

    1 pt
    Voir la correction

    Point commun : chacune transforme la production par de nouvelles énergies et de nouvelles industries. Différence : la première repose sur le charbon et la vapeur, menée par le Royaume-Uni ; la seconde sur l’électricité et le pétrole, où les États-Unis et l’Allemagne prennent l’avantage.

    Comparer exige au moins un point commun et une différence ; le charbon ne disparaît pas pour autant, il alimente les centrales.

  4. 4.Lien 4 — bourgeoisie industrielle et prolétariat.

    1 pt
    Voir la correction

    Nés tous deux de l’industrialisation, ces groupes s’opposent sur la propriété : les uns possèdent usines et argent investi, les autres n’ont que leurs bras à louer.

    La révolution industrielle ne se réduit pas aux machines : elle recompose la société en deux groupes nouveaux.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Définir chaque notion séparément sans écrire le lien.
  • Pour le lien 3, ne citer que des différences, sans point commun.

Exercice 4 — Développement construit

6 pts · 18 min

Construire un développement

Rédige un développement construit d’une vingtaine de lignes : « La révolution industrielle a-t-elle été un progrès pour tous au XIXᵉ siècle ? » Fais une introduction, deux paragraphes et une conclusion.

Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :

  1. 1.Introduction : la notion définie, le lieu et le moment, la question reprise, le plan annoncé.

    1 pt
    Voir la correction

    Exemple : « Née en Grande-Bretagne à la fin du XVIIIᵉ siècle, la révolution industrielle transforme la production pendant plus d’un siècle. A-t-elle profité à tous ? Nous verrons qu’elle accroît la richesse, puis que cette richesse est très mal partagée. »

    L’introduction situe et annonce : le correcteur sait où va la copie.

  2. 2.Premier paragraphe : une production transformée, expliquée par l’enchaînement des causes.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Le charbon fournit une énergie abondante ; la machine à vapeur la convertit en mouvement en tout lieu ; on rassemble alors machines et ouvriers dans l’usine. Le chemin de fer ouvre des débouchés et consomme fer, acier et charbon. La production et la richesse augmentent fortement.

    C’est le versant « progrès » : il faut l’enchaîner, pas juxtaposer des mots.

  3. 3.Second paragraphe : des gains inégalement répartis, avec des exemples précis de la condition ouvrière.

    1.5 pt
    Voir la correction

    La bourgeoisie industrielle capte l’essentiel des gains. Le prolétariat travaille douze à quatorze heures par jour pour un salaire si bas que toute la famille travaille, enfants compris, sans assurance ni retraite.

    C’est le versant « pas pour tous » : chaque trait de la condition ouvrière doit être illustré.

  4. 4.Nuance : les ouvriers réagissent et obtiennent des droits.

    1 pt
    Voir la correction

    De cet écart naissent les syndicats et le socialisme ; la loi de 1841, puis celles de 1864 et 1884, montrent que des droits s’arrachent, lentement et imparfaitement.

    Une réponse nuancée montre que la situation évolue au cours du siècle.

  5. 5.Conclusion et expression : une réponse nette, le vocabulaire du cours, des connecteurs.

    1 pt
    Voir la correction

    Exemple : « La révolution industrielle est donc un progrès de la production, mais pas un progrès pour tous : c’est ce partage inégal qui structure les combats sociaux du siècle. »

    La conclusion répond à la question posée en une phrase claire.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Raconter la révolution industrielle sans répondre à la question « pour tous ? ».
  • Répondre seulement oui ou seulement non, sans distinguer la production de sa répartition.
  • Oublier l’introduction ou la conclusion.

Barème — ce que le correcteur regarde

Les lignes chiffrées couvrent les 4 exercices et totalisent 20 points.

Ex.1Les deux documents confrontés

6 points — 1,5 par question

Point perdu si : Chaque document résumé séparément, sans confrontation : 3 sur 6 au plus.

Ex.2Les erreurs repérées et corrigées

4 points — 1 par erreur : 0,5 pour la repérer, 0,5 pour la corriger

Point perdu si : Une erreur repérée mais non corrigée : 0,5 sur 1 ; la ligne juste signalée comme fausse : 0,5 retiré.

Ex.3Les liens entre notions expliqués

4 points — 1 par lien

Point perdu si : Deux notions définies séparément, sans dire ce qui les relie : 0,5 sur 1.

Ex.4Le développement construit

6 points — 1 + 1,5 + 1,5 + 1 + 1

Point perdu si : La hausse de la production prise pour un enrichissement général : 0 sur 1,5 pour le second paragraphe.

Et maintenant ?

16 à 20Niveau maîtrisé
C'est le niveau le plus élevé, et tu le maîtrises. Pour aller plus loin, applique la méthode « analyser un document sur le monde ouvrier » de la fiche de cours au prochain document que tu rencontreras sur le XIXᵉ siècle.
10 à 15Refaire ce niveau
Relis la correction de l'exercice où tu as perdu le plus de points. Réécris ton développement en suivant le plan du corrigé, puis refais le niveau 3 dans une semaine.
moins de 10Niveau inférieur
Repasse par le niveau 2 — Standard : il entraîne l'analyse guidée et le paragraphe argumenté, dont ce niveau a besoin.

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Aucun ne repose une question d'un autre : chacun couvre le chapitre sous un autre angle. À passer quelques jours plus tard, une fois celui-ci corrigé.

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