Enseignement scientifique · Première · Contrôle Approfondi

Niveau 3 sur 3 · Approfondi

Son et musique

60 minutes noté sur 204 exercices

Le niveau Approfondi évalue le chapitre « Son et musique » de première sans aucune aide : corriger les erreurs de raisonnement d'une copie, démontrer qu'un enchaînement de quintes ne retombe jamais sur des octaves, relier harmoniques, intervalles, hauteur et timbre, et construire un développement sur la question : la gamme est-elle un fait de nature ou une convention ?

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Ce que ce niveau évalue

  • Repérer une erreur et la corriger
  • Démontrer par le calcul
  • Relier des notions
  • Construire un développement
  • Les erreurs de raisonnement d’une copie, repérées et corrigées calcul à l’appui
  • La démonstration qu’aucun enchaînement de quintes ne retombe sur des octaves
  • Les liens entre harmoniques, intervalles, hauteur et timbre
  • Un développement construit : la gamme, fait de nature ou convention ?

Avant de commencer

  • Une erreur se corrige en deux temps : dire ce qui est faux, puis écrire ce qui est juste.
  • Un intervalle musical est un rapport de fréquences : on multiplie, on ne fait jamais de différence.
  • Démontrer, c’est établir une impossibilité pour tous les cas, pas seulement pour un exemple calculé.
  • Un développement construit : une introduction qui pose la question, des parties qui argumentent, une conclusion qui répond.

Exercice 1 — Trouve l'erreur

5 pts · 12 min

Repérer une erreur et la corriger

Chaque ligne de la copie du document 1 contient une erreur. Pour chacune, indique la ligne, explique ce qui est faux et écris ce qu’il fallait dire, calcul à l’appui quand c’est possible.

Document 1La copie d’un élève
  1. Ce son de 880 Hz est plus fort que celui de 440 Hz, puisqu’il est plus haut.
  2. Le la de 440 Hz et le son de 880 Hz n’ont rien en commun : leurs fréquences diffèrent, ils ne peuvent pas porter le même nom.
  3. Pour monter d’une quinte, on ajoute 220 Hz : de 440 Hz on passe à 660 Hz, puis de 660 Hz à 880 Hz.
  4. Deux instruments qui jouent le même la ont le même spectre, puisque leurs raies sont aux mêmes fréquences.
  5. En enchaînant assez de quintes, on finit forcément par retomber exactement sur une octave.

Source : Copie rédigée pour ce contrôle : elle contient des erreurs volontaires.

Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :

  1. 1.Ligne 1 — deux grandeurs confondues.

    1 pt
    Voir la correction

    Le son de 880 Hz est plus aigu, mais rien ne dit qu’il est plus fort : sa force tient à l’amplitude, inconnue ici.

    « Haut » renvoie à la fréquence, « fort » à l’amplitude : le langage courant mêle ces deux grandeurs indépendantes.

  2. 2.Ligne 2 — un même nom refusé à tort.

    1 pt
    Voir la correction

     : les deux sons sont à l’octave, donc ils portent le même nom. Le son de 880 Hz est aussi un la.

    Des fréquences différentes donnent des hauteurs différentes, mais le rapport 2 fait reconnaître la même note, plus aiguë.

  3. 3.Ligne 3 — des fréquences additionnées.

    1 pt
    Voir la correction

    Une quinte multiplie par 3/2. De 440 à 660 Hz, c’est juste par hasard ; mais vaut 4/3, et 880 Hz est l’octave de 440 Hz.

    Ajouter 220 Hz ne vaut 3/2 qu’à partir de 440 Hz : un intervalle est un rapport, qui se répète en multipliant.

  4. 4.Ligne 4 — le timbre oublié.

    1 pt
    Voir la correction

    Mêmes fréquences, mais pas mêmes proportions : chaque instrument a son propre spectre.

    Des raies aux mêmes fréquences donnent la même hauteur ; leurs intensités relatives, elles, diffèrent, et c’est ce qui fait le timbre.

  5. 5.Ligne 5 — une limite arithmétique ignorée.

    1 pt
    Voir la correction

    Faux, si loin qu’on aille : les quintes successives approchent une octave sans jamais tomber dessus.

    Un petit écart subsiste toujours ; l’exercice 2 démontre qu’il ne peut pas s’annuler.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Corriger la ligne 3 en gardant l’addition, parce que 440 + 220 tombe juste : c’est le raisonnement qui est faux.
  • Repérer une erreur sans écrire ce qu’il fallait dire.

Exercice 2 — Douze quintes contre sept octaves

5 pts · 14 min

Démontrer par le calcul

On enchaîne douze quintes à partir d’une note, et l’on compare la note obtenue à celle qu’on atteint en montant de sept octaves. Réponds aux questions ; la calculatrice n’est permise qu’à la question b.

  1. 1.Écris, sous forme de puissances, les deux rapports à comparer.

    1 pt
    Voir la correction

    et .

    Enchaîner des intervalles, c’est multiplier leurs rapports : douze fois 3/2, sept fois 2.

  2. 2.Calcule le quotient du premier rapport par le second, arrondi au centième. Que montre ce résultat ?

    1 pt
    Voir la correction

    Environ 1,01 : les deux notes sont très proches, mais pas identiques.

    Un quotient égal à 1 signifierait des notes confondues ; il le frôle sans l’atteindre, d’où des fréquences voisines mais distinctes.

  3. 3.Démontre, sans calculatrice, que ces deux rapports ne peuvent pas être égaux.

    1.5 pt
    Voir la correction

    L’égalité équivaudrait à  : impossible, est impair et est pair.

    Égaler et , c’est égaler et . Un produit de facteurs 3 est impair, un produit de facteurs 2 est pair.

  4. 4.Ce raisonnement vaut quels que soient les nombres en jeu. Qu’en conclure pour la musique ? Est-ce un défaut des instruments ?

    1.5 pt
    Voir la correction

    Toute gamme est un compromis ; ce n’est pas un défaut de fabrication.

    Une puissance de 3 reste impaire, une puissance de 2 paire : l’écart entre quintes et octaves vient des nombres, aucun accord ne le supprime, et chaque gamme doit le répartir.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Écrire « douze quintes = 12 × 3/2 » : on enchaîne des intervalles en multipliant les rapports, pas en les additionnant.
  • Conclure de l’arrondi 1,01 que l’écart est négligeable, sans démontrer qu’il ne s’annule jamais.
  • Démontrer sur un seul exemple chiffré au lieu d’invoquer la parité.

Exercice 3 — Relier les notions

4 pts · 12 min

Relier des notions

Sur le schéma, chaque trait numéroté relie deux notions du chapitre. Explique chaque lien en deux phrases au plus, calcul à l’appui quand c’est utile.

harmonique de rang 2octave1harmoniques de rang 2 et 3quinte2hauteurtimbre3raie la plus bassenote entendue4

Fais glisser pour voir toute la figure.

Chaque trait numéroté relie deux notions ; la case de gauche se lit avec celle de droite.
  1. 1.Lien 1 — harmonique de rang 2 et octave.

    1 pt
    Voir la correction

    L’harmonique de rang 2 a une fréquence double de la fondamentale : elle sonne une octave au-dessus. Toute note contient donc son octave.

    Rang 2 signifie , et le rapport 2 est celui de l’octave.

  2. 2.Lien 2 — harmoniques de rang 2 et 3 et quinte.

    1 pt
    Voir la correction

    Leurs fréquences, et , sont dans le rapport 3/2 : elles forment une quinte, présente dans chaque note.

    C’est pourquoi la quinte sonne bien : l’oreille l’entend déjà à l’intérieur de toute note jouée.

  3. 3.Lien 3 — hauteur et timbre : un point commun, une différence.

    1 pt
    Voir la correction

    Point commun : tous deux se lisent sur un spectre. Différence : la hauteur tient à la seule fondamentale, le timbre à la répartition des intensités sur toutes les raies.

    Comparer, c’est donner au moins un point commun et une différence, chacun appuyé sur la lecture d’un spectre.

  4. 4.Lien 4 — raie la plus basse et note entendue.

    1 pt
    Voir la correction

    Pas toujours la même : face à 880, 1320 et 1760 Hz seuls, l’oreille entend 440 Hz, et non 880 Hz.

    D’ordinaire, la raie la plus basse est la fondamentale et donne la hauteur. Ici, 880, 1320 et 1760 valent 2, 3 et 4 fois 440 : la fondamentale manque, mais l’oreille la reconstitue.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Définir chaque notion séparément sans écrire le lien.
  • Pour le lien 3, donner deux différences et aucun point commun.

Exercice 4 — Développement construit

6 pts · 20 min

Construire un développement

Rédige un développement construit d’une vingtaine de lignes : « Une gamme est-elle un fait de la nature ou une convention humaine ? » Fais une introduction, deux parties et une conclusion.

Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :

  1. 1.Introduction : la gamme définie, la question posée, le plan annoncé.

    1 pt
    Voir la correction

    Exemple : « Une gamme est une suite de notes construite dans une octave. Est-elle dictée par la physique ou choisie par les musiciens ? Nous verrons ce qui vient du son lui-même, puis ce qui relève d’un choix. »

    L’introduction situe et annonce : le correcteur sait où va la copie.

  2. 2.Première partie : ce qui vient de la physique du son.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Les harmoniques sont des multiples entiers de la fondamentale ; les rangs 2 et 3 donnent l’octave (rapport 2) et la quinte (rapport 3/2). Ces rapports simples sonnent bien parce qu’ils sont déjà dans chaque note.

    C’est l’argument « nature » : les intervalles de base ne sont pas inventés, ils s’imposent par les harmoniques.

  3. 3.Seconde partie : ce qui relève d’un choix, et pourquoi il est inévitable.

    2 pt
    Voir la correction

    On enchaîne des quintes et l’on ramène les notes dans l’octave par des divisions par deux ; mais douze quintes ne retombent pas sur sept octaves. Il faut répartir l’écart : toute gamme est un compromis, et le partage de l’octave varie selon les traditions.

    C’est l’argument « convention » : l’arithmétique oblige à choisir, et les cultures n’ont pas toutes choisi de la même façon. 1 point pour le compromis, 1 pour le choix culturel.

  4. 4.Conclusion et expression : une réponse nuancée, le vocabulaire du cours, des connecteurs.

    1.5 pt
    Voir la correction

    Exemple : « La gamme est donc les deux à la fois : la physique fournit l’octave et la quinte, la convention tranche l’écart qu’elles laissent. »

    La conclusion répond à la question en une phrase claire, sans trancher plus que les arguments ne le permettent.

Les erreurs fréquentes sur cet exercice
  • Choisir un camp sans examiner l’autre : la question appelle une réponse nuancée.
  • Affirmer que les rapports simples sonnent bien sans les relier aux harmoniques.
  • Oublier l’introduction ou la conclusion.

Barème — ce que le correcteur regarde

Les lignes chiffrées couvrent les 4 exercices et totalisent 20 points.

Ex.1Les erreurs repérées et corrigées

5 points — 1 par ligne : 0,5 pour l’erreur, 0,5 pour la correction

Point perdu si : Une erreur repérée mais non corrigée : 0,5 sur 1.

Ex.2La démonstration sur les quintes

5 points — 1 + 1 + 1,5 + 1,5

Point perdu si : Un écart jugé « négligeable » sans démontrer qu’il ne s’annule jamais : 0,5 sur 1,5 à la question c.

Ex.3Les liens entre notions expliqués

4 points — 1 par lien

Point perdu si : Deux notions définies séparément, sans le lien qui les unit : 0,5 sur 1.

Ex.4Le développement construit

6 points — 1 + 1,5 + 2 + 1,5

Point perdu si : Une réponse à sens unique, nature ou convention, sans examiner l’autre : 3 sur 6 au plus.

Et maintenant ?

16 à 20Niveau maîtrisé
C'est le niveau le plus élevé, et tu le maîtrises. Pour aller plus loin, reprends les spectres des niveaux 1 et 2 et applique à chacun, par écrit, les cinq étapes de la méthode « Analyser un spectre sonore » de la fiche.
10 à 15Refaire ce niveau
Relis la correction de l'exercice où tu as perdu le plus de points. Réécris ton développement en suivant le plan du corrigé, puis refais le niveau 3 dans une semaine.
moins de 10Niveau inférieur
Repasse par le niveau 2 — Standard : il entraîne l'exploitation des spectres et la construction d'une gamme, dont ce niveau a besoin.

Les autres contrôles de ce chapitre

Aucun ne repose une question d'un autre : chacun couvre le chapitre sous un autre angle. À passer quelques jours plus tard, une fois celui-ci corrigé.

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