Enseignement scientifique · Terminale · Contrôle Approfondi
Niveau 3 sur 3 · ApprofondiDeux siècles d'énergie électrique
Le niveau Approfondi évalue le chapitre « Deux siècles d'énergie électrique » sans aucune aide : corriger les erreurs d'une brochure commerciale imaginaire, calculer puis discuter le remplacement d'une centrale pilotable par des éoliennes, transférer le principe de l'alternateur à l'éclairage d'un vélo et construire un développement sur la conversion, le transport et la disponibilité de l'électricité.
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Ce que ce niveau évalue
- Repérer une erreur et la corriger
- Calculer et discuter un résultat
- Transférer à une situation nouvelle
- Construire un développement
- Les erreurs d’une brochure commerciale, repérées et corrigées avec les notions du cours
- Le remplacement d’une centrale pilotable, calculé puis discuté
- Le principe de l’alternateur transféré à un dispositif inconnu
- Un développement construit sur ce que deux siècles d’électricité enseignent
Avant de commencer
- Une erreur se corrige en deux temps : dire ce qui est faux et pourquoi, puis écrire ce qui est juste.
- Un résultat chiffré se discute : sur quoi porte-t-il exactement, et que laisse-t-il de côté ?
- Face à un dispositif inconnu, cherche ce qui tourne, ce qui reste fixe et d’où vient le mouvement.
- Un développement construit : une introduction qui pose la question, des paragraphes qui l’expliquent, une conclusion qui y répond.
Exercice 1 — Une brochure à corriger
4 pts · 12 minRepérer une erreur et la corriger
La brochure du document 1 contient quatre erreurs ; deux lignes sont justes. Pour chaque erreur, indique la ligne, explique ce qui est faux et écris ce qu’il fallait dire.
- Avec nos panneaux, nous produisons de l’énergie à partir de rien : le soleil fait tout le travail.
- Nos panneaux convertissent directement le rayonnement en électricité.
- Comme eux, nos éoliennes transforment le vent en électricité sans aucun alternateur.
- Ce que nos panneaux fournissent à midi, le réseau le met de côté pour la soirée.
- Nos panneaux sont pilotables : ils se mettent à produire dès que le soleil se montre.
- Chaque année, nous publierons l’énergie produite par le parc, en gigawattheures.
Source : Brochure imaginaire rédigée pour ce contrôle : le fournisseur n’existe pas, et le texte contient des erreurs volontaires.
Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :
1.Ligne 1 — l’origine de ce que fournissent les panneaux.
1 ptVoir la correction
Rien ne vient de rien : le panneau convertit le rayonnement, sa source primaire, et cette conversion s’accompagne de pertes.
« Produire de l’énergie » est l’expression fausse par excellence : on ne fait que changer sa forme, avec des pertes.
2.Ligne 3 — des éoliennes « sans aucun alternateur ».
1 ptVoir la correction
Les éoliennes passent par une rotation : le vent entraîne les pales, qui font tourner un alternateur. Seul le photovoltaïque, parmi les filières courantes, se passe d’alternateur.
L’exception du photovoltaïque ne s’étend pas à l’éolien : la ligne 2 est juste, la ligne 3 généralise à tort.
3.Ligne 4 — un réseau qui « met de côté » l’électricité de midi.
1 ptVoir la correction
Le réseau ne garde rien en réserve : l’électricité se stocke mal, si bien que ce qui est fourni à midi doit être utilisé à midi. Le soir, d’autres installations doivent prendre le relais.
La faiblesse du vecteur électrique est précisément son stockage : production et consommation sont simultanées.
4.Ligne 5 — des panneaux dits « pilotables » parce qu’ils démarrent avec le soleil.
1 ptVoir la correction
C’est l’inverse : produire dès que la ressource est là, c’est justement subir. Est pilotable ce dont l’exploitant commande le démarrage et l’intensité, comme un barrage ; le photovoltaïque ne l’est pas du tout.
La brochure confond « produire quand le soleil le permet » et « produire quand on le décide » : c’est tout l’écart entre subir et piloter.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Signaler la ligne 2 ou la ligne 6 : elles sont justes, le photovoltaïque convertit bien directement et le gigawattheure mesure bien une énergie.
- Repérer l’erreur de la ligne 5 sans la corriger : il faut rétablir le sens exact de « pilotable ».
Exercice 2 — Remplacer une centrale pilotable
5 pts · 13 minCalculer et discuter un résultat
À partir du document 2, réponds aux questions. Pose chaque calcul et donne l’unité du résultat.
- Une petite centrale à vapeur, pilotable, a une puissance installée de 4 MW.
- Sur une journée type, son facteur de charge vaut 75 %.
- On envisage de la remplacer par des éoliennes dont le facteur de charge, sur la même journée, vaut 25 %.
Source : Situation imaginaire, rédigée pour ce contrôle.
1.Combien de mégawattheures la centrale à vapeur délivre-t-elle sur cette journée ?
1 ptVoir la correction
Au plus MWh ; à 75 % : , d’où 72 MWh.
On applique le facteur de charge à l’énergie maximale théorique de la journée.
2.Combien de mégawatts d’éoliennes faut-il prévoir pour égaler, sur la journée, les mégawattheures de la centrale ?
1.5 ptVoir la correction
Un mégawatt éolien fournit MWh dans la journée ; il faut donc , soit 12 MW.
On cherche la puissance dont l’énergie, à 25 % de charge, égale les 72 MWh de la centrale.
3.Montre que ce résultat s’obtient directement à partir du rapport des deux facteurs de charge, puis énonce la règle.
1 ptVoir la correction
et : 12 MW. À énergie égale, la puissance à installer varie en raison inverse du facteur de charge.
Diviser le facteur de charge par trois oblige à tripler la puissance installée pour fournir la même énergie.
4.Les éoliennes de la question b fournissent autant d’énergie que la centrale sur la journée. Le remplacement est-il pour autant équivalent pour le réseau ? Argumente.
1.5 ptVoir la correction
Non. L’égalité porte sur un total journalier, pas sur chaque instant. La centrale est pilotable : on décide quand elle produit. Les éoliennes produisent quand le vent souffle ; or le réseau doit équilibrer injection et soutirage à chaque instant. Il faudra garder une autre production pilotable pour les moments sans vent.
Le facteur de charge ignore le moment de la production : c’est ce que la pilotabilité, elle, mesure.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Répondre 4 MW à la question b : à facteur de charge plus faible, il faut installer davantage pour la même énergie.
- Conclure que le remplacement est équivalent parce que les énergies journalières sont égales.
Exercice 3 — L'éclairage d'un vélo
4 pts · 10 minTransférer à une situation nouvelle
Le document 3 montre un dispositif que le cours ne présente pas. Réponds aux questions en mobilisant le cours.
Fais glisser pour voir toute la figure.
Schéma simplifié : un aimant tourne avec la roue et passe, à chaque tour, devant une bobine reliée à la lampe. Source : Schéma dessiné pour ce contrôle.
1.Explique pourquoi la lampe s’allume quand le cycliste roule, en nommant le principe en jeu.
1 ptVoir la correction
À chaque tour de roue, l’aimant passe en face de la bobine fixe : ce mouvement relatif fait naître une tension aux bornes de la bobine, qui alimente la lampe. C’est l’induction.
On retrouve le principe découvert au XIXᵉ siècle, sur un dispositif minuscule.
2.Compare ce dispositif à l’alternateur d’une centrale : quel élément joue le rôle du rotor, lequel celui des bobines ? Indique une différence.
1 ptVoir la correction
L’aimant fixé au rayon joue le rôle du rotor aimanté : il tourne. La bobine fixée au cadre joue celui des bobines fixes. Différence : un seul aimant et une seule bobine, entraînés par le cycliste et non par une turbine.
Transférer, c’est retrouver la structure connue dans un objet nouveau : ce qui tourne, ce qui reste fixe, ce qui entraîne.
3.Écris la chaîne de conversion de ce dispositif, sur le modèle « source → conversion → électricité → usage ».
1 ptVoir la correction
Mouvement fourni par le cycliste → rotation de la roue et de l’aimant → induction dans la bobine : électricité → lumière de la lampe.
La chaîne générale du cours s’applique : seule la source change, ici le cycliste qui met la roue en mouvement.
4.D’où vient, en dernier ressort, l’énergie qui éclaire la lampe ? Quel rôle joue l’électricité dans ce dispositif ?
1 ptVoir la correction
Du cycliste, qui met la roue en mouvement. L’électricité n’est qu’un intermédiaire : fabriquée dans la bobine, elle achemine l’énergie par les fils jusqu’à la lampe. C’est un vecteur, pas une source.
Sans pédalage, pas d’électricité : la source est en amont, comme dans toute filière.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Écrire que la lampe s’allume « grâce à l’électricité de la roue », sans nommer le mouvement relatif de l’aimant et de la bobine.
- Faire de l’électricité la source d’énergie du dispositif : elle n’est qu’un intermédiaire entre le cycliste et la lampe.
Exercice 4 — Développement construit
7 pts · 22 minConstruire un développement
Rédige un développement construit d’une vingtaine de lignes répondant à la question : « Pourquoi peut-on dire que deux siècles d’histoire électrique ne sont pas l’histoire d’une énergie trouvée, mais celle d’une énergie convertie, transportée et disponible au moment voulu ? » Fais une introduction, deux ou trois paragraphes et une conclusion.
Réponse rédigée. Ce que le correcteur attend, critère par critère :
1.Introduction : l’idée que l’énergie ne se produit pas mais se convertit, la question posée, le plan annoncé.
1 ptVoir la correction
Exemple : « On dit volontiers que l’on produit de l’énergie ; c’est faux, on la convertit. Nous verrons comment on la convertit, pourquoi on la transporte sous forme électrique, puis pourquoi l’avoir au bon moment est le vrai défi. »
L’introduction pose le paradoxe de l’expression « produire de l’énergie » et annonce les trois temps de la question.
2.Convertir : l’induction, l’alternateur, ce qui distingue les filières, l’exception du photovoltaïque.
1.5 ptVoir la correction
L’induction, découverte au XIXᵉ siècle, fonde la production de masse ; l’alternateur la met en œuvre. Les filières ne diffèrent que par ce qui entraîne la turbine (vapeur, chute d’eau, vent) ; le photovoltaïque convertit directement le rayonnement.
Ce paragraphe montre que l’histoire électrique est celle d’un même geste de conversion, décliné selon la source.
3.Transporter : l’électricité comme vecteur, ses atouts, et la conséquence pour juger une électricité.
1.5 ptVoir la correction
L’électricité se fabrique à partir d’une source primaire ; elle se transporte loin et se convertit en presque tout. Comme le courant est le même partout, on juge la filière, pas le vecteur : l’électricité n’est ni propre ni sale.
Le vecteur est la réponse au besoin de transporter ; il impose aussi de comparer les filières et non les courants.
4.Au moment voulu : stockage difficile, équilibre permanent du réseau, pilotabilité ; ce que la taille d’une installation ne dit pas.
2 ptVoir la correction
L’électricité se stocke mal : le réseau doit égaler à chaque instant injection et soutirage. D’où le poids de la pilotabilité (barrage fortement, nucléaire en partie, éolien et photovoltaïque pas du tout), souvent plus déterminante que la puissance installée, qui ne dit d’ailleurs pas l’énergie réellement fournie.
C’est le cœur de l’argument : avoir l’énergie au bon moment est la contrainte qui organise tout le réseau.
5.Conclusion et expression : une réponse nette, le vocabulaire du cours, des connecteurs logiques.
1 ptVoir la correction
Exemple : « L’enjeu n’a donc jamais été de dénicher une ressource cachée : c’est une affaire de conversion, d’acheminement et d’ajustement permanent à la consommation. »
La conclusion répond à la question en une phrase claire, sans ajouter de préférence pour une filière.
Les erreurs fréquentes sur cet exercice
- Raconter des filières une à une sans répondre à la question « pourquoi ».
- Parler d’électricité « propre » ou « sale » au lieu de juger la filière.
- Oublier le troisième terme, « au moment voulu » : c’est lui qui fait intervenir le stockage et la pilotabilité.
Barème — ce que le correcteur regarde
Les lignes chiffrées couvrent les 4 exercices et totalisent 20 points.
Ex.1Les erreurs repérées et corrigées
4 points — 1 par erreur : 0,5 pour la repérer, 0,5 pour la corriger
Point perdu si : Une ligne juste signalée comme fausse : 0,5 point retiré, dans la limite du total de l’exercice.
Ex.2Le remplacement calculé et discuté
5 points — 1 + 1,5 + 1 + 1,5
Point perdu si : « Le remplacement est équivalent puisque les énergies sont égales » : 0 sur 1,5 à la dernière question.
Ex.3Le dispositif inconnu expliqué avec le cours
4 points — 1 par question
Point perdu si : Une explication qui décrit le vélo sans nommer l’induction ni le rôle de vecteur : 0,5 sur 1.
Ex.4Le développement construit
7 points — 1 + 1,5 + 1,5 + 2 + 1
Point perdu si : Les notions citées en vrac, sans lien avec les trois termes de la question : la moitié des points de chaque partie.
Et maintenant ?
- 16 à 20Niveau maîtrisé
- C'est le niveau le plus élevé, et tu le maîtrises. Pour aller plus loin, applique la méthode « décrire une filière » de la fiche de cours à chaque filière que tu rencontres, en cinq étapes.
- 10 à 15Refaire ce niveau
- Relis la correction de l'exercice où tu as perdu le plus de points. Réécris ton développement en suivant le plan du corrigé, puis refais le niveau 3 dans une semaine.
- moins de 10Niveau inférieur
- Repasse par le niveau 2 — Standard : il entraîne l'analyse guidée, le calcul du facteur de charge et la lecture d'un réseau, dont ce niveau a besoin.
Les autres contrôles de ce chapitre
Aucun ne repose une question d'un autre : chacun couvre le chapitre sous un autre angle. À passer quelques jours plus tard, une fois celui-ci corrigé.
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